‹ Résumé d'anatomie appliquéeChapitre 43 sur 124 · TRONC · texte numérisé non relu

TRONC

On le subdivise en quatre parties : 1" le cou; 2° le thorax; 3» l'abdomen ; 4» le bassin.

COU

Étranglement situé entre la tète et le thorax. — La trachée, l'œsophage, la moelle, les artères carotides, les plexus brachial et cervical ne font que le traverser.

— Le larynx, la trachée et quelques muscles lui appartiennent en propre.

Limites. En haut, un plan qui rase le bord mferieur du maxillaire inférieur et se prolonge en arriére jusqu'à la protubérance occipitale externe.

- En bas, un plan qui va de l'apophyse épineuse de la septième vertèbre cervicale à la fourchette du

ANATOMIE. .3"= ÉDITION. n

COU

slerniim, en rasanl l'arLiculation acromio-claviculaire.

Longueur. — Déterminée par la hauteur des sept vertèbres cervicales. — Elle est la môme chez tous les sujets. — Anomalies très rares.

Largeur. — Variable. — Les cous minces paraissent plus longs. — Chez les sujets à cou large et à tempérament apoplectique, les vaisseaux carotidiens ne sont pas plus courts que chez les autres. — Le cou parait plus étroit chez l'enfant, à cause de la largeur relative de la tôte.

Forme. — Arrondi dans ses cinq sixièmes supérieurs, élargi en bas.

Subdivisions. — Face antérieure. — Limitée en haut parle bord inférieur du maxillaire inférieur et la ligne qui le prolonge en arrière. — En bas, par la fourchette du sternum. — Latéralement, par le bord antérieur des deux sterno-cléido-mastoïdiens. — Sa forme est celle d'un triangle isocèle à base supérieure. '— Elle comprend deux régions : la région sus-hyoï- DiENNE et la région sous-iiyoïdienne.

Face latérale. — Sa forme est celle d'un triangle scalène à base inférieure. — Le côté antérieur est formé par le bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien. — Le côté postérieur est formé par le bord externe du trapèze. — La base répond à l'articulation sterno-claviculaire et aux deux tiers internes de la clavicule. — Elle comprend deux régions : la région sterno-clétdo-mastoïdienne ou CAROTiDiENNE ct la région sus-claviculaire.

Face postérieure. — Limitée, en haut, par la pro-

RÉGION SUS-HYOIDIENNE.

tubérance occipitale externe etles deux lignes courbes supérieures de l'occipital. — En bas, pa,r une ligne menée du sommet de la 7" apophyse épineuse au sommet del'acromion. — Latéralement, par le bord externe des deux trapèzes. — Elle forme une seule région : la région de la nuque. — Cette région sera décrite avec le rachis.

RÉGION SUS-HYOIDIENNE

Situation absolue. — Elle occupe la partie antérieure et supérieure du cou.

Situation relative. — Au-dessous des régions mentonnière, linguale, géniennes, massétérines et parotidiennes. — Au-dessus de la région sous-hyoïdienne. — Entre les deux régions carotidiennes.

Limites. — En haut, le bord du maxillaire inférieur et la ligne qui le prolonge. — En bas, l'os hyoïde. — Latéralement, le bord antérieur des deux si erno-cléido -mastoïdiens. — Profondément, le muscle mylo-hyoïdien et le plan imaginaire qui prolonge ce muscle en arrière.

Formes extérieures. — Elle est curviligne et représente une gorge concave en bas et en avant. — Sa moitié supérieure est horizontale, sa moitié inférieure verticale. — Sa forme se modifie par les mouvements de la tête. — Dans l'extension de la tête, elle constitue, de chaque côté, un plan oblique allant du maxillaire inférieur à l'os hyoïde. — On n'y observe aucune saillie notable. — Sur les côtés, la fossette de la glande sous-maxillaire est très peu apparente.

Peau. — Souple, très mobile. — Elle se prête à la confecliou des lambeaux autoplastiques. — Restauration de la lèvre inférieure par le procédé de Chopart. — Elle se laisse aisément soulever par les tumeurs. — Elle est recouverte de barbe chez l'homme adulte.

Pannicule adipeux d'épaisseur variable. — Menton à plusieurs étages.

