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En 1835, le fabricant d'instruments de cuivre, l'Anglais Halliday, inventa une espèce de trompette à clefs qu’il nomma bugle-horn.
La famille des saxhorns inventés en France par le facteur Adolphe Sax, en fut un heureux perfectionnement.
Le clairon. -— Il existe encore une sorte de bugle, de trompette sans pistons et qu’on appelle clairon. Le clairon sans pistons est employé dans les régiments de l’armée. On le réunit souvent aux tambours. Les fanfares qu’il exécute roulent généralement sur les trois notes de l’accord parfait. Le son qu’il rend est perçant.
Ajoutons que le mot clairon dérive du latin clarus (clair), et signifie un instrument rendant un son clair.
Le cornet. — Nous avons parlé plus haut de la corne, du cor, de la {rompelle.
Le cornet, dans ses différentes variétés, appartient à la même famille d'instruments que les précédents; il est un des plus anciens instruments de musique. Au moyen âge, on employait une sorte de petit cornet appelée huchet dont on se servait comme moyen d’appel, de signal. Dans le vieux français, huscher voulait dire appeler.
On utilise encore de nos jours de petites trompettes produisant un seul son appartenant à la famille du cornet. Les chasseurs s’en servent pour appeler leurs chiens, les conducteurs de voitures publiques et de trains de chemin de fer comme instrument de signal, d'avertissement. Il y en a en métal, en cornes d'animaux, en bois.
Cornet à pistons. — Le cornet à pistons est un instrument à vent, à souffle humain, en métal, de la même famille que la trompette. Il est très employé dans les musiques militaires, les fanfares, les orchestres de danse, et également dans un certain nombre d’orchestres symphoniques. Les sons de cet instrument n’ont ni la limpidité si claire, ni la noblesse si
les dangers d’accidents, de simplifier le doigté. Elle permet de descendre jusqu’au contre-ut au lieu de se limiter au fa dièse.
(1) Ancienñement, on connaissait un instrument à souffle qu’on HR buffle, en raison de sa ressemblance avec une corne de buffle.
fière du timbre de la trompette. Le mécanisme de ses pistons facilite l'exécution des passages rapides et chromatiques. Il a, comme le cor et la trompette, plusieurs corps de rechange en différents. tons.
Les tons de si bémol et de la sont les plus employés dans les orchestres:
Spontini, le compositeur de la Vestale, l’introduisit en France en Fi. 23. — Cornet à pistons 1826, ét on le vit pour la première à régulateur de coulisse A. Petit. fois à l'orchestre de l'Opéra de Paris en 1829, dans le Guillaume Tell de Rossini (1). Cornet en Sib
Méthodes d’Arban, Forestier, A. Petit, Bizet, Fauthoux, etc.
Le trombone. — Le mot italien {romba signifie trompette et a pour augmentatif {rombone qui signifie grosse trompette. Ce dernier mot, francisé par l'usage, désigne en France un instrument d’un timbre grave, noble et qui, dans la famille des instruments de cuivre, fait les notes graves et de basse, d’où le qualificatif de basse de trompelte qui lui fut anciennement appliqué.
Le {rombone a deux formes : le {trombone à coulisse et le {rombone à pistons. 3 | Le trombone à coulisse est composé de deux tubes formant quatre branches, s’emboîtant les unes dans les autres et que l’instrumentiste allonge
F1G. 24. — Trombone à coulisse.
ou raccourcit à volonté avec le bras droit pour produire les sons. La coulisse est la partie de l'instrument que l’instrumentiste avance ou retire
(1) Les cornets à pistons à régulateur de coulisse fabriqués par le facteur Couesnon sont de l'invention de M. À. Petit, professeur au Conservatoire de Paris, et permettent de jouer aussi juste que le violoniste, puisqu’en appuyant plus ou moins sur l'anneau du régulateur, le cornettiste peut donner à chaque note le son exact qu’elle doit avoir.
alternativement pour obtenir les différents sons. Il a une embouchure dans laquelle on souffle et se termine par un petit pavillon évasé.
Le compositeur Glück la introduit à l’orchestre de l'Opéra, à Paris en 1774.
Le trombone à coulisse a pour ancêtre la saquebute, ancien instrument du moyen âge et qui fut le prototype des instruments à coulisse, Elle servait anciennement de basse aux instruments à vent. Le trombone moderne en est le perfectionnement (1).
Pour faciliter le jeu de cet instrument, on a eu l’idée de lui appliquer le système des pistons. Le {rombone à pislons naquit de cette transformation. Au moyen des pistons, les notes se trouvent faites plus facilement.
