Zemble, du russe zemlia, terre
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A l’ouest du cap Nord-est, s’ouvrent les profonds estuaires de l’Ob et de l’Iéniséi; à l'est, s’est formé le vaste delta de la Léna, en face l'archipel de la Nouvelle-Sibérie.
De nombreuses tentatives ont été faites pour trouver une ligne de navigation qui permette de passer de l’océan Atlantique à l’océan Pacifique par le nord-est, c’est-à-dire au nord de la Sibérie.
Le premier voyage complet de circumnavigation du nord de l'Asie a été effectué parle D r Nordenskjold, Suédois, en 1878-80. Parti d’Europe, il contourna le cap Nord-est ; il était sur le point d’atteindre le détroit de Béring, lorsque la mer se gela. Il fut contraint à un hivernage de neuf mois.
Vers la môme époque le navire américain la Jeannette, entré par le détroit de Béring, devait essayer de naviguer en sens inverse; mais il fut pris dans la banquise (4 sept. 1879) et entraîné pendant 22 mois. 11 sombra, brisé par les glaces (lat. 77° 8'), au nord des petites îles qui furent appelées depuis : île Jeannette et île Henriette. L’équipage opéra sa retraite en canots; deux canots abordèrent à l’embouchure de la Léna (sur 33 hommes d’équipage, 13 hommes seulement furent sauvés).
De ces audacieuses expéditions, on doit conclure que des relations peuvent être établies, pendant quelques mois, entre la mer Blanche et le golfe de l'Ob; que, dans certaines années exceptionnelles, la direction des courants et la congélation tardive de la mer permettraient la navigation plus à l’est, mais qu’il n’y a pas intérêt commercial à braver les dangers de cette navigation.
Océan Pacifique. — Les côtes orientales de l’Asie sont bordées par des guirlandes d’archipels volcaniques, qui, s’attachant de cap en cap, ferment une série de mers particulières : mer de Béring, entre la presqu’île d’Alaska (Amérique), celle du Kamtchatka (Asie), et les chaînes des îles Aléouliennes ;
mer d’Okhotsk, entre le Kamtchatka, l'i le Sakhalin, et la chaîne des îles Kouriles ;
mer du Japon, entre le Japon et la Corée; mer Jaune (appelée aussi mer Orientale), entre la Corée, les côtes de Chine, où elle creuse profondément le golfe de Pelchi-li, l’i le de Formose, et les îles Riu-Kiu ;
mer de Chine proprement dite, entre l’Indo-Ghine, les îles
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Philippines , Bornéo, et la presqu’île de Malacca ; elle est creusée par le golfe du Tonkin, que ferme l’ile d ' Hdinan, et par le golfe de Siam.
Océan Indien. — Les côtes méridionales, baignées par l'océan Indien, sont découpées par trois grandes péninsules, Indo- Chiné, Hindoustan , Arabie .
Entre l’Indo-Chine, terminée par la presqu’île de Malacca (cap Romania ), l’Hindoustan, terminé par le cap Comorin, et l’île de Ceglan, se creuse le grand golfe du Bengale, encombré d’archipels madréporiques, tels que les îles Andaman et Nicobcir.
Entre l’IIindoustan et l’Arabie, la mer d’Oman se prolonge, d’un côté, par le détroit d 'Ormuz et le golfe Per si que ; de l’autre, par le golfe d 'Aden, le détroit de Bab-el-Mandeb, et la mer Rouge.
Méditerranée. — Les côtes occidentales sont bordées par la mer de Syrie, l’Archipel ou mer Égée, la mer de Marmara, et la mer Noire, qui sont des dépendances de la Méditerranée.
Le rcliei* du sol.
Au centre de l’Asie, se dresse, à plus de 4,000 mètres audessus du niveau des mers, avec des sommets de près de 8,000 m. (mont Tagharma, 7,800 m.), un massif immense, d’une superficie presque égale à celle de la France ; les Orientaux Font appelé le Toit du monde, et les géographes de l’Occident le désignent ordinairement sous le nom de Pamir. Ce plateau a près de cent lieues dans tous les sens.
Au nord, la grande chaîne des monts Alaï et des Tien-chan (ou monts Célestes) s’étend depuis le Turkestan russe jusqu’au delà du pays de Kouldja, et marque la frontière naturelle entre la Chine et la Russie ; sa direction se prolonge par l’Altaï (mont Bielouka, 3,300 m.), les monts du Baïkal, et les monts Yablonovoi, qui forment le rempart méridional de la Sibérie.
Au sud-est, les murailles multiples du Karakorum, de
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l'Himalaya et de leurs avant-chaînes, séparent l’Hindoustan de la haute Tartarie ou Turkestan chinois.
