‹ Résumé d'un cours d'arboriculture fruitièreChapitre 3 sur 13 · TROISIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TROISIÈME LEÇON

Multiplication naturelle et artificielle des arbres fruitiers.

Récolte et conservation des graines, stratification, modes de semis, soins ultérieures, triage et repiquage. Bouturage, marcottage, greffage. Etude pratique et approfondie du choix et de l’influence des sujets employés. Regreffage d’arbres déjà âgés, soins après le greffage.

Si les arbres fruitiers se reproduisent par semis, la graine ne reproduit que rarement la variété dont elle provienne. Parfois, on obtient des variétés dont la valeur atteint ou dépasse même celle de la plante mère, c’est d’ailleurs de cette façon qu’ont été gagnées toutes les variétés ; le plus souvent on n’obtient que des sauvageons qui sont dans la suite soumis à la greffe.

Il est indispensable d’apporter, beaucoup de soins tant au choix de la graine qu’au semis si on ne veut arriver à des mécomptes» Les porte-graines seront sains, d’une belle venue

et d’un certain âge. Les fruits seront mûrs lors de la récolte. La faculté germinative des graines chez les arbres fruitiers se perd très rapidement chez certaines espèces, si l’on ne sème pas en autome, on stratifiera les graines, c’est-à-dire, qu’on les disposera par tas dans des réservoirs appropriés, chaque tas étant séparé du suivant par une couche de sable, de cendres ou de terre légère ; les récipients (pots à fleurs, tonneaux, etc.) seront mis à l’abri de l’eau, des animaux et des écarts brusques de température.

Semis. — Préparer un terrain léger, riche en matières liumiques et minérales. Semer en lignes et enterrer de 2 à 3 cm les pépins de poire et de pomme, de 6 à 8 les noyaux de pêche ou d’abricot. La distance entre les lignes est dictée par la végétation la première année. En automne ou au printemps suivant, repiquer en prenant soin d’éliminer les plants mal venus ou chétifs. Les jeunes plants ayant besoin d’une nourriture abondante, favoriser le développement du chevelu dans la couche arable : on y arrive en racourcissant le pivot.

Moyens artificiels. — Le marcottage consiste à forcer un rameau à émettre des racines adventives, alors qu’il est encore nourri par la plante-mère, de façon à ce que, l’enracinement obtenu, il donne par séparation une plante identique comme caractères et propriétés.

Différents procédés : Ie en couchant un rameau en terre à 10 ou 15 cm. de profondeur et l’y retenant par un crochet en bois ; recouvrir le rameau de terre en laissant émerger la partie extrême qui émettra des feuilles à la reprise de la végétation.

2° Dans le marcottage en butte , on sectionne la plante au dessus du collet. Quand la souche a émis des jets, on l’entoure de terre de façon à recouvrir les empattements d’environ 20 cm Le sevrage des marcottes se fait pendant le repos de la végétation, soit en automne, soit au printemps.

Il est à conseiller, pour favoriser la production de racines, de contrarier la circulation de. la sève aux points ou on désire les voir apparaître, en tordant légèrement le rameau, en enlevant un anneau d’écorce soit encore en faisant des incisions ou une légère entaille.

Le bouturage donne également des sujets ayant toutes les propriétés de la plante-mère. Dans cette opération le rameau est sectionné complètement et placé en terre ou il émettra des racines.

On choisira pour le rameau-bouture le bois le plus fort. Il aura de 30 à 40 cm. de long et sera muni de bons yeux ; le placer obliquement dans un terrain meuble et frais, c’est la bouture simple. La bouture avec empâtement a été séparée du bois de l’année précédente par écartement et non par section. L’empâtement favorisera l’apparition d’un bourrelet qui sera le point d’émission des racines. La bouture en crossette diffère de la précédente en ce qu’un morceau du bois de l’année précédente a été conservé de part et d’autre de l’empâtement. On multiplie surtout par la bouture la vigne, le cognassier, les groseillers et en général les essences à bois tendres.

Comme soins subséquents, garantir les jeunes boutures de l’action directe du soleil comme des rigueurs de l’hiver. En été maintenir une fraîcheur suffisante par arrosements ou en garantissant avec des paillis.

Greffe. — La greffe a pour but de changer la nature d’un arbre en y implantant un fragment d’un arbre que l’on veut propager. On nomme sujet la plante destinée à recevoir le fragment ou greffon. Nous avons dit que le semis ne reproduisait pas toujours les caractères de la plante-mère. De même que le marcottagé, le greffage obvie à cet inconvénient: employé surtout quanti le marcottage n’est pas possible.