Le trombone à pistons est au trembone à coulisse, ce que le cor à pistons est au cor d'harmonie.
Le trombone forme une famille composée du {rombone ténor (le plus usité en Frante), le frombone allo et le {trombone basse. Wagner a également emplové un {rombone contrebasse.
Méthodes de Beer et Dieppo, Clodomir, Parès.
L'ophicléide. — Avec le trombone, l’ophicléide prend place dans la famille des instruments en cuivre, à sons graves. Ce mot est formé des mots grecs ophis, serpent, et kleides, clef, ce qui signifie serpent à clefs. L’ophicléide remplaça en effet l’ancien serpent qui était ainsi appelé en raison de sa forme torlillée et qu’on employait comme instrument grave -et de basse dans les églises, dans les théâtres et dans les musiques militaires. | | |
L’ophicléide en cuivre fut inventé dans le Hanovre au commencement du x1xe siècle et apporté en France par les musiques militaires allemandes, en 1815. |
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Le compositeur Spontini l’introduisit à l'Opéra de Paris en 1819, dans
une fanfare qui jouait sur la scène dans son opéra Olympie. Il parut ensuite à l'orchestre de l'Opéra en 1822, dans Aladin, de Nicolo-Isouard et Benincori. |
(1) On connaissait également le buccin, sorte de trombone à coulisse, dont le pavillon avait la forme d’une tête de serpent ou de dragon. Il était le trombone des musiques militaires.
en
Le tuba. — Dans les orchestres modernes, le {uba a remplacé l’ophicléide basse et la basse à quatre pistons en si bémol dans les ë musiques militaires.
Le fuba est un gros instrument à vent et en cuivre, dont la principale fonction consiste à donner des basses puissantes à la masse des cuivres,. dans les orchestres symphoniques et militaires.
Méthodes Guilbaut, Cornette, etc.
Le saxhorn. Le saxophone. — Au milieu du XIXe siècle, sous Louis- Philippe et le second Empire, un facteur d’instruments de Paris créa plusieurs familles d’instruments de cuivre auxquels il donna son nom.
Doué d’un esprit inventif, soit qu’il fit des .__. emprunts et apportât des modifications aux instruments usités avant lui, soit qu’il en inventât de nouveaux, Adolphe Sax (Dinant
| FiG. 25. — Saxophones : 1814-1894), fournit aux musiques militaires basse, baryton, ténor . 4 | Op O, pe < des instruments dont plusieurs sont encore en
usage, les uns dans leur forme intégrale, les autres avec des modifications apportées par les facteurs actuels.
Les saxotrombas, les saxhorns, les saxophones (1) ont enrichi nos orchestres militaires d'éléments d’une réelle valeur. (Wéthode de Mayeur.)
Facture instrumentale française. — [La facture instrumentale française s'est placée au premier rang par l’ingéniosité de ses inventions et la perfection de ses instruments en bois et en cuivre (2).
Adolphe Sax a popularisésonnomavecses saxophones et ses saxhorns.
Les flûtes de Loïh, les bois de la maison Evette- Schejer, les hautbois de Triebert, les cuivres de Millereau-Schonaers, de Couesnon, de Besson, de Courtois, de T'hibouville, ont une réputation universelle.
Baryÿton. *, Alto.
Instruments de percussion.
Dans les instruments de ; ; Contrebasse Saxhorn. Basse à quatre pistons. percussion (3), le son s’ob- ERA
tient au moyen du frappement d’un objet sur un autre objet. Ils rendent un son unique, n’ayant
1) Le saxophone paraît pour la première fois à l’orchestre de l'Opéra de Paris dans Hamlet (1868), d’ Ambroise Thomas. Il est maintenant fréquemment usité dans les orchestres symphoniques.
(2) En 1863, Sarrus, chef de musique de l’armée, invente le sarrusophone; instrument en cuivre à anche double comme le basson. Les sarrusophones-basses et contrebasses remplacent les contrebasses à cordes dans les harmonies et les fanfares.
(3) Du latin percussum, frappé.
aucun caractère musical, parce qu’ilest difficile de lui assigner un nom dans l'échelle des sons musicaux, ceux que la science peut analyser et dont elle peut fixer le degré de hauteur. Une exception doit être signalée pour les timbales, chez lesquelles la peau peut être plus ou moins tendue, au moyen de vis.
Les instruments de percussion sont de plusieurs espèces, dont on peut établir la division qui suit : 1° instruments sur lesquels on frappe avec des baguettes, sur une péau d’animal tendue, tels que le tambour, la grosse caisse, les timbales, etc. |
2° Instruments où l’on frappe sur le métal, tels que le triangle, le tamtam, les cloches, etc.