Fascia superficialis. — Subdivisé en deux lames qui engaînent le peaucier. — Au-dessus de l'os hyoïde, petit triangle compris entre les deux peauciers et dans lequel le fascia superficialis n'a qu'une seule lame.

Peaucier. — Ses fibres, obliques de bas en haut et de dehors en dedans, convergent vers la sym« phyâe du menton.

Ganglions lymphatiques superficiels. =- Au

nombre dé 4 ou 5. — Ils reçoivent les vaisseaux du hienton et de la lèvre inférieure.

Les suppurations de cette couche superficielle s'étaient facilement. — La fluctuation s'y constate de bonne heure. — L'ouverture de ces abcès ne p7'êse7ite aucun danger.

Aponévrose cervicale superficielle ou fascia cervicalis. Lame fibreuse quelquefois très mince ; d'autres fois suffisamment épaisse pour brider les abcès sous-jacents. — Elle s'étend sur toute la région. — Elle s'insère, en haut, sur le bord du maxillaire inférieur. — En bas, elle s'appuie sur l'os hyoïde, se confond avec la poulie de réflexion du digastrique et se prolonge dans la région sous-hyoï-

RÉGION SUS-UYOIDIENNE.

dienne. — Latéralement, elle va former la gaine du sterno-cléjdo-mastoïdien. — De sa face profonde se détachent des cloisons isolant les différents organes qu'elle recouvre, — Ces cloisons forment la loge de la glande sous-maxillaire. — Près de la ligne médiane, le fascia cervicalis adhère intimement au digastrique. — Ces adhérences empêchent le pua de ipasser d'un coté à Vautre de la région.

Glande sous-maxillaire. — Du volume d'une amande, — Logée dans l'arc du digastrique dont elle recouvre un peu le tendon moyen. — Elle est cachée sous le maxillaire lorsque la tête est fléchie.

Elle devient accessible dans l'extension de la tête ; mais elle est bridée par l'aponévrose et ne fait jamais saillie. — Sa face inférieure est en contact avec l'aponévrose superficielle. — Sa face externe est en rapport avec une fossette du maxillaire inférieur; elle touche les insertions du ptérygoïdien interne. — Sa face postérieure est en rapport avec un feuillet flbreux qui cache le stylo-hyoïdien, le ventre postérieur du digastrique et la glande parotide. — Sa face profonde recouvre le raylo-hyoïdien, l'hyo-glosse et une petite portion du sLylo-glosse. Elle se prolonge jusqu'au plancher de la bouche, derrière le mylo-hyoïdien. Le canal de Whartou s'en détache. — La glande sous-maxillaire est une glande en grappe composée ; elle sécrète une salive visqueuse.

Ganglions lymphatiques profonds. — Toujours plus nombreux que les ganglions superficiels. — Ils sont situés dans la loge de la glande sous-ma-

COU

xillaire et entourent cette glande. — - Leurs vaisseaux afférents proviennent des parties inférieures de la face et surtout du plancher de la bouche. ~ AcZé/iites aiguës consécutives aux caries dentaires, aux affections de la langue, etc. — Tumeurs chroniques formées par ces ganglions {hypertrophies, etc.). Gêne de la circulation veineuse qu'elles déterminent. — Les tumeurs cancéreuses comprennent le plus souvent les ganglions et la glande.

— Difficultés et dangers de r extirpation de ces diverses tU' meurs.

Creux sous-maxillaire. —

Cavité dans laquelle sont contenus les ganglions lymphatiques profonds et la glande sousmaxillaire; présentant une certaine analogie avec le creux ischio- rectal. — Sa paroi ex- , .„ • TERNE, verticale, est formée par

a, corps du maxillaire ■^"""'^) . , . ,

inférieur ;— 6, 03 hyoï- le maxillaire inférieur et le

de; — c, muscle mvlo- , , , .. . ,

hyoïdien ; - d, tendon muscle ptevvgoidien interne. —

moyen du digastrique; g q INTERNE CSt constituée

— e, glande sous-maxil- "-""^

laire; — /'.aponévrose par le mylo -hyoïdien, 1 hyo-

cervicale superficielle. , p „.,nnr1 livnn

glosse et le neri grand njpoglosse. — Sa paroi postérieure est en rapport avec la parotide. Elle est formée par un feuillet fibreux constant, mais quelquefois très mince, que traverse le tendon moyen du digastrique. — Sa paroi inférieure, aponévrotique, est constituée par le fascia cervicalis. — Le creux sous-maxillaire est

FiG. 15. — COUPE VEnTI- CALE DU CREUX S0U3- MIXILLAIKE PAR UN PLAN TRANSVERSAL (sCHÉMA).

