‹ Résumé complet de médecine ou de pathologie interne, présentant la doctrine générale des maladiesChapitre 21 sur 66 · INFLAMMATION EN GENERAL · texte numérisé non relu

INFLAMMATION EN GENERAL

mêmes symptômes que celle de l’oreille , ou Y otite. Ces différences, occasionées par la diversité des fonctions départies à chaque organe , ne peuvent être bien saisies que par l’observateur familiarisé avec le jeu naturel de cette admirable mécanique, c’est-à-dire profondément versé dans l’étude de la physiologie. Ces connaissances ne sont pas moins nécessaires, pour bien saisir les caractères de X inflammation au sein des viscères, qui, se dérobant à l’action des sens , ne se manifestent plus par ces traits saillans de rougeur , de gonflement, de chaleur et de douleur , observés dans les phlegmasics extérieures.

Dans les cas dont nous parlons , ils doivent cire suppléés par les indices tirés du désordre fonctionnel des parties malades, et par l’appréciation non moins utile des phénomènes sympathiques. On voit par là quelles difficultés présente le diagnostic des maladies !

Dans ces derniers temps , celui des affections de poitrine a reçu un degré notable de perfection , par l'emploi d’un principe de physique (i). Déjà l’illustre Corvisart

! i } Voyez la PnviiQtB, art. acouitiqu».

66 inflammation en gènéual.

avait montré tout l'avantage de la percussion méthodique des parois de la poitrine , pour reconnaître les lésions du cœur et des autres viscères de cette cavité. M. Laennec a porté beaucoup plus loin , et heureusement étendu de nos jours, l’application de cette idée. A l’aide d’un instrument fort simple, le stéthoscope , l’oreille du médecin perçoit maintenant les moindres difficultés que l’air éprouve à s’introduire dans les organes de la respiration , ainsi que l’irrégularité des mouvemens du cœur et des gros vaisseaux , exploration lumineuse qui conduit à la détermination du siège précis de la maladie. On conçoit facilement toute l’importance d’une pareille découverte , et les applications qu’on a essayé d’en faire à la chirurgie et à l’art obstétrique , prouvent de plus en plus, que toutes les branches de l’art de guérir se confondent dans leur source , et combien les divisions que la faiblesse de l’esprit humain commande , ont peu de fondement dans la nature.

x DIVISION DES PHLEGMASIES. 67

Section III.

Division des phlegmasies.

Oa a diversement distingué les maladies qui reconnaissent pour cause Y inflammation.

D’après les considérations précédentes, il est facile de juger que toutes les divisions basées sur une prétendue différence dans la nature de la phlegmasie , sont fausses , puisqu’en réalité , il n’y a que les élémens organiques ainsi que les fonctions , qui la modifient dans les parties où elle a son siège.

La seule distinction véritablement solide et utile à cet égard , aussi bien que pour le reste des maladies est celle dont Bichat , le premier, conçut bien toute l’importance dans son analyse des tissus vivans, et que M. Pinel , à qui d’ailleurs en appartient la première idée , adopta ensuite dans sa classification nosographique. Suivant ce dernier erremeut,on admet donc des inflammations membraneuses , parenchymateuses , glanduleuses , etc ; dénominations dérivées , comme on peut le voir , de l’espèce d’or-

f>8 INFLAMMATION EN GENERAL, gane, glande , parenchyme , membrane , où la maladie se manifeste.

On établit une.subdivision d’après le caractère propre des tissus; ainsi, pour ne citer que peu d’exemples, l’inflammation est distinguée suivant qu’elle a son siège sur les membranes muqueuses , comme dans le croup , la gastrite, ou sur les séreuses, comme dans la pleurésie; sur le système fibreux, comme dans le rhumatisme articulaire ; sur les muscles , comme dans le rhumatisme musculaire, (r)

Ces notions de détail , qui ne peuvent qu’être indiquées dans une exposition générale, forment cependant une partie très essentielle de l’étude des maladies inflammatoires ; car elles ne donnent pas seulement le moyen de bien reconnaître leur siège respectif, mais encore par celui-ci , les principes de traitement auxquels il apporte des modifications assez importantes; nous citerons en preuve, l’exemple de la péritonite , ou inflammation de la membrane séreuse qui enveloppe les entrailles, et la gastro-entérite qui dépend de l’inflammation de leur membrane intérieure , ou muqueuse.

(i) Vojr. le Tabltau synoptiq . , à la fin de l'ouvrage.

TERMINAISONS DE l’iNF-LAMMATION. 69

Section III.

Terminaisons de l'inflammation.

Si la médecine avait le pouvoir de faire rétrograder la nature, c’est-à-dire de détruire constamment le désordre organique auquel est liée la cause de toutes les maladies , l’homme ne connaîtrait plus que la mort sénile , terme difficile à atteindre, et aussi mystérieux dans son principe , que la première étincelle de la vie. Mais des vicissitudes sans cesse renaissantes , viennent troubler le cours de son existence et hâter trop souvent une fin rendue plus pénible encore par les regrets et la douleur. Il est vrai, sans doute , que l’imprévoyance et les faiblesses de l’homme , contribuent à étendre le cercle des maux auxquels le condamne son organisation , dont les élémens compliqués donnent déjà tant de prise à l’influence des agens physiques. De même , en effet, que l’espèce humaine l’emporte sur le reste des êtres par le développement de ses facultés , de même, et par une compensation de cette supériorité qui se lie à une

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