‹ Résumé de l'histoire d'ItalieChapitre 7 sur 11 · IV , .V · texte numérisé non relu

IV , .V

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182 RÉSUMÉ EE l’HISTOIHE

les hasards de la guerre et l’admirable activité de Piccinino, son rival, le réduisent à une situation désespérée, la timidité de Philippe, qui craint d’ctre subjugué par ceux qui triomphent pour lui ,

, le replace soudainement au haut de la roue de*^fortune. Crémone et Ponlrémoli lui sont données avec la main de 1 unique héritière des Visconti. Il semblait que dès lors son sort fût arrêté , et sa place fixée irrévocablement auprès du trône ducal, dont son mariage le rendait l’appui. Mais le soupçonneux due de Milan redoute un trop puissant défenseur ; et , lorsque Sforza va réclamer, les armes à la main, ses fiefs du royaume de TNaples que lui enlève le roi Alphonse, Philippe, se déclarant contre son gendre , envoie ‘Piccjjpino au pape pour lui ravir la souveraineté de la marche d Ancône. Cest alors qu’il faut le voir attaqué à la fois parles trois princes les plus formidables d’Italie , Alphonse de Naples , le pontife Eugène IV , et le duc de Milan , resserré étroitement dans ses petits états où* tout va lui manquer , et puis , par ses ruses

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politiques réuuies à son activité guerrière , déconcerter les plans de ses ennemis, rompre leur alliance, armer enfin contre eux et faire rentrer daiîs la carrière des combats Florence et Vénise, que la fatigue eu avait éloignées, A ee dernier coup , Philippe mis aux abois reconnaît que scs intérêts doivent le rapprocher de sou gendre ; mais au moment qu’il le rappelle- à lui , et que celui-ci prend le chemin de, la Lombardie pour en repousser les Ycnitiens , qui de toutes parts soulèvent les peuples au cri de liberté , il ap-'' prend^que Philipp^Marie vient do mourir , et qu’aveo lui c^ éteinte la ligne mâle des Visconti.

La question généalogique , qui plus tard devait amener tant de guerres , n’occupa pas alors un seul moment les esprits.

On ne se souvint point à Milan que Valentinç de Yiscouli avait été autrefois inai'iéc au duc d’Orléans , frère de Charles'VI, roi de France } les droits que Blanche pouvait avoir, apportés à Sforza n’eurent pour personne la moindre autorité , .et le testament vrai ou supposé de

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Philippe Marie , eu faveur de l’Aragonais Alphonse , no valut pas davantage aux veux des peuples. G’ctait , selon eux, a la républifjue milanaise cju était retourné le pouvoir qui venait de finir.

Aussi , après quelques querelles de garnison entre les deuîf factions militaires des Sforzeschi et des Bracceschi , empressées à se disputer l’avantage dç donner à Milan un nouveau maître , la volonté populaire qui éclate tumultueuse et irrésistible entraîne tout a sa siiite. Om redit en frémissant les longues souffrances <le l’esclavage ; on ju*re de ne plus obéir aux caprices d’un despôte j toutes les âmes s’exaltent des nobles ardeurs du patriotisme, et le cri de Popolol Popoloi ainsi que l’exemple de Florence, remplit toutes les bouches. Mais, ce qu’on veut le lendemain de la tyrannie , il faudra le vouloir encore et les jours et les années qui suivront ; sinon on ne sera pas libre.

Cependant des institutions, républicaines , improvisées du #ein d’une émeute , ont sanctionné la révolution , et lui pro-

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Diclleiit une impérissable durée, au jugement de l’ignorante multitude. Partagés par (juartiers, et rassemblés aux six portes de la ville , les citoyens ont nommé des députations chargées de représenter la république , et qui doivent être renouvelées tous les deux mois, comme la seigneurie florentine. Antoine Trivulzio .

