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MUSIQUE DE DANSE ET DE BALLETS PAST

Le chœur théâtral. — On y entendit des chœurs. Plus tard, le musicien français Cambert employa le chœur dans nos premiers opéras. Le chœur dramatique est, croit-on, d'invention française. Lorsque Mlle de Valois, fille du régent Philippe d'Orléans, épousa le duc de Modène en 1719, étonnée de ne pas entendre de chœurs dans les opéras italiens, elle fit venir de Paris des choristes qui débutèrent à l’opéra de Modène. Le musicographe Castil-Blaze dit que ce furent les premiers qu’on entendit en Italie dans les opéras.

La magnificence avec laquelle fut monté le Ballet de la Reine fut prodigieuse et coûta au roi Henri III plus d’un million.

L'Estoile, en parlant des fêtes de ce temps-là, cite «le Ballet de Circé et « de ses nymphes, le plus beau, lé mieux ordonné et exécuté qu'aucun « d’auparavant » (1). |

Voici un air de ce ballet appelé le Son de la Clochette. À cette époque, on appelait son ce que nous nommons aujourd’hui air, motif (2).

Le son de la clochette auquel Circé sortit de son jardin.

Sous Henri IV, la danse fut très en faveur. Tous les ballets dansés à la cour des rois de France, à cette époque, prirent le nom de ballets de cour.

Au début du xvrr siècle, les intermèdes-ballets de Benserade obtinrent une grande vogue. Puis vinrent les comédies-balleis, comme l’Andromède de Pierre Corneille, et le Mariage forcé de Molière, dans lesquels la danse et le chant sont subordonnés au récit dramatique. Louis XIV avait la passion de la danse théâtrale. Parmi les nombreux ballets dansés par lui on distingue : le Triomphe de Bacchus, le Temps, les Plaisirs, l'Amour malade, Alcibiade, les Amours déguisés, et quelques comédies-ballets de Molière. Beaucoup de pièces de ce genre ne portaient d’autres titres que celui de Ballet du Roi. Le ballet de Flore fut le dernier dans lequel il dansa (3).

Le poète Quinault (1635-1688) donna une nouvelle forme au ballet en composant des opéras-ballets dont le succès fut très grand à la cour de.

(1) Les Origines de l'Opéra, ouvrage de Ludovic Celler (1868), donne des détails intéressants sur ce ballet et sur son importance “historique.

(2) V. l'article Mélodie.

(3) On prétend que certains vers, dans le Britannicus de Racine, ne furent pas étrangers à l'abandon de ce frivole plaisir.

Louis XIV et où la danse n’était qu’un divertissement accessoire. A cette époque, en 1681,lecompositeur Lulli devint le collaborateur musical de Quinault.

Le 15 avril 1681 eut lieu la première représentation du ballet le Triomphe de l’ Amour, poème de Benserade et Quinault, musique de J.-B. Lulli, à l’Académie royale de musique de Paris. Ce ballet avait été dansé pour la première fois à la cour du château de Saint-Germain-en-Laye le 21 janvier 1681.

La première représentation de ce ballet n’est mentionnée dans cet ouvrage qu’en raison de l'intérêt historique qui y est attaché. C'est en effet, dans le Triomphe de l Amour que Lulli introduisit les danseuses sur le théâtre et ce fut la première fois qu’on les vit sur une scène parisienne. Le succès obtenu, à la cour du château de Saint-Germain-en-Laye, par le mélange des danseurs des deux sexes, donna à Lulli l’idée de cette innovation qui fut fort goûtée par les uns et fut au contraire, pour certains esprits timorés, un objet de scandale.

En 1657, on avait fait une première tentative dans un théâtre parisien situé rue Vieille-du-Temple, au Marais, et un rôle de femme avait été joué par une femme, mais cette fantaisie avait été mal accueillie. Les rôles de femme continuèrent donc, comme par le Passé, à être remplis par des hommes déguisés et ce fut seulement en 1681, que l'Académie royale de musique (Opéra) dont Lulli était le directeur-fondateur, reprenant la tentative malheureuse du théâtre du Marais, parvint à faire accepter des femmes pour des rôles de femmes.

Le ballet-pantomime.— Au xviri siècle, va naître le ballel-pantomime, tel que nous le possédons aujourd’hui, et dans lequel, pour représenter une action, les acteurs ne parlent ni chantent, mais jouent la pantomime et dansent, tandis que la symphonie instrumentale y tient lieu de la parole et du chant. Ce fut le célèbre chorégraphe Noverre (Jean-Georges), né à Paris le 29 avril 1727, qui donna le premier une action dramatique au ballel-pantomime (1). Ce genre de ballet fit son entrée à l’Académie de musique, à Paris, dans une tragédie lyrique : Ismène et Isménias (de Laujon et de Laborde), représentée le 11 décembre 1770 et dans laquelle fut intercalée une scène de Médée et Jason, ballet-pantomime de Noverre. Ce: maître avait déjà fait connaître cette nouvelle forme de ballet au Théâtre forain de l'Opéra-Comique sous la direction de Monnel (2).

(1) Dès l’année 1708, la duchesse du Maine avait conçu l’idée de ce genre de ballet et fait mimer par deux danseurs de l'Opéra la scène finale ; du quatrième acte d’Horace de P. Corneille. Cet intermède mis en musique par le musicien Mouret, figura souvent parmi les divertissements des « Nuits de Sceaux ». La duchesse du Maine habitait le château de Sceaux.

(2) V. l’article : Opéra-comique.

Vers la fin du xix° siècle, quelques compositeurs distingués ont composé des œuvres dans

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