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MUSIQUE DE DANSE ET DE BALLETS

Me de Camargo (Bruxelles 1710, Ÿ 1770), danseuse célébre au xvirre siècle, entre à l'Opéra. Dans Pyrame et Thisbé, tragédie lyrique en cinq actes et un prologue, poème de Laserre, musique de François Rebel et François Francœur, représentée à l’Académie de musique le 17 octobre 1726, se trouvait un air d’un rythme très franc, sur la reprise duquel Mlle de Camargo dansait un pas fort applaudi. Le succès de ce morceau fut si grand qu’il servit de thème principal à une contredanse favorite : c’est le premier air d’opéra qui ait été utilisé de cette manière et il s’appela tout d’abord la Camargo. On le trouve sous ce nom dans la clé du caveau.

Le danseur Gardel, le continuateur de Noverre à l'Opéra, ne laissa pas péricliter l’art de la danse à ce théâtre. |

Ce fut, dit-on, Gardel qui dansa le premier à visage découvert à l'Opéra, en 1766. Tous les ballets s’exécutaient sous le masque à la cour de Louis XIV (1). |

Il faut remonter au x1v® siècle pour trouver les premiers ballets masqués en France, appelés ballets de cour, que l'Italie et surtout Venise connaissaient déjà. Ces ballets masqués étaient appelés mascarades (2) et étaient un des jeux favoris de l’aristocratie.

Une des premières mascarades qui aient eu lieu en France est celle donnée, le 29 janvier 1392, à l’occasion du mariage d’un chevalier de Vermandois avec une demoiselle de la reine Isabeau de Bavière et dans laquelle parut le roi Charles VI revêtu d’un costume d’étoupes enduites de . résine. C’est à ce bal qu’une personne portant un flambeau mit le feu au déguisement du bâtard de Foix, serviteur du roi. Ce dernier échappa aux flammes, mais l’émotion ressentie le rendit fou.

On donna plus tard le nom de mascarades à des chansons composées pour les comédies-ballets où l’on dansait sous le masque.

Mais revenons à la musique de ballet au xvirie siècle, laquelle prend un caractère, une couleur, une force rythmique qu’elle n'avait pas atteinte jusqu'alors, avec les ballets, les fêtes, les airs de danse de Rameau dans les Fêtes de Polymnie (1745); le Temple de la gloire, fête en trois actes dont Voltaire avait écrit le poème (1745); les Fêles de l'Hymen et de l'Amour (1748) (3).

lesquelles une action théâtrale se déroule sans le secours de là parole et au moyen du jeu et des gestes des acteurs. Dans ces œuvres appelées pantomimes, la musique doit exprimer et commenter toutes les péripéties de l’action dramatique. — L’Hôte de Missa, l'Enjant prodigue de Wormser, le Petit Savoyard de Gédalge, ont reçu le meilleur accueil du public.

(1) On lit dans le Dictionnaire de Trévoux, qu’en Espagne les anciens moines dansaient masqués dans l’église en certaines fêtes religieuses et solennelles.

(2) Ils furent également appelés momeries.

(3) Au xvrrr° siècle, on appelait fête une sorte de divertissement de chant ou de danse, étranger à l’action, que l’on introduisait dans un! opéra. Dans nos opéras modernes, ces fêtes furent appelées divertissements.

Le 7 septembre 1773 eut lieu la première représentation à l'Académie royale de musique de l'Union de l'Amour et des Arts, ballet héroïque en trois actes, poème de Lemonnier, musique de Floquet. Cette pièce obtint un succès éclatant et Floquet fut demandé et amené sur la scène pour recevoir les applaudissements du public. C’est le premier compositeur qui reçut ce témoignage de l’enthousiasme du publie à l'Académie de musique. La chaconne de l’Union de l'Amour et des Arts a joui longtemps d’une grande vogue.

Floquet (Étienne-Joseph) naquit à Aix-en-Provence, le 25 novembre 1750 et mourut à Paris, le 10 mai 1785.

La musique des ballets et divertissements introduits dans les opéras par Gluck, a une couleur pittoresque, une chaleur rythmique d’un caractère personnel et plein de nouveauté.

Les progrès successifs qui se sont opérés dans la science de l’orchestration, au xix® siècle, ont donné une impulsion nouvelle à la musique de ballet.

Les ballets : Achille à Scyros, musique de Cherubini (1804), l'Enfant prodigue, musique de H.-M. Berton (1812), Proserpine, musique de Schneïlzhoefjer (1818), la Sylphide, musique du même (1832), le Diable botteux, musique de Casimir Gide (1836), Gisèle, musique d’Adolphe Adam (1841), le Diable à Quatre, musique du même (1845), le Corsaire, musique du même (1856), et bien d’autres n'avaient qu’un intérêt exclusivement mélodique, mais n’offraient qu’un mérite secondaire au point de vue musical.

Il en fut de même jusqu’à l’arrivée de Léo Delibes (Saint-Germain-du- Val 1836, f Paris 1890), dont les ballets de Coppelia ou laFille aux Yeux d'Émail (à l'Opéra, 25 mai 1873), et de Sylvia ou la Nymphe de Diane (à l'Opéra le 14 juin 1876) marquent une époque de progrès et de transformation dans la musique de ballet, avec une abondance mélodique et une distinction harmonique unies à une orchestration pleine de couleur et de brillant. 5

Les ballets de Delibes furent suivis de nombreuses œuvres, parmi lesquelles : Gretna Green, de Guiraud, la Farandole, de Th. Dubois, la Korrigane, de Widor, l'Étoile, de Wormser, Namouna, de Lalo, la Maladetta, de Paul Vidal, Le Rêve, de Gastinel, les Deux Pigeons, de Messager, le Printemps, de Busser, les Bacchantes, de Bruneau, Philotis, de Gaubert, Hansli le Bossu, des frères Gallon, puis encore les divertissements-ballets introduits par Gounod, dans Faust, par Ambroise Thomas, dans Hamlet, par Paladhile, dans Patrie, par Massenet, dans Le Cid.

Ballets russes. — En 1909, on assiste à Paris, pour la première fois,

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