RKGIOiN SUS-UYOIDIENNE. loi

fermé partout excepté en haut, pour le passage du canal de Wharton.

Plan musculaire. — II contient le digaslrique, le stylo-hyoïdien, le mylo-hyoïdien et une petite portion de l'hyo-glosse.

DiGASTRiQUE. — Né de la rainure de l'apophyse masloïde. — Son ventre postérieur appartient à la région parotidienne; il recouvre les muscles styliens el l'origine de l'artère occipitale. — Son tendon moyen pénètre dans la région sus-hyoïdienne. — Il est fixé à l'os hyoïde par sa poulie de réflexion. — Son ventre antérieur s'insère à la fossette du maxillaire inférieur. — L'arc formé par ce muscle circonscrit la glande sous-maxillaire et les ganglions lymphatiques profonds. — Le digastrique est ahaissmr de la mâchoire.

Stylo-hyoïdien. — Il est souvent perforé par le tendon moyen du digastrique.

Mylo-hyoïdien. — IVIuscle dont la disposition rappelle celle du releveur de l'anus. — Il s'insère sur la ligne myloïdienne et sur un raphé médian étendu de la symphyse du menton au corps de l'os hyoïde. — A la face supérieure de ce raphé correspondent les muscles génio-hyoïdiens. — Le hord postérieur du mylo-hyoïdien est libre. Derrière ce bord s'engagent l'hyo-glosse, le stylo-glosse, le nerf grand hypoglosse, l'artère linguale et le canal de Wharton.

Les suppurations de ce plan peuvent passer dans le plancher de la bouche ou dans le tissu conjonctif profond du cou. — La fluctuation y est difficile à perce-

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voir; on la rend manifeste en introduisant dans la bouche le doigt recourbé en bas et en dehors.

Squelette. — Il est conslitué par l'os hyoïde. — Cel os est toujours plus développé chez l'homme que chez la femme. -- Parties dont il se compose : coups, PETITES CORNES, GRANDES CORNES. — Insertion du ligament stylo-hyoïdien auxpelites cornes.— La mobilité de l'os hyoïde oblige à le fixer, soit avec un tenaculum, soit en le refoulant, pendant la ligature de l'artère linguale, — Ses fractures par double pression latérale sont les plus fréquentes. — Ces fractures occasionnent toujours une gêne de la déglutition et quelquefois une gène de la respiration pouvant ?iécessiter la trachéotomie.

Artères. Faciale. — Elle naît de la carotide externe un peu au-dessus du niveau de l'os hyoïde. — Elle traverse diagonalement la moitié postérieure de la région, pour gagner le hord antérieur du masséler. — Ses nomhreuses flexuosités. — Elle est d'ahord cachée sous le ventre postérieur du digastrique; puis, elle se loge dans un sillon situé à la partie supéro-externe de la glande sous-maxillaire.

— La glande lui forme rarement un canal complet.

— La faciale est presque toujours coupée pendant l'ablation des tumeurs de la région sus-hyoïdienne ; elle l'est forcément quand on enlève la glande. — Soji calibre en rend la ligature indispensable.

Ses branches sont: 1° la palatine inférieure, qui naît sur la limite de la région paroLidienne, remonte sous les muscles styliens et gagne la partie latérale du pharynx; 2° les rameaux de la glande sous-maxil-

RÉGION sus-hyoïdienne. 153

LAiRE ; 3» la sous-MENTALK, qui parcourt la face inférieure du mylo-hyoïdien, puis remonte sur le menton où elle s'anastomose avecles rameaux terminaux de la mentonnière; 4° la massétérine, qui naît tout près du bord du maxillaire inférieur; 5° le rameau PTÉRYGOïDiEN destiné aumuscle ptérygoïdien interne.

Linguale. — Elle traverse la région. — Elle naît de la carotide externe, enlre la thyroïdienne supérieure et la faciale. — 7 fois sur 30, elle provient de la faciale. — Son origine au niveau de la grande corne de l'os hyoïde, 21 fois sur 38. — Au-dessus de la grande corne, 14 fois sur 38. — Au-dessous de la grande corne, 3 fois sur 38. — On la divise en trois portions.

