FIEVRES
tort de la nature à leur égard , car , en les douant de cette sensibilité vive qui répand tant de charmes sur tout leur être, elle a pris soin qu’elle fût assez mobile pour que ses impressions , rarement profondes, ne pussent devenir très dangereuses. Il est constant en effet que l’accident dont nous parlons est toujours plus grave chez l’homme, par cela mêmequ’il s’établit plusdiffîcilement. Quand il existe avec le mouvement fébrile , de leur combinaison résulte véritablement une irritation nerveuse fébrile, ou si l’on veut , la fièvre maligne.
L’équivoque et l’arbitraire n’étaient pas moins évidens dans les idées généralement admises sur la nature de la putridité. S’il était peu logique d’en accuser la décomposition des humeurs, dont aucun procédé physique ni chimique ne permet de s’assurer, on aurait tort de nier que cette nuance de Y irritation n’admet pas quelques causes prédisposantes et déterminantes (i) tout-à-fn*it spéciales. Ainsi, les individus qui la présentent le plus ordinairement , sont des personnes usées par
;i) Ce sont d'autres désignations des deux espèces de eautet que nous avons signalées.
54 MALADIES STHÉNIQUES.
les excès , les longues privations ou la misère, et chez lesquelles les irritations ont une telle tendance à se concentrer , qu’à peine donnent-elles naissa nce au mouvement fébrile , qui néanmoins décèle toujours assez leur nature. L’organe essentiellement affecté en pareil cas, ainsi que l’a démontré le premier M. le docteur Boisseau, est la membrane dite muqueuse , qui tapisse intérieurement l’estomac et le tube intestinal; par où s’explique l’état de sécheresse et de noirceur des dents et de la langue , la fétidité de toutes les excrétions , etc. , que l’on observe chez ces malades. Qu’il nous suffise d’avoir fait connaître les véritables élémens de la putridité; plus loin nous essaierons de préciser de la même manière la source des accidens que l’école deM. Pinel fitdépendre, àl’imitation de Brown , de la perte des forces , et nomma par cette raison adjrnamiques.
Intermittence , périodicité. On sait que le mouvement fébrile est susceptible d’interruptions et de reprises alternatives, qui , dans le langage médical , sont désignées par le nom d 'accès. L’intervalle d’une de ces reprises à l’autre est nommée intermittence