Au sud-ouest, l’épais rempart de EHindou-kouch, qui se dresse à plus de 7,000 m. entre l'Amou-daria et l’indus, sépare le versant méridional (mer d’Oman) du versant central (Caspienne et mer d’Aral).
Entre l’Himalaya, le Pamir, les Tien-chan, et leurs prolongements, s’étend le grand Plateau central de l’Asie; il comprend : au nord, le désert de Gobi ; au sud, les plateaux glacés du Tibet. Les talus orientaux en sont formés par les montagnes mal connues de la Chine , dont les masses principales sont les monts Khin-gan* les Pé-ling, et les Nan-ling 1 .
Les eaux.
Malgré 1 élévation du Pamir, on y trouve peu de glaciers; le caractère spécial de ces hautes régions est, avec un froid excessif, une sécheresse presque absolue. Les vents du sud, qui viennent de la mer des Indes, sont arrêtés par l’Himalaya, et les vents du nord, de 1 est, et de 1 ouest, d’ailleurs chargés de peu d humidité, sont encore desséchés par leur passage sur h‘s steppes glacées de la Sibérie ou sur les déserts du centre. Aussi ce massif ne donne- 1- il naissance à aucune grande rivière.
Les rivières qui descendent vers le désert de Gobi, bientôt épuisées par la sécheresse de 1 air et du sol, disparaissent dans les sables. Le peu d eau qui coule superficiellement, se réunit dans le lit du Tarim, et se perd dans un marécage du désert, le Lob-nor.
Les i i\ ières qui coulent vers 1 ouest ont un cours plus considérable, mais elles se sont appauvries depuis l’époque historique , ce sont : le Syr-daria i ancien Yaxartes), l'Amou-daria
1. Les déserts du centre de l’Asie sont connus par les explorations du colonel russe Prjevalski. Deux Français, le prince Henri d'Orléans et
‘ ; . . Ilv . a ot > , ollt ’ f es premiers, traversé l’Asie du nord au sud, depuis la Sibérie jusqu’au Tonkin (1890).
Pé-ling, monts du nord; Ncin-ling, monts du sud.
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(ancien Oxus), et le Zeravchan. Le Syr-daria et l’Amou-daria se jettent dans la mer d'Aral, d’une profondeur de 60 à 70 m. seulement. Le Zeravchan se perd dans les sables.
La mer Caspienne, dont le niveau est à 28 m. au-dessous de celui de la mer Noire, ne reçoit aucun cours d’eau important venant du continent asiatique 1 , à l’exception de la Koura, qui coule au pied du Caucase. Ses deux importants tributaires, l’Oural et la Volga, viennent de l’Europe. Ils suffisent à peine à combler les pertes qu’elle subit par l’évaporation, et leurs deltas gagnent sans cesse sur la mer.
La muraille du Caucase, qui ferme l’isthme entre la mer Noire et la mer Caspienne, se prolonge dans la mer Caspienne, par un seuil sous-marin; au nord de ce seuil les profondeurs sont faibles. Les ports de Gonriev, sur le delta de l'Oural, et d 'Astrakhan, sur celui de la Volga, s'ensablent de plus en plus. Krasnovodsk , le port le plus vaste de la Caspienne, est abrité et présente des fonds de 7 à 10 mètres, mais l’eau potable y fait défaut 2 .
Dans la partie méridionale, au contraire, on trouve des fonds supérieurs à 1,000 m. : Bakou, tète du chemin de fer caucasien, possède une rade suffisamment sûre, destinée à devenir le grand port de la Caspienne. Sur la côte sud, au pied des monts Elbourz (Pic Demavend, 6,080 m.), il y a de bons ancrages à Enseli, dans le golfe de Recht, et dans la baie d’ Achour-ada, qui est le port d’Asterabad.
Du versant nord des monts Altaï et des monts du Baïkal, descendent les trois grands fleuves sibériens : l’Ob, l’Iéniséi, déversoir du lac Baïkal, et la Léna.
1. Entre l’Oxus et la mer Caspienne, uue longue dépression, semblable à un lit de lleuve desséché, et qu’on appelle YOuzboï, avait paru être un ancien bras de l’Oxus, et l’on avait supposé que ce lleuve se jetait autrefois dans la mer Caspienne; mais on a reconnu, par des nivellements récemment exécutés, que cette hypothèse était inexacte. On a, d’ailleurs, trouvé dans l’Ouzboï des fossiles d’eaux salées, et l’on a dû en conclure que c’était un lac, intermédiaire entre l’Aral et la Caspienne.
