DAS
Ce principe, une fois inventé, donna lieu à des perfectionnements succes-
* sifs : Voit appliqua à l'instrument de Grenié la soufflerie à vent continu;
Keich et Sylvestre ajoutèrent de nouveaux jeux, imitant des instruments divers; Christian Dietz augmenta l'intensité des sons en plaçant les lames vibrantes dans des cases voûtées; J.-B. Fourneaux construisit un orgue expressif à deux claviers, dont les lames vibrantes étaient placées au fond d’une case voûtée et non plus sur des tuyaux; le même J.-B. Fourneaux plaça les anches dans le réservoir d’air comprimé au lieu de faire arriver le vent aux languettes par des soupapes inférieures, et modifia la qualité. du son en recouvrant les cases sonores d’une table d'harmonie; Alexandre Martin, surnommé Martin de Provins, inventa la percussion (1) au moyen de laquelle l’anche est attaquée par un marteau.
Le facteur Debain (1809-1877) perfectionna le système d’expression et plaça vis-à-vis l’organiste, les boutons des registres qui, auparavant, se trouvaient sur les côtés du clavier.
Alexandre (1804-1888) fonda une maison qui devint célèbre et qui est encore aujourd’hui une des principales en France.
Mustel (né en 1815) imagina la double expression, le forte expressif et iaventa l’orgue Célesta aux sons si harmonieusement doux.
Cornemuse. — La cornemuse est un instrument à vent se raitachant à la famille du hautbois, ayant comme lui un caractère champêtre, naïf. IL est composé d’une poche de peau de mouton, sorte de sac de cuir, appelée ouire formant réservoir dans lequel l’air est introduit par la bouche de l’instrumentiste au moyen d’un petit tuyau appelé porte-vent. Une soupape
intérieure s’ouvre du dehors en dedans : l’air peut entrer, mais non sortir.
A cette outre gonflée par le souffle du joueur, sont adaptés trois chalu-
meaux (espèces de flûtes ou de hautbois), ou quelquefois deux seulement,
produisant des sons aigres et nasillards. | Quand le musicien a gonflé la cornemuse qu'il tient entre le corps et le
bras gauche, il la presse avec le coude et force ainsi le vent de s'échapper
par les anches et à produire les sons. Les tubes sonores sont ajustés de manière à pouvoir être accourcis ou allongés, afin de s’accorder, soit entre eux, soit avec d’autres instruments.
La cornemuse est d’une antiquité reculée. Ethihs peuples d'Asie, d’autres du Nord de l’Europe, tels que les Celtes et les Scandinaves, en faisaient
usage. Elle est restée l'instrument national des Écossais et de cerlaines
avaient inventé des procédés intéressants afin d'obtenir de l'expression dans l’orgue et susceptibles de nuances.
(1) Du latin percutere, percussum, frapper, frappé.
Lt LA MUSIQUE ET SON HISTOIRE
contrées de notre Bretagne. En Italie, on trouve encore quelques joueurs de zampogna, nom de la cornemuse italienne, et de becco-polacco qui sont le pendant de nos sonneurs de biniou bretons.
En Ecosse et en Angleterre, la cornemuse fait partie de quelques musiques militaires. Le corps des Highlanders a une musique composée de cornemuses et de fifres. ;
Les anciens poètes l’ont appelée sous ses différentes formes primitives et perfectionnées des noms de pipe, pibole, chalemelle, chalemie, chevrelte, vèze, loure, saccomuse, muse, appellations différentes désignant les parties essentielles de l'instrument. |
Ce mot dérive du latin cornu, corne et musa, muse, musette.
Musette. — Instrument à vent et à anches, composé d’une espèce de vessie ou d’outre en peau de mouton formant, réservoir d’air, que le joueur tient sous le bras gauche, et qu'il enfle comme ur ballon en y introduisant l'air à l’aide d’un soufflet.
La musette est une variété de la cornemuse, avec cette différence que dans cette dernière l’outre reçoit le vent par la bouche du joueur, tandis que la musette le reçoit d’un soufflet placé sous le bras gauche de l’exécutant. La musette fut très en faveur au xviie siècle. On l’habillait d’une espèce de robe de velcurs enveloppant l’outre et de rubans. Elle figurait avec les hautbois dans les fêtes musicales données à la cour du roi de France Louis XIV.
On appelle encore musette, un air composé pour un instrument champêtre ou ayant le style propre à la musique pastorale. On disait jouer, danser, chanter une musette.
