MÉTHODE DÉBILITANTE. SAIGNÉES. H
ainsi que nous allons le montrer, en faisant connaître les principes sur lesquels chacune d’elles est basée.
Section II.
Méthode débilitants directe jou antiphlogistique .
Qu’on calcule le temps qu’il eût fallu à l’homme pour arriver , par la seule puissance de la réflexion et de ses facultés intellectuelles , à la plus petite partie des découvertes scientifiques qui agrandissent son existence et des arts qui la protègent ou l’embellissent, et l’on comprendra combien il doit se féliciter que le hasard ait si souvent et si heureuse* ment aidé sa faiblesse. La cbute d’une pomme révèle à Newton le système du monde. « Des navigateurs phéniciens, dit « M. Cuvier, remarquent sur le rivage de la « Bétique le résultat de la combinaison du « sable et du nitre sous l’influence d’une forte « chaleur solaire. Dès-lors la fabrication du « verre est connue , et avec elle naît cette « foule d’applications ingénieuses ou utiles, « qni ont si étendu le domaine de l’optique.»
Il4 HALiDIES STHEWIQUBS.
Aucune science n’a peut-être été mieux partagée à cet égard que la médecine. Mais n’a-t-on pas aussi , à force de vouloir généraliser le fait, outre-passé les bornes de la vérité ? C’est , par exemple , ce qu’il nous parait difficile de mettre en doute, relativement à l’explication plus que subtile dans laquelle Pline a voulu trouver l’origine de la saignée. Suivant lui, l’instinct prétendu de l’ hippopotame, qui porterait cet animal à sortir de l’eau et à s’ouvrir une veine de la jambe avec un fragment de roseau, afin d’éviter les inconvéniens de l’obésité, aurait fourni la première idée de cette opération.
L’homme, sans doute, est essentiellement imitateur, et c’est même cette qualité qui forme, ainsi que l’a si agréablement prouvé M. Alibert, un des premiers élémens de la vie sociale ; mais il n’est pas moins difficile pour cela de croire qu’il aille chercher les sujets d’imitation dans une espèce animale aussi éloignée de lui. On a dit avec beaucoup plus de vraisemblance , que l’observation des hémorrhagies spontanées et de leurs bons effets, avait dû conduire à imiter la nature sur ce point, et qu’il était superflu de chercher une autre origine a la saignée.
rÔOgle
MÉTHODE DÉBILITANTE. SAIGNÉES. Il5
Quoi qu’il en soit , l’art de guérir n’a pas de moyen plus fréquemment employé , ni plus puissant. Il constitue essentiellement le fond des procédés curatifs adoptés contre les maladies sthéniques ou inflammatoires . Le but qu’on se propose d’abord en pareil cas est de diminuer l’accroissement de X action moléculaire , qui a lieu dans certaines parties, et X excitation qui se montre dans quelques systèmes. Peut-il y avoir une voie plus directe à cet égard , que la soustraction du fluide si justement surnommé 'vital , puisqu’il sert à nourrir et à réparer tous les organes ?
11 y a , comme on sait, plusieurs manières de tirer du sang qui , quoique semblables dans leur but final dé affaiblir V économie , sont néanmoins destinées à remplir des indications différentes. La moins usitée , et pourtant la plus directe , est celle qui consiste à ouvrir les artères. De bons esprits et des praticiens éclairés pensent que cetteopération devrait être plus souvent employée, sur-tout dans les inflammations cérébrales. La soustraction du sang veineux dans la saignée ordinaire , n’a pas sans doute une influence
I i6 maladies sthéniques.
aussi immédiate , puisque le fluide qu’elle évacue a déjà servi à la nutrition ; elle est aussi d’ailleurs adaptée à quelques circonstances spéciales. Il ne faut pas croire qu’il soit indifférent de piquer une veine des membres supérieurs ou inférieurs , cette détermination demeure soumise à quelques circonstances des mouvemens fluxionnaires.
Ce mode (T évacuation sanguine , particulièrement indiqué dans quelques cas de maladie, tels que les affections aiguës de la poitrine , où une prompte déplétion est indispensable , convient essentiellement aux personnes robustes , éminemment plétoriques , chez qui le système sauguin offre une prédominance marquée , et qui , à la plus légère irritation, éprouvent un trouble fébrile intense et une réaction générale.
Faut-il , avec un public léger et malicieux, attribuer à l’effet de la mode , l’emploi si fréquent aujourd’hui, et si l’on veut la vogue des sangsues ? Pour trouver l’explication d’une pareille réforme thérapeutique , il n’y a se rappeler ce que nous avons dit plus haut, à propos de la localisation invariablement admise maintenant pour toutes