HUITIÈME LEÇON
Culture et taille du poirier en formes palissées.
Avantages des espaliers en plein vent, dits contre-espaliers. Taille et traitement de la charpente et du bois à truit dans les différents modes de culture pour le poirier Mise à fruit des arbres rebelles à la fructification. Restauration des poiriers mal formés, malades, épuisés, ou donnant des fruits médiocres.
La culture des arbres fruitiers en formes palissées permet d’utiliser les murs de nos jardins et de nos bâtiments (espaliers); elle se pratique également en plate-bande dans les jardins (contre-espaliers). Elle offre cet avantage de garnir rapidement la surface à cultiver et d’obtenir le maximum de produits en peu de temps, par l’application des formes restreintes et la non taille des prolongements.
Contre-espaliers : Ce système est formé de deux pieux extrêmes soit en bois, soit en fer, d’environ 3 mètres de haut, reliés entr’eux par des fils de fer tendus horizontalement et soutenus de distance en distance par des pieux intermédiaires.
Par ce procédé nous évitons les inconvénients des formes libres.
Les branches étant palissées, les fruits ne sont pas aussi exposés à être détachés par le vent. La lumière est mieux distribuée, l’espace occupé moindre. Eviter les contre-espaliers doubles, la partie intérieure privée de la lumière indispensable, donne peu de fruits tout en dépensant inutilement les richesse du sol.
Formes les plus recommandables : Donner la préférence aux formes restreintes et à branches verticales en nombre pair; pour les variétés peu vigoureuses formes er. U> patinettes candélabres, candélabres, etc.
On donne le nom de palmette-candélabre , aux formes dont les branches sont insérées sur la tige, dirigées d’abord horizontalement et redressées ensuite à une distance de 0m30 entre chacune d’elles.
La palmette candélabre à 4 branches est très recommandable ; on en fait également à 6, 8, 10 branches et plus.
Les palmettes candélabres à 10 branches et plus sont aussi employées avantageusement pour les murs très élevés en haute et basse-tige. On prendra de préférence des arbres greffés sur franc pour les hautes tiges.
On donne le nom de candélabre à toute forme où la tige a été supprimée et dont les branches charpentières, quel qu’en soit le nombre, sont insérées sur les deux premières palissées horizontalement et redressées ensuite à une distance en rapport avec le nombre de branches à établir à 0m30 de distance.
Taille et traitement de la charpente et des branches à fruit dans les différents modes de culture adoptés pour le poirier.
Cordon vertical : Se compose de la tige. Choisir des variétés peu vigoureuses. Planter à 0m35 des greffes de un ou de deux ans. Convient pour les hauteurs de 3 m. environ. Cette forme très restreinte n’est pas la plus recommandable.
Forme en U : Cordon vertical double. Tailler la jeune greffe sur deux yeux de côté à 0m25 du sol. Laisser entre les deux bourgeons développés et palissés une distance de 0m30. Planter à 0rn60. Entretenir l’équilibre par le pincement.
Palmette-candèlabre à 4 branches : une des plus avantageuses.
La première taille se fait à 0m35 du sol un oeil de devant et deux de côté. Ces trois yeux développés, palisser verticalement le bourgeon du centre et les deux latéraux horizontalement, l’extrémité relevée en arc de cercle.
L’année suivante tailler la tige à 0m30 de son insertion sur deux yeux de côté, en observant autant que possible, l’alternance avec les premières branches. Celles-ci seront palissées horizontalement et leur extrémité redressée à 0m45 de l’axe, afin d’obtenir un écartement de 0m30 entre les quatre branches ; on les raccourcira si leur longueur dépasse le sommet de la tige taillée.
Pendant l’été, palisser en U avec un écartement de 0m30, les deux bourgeons qui terminent la tige.
Entretenir l’équilibre par le pincement. Dès que la forme est terminée on ne taille plus les prolongements si la végétation est vigoureuse d’où fructification immédiate. Planter lm20 de distance.
On traite selon les mêmes principes les formes à 6, 8 branches, etc. Lors de la dernière taille de la tige pour terminer chaque forme, toutes les branches palissées à 0m30 de distance, devront atteindre la même hauteur.
Candélabre : Formé par la suppression de la tige sur deux yeux de côté à 0ro30 du sol. Les rameaux provenant de ces yeux sont palissés en arc de cercle et abaissés horizontalement pour être relevés à une longueur variant selon le nombre de branches à former 4, 6, 8, 10 etc.