Ce mot dérive probablement du bas latin musare, qui vient de musa, muse, chanson. Quelques écrivains prétendent que ce fut un certain Colin Musel, jongleur du xr11e siéele, qui aurait mis cet instrument en vogue au moyen âge.
La musette et la cornemuse avec réservoir d’air étaient connues des anciens : les Romains la nommaient libia utricularis (flûte à outre).
. Le compositeur Lulli l’introduisit à l'Opéra. Elle fut l'instrument favori des grandes dames du temps dont quelques-unes furent citées comme d’habiles joueuses de musette. Elle était l'instrument pastoral par excellence et tous les grands peintres d’alors, et parmi ceux-là Watteau (1684- 1721), Carle Van-Loo (1705-1765), la font figurer dans leurs tableaux. Au xvitre siècle elle devint plus rare dans la musique de GHATMBE e, mais resta usitée dans les bals champêtres.
Instruments métalliques à vent.
Les cuivres (1).
La corne. —- Parmi les instruments à vent avec lesquels Le son est obtenu avec le souffle humain et considérés comme les ancêtres de nos instruments à vent métalliques modernes, il faut citer la {rompelle, le cor, le cornet la corne. Cette dernière est certainement un des premiers instruments imaginés par l’homme. Elle prit son nom de la corne de bœuf avec laquelle elle fut formée. Par extension de signification, on a donaé le nom de corne à des instruments à vent identiques, mais en métal.
La corne, proprement dite, ne donne qu’un seul son que l’on obtient en soufflant avec la bouche dans l'instrument, qui, dans sa forme perfectionnée, fut munie d’une embouchure.
Le cor. —- Le cor naquit vraisemblablement de la corne. Cor “érive du latin cornu (corne), parce qu’à l’origine, avant d’être en métal et tel que nous le connaissons, il consistait en une simple corne. Les Hébreux avaient un instrument de cette famille. Le cor des anciens Romains (cornu) différait de la frompette (luba) en ce qu’il était recourbé au lieu d’être droit, comme celle-ci. Les cors des anciens ne formaient pas un cercle complet comme nos cors modernes.
On pense que c’est vers le xvrre siècle que la forme actuelle du cor a été inventée.
Les anciens peuples, et surtout les paladins et les chevaliers du moven âge, se servaient d’une sorte de cor d'appel qu'ils appelaient olifant ou oliphant. Ce cor était le plus souvent construit en ivoire et formé d’une défense d’éléphant. Il y avait des olifants en os, en bois, en cuir et de diftérentes grandeurs. Il fut également usité comme corne de chasse.
Dès le moyen âge, on disait corner pour indiquer l’action de jouer du cor. On disait même à cette époque corner du cor. Les chasseurs appellent corner
s chiens, sonner du cor de chasse pour appeler ou exciter les chiens. Ils disent encore corner requête, quand on sonne du cor de chasse (ou de la trompe), pour obliger les chiens à chercher de nouveau la bête, lorsqu'ils se sont éloignés de sa trace.
Au temps de la féodalité, le son du cor annonçait l'heure du repas dans les
(1) Les instruments en métal, quoique désignés sous le nom de cuivres, ne sont pas fabriqués exclusivement avec du cuivre pur. Le laiton, alliage de cuivre et de zinc, le maillechort, qui est un composé de cuivre, zinc et nickel, et aussi l’aluminium sont employés.
châteaux des seigneurs et l’expression corner lève (l’eau) désignait l’usage de se laver les mains avant le repas.
Le cor employé à cet usage fut appelé, à une certaine époque, gzaele ou gresle. Le cor était l’instrument noble par excellence; les moines et les vilains employaient la cloche. Les paladins annonçaient aux sons du cor leur arrivée aux portes du château et l’on cornait également pour donner l’alarme au moment du danger. Les expressions corner par la ville, corner aux oreilles de quelqu'un, dans le sens de répandre une nouvelle avec persistance, ont été produites par l’usage fréquent que l’on faisait du cor pour avertir, annoncer, publier quelque événement ou quelque action.
Parmi les différentes espèces de cor, le cor de chasse, appelé également trompe, peut être considéré comme le type d’où est né notre cor d'harmonie moderne.