1" PORTION. — Depuis l'origine jusqu'à la grande corne de l'hyoïde. — L'artère est oblique ou horizontale, suivant la hauteur de son point d'origine.

— Elle est recouverte par le ventre postérieur du digastrique, le stylo-hyoïdien et le nerf grand hypoglosse.

2^ PORTION. — L'artère est horizontale, à 2 millimètres au-dessus de la grande corne. — Elle est comprise entre la face profonde de l'hyo-glosse et le constricteur moyen du pharynx. — Elle est rarement au milieu des fibres de l'hyo-glosse. — Je l'ai vue une fois sur ce muscle.

3" PORTION. — L'artère est oblique et ascendante.

— Elle appartient à la région linguale et prend le nom de ranine. — Elle est un peu en avant du bord antérieur de l'hyo-glosse et immédiatement en dehors du génio-glosse.

Elle donne, dans la région susfhyoïdienne, un ra-

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meau sus-hyoïdien, horizontal, et l'artère dorsale de la langue. Cette dernière est sous-muqueuse ; elle monte d'abord verticalement jusqu'au pilier antérieur, puis devient oblique d'arrière en avant et de dehors en dedans, jusqu'aux papiUes caliciformes, où elle se termine.

Calibre consklémble de la linguale. — Ses hémorrhagies. — Sa ligature. — On a lié cette artère : i ° pour arrêter une hémorrhagie de la langue ; 2» pour prévenir Vhémorrhagie pendant l'ablation d'un cancer de la langue ; 3° pour atrophier un cancer ou une tumeur érectile de la langue. — Procédés deMirault, de Bitterich, de Malgaigne, de Bell et Wise. — Chez les femmes et chez les individus à cou court, l'incision doit être plus longue, parce que l'os hyoïde est situé plus haut. — Avoir soin de bien fixer Vos hyoïde, à cause des mouvements de déglutition.

Veines. — Elles forment trois plans :

Plan superficiel, entre le peaucier et le fascia cervicalis. — Près de la ligne médiane, les deux veines jugulaires antérieures (quelquefois une seule), descendantes, réunies par une anastomose transversale, au niveau de l'os hyoïde. — En dehors de la glande sous-maxillaire, la veine faciale, une des branches d'origine de la jugulaire externe. — En prolongeant trop en arrière l'incision destinée à découvrir l'artère linguale, on s'expose à blesser la veine faciale.

Plan moyen, sur la face externe du muscle hyoglosse, dans la môme couche que le nerf grand hypoglosse. - Plusieurs troncs veineux provenant

RÉGION SUS-nVOIDIENNE.

des veines ranines el. du réseau sous-muqueux de la langue. — Ils aboutissent aux veines faciale et jugulaire externe. — En cherchant Vartére linguale, il imimie de ne pas confondre les veines de ce plan avec les veines collatérales de l'artère.

Plan profond, sous le muscle hyo-glosse. — Veines collatérales de l'artère linguale. — Elles proviennent du réseau intra-inusculaire de la langue et se jettent dans la jugulaire interne.

Lymphatiques. — Voyez ci-dessus : Ganglions superficiels et profonds.

Nerfs. — Branche ïhansverse du plexus cervical superficiel. — Immédiatement sous-jacente au peaucier. — Elle s'anastomose avec le facial.

Grand hypoglosse. — Situé sur la face externe du muscle hyo-glosse qui le sépare de l'artère linguale. — Recouvert par la glande sous-maxillaire et le ventre postérieur du digastrique. — Il rejoint l'artère linguale en avant de l'hyo-glosse. — Ses rameaux anastomotiques avec le lingual. — Sa branche descendante naît en arrière du stylohyoïdien.

Laryngé supérieur. — Profondément situé. — Il provient du pneumo-gastrique. — Il passe entre le constricteur moyen et le constricteur inférieur du pharynx et suit le bord inférieur de la grande corne de l'hyoïde. — Il s'épuise dans la muqueuse du larynx et dans le muscle crico-thyroïdien.

On ne trouve ni vaisseaux, ni nerfs imim-tants au milieu de la région sus-hyoïdienne, ce qui permet d'attaquer les cancers de la langue par cette région.

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