MÉTHODE EXPECTANTE. CRISES. I
soulagement du malade. La môme chose arriva au peintre gracieux et fidèle d’un sexe enchanteur, à ce modeste Roussel , que l’estime du célèbre Rordeu ne recommandait pas encore suffisamment à la confiance d’un malade qu’il voyait pour son illustre ami , et dont il fallut , pour ainsi dire , que le hasard lui révélât tout le mérite.
On a donné très anciennement le nom de crises aux effets médicateurs dont nous parlons. Malgré leur distinction en vraies et fausses , il est ordinaire que l’acception de ce mot indique quelque chose d’avantageux; contradictoirement à ce qui a lieu dans le langage ordinaire où le mot crise ne sert qu’à exprimer ces bouleversemens profonds, mais instantanés , qui changent la face de quelques points du globe, et compromettent trop souvent l’existence des peuples. La doctrine des crises a subi de grandes modifications pour ne pas dire une subversion totale , par la théorie médicale de notre époque. Il est bien constant , ainsi que nous l’avons observé déjà , que l’on ne les rencontre que dans les maladies légères , où l’altération des tissus , ne dépassant pas le degré qui constitue en
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général les irritations , permet un déplacement facile par toute excitation spontanée , ou artificielle d’un autre organe. Ainsi , la sueur qui survient dans un corysa , dans une angine peu intense , fait diversion par Vexcitement de la peau qu’elle nécessite , à l’irritation de la membrane muqueuse du nez et de la gorge qui formait la cause des affections ainsi terminées. On conçoit que, pour l’utilité de ce déplacement, il faut qu’il ait lieu d’une partie à une autre partie moins importante , ou du centre à la périphérie. Quand la disposition contraire existe, comme dans le cas précédemment cité de la rétrocession de la petite vérole sur un organe intérieur , le danger augmente en raison de l’importance relative de cet organe ; alors le mouvement organique qui déplace le siège de la maladie , est loin d’être favorable ; aussi le nommait-on fausse crise.
Par une application du système numérique de Pytbagore , on voulut assujettir la manifestation des crises à un calcul de jours sur lequel on ne s’accorda jamais, parce qu’il est impossible que l’observation se prête à l’arbitraire. On sait avec quelle anxiété les