2. Les Russes ont établi, plus au sud, à Ouzoun-ada, la tête du chemin de fer transcaspien qu’ils se proposent actuellement de relier à Krasnovodsk.
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Des monts du Baïkal descendent, vers l’est, les rivières qui forment le grand fleuve Amour.
Dans les plateaux du Tibet oriental prennent leurs sources les trois grands fleuves de la Chine : le Hoang-ho ou fleuve Jaune, le Yang-tse-kiang ou fleuve Bleu, et le Si-kiang ou rivière de Canton, et les cinq grands fleuves de lTndo-Chine : le Song-coï ou fleuve Rouge, qui est le fleuve du Tonkin ; le Mékong, qui est le fleuve de la Cocliinchine ; le Me-nam, fleuve de Siam ; la Salouen et l’Irawaddy, les fleuves de la Birmanie.
De lTIimalaya occidental, dont les sommets dépassent 8,000 m. (Gaurisankar, 8,840 m.; Dapsang, 8,020 m.), descendent les trois fleuves de l'Inde : l’Indus, le Gange, et le Brahmapoutre.
Le Brahmapoutre, dont le cours supérieur n’est pas encore entièrement connu, et l’Indus, qui a donné son nom à l’Inde, prennent leurs sources dans les vallées du versant septentrional, et percent lTIimalaya pour descendre vers la mer, le Brahmapoutre à l’est, l’Indus à l’ouest.
Le Gange réunit les eaux du versant méridional, que lui apportent d’innombrables affluents, et les conduit au golfe du Bengale, en formant un vaste delta à vingt embouchures.
l>ivisions tic l'Asie.
D'après les formes de son relief, on peut diviser l’Asie en cinq grandes régions, c’est-à-dire quatre versants maritimes groupés autour d’une région centrale : Asie occidentale , Asie septentrionale , Asie centrale, Asie méridionale , Asie orientale.
A ces quatre versants correspondent, au point de vue politique, quatre grands Etats :
A l'ouest, l’empire ottoman ; au nord, l'empire russe;
au sud, l’empire indien; à l’est, l’empire chinois;
Viennent ensuite : l’empire insulaire du Japon et l’Indo- Chine française.
Les autres États sont plus ou moins placés sous la dépendance ou sous la suzeraineté de ces empires :
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l’Arabie se partage entre plusieurs petits États musulmans : Émirat de Chammar, Nedj (ou pays des Ouahabites), État d'Oman , Etat d’ Hadramaut , qui sont, plus ou moins, sous la suzeraineté religieuse du sultan de Constantinople;
les États du centre de l’Asie, Perse , khanats de Khiva et de Boukhara, sont sous l’influence russe.
Y Afghanistan et le Beloutchistan , les États de l’Himalaya : Nepaul, Bhoutan, Kachmir, sont sous l’influence anglaise.
Le royaume de Siam subira, tôt ou tard, la prépondérance de l’Angleterre ou de la France.
La Corée est tributaire delà Chine, dont l’influence est combattue par la rivalité du Japon.
Pour comprendre dans quelles conditions s’établit, de nos jours, ce que l’on pourrait appeler l’équilibre asiatique, il faut comparer chacune des grandes régions à un type connu, l’Europe par exemple. On considérera ainsi successivement :
L 'Empire chinois, dont la superficie est évaluée à près de 12 millions de kil. car., celle de l'Europe étant de moins de 10 millions ; la population de la Chine étant évaluée à 400 ou 450 millions d’hommes, celle de l’Europe étant de 347 millions. La Chine, à elle seule, pourrait donc faire contrepoids à l’Europe entière, et c’est une éventualité qu’il n’est pas déraisonnable de prévoir.
L 'Empire indien est aussi vaste que l’Europe péninsulaire, c’est-àdire aussi grand que l’Europe moins la Russie, et sa population, 253 millions d’hab., est à peu près équivalente.
La 'presqu'île indo-chinoise est comparable à la France et à l’Espagne réunies, avec une population à peu près équivalente à celle de l’Espagne (17 millions d’habitants).
L’Asie occidentale et la Perse ont une population de 20 à 25 millions d’habitants, c’est-à-dire à peu près celle de la péninsule ibérique, sur une superficie quatre fois plus grande.
Enfin, les immenses domaines de la Russie comprennent : la Sibérie, grande comme l’empire chinois (12 millions de kilcar.), avec une population de 5 millions d’hab. comme la Hollande la Transcaucasie, avec une population de 6 millions et demi d’habitants, un peu supérieure à celle de la Belgique ;
le Turkestan, dont la population ne dépasse guère 3 millions d’habitants, sur une superficie six fois grande comme la France.
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Les popula lions.