30 Instruments en métal où le son s’obtient par le frottement de deux corps qui le composent, tels que les cymbales, etc.
49 Instruments où c’est le bois que l’on frappe, comme cela a lieu avec
°les castagneltes.
90 Instruments sur Re le verre est l’agent sonore, comme les harmonicas.
Les instruments à percussion à son unique ont pris leur origine dans
l'antiquité la plus reculée et ont dû être les premiers agents sonores em-
ployés par l’homme après la voix humaine. L’Orient passe généralement pour nous avoir donné les principaux. Ils s’appelaient crousliques (1) chez les anciens Grecs.
Le tambour. — Le {ambour (2), que les soldats eux-mêmes appelèrent caisse (3) en raison de sa forme cylindrique en bois ou en cuivre, fut connu sous différentes formes et différentes dimensions, dès la plus haute antiquité orientale. On croit qu'il fut introduit en Europe du temps des Croisades et qu’il fut adopté dans l’armée française au x1v® siècle.
Spontini introduisit la grosse caisse à l’orchestre de l'Opéra à Paris dans la marche triomphale de son opéra la Vestale (1807).
Dans certaines contrées, et tout particulièrement dans certaines pro-
.Vinces du Midi de la France, on emploie le {ambourin (4), sorte de tambour dont la caisse est beaucoup plus longue et plus étroite que le tambour ordinaire. Nous avons déjà parlé du {tambourin dans les lignes consacrées au galoubet méridional, dont il est le fidèle accompagnateur.
(1) Du grec krosticos, qui frappe.
. (2) De l’arabe fabor.
(3) Caisse : du latin capsa, caisse, coffret.
- (4) On appelait autrefois {ambourin une sorte d’air de danse d’un mouvement animé et gai . dans une mesure binaire. Le {ambourin de Rameau, pour clavecin, est resté célèbre.
Un autre petit tambour, appelé tambour de basque, est composé d’une seule peau tendue sur un cercle de deux à quatre pouces de hauteur et garni de grelots ou de petites lames en cuivre. On fait résonner la peau du tambour de basque, soit avec les doigts en glissant dessus, soit en le frappant avec le dos de la main ou le coude. Les grelots et les lames de cuivre résonnent quand on agite vivement l’instrument. |
Les cymbales. — Les cymbales, composées de deux plaques circulaires en métal que l’instrumentiste frappe l’une contre l’autre pour produire des effets de sonorité éclatante, terrifiante, et qui sont souvent employées simultanément avec la grosse caisse, furent connues dès la plus haute” antiquité. L’Ecriture en parle. Le kymbalon chez les anciens Grecs et le cymbalum chez les anciens Romains étaient très usités. En vieux français on disait : cymble.
Le triangle. — Le {riangle, également, nous vient de l'antiquité. Il tire son nom de la disposition en triangle des trois baguettes d’acier dont 1l est formé.
Les castagnettes. — Les castagnetles (1), qui marquent le rythme dans certaines danses espagnoles, telles que le boléro, le fandango, la séguédille, furent connues sous le nom de crotales chez les Grecs de l'antiquité (2).
Carillon. Cloches. — Le carillon est un assemblage de cloches de différentes tailles et accordées de manière à former une échelle chromatique d’un certain nombre d’octaves. Ces cloches, suspendues dans un clocher, sont mises en vibration au moyen de ressorts correspondant à un clavier ayant de grandes touches semblables à celle d’un pédalier d'orgue, que l’on frappe avec les poings. |
Certains carillons ont deux claviers, l’un, frappé avec les poings et l’autre, avec les pieds. Ce dernier sert pour les notes graves.
Les carillons du Nord de la France, de la Belgique et de la Hollande ont une grande renommée.
Les airs exécutés sur les carillons sont également appelés carillons.
On a imaginé de placer de petits carillons dans des pendules, dans des
(4) Le nom de castagnettes vient de la ressemblance qu’on leur trouve avec les coques de châtaignes, en latin : castanea.
(2) : a cu dériver le mot crotales, du verbe grec kroteô, je traphet et encore du grec kro-. talon (sonnette
tabatières, dans de petites boîtes, rendant des airs et composés de ressorts élastiques et sonores remplaçant les cloches.
On appelle encore carillons de petits instruments composés d’une série de timbres ou de barres d'acier ou de bronze, accordés soit diatoniquement, soit chromatiquement, sur lesquels on frappe avec un petit marteau et rendant des sons clairs et argentins.