On emploie aussi la forme demi-candélabre dans les terrains en pente. La branche mère est dirigée vers la partie ascendante, Pour les murs de peu d’élévation et jardins de ville et des agglomérations locales, les formes pourront dépasser le sommet de la muraille et former contre-espalier pour la partie supérieure de manière à atteidre la hauteur de 3 m. environ.
P admette simple : Planter de 4 à 5 m. pour les arbres greffés sur coignassier et contre un mur de 3 mètres ; convient également pour les murs de peu de hauteur. Tailler la greffe à 0m35 du sol sur un œil de devant et deux de côté. Palisser la tige verticalement et obliquement les pousses latérales en leur faisant décrire une légère courbe à la base. L’année suivante tailler la flèche de façon à avoir un second étage à 0m30 et raccourcir de moitié environ les branches latérales ; continuer de la sorte en observant autant que possible l’alternance entre les branches. Abaisser graduellement les premières sous-mères pour les. amener sur une ligne presque horizontale. Quand elles auront atteint la longueur nécessaire, relever verticalement celles de la base pour former l’encadrement de l’arbre.
Palmette verrier : Tige principale avec sous-mères opposées palissées horizontalement puis redressées successivement à 0m30 de distance ; forme très recommandable pour les variétés vigoureuses, s’emploie en haute et basse tige. Même formation que pour la palmette simple.
Variétés : Culture en espalier.
1° Midi et levant :
Passe Colmar.
Joséphine de Malines.
Beurré Diel.
Doyenné d’hiver.
Nouvelle Fulvie.
Bergamote Esperen.
Fortunée.
Passe Crassane.
Beurré Bachelier.
Olivier de Serres.
2° Couchant :
Doyenné du Comice.
Bergamote Hertrick.
Beurré Dumont.
Seigneur Esperen.
Alexandrine Douillard
Zéphirin Grégoire.
Louise bonne d’Avranches.
Soldat Laboureur.
Beurré Durondeau.
Beurré Hardy.
3° Nord :
Colmar d’été.
Double Philippe.
| Miel de Waterloo, i Bon chrétien Willam’s.
Culture en contre-espalier :
Les mêmes variétés que pour les formes libres.
Taille des productions fruitières : On donne ce nom au développement des pousses latérales : lambourde, dard, brindille.
La lambourde et le dard ne se taillent pas. Quant à la brindille elle doit être taillée au point de vue de l’équilibre et pour en faire une bonne production fruitière.
De même que la lambourde et le dard, la brindille s’est développée sur la branche charpentière ou sur une branche à fruit (brindille déjà taillée).
Lorsque la brindille se trouve insérée sur la branche charpentière, on la taille sur 2 yeux bien constitués ce qui réduit sa longueur à celle du dard (lre taille). Par suite de cette taille l’œil terminal se développe souvent en nouvelle brindille, l’inférieur en lambourde, dard ou bouton et quelquefois en brindille.
Dans ce cas supprimer immédiatement en été le bourgeon
inférieur pour provoquer le développement des sous yeux en lambourde ou en dard et pincer le bourgeon supérieur.
2me taille et suivantes ; La brindille développée sur une branche déjà taillée portant à sa base une lambourde, un dard ou plusieurs, sera taillée sur un œil pour favoriser la formation du bouton.
Ce résultat atteint, supprimer toute la partie supérieure au rez du bouton pour concentrer la sève au profit de la fructification.
Si une branche à fruits faible portait plusieurs boutons, n’en conserver qu’un seul.
Maintenir un écartement de 0m15 entre les branches à fruits.
Quelque soit la forme, la taille des branches à fruits est la même.
Mise à fruits des arbres rebelles à la fructification : Si la stérilité est une conséquence de faiblesse, donner des engrais facilement assimilables.
Quand l’arbre est trop vigoureux, on peut le transplanter s’il est jeune encore. Supprimer quelques racines et surtout raccourcir les radicelles. Greffer des boutons à fruits. La stérilité dépend souvent dans ce cas d’une taille abusive qui a détruit l’équilibre entre la partie aérienne et la partie souterraine notamment chez les formes à prolongement taillés.
Restauration des poiriers mal formés : Rétablir les arbres dont la taille ou la formation de la charpente, laissent à désirer. Ne doit s’appliquer qu’aux sujets assez vigoureux pour obtenir de bons repercements.
Quand les arbres sont chétifs ou trop vieux les remplacer après avoir reconstitué le sol. Raccourcir les autres branches plus ou moins et choisir pour prolongement un des bourgeons qui se seront développés.
Restaurer les productions en les enlevant et utiliser les sousyeux. Si les branches présentaient une écorce durcie, les raccourcir près de leur insertion. On pratique aussi avantageument la greffe en fente et en couronne.