La greffe pehnet de combler les vides qui peuvent se produire dans la charpente des arbres. On y a recours aussi pour changer la variété d’un pied dont les fruits ne se développent pas bien dans les conditions où il se trouve, ainsi que pour implanter directement l’élément de fructification (greffe de boutons à fruits) sur des arbres peu fertiles.

Précautions à prendre. — Pour que la greffe puisse réussir il faut qu’il y ait affinité entre le sujet et le greffon et que celleci soit faites dans de bonnes conditions. Il doit exister en outre un certain rapport, une analogie dans leur nature, car certai-

nés variétés de même espèce ne prospèrent que médiocrement sur un sujet qui convient parfaitement à d’autres : c’est le cas pour certaines variétés de poirier greffées sur coignassier.

De même que pour les autres procédés de multiplication, choisir les greffons sur les arbres sains et vigoureux offrant tous les caractères de la variété à perpétuer.

A remarquer que si un greffon réussit sur tel sujet il ne s’ensuit pas que l’inyerse aura le même succès.

Lors du placement du greffon, bien mettre les zones génératrices en contact, car c’est par là que se fait la soudure ; il est à noter qu’il n’y a pas mélange entre les fibres et les vaisseaux du sujet et du greffon, mais simplement juxtaposition. La végétation doit être plutôt plus avancée chez le sujet que chez le greffon, sinon ce dernier serait exposé à périr par dessication.

Modes de greffage. — En fente , en couronne, par approche et en écusson.

1° En fente , 2 époques : mars et septembre. En mars, le greffon n’a pas encore poussé ses bourgeons. Coupé pendant le repos de la végétation, il a été mis en terre pour en retarder le développement. En septembre, le greffon est du bois de l’année, on enlève le limbe des feuilles pour éviter l’évaporation qui compromettrait la réussite par dessication de la zone génératrice. N’employer que les bourgeons du milieu du rameau : ce sont les mieux conformés et les plus vigoureux.

Par la greffe en fente, le sujet est coupé transversalement, puis fendu en tout ou en partie pour y introduire la greffe taillée en coin allongé. Elle est simple ou double, selon que la grosseur du sujet nécessite un ou deux greffons. La greffe anglaise est une modification de la greffe en fente, recommandable quand sujet et greffon sont de même grosseur, les deux parties s’emboitent l’une dans l’autre par deux crans.

Dans la greffe en couronne (gros sujet) le greffon est coupé en biseau d’un côté seulement et introduit entre le bois et l'écorce ; se pratique au début de la végétation.

La greffe en fente de côté sert à regarnir les vides des branches ; le sujet reste intact et on y pratique une entaille longi-

tudinale pour recevoir le greffon. Elle se pratique au printemps et en été.

Dans la greffe par approche le greffon reste adhérent à la plante-mère, on entaille sujet et greffon au lieu de jonction et on fixe avec ligature : c’est la plus sûre ; se pratique pendant route la durée de la végétation.

Greffe en écusson. — Pour les jeunes sujets ; du 15 juillet jusque fin août.

Le rameau porte écusson étant choisi en tenant compte des observations faites pour le greffon, on enlève un œil avec une partie de l’écorce placée au-dessus et au-dessous de son insertion. Enlever le bois adhérent à l’écorce. L’écusson est introduit sous l’écorce du sujet ouverte en forme de T et soulevée par la spatule du greffoir. Ligaturer en ménageant l’œil. 8 ou 10 jours après la greffe doit être reprise.

Soins généraux. — Dès que le greffon est appliqué sur le sujet selon le mode choisi, fixer à l’aide de ligatures (raphia, écorce de tilleul, etc).

La reprise faite, dans la greffe en écusson, les enlever pour empêcher l’étranglement.

Dans les autres catégories on peut les abandonner mais une opération complémentaire est indispensable : toutes les plaies seront recouvertes de mastic à greffer pour empêcher l’action désséchante de l’air et l’invasion des parasites.

Employer le mastic à froid ou à chaud. Voir même la terre glaise.

Donner un tuteur à la jeune pousse pour la diriger et la garantir contre les coups de vent.

Pour les greffes en écusson laisser un chicot d’une dizaine de centimètres au-dessus de l’insertion de l’œil. Enlever cet onglet à la fin de la période de végétation.

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