Théodore Bossi, Georges Lampugnani , Innocent Colta , les quatre auteurs de 1 insurrection ont été les premiers investis de cette nouvelle magistrature , et les condottieri , naguère au service du duc , sont passés à celui de la commune de-Milaii. Sl'orza lui-méme , à qui l’on cède à son choix Brescia ou Vérone, lui engage bientôt son épée.

Une g’uei're sanglante et opiniâtre contre Veuise, que cet habile chef parut soutenir pour la république , et qu’il fit pour lui-méme , exerça , deux années durant , son açl^vitç. Le siège et la prise de Plaisance, où apparut pour la première lois aux Italiens tout .ce , que pouvait cpnlre des murailles Tusagg bien dirigé de Tarlillcrie, etla bataille de Caravagio,

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OÙ lut arréantie l’année vénitienne , accrurent la renommée militaire , déjà si grande, de François Sforza. G’clait en vain que les deux étals, épuisés par la guerre , en demandaient le terme ; il la prolongea dans , son intérêt jusqu’au moment où sa politique plus audacieuse que loyale, mais conforme à l’esprit du temps , lui conseilla un changement soudain de rôle.

Attiré par les oflres des Vénitiens, qui s’engagentà le reconnaître comme duc de i Milan , il conclut avec eux un traité , et^e place sous leurs drapeaux.

11 avait habilement calculé scs chances de succès. Le gouvernement républicain , . ^ à peine établi , était faible à Milail , et avait laissé échappera son obéissance un grand nombre des villes de l’ancien duché. Les ambitions locales avaient commencé de renaître, etavec elles l’anarchie ; ce sont là les jours-dc l’usurpation militaire. Aussi, quand les députes de Milan viennent promettre desalisfaire à Inus les griefsqn’il petit avoir oÔnlre leur patrie, Sforza , qui nagnèreparlartlclangaged’uri serviteur ,.prenrî‘celui d’un maître. « Il.s

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‘ t88 résumé de l’histoire ^ ,

milices urbaines signalèrent par de nobles 3 actions leur retour au métier désarmés j V leur constance se lassa plus tôt que celle de l’ambitieux guerrier qui voulait régner à tout prix. Tour à tour il leur enleva tous leurs alliés , les dépouilla de toutes les places qui restaient sous leur domination , et , ressciTés dans leurs murs ^ les 45o. mitenfin aux prises avec la famine. Alors , comme il arrive toujours , tomba devant ^ la nécessité l’enthousiasme populaire. On ' -■ se soulève pour Sforza , comme on s’était soulevé contre lui. L’ambassadeur vénitien , qui négociait la soumission de Milan à sa patrie, eÿ massacré. Antoine Iri- ^ vu^zio , qui tâche de stipuler quelques garacties p.Our la liberté et les lois , est repoussé. avec dédain , et j au prix de quelques' pains qu’il a 'jetés a la multitude aflamée , Sforza obtient les plus empressés témoignages de l’affection universelle et tous les honneurs d’une entrée triomphale. Après avoir offert au ciel , dans l’église de la Vierge, de solennelles, actions ' de grâce , il parait sur la place publique , et est salué des noms de prince et de duc.

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Il sc^ivra donc . en pleine sécurité ,

„„t\:;.euses fêtes qui e^ldbraient linau.

19U •* RÉSUMJÉ DE L’iilSTOlRE guratiou cie son pouvoir , et aux rigueurs politiques qui le consolidaient. Mais ut^ changement se faisait dans les alliances,dont le Jjut avait été jusque-là de mainleuir Téquilibre de rilalie. Florence se détachait de Venise, son ancienne et fidèle amie, pour se joindre au nouveau .souverain de la Lombardie ; et le roi de Naples au contraire, toujours uni d’intérêts avec les ducs de Milan contre les républiques, signait un traité avec les Vé-.

nitiens. Il est triste cependant de voir quels misérables résultats sortirent de toutes ces évolutions politiques, et avec quelle honteuse faiblesse l’uu et l’autre parti se montrèrent sur le champ de bataille. Sforza , le premier capitaine de l’Italie, et Jacques Ficcinino, digne héritier de la renommée de son père , resté-, renttout iin jour vis-à-vis l’un de l’autre, avec plusieurs milliers de soldats , sans oser SC battre par>crainte de la pluie. Cet exemple," et celui de la laineuse journée d’Anghiari (i), où un seul homme périt