Cor de chasse. Trompe. — Le cor de chasse, dont les tuyaux forment un cercle assez grand pour le passer autour du cou en l’appuyant sur une épaule, se termine par un large pavillon évasé. Cet instrument est ainsi appelé parce qu'il est surtout usité dans les chasses. Les airs de chasse comme par exemple : le lancer, l’hallali, la quêle, la curée, etc., sont des airs de chasse qui étaient désignés sous le nom de cornures. |
Signalons les premiers emplois de cet instrument au théâtre, en France, dans une fanfare de chasse dans la Princesse d’Elide (7 mai 1664) de Lulli. Le compositeur français Campra l’introduisit à l'Opéra dans Achille et Déidamie (24 février 1735), et Rameau dans Acante et Céphise (1751).
Cor d'harmonie. — Vers 1690, le cor de chasse français fut introduit en Allemagne et y reçut des perfectionnements qui le firent adopter dans les orchestres. Ainsi perfectionné, il'prit le nom de cor d'harmonie et pénétra en France vers 1730. En 1757, il fut adopté à l'orchestre de l'Opéra de Paris.
Il est moins grand que le cor de chasse et composé comme lui d’un tuyau contourné en forme de cercle et se terminant par une large partie évasée, appelée pavillon. Les sons s’obtiennent au moyen de l’action des lèvres et de la langue sur l'embouchure, sorte de petit godet adapté à l'extrémité étroite de l'instrument et par lequel on y introduit l’air en y soufflant. Les sons obtenus exclusivement par le secours des lèvres sont appelés ouverts ou naturels. Les sons ouverts du cor ne forment pas une gamme complète.
On complète cette gamme par un artifice consistant à boucher plus ou moins le pavillon avec la main.
C’est vers 1750 ou 1760 que l'Allemand Hampl découvrit, raconte-t-on, les sons bouchés, au moyen de l'introduction de la main dans le pavillon,
: INSTRUMENTS DE MUSIQUE MAL EE comme il vient d’être dit précédemment. Les sons bouchés augmentèrent l’échelle des sons du cor, tout en étant d’une sonorité plus faible que les sons ouverts. Ainsi constitué, le cor ne pouvait jouer que dans le ton donné par sa construction primitive. Un autre Allemand, nommé Haltenho/}, eut d’abord l’idée d’ajouter une pompe à coulisse à l'instrument, destinée à régler la justesse quand les intonations s’élevaient par la chaleur et inventa le cor à coulisse; enfin plus tard, on trouva le moyen d'obtenir des sons naturels dans tous les tons, en adaptant au cor des tubes d’allonge de différentes longueurs et de différentes grosseurs nommés « corps ou tons de rechange» qui se remplacent (se changent) selon le besoin et s’adaptent dans certains instruments de cuivre, comme le cor, la trompeile, le cornet à pistons.
Cor chromatique. — Afin d'augmenter les ressources d'exécution dans le cor d'harmonie, on a créé une nouvelle forme qu’on a appelée cor à pistons où cor chromatique. Les difficultés qui existent dans le cor ordinaire, appelé cor d'harmonie, sont amoindries par le cor à pistons qui a les mêmes sons, sans en avoir cependant la pureté ni la douceur. On y a adapté deux ou trois pistons, au moyen desquels on peut donner avec précision tous les sons bouchés du cor ordinaire. Cet instrument a aussi l'avantage de pouvoir jouer les différentes modulations d’un morceau, sans être obligé de chanser de corps de rechange aussi souvent que dans le cor d'harmonie, dont il a du reste les mêmes corps de rechange. C’est l’Allemand Sfœlzel, né vers 1780, qui eut l’idée d'adapter, vers 1814, des pistons au cor, qu’on appela alors cor à pistons, lequel donne toute l'échelle
des demi-tons, depuis les notes les plus graves jusqu'aux or es plus aiguës, ce qui lui fit donner également le nom de cor chromatique.
Cet instrument a été perfectionné plus tard, en France, par le facteur Antoine Halary et ensuite par le virtuose Meifred, puis par Adolphe Sax. — Il existe encore le cor à cylindres, lequel ne diffère du précédent que par la nature de son mécanisme qui permet plus d’agilité dans l’exécution. Le cor à pistons ou cor chromatique est généralement adopté dans les orchestres de théâtre d’opéras et symphoniques modernes.
Les pistons consistent dans de petits cylindres en cuivre adaptés en coulisse aux tubes transversaux de certains instruments à vent, tels que : le cor à pistons, le cornet à pistons, la trompette à pistons, le bugle, etc.
