‹ Résumé complet de médecine ou de pathologie interne, présentant la doctrine générale des maladiesChapitre 57 sur 66 · ASTHME · texte numérisé non relu

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Les maladies plus particulièrement soumises à la transmission héréditaire sont toutes celles qui suivent en général un mode de développement lent ou chronique. Tels sont , par exemple, la goutte , les rhumatismes, toutes les altérations des gros vaisseaux et du cœur , dont dépendent tant de maladies de poitrine, et notament Y asthme avec ses •variétés innombrables. Mais les plus curieuses et en même temps les plus obscures des maladies appartenant à cet ordre , ce sont incontestablement les modifications organiques profondes du système nerveux, parmi lesquelles il nous suffira de citer Yépilepsie et les aliénations mentales. Une remarque bien importante pour la théorie , et, comme nous le dirons plus loin , pour le traitement de toutes ces affections, c'est qu’elles éclatent presque toujours , chez les individus qui en sont atteints, à la même époque de la vie que chez ceux qui leur en ont légué le triste héritage.

Nous ne sommes pas encore très avancés dans la connaissance des maladies héréditaires , qui affectent les organes des •sens et de l'intelligence. Quelques écri-

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vains ont prétendu, dans ces derniers temps, que la marne et ses nombreuses nuances, la monomanie , l ’ hypocondrie , la folie , etc. etc., reconnaissent presque constamment pour cause, une inflammation chronique du cerveau et de ses membranes. Mais cette opinion ne nous parait rien moins que probable.

On peut se fonder pour la combattre, sur la circonstance tout-à-fait décisive , qu’à l’exception de leurs aberrations plus ou moins profondes et continues , les infortunés atteints d 'aliénation mentale ne sont pas malades d’ailleurs , et peuvent pousser quelquefois très loin leur carrière; témoin Georges III, roi d’Angleterre. Or, un état de plilegmasie d’un viscère aussi important que les organes encéphaliques, nousparaît, quelque lente qu’on la suppose, incompatible avec un état de santé parfaite. Mais il y a plus , c’est que des désordres entièrement analogues à ceux observés chez certains maniaques, ont été trouvés dans le cerveau d’individus qui n’avaient jamais offert le moindre indice d’aliénation. Serait -il donc possible qu’une même cause produisît des effets dif-

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férens? Ainsi il y a contradiction manifeste dans les conséquences. Elle peut s’expliquer, suivant nous , par la négligence des partisans de la doctrine plilegmasique, à distinguer et à faire la part des maladies qui ont terminé les jours des aliénés ; car il 11’est pas besoin de répéter que la manie seule ne tue pas. Que cet état des facultés intellectuelles , et par conséquent des organes cérébraux , y favorise le développement des plilegmasies , rien de plus vraisemblable, mais il y a loin de ce fait , à dire qu’il n’est lui-môme que le résultat d’une phlegmasie. Mieux vaut avouer franchement que nous ignorons encore la cause matérielle de cette déplorable dépravation de la plus précieuse prérogative de l’homme, que de supposer des explications qui sont toujours dangereuses dans les sciences , ne fissent-elles que suspendre un instant la recherche assidue de la vérité.

On a voulu aussi déterminer les conditions physiques de Y épilepsie ; mais jusqu’ici les élémens ont été si variables , qu’il a bien fallu renoncer à toute idée théorique définitive. Bien entendu que nous ne parlons ici que des maladies de cet ordre , qui sont

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héréditaires ; car pour celles qui sont accidentelles , nous pensons volontiers qu’elles dépendent de phlegmasies cérébrales , plus ou moins étendues , ou de l’inflammation de tout autre organe réagissant sur l’encéphale. Cette idée des anciens qui croyaient que la cause de l’aliénation mentale, n’était pas toujours primitivement dans la tête, nous parait beaucoup plus solide que l’opinion contraire de quelques modernes.

Quant au traitement de ces deux ordres d’affection, on conçoit qu’il participe de l’obscurité qui règne dans leurs causes. Nous dirons seulement d’une manière générale , que c’est plutôt par des moyens diététiques agissant aussi sur le moral, que par des remèdes proprement dits , que l’on combat souvent avec succès ces maladies, dans lesquelles les organes nécessaires à l’accomplissement des facultés intellectuelles , sont si profondément intéressés.

Au reste , ce que nous avons dit de la manière et de l’époque où se développent les affections héréditaires, est loin d’être exclusif à telle ou telle autre de celles précédemment étudiées. On cite, par exemple, des mem-

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