FIÈVRES. INTERMITTENCE
ou apyrexie ; et l’on réserve le mot périodicité pour exprimer le retour fixe des accès à telle ou telle autre distance déterminée.
Celle-ci peut être d’un jour , de deux , de trois , etc , et constitue suivant ces variations les types quotidien , tierce , quarte , etc., etc.; distinctions d’une appréciation trop facile pour qu’il soit nécessaire de les développer. Nous observerons seulement que tout ce qu’on a dit de la durée de Y intermittence pendant plusieurs mois et môme une année, clans l’idée de créer des fièvres intermittentes , mensuelles , annuelles , est dénué de raison et purement hypothétique.
On a fait beaucoup de conjectures, imaginé une foule d’explications plus ou moins ingénieuses pour pénétrer le mystère de V intermittence , mais l’idée la plus raisonnahle encore, consiste à considérer sa cause, comme dépendant de cette loi générale , par laquelle tous les phénomènes des corps vivans, le sommeil, la veille, le sentiment de la faim, etc., sont soumis à des manifestations plus ou moins régulières. Si l’on ignore la raison physique de ces alternatives de phénomènes , on ne s’étonnera pas que la
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cause qui les fait apparaître à telle distance plutôt qu’à telle autre , c’est-à-dire la périodicité , soit demeurée inconnue. Ou peut dire en général que cette circonstance tient à la nature particulière des divers tempéramens , dont l'influence se montre bien manifestement dans l’extrême propension que toutes les irritations ont chez certains individus à prendre la forme périodique. A cette disposition peut s’appliquer ce que nous avons dit' de la production do mouvement fébrile , de la malignité ; plus analogue à celle-ci d’ailleurs , dont elle ne paraît différer que comme mode spécial de l’irritation nerveuse.
Pour ignorer la cause première de l’intermittence , le médecin n’est pas dispensé pour cela de chercher les affections organiques particulières , auxquelles son apparition se trouve nécessairement liée. Or , l’analyse physiologique a prouvé que l’imtation de tous les organes, sans distinction , \ peut lui donner naissance. C’est ainsi qu’on a vu des accès de fièvre bien marqués, provoqués par l’introduction d’une sonde dans la 'vessie. On cite des exemples plus remar-
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FIÈVRES. PÉRIODICITÉ. 5j
quables encore (le fièvres intermittentes , produites par des affections presqu’aussi légères; une simple piqûre, une digestion imparfaite , une frayeur et toute autre impression morale plus ou moins vive. Il devra dès-lors paraître tout simple, qu’un accident aussi variable ne peut être produit que par une altération également mobile; cVst aussi ce que l’observation fait voir presque constamment dans la présence d 'irritations locales diverses , dont on a beaucoup de peine à retrouver les moindres traces après la terminaison des accès. La même chose est démontrée par les ouvertures cadavériques , faites à la suite des fièvres intermittentes , devenues promptement mortelles , qu’on nomme par cela même , avec juste raison pernicieuses , et qui sont les analogues de celles qu’on nommait aussi malignes. Ce caractère dangereux leur est imprimé par des congestions sanguines, opérées instantanément sur des parties très importantes, telles que le cerveau, les poumons , et qui doivent écarter toute idée d’altération fixe, profonde, et plus ou moins lentement réalisée , comme se-
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Taxtunephlegmasie, qui, par cette cireontance même, devra être jugée peu propre à suivre une autre progression que la marche continue.
Il paraît toutefois , d’après un très grand nombre d’observations recueillies à Rome , le lieu de prédilection , pour ainsi dire, des fièvres intermittentes , que de 'véritables inflammations ont été reconnues chez les individus qui avaient succombé à ces maladies. Il résulte de ce nouveau document , que la possibilité de la coexistence de l’état inflammatoire de certains organes avec la périodicité des accès fébriles , ne ferait que confirmer l’opinion générale : que celle-ci n’est qu’une circonstance purement accessoire , une forme particulière que revêt l’irritation organique à laquelle il faut remonter autant que possible ; car dans Y étiologie t ainsi que dans le traitement , la périodicité ne fournit le plus souvent qu’une indication secondaire.