Sous la pression du doigt de l’instrumentiste, ces pistons modifient la dimension des tuyaux, de manière à hausser ou à baisser la note d’un demi-ton. Les pistons permettent de jouer dans tous les tons sans avoir recours aux corps de rechange.
Le nom de cor a été donné à une variété d’instruments à vent dans lesquels le son s'obtient par l’insufflation de la bouche. Citons parmi ces derniers : le cor de mer, sorte de coquille terminée par une pointe formant une embouchure facile; le cor. des Alpes, espèce de trompette rustique dont les bergers se servent pour rallier leurs troupeaux ou comme éléments de distraction, et répandue en Suisse, en Suède, en Roumanie, en Transylvanie et jusque dans l’'Hymalaya (1).
Mentionnons encore le cor russe, espèce d’instrument droit ressemblant à un porte-voix et ne rendant qu’un seul son. Un nommé Maresch, natif de Bohême en 1719, imagina un corps de musique russe composé d’un certain nombre de musiciens ayant chacun un instrument ne donnant qu'une seule note. Ces instruments sont accordés de telle manière qu'ils fournissent toutes les notes nécessaires à l’exécution d’un morceau avec les accom- | pagnèments. Par exemple, un des exécutants fait Ro russe contiebssse. ous les do. un autre tous les re un utrettes
. Üor russe ténor. l
He en mi et ainsi de suite pour les autres notes. Cha-
+ Cor russe alto. ‘ 2
+ Cor ruse soprano-aigu. que artiste n'a donc pour sa partie que la note Fig. 20. qu’il doit donner et les silences nécessaires. La
Famille de cors russes. } ; : x + difficulté consiste à compter les silences avec exactitude et à faire la note au moment voulu.
ŒUR NO ai
La trompette. — Parmi les instruments métalliques à souffle humain, la trompette est un de ceux dont le nom est le plus souvent cité dans tous les ouvrages concernant l’antiquité. On la voit figurer, sous forme de longs tuyaux terminés par une extrémité évasée, sur les plus anciens monuments et les plus anciennes sculptures et peintures (2).
(1) Gustave Chouquet, Catalogue du musée du Conservatoire de Paris.
(2) Le compositeur italien G. Verdi, a fait usage des longues trompettes de l’antiquité, dans son opéra Aïda, dont l’action se passe chez les anciens Assyriens.
es
Cet instrument a pris plusieurs formes variées avant d’arriver au type actuel.
La trompette droite des Romains était appelée {uba (tuyau, tube). Celle appelée buccina, était recourbée en cercle, passant eme par-dessous le bras gauche de ÿ b \ celui qui en jouait. L’ouver- | LT ture de l’extrémité supérieure se trouvait | placée au-dessus de l’épaule (1).
Notre trompette moderne est un instrument à vent et en cuivre, muni d’une embouchure par laquelle les lèvres obtiennent les différents sons au moyen d’une pression plus ou moins forte. Comme le cor, la trompette ne rend qu’un certain nombre de sons partant d’un premier son au grave et donnant les sons aliquotes où harmoni- °*%?1: a Le ques de ce son, dans une étendue de trois octaves. Au moyen de tons ou de corps de rechange, on peut transposer cette échelle naturelle sur tous les degrés chromatiques de la gamme.
je
La trompette à pistons, ou trompelle chromatique, est un instrument qu'il
| ne faut pas confondre avec le cornet à pistons. Il est le même que la trompette ordinaire à laquelle l'application du mécanisme des pistons, au nombre de trois, permet de donner en sons ouverts et dans toute l’étendue de son échelle, tous les degrés de la gamme chromatique (2). Elle est aujourd’hui généralement adoptée dans tous les orchestres. :
ie)
82 bSsa
Er te Re ; | |
F1G. 22. — Trompette Merri Franquin à 5 pistons.
Méthodes de Dauverné, de Franquin.
(1) Le musée du Conservatoire de musique de Paris possède une reproduction exacte d’une trompette en bronze trouvée à Pompéia et figurant au musée de Naples, Cette trompette antique appelée fuba curva a un timbre qui se rapproche de celui du bugle et sonne à l’unisson du cor en sol, dit Gustave Chouquet dans le Catalogue de ce musée (édition de 1884).
(2) La nouvelle trompette à cinq pistons, système Merri Franquin, a pour objet de diminuer
118 LA MUSIQUE ET SON HISTOIRE Ne Bugle. — Les musiques militaires font usage d’une espèce de trom-
pette appelée bugle (1). Petit bugie … Bugle en Si | Mi je