Il existe également des jeux de timbres dans lesquels, au lieu de frapper avec un petit marteau sur les barres de métal, on se sert d’un petit clavier, comme celui du piano, pour obtenir les sons. Sous cette forme, ce jeu de timbres est appelé glockenspiel (mot allemand qui signifie jeu de cloches).
A la place de timbres, on emploie aussi des barres d’acier de différentes tailles, dont la sonorité est pe douce.
Le tympanon. — Le {ympanon des Grecs et des Romains était une sorte de tambourin. Le tympanon moderne ne doit pas être confondu avec ce dernier : il est de forme trapézoïdale comme le santir des Persans, et monté de cordes métalliques qui se frappent avec de petites baguettes. Il avait le
. plus souvent deux cordes à l’unisson pour chaque note. L’étendue du tympanon anglais (dulcimer) était ordinairement de trois octaves. Cet ins-
trument n'est presque plus usité en France, mais il est très répandu en Hongrie, en Bohême, en Transylvanie, et dans les pays avoisinants.
Timbale. — La timbale est un instrument de percussion en forme de bassin sphérique en cuivre, sur lequel on adapte une peau fortement tendue au moyen d’un cercle de fer, qui se rétrécissant ou s’élargissant à volonté, par le moyen de vis ou d’écrous, sert à tendre ou à détendre la peau, pour lui faire donner différents sons. On frappe sur la peau avec des baguettes. Les timbales font partie des instruments usités dans les orchestres symphoniques et dans les musiques d'harmonie. Elles furent autrefois employées dans les musiques de cavalerie, mais elles ne le sont plus depuis déjà longtemps.
On emploie plusieurs timbales dans les orchestres. Meyerbeer en a
employé quatre dans son Robert-le-Diable (1831). Ce fut la première appa-
rition de quatre timbales à l'orchestre de l'Opéra de Paris. On disait autrelois blouser des timbales. On dit aujourd’hui jouer des timbales.
Méthodes de Kastner, Baggers.
Les nacaires ou naquaires ou anacCaires, étaient les noms des fimbales
dans la basse latinité et au moyen âge. On les appelait encore nacariæ,
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nakaires, naquères, d’un mot qui se trouve dans les langues orientales sous diverses formes, entre autres nakerah, nakerat, nogquârych, nacarich, et servant à désigner l'instrument de percussion que nous appelons timbales. Du Cange dit qu’il est parlé de timbales, sous le nom de nacaires, dans la vie du roi Louis VIT par Suger. Les timbales étaient donc usitées en France dès cette époque, et l’on sait que ce roi de France régna de 1137 à 1180. On suppose que les nacaires ont dû être apportées en Europe, soit par les Orientaux, soit par les Croisés à la suite de leurs expéditions.
Tam-Tam. — Instrument à percussion d’origine chinoise, produisant un son très fort ayant la particularité d'augmenter après le coup reçu. Il est formé d’un grand plateau de mélange métallique, en foïme de disque peu épais et d’un assez grand diamètre et dont les bords sont légèrement relevés. Il produit un son éclatant, persistant et sinistre, qui le fait employver dans certains effets sombres de la musique dramatique, ou bien encore dans les œuvres musicales composées pour cérémonies funèbres.
Le {am-lam résonna pour la première fois à Paris aux funérailles de Mirabeau, le 4 avril 1791, et fut employé pour la première fois à l’orchestre de l'Opéra de Paris dans les Bardes, opéra de Lesueur, en 1804 |
On appelle encore cet instrument : befjrot.
L'harmonica le plus répandu de nos jours, surtout comme jouet d’enfant, est celui inventé, en France, par Lenormand et appelé quelquefois harmonica-tympanon. Ce dernier est formé de petites lames de verre d’iné gale grandeur, formant une série de sons diatoniques et sur lesquelles on frappe avec un petit marteau de liège; quelquefois, ces petites lames sonores, au lieu d’être en verre, sont en métal.
Grelot. — Instrument de percussion formé d’une boule creuse en métal, percé de trous et renfermant un morceau de métal qui rend un son indéterminé, quand on l’agite.
Les Orientaux portaient anciennement des grelots et des sonnettes à leurs habits. Chez les Hébreux, les grands prêtres avaient des grelots et des cloches d’or et d’argent en bas de leur robe. Eschyle dit que les soldats grecs en mettaient à leurs boucliers. Les anciens Romains ape des grelots d’une forme carrée.
Depuis le xr° siècle jusqu’au xve siècle, les grands seigneurs ‘dans les danses nobles, surtout en Allemagne, avaient des grelots à leurs vêtements et en portaient comme ornements. En France, la danse des morisques était exécutée par des bouffons qui portaient des grelots à