(i) Ellc,arait culiuu 12 aiinécsaupararant, en

. DE LOMBARDIE. 19 t

après plusieurs heures de combat, suffisent pour montrer ce qu’était devenu Vart de la guerre avec ces condottieri , dont tout le soin était de faire mouvoir régulièrement leurs troupes, et de décider la victoire par des manœuvres sans effusion de sang. Aussi une bande de Français, queRenéd’Anjouamenaau secours duduc de Milan, effraya -t-elle les guerriers italiens par sa redoutable manière de combattre, et lui donna les moyens d’imposer à ses ennemis une paix qui leur fut désavantageuse. Elle se conclut à Lodi , l’an J 455, au moment où retentissait avec éclat le bruit*de la prise de Constantinople, et où la peur des armes de Mahomet II faisait sentirllc besoin de l’union aux nations de l’Europe.

Cette concorde ne fut pas de longue durée en Italie ; on y parla beaucoup d’une croisade , mais on ne l’accomplit pas, et le génie remuant des peuples retourna bien vite k la guerre. Sforza , puissant par l’intrigue , sut amener k ce poi^t les Génois affaiblis de leur querelles intestines et de leurs longues fatigues

ig-J BÉSUMÉ nE l’iIISTOIRE ‘ ' .

pour la délensc de la liberté, qu ils sc placèrent sons sa domination , et lui permirent d’enchaîner leur indocile turbulence. Ce fut le dernier agrandisseinetit que cet habile usurpateur donna à son pouvoir : il mourut en i4d6.

Une destinée bien agitée et bien violente attendait tous scs dcsccndans. « La « couronne ducale, dit riiistoricn Ripa- « monti , ne devait point parvenir jus- « qu’au sixième héritier de la maison des « Sforza ; et les cinq successions par les- « quelles elle passa furent autaut.de tra- « giques exemples de domination (i).*”

• Galéaz, qui se sauva de France, sous un déguisement, pour venir en sûreté prendre possession de i’héritage de son père, signala tristement son autorité. On ne le connut que par de vulgaires intrigues au dehors; et, si au dedans il sut maintenir l’ordre dans l’administration et la discipline parmi les troupes , ce peu de bien fut effacé par le scandale de ses

(;) Apud Grcevium. Jos , Ripamontii Wtslor.

nicdiolan., IH». V . paç. G20.

DE LOMBARDIE.* ^ ^ IQ.*)

profusions et de scs atroces débauches. Il se faisait une criminelle joie d’eidevcr aux maris et aux pères leurs femmes et leurs filles 5 et, après avoir satisfait ses honteuses passions, il en abandonnait les victimes aux outrages de ses gardes , puis ' publiait leur déshonneur. Nous n’ajouterons pas d’autres horreurs que lui attri- huent les récits contemporains, et que , notre plume se refuse à retracer.

On a observé que ces attentats à la pudeur des femmes ont été à diverses époques la plus fréquente cause de révolte contre la tyrannie. La mort de Lucrèce et celle de Virginie en- sont un témoignage dans l’histoire de l’ancienne Rome.

Un homme se trouva alors dont l’esprit ^ était plein dé ces souvenirs du patriotisme et des vengeances républicaines. C’était Colas de Montani, savant maître d’éloquence , qui avait vu toute la jeunesse milanaise s’asseoir sur les bancs de son école. Galéaz l’avait fait fouetter sur la place publique , par ressentiment d’un châtiment semblable infligé à son enfance.

Depuis lors l’âme fière de Montani nour-

,g4 RÉSUMÉ DE l’histoire

rit une haine plus que jamais implacable contre le despote, et ce fut lui qui mit le fer à la main du jeune Olgiati, dont la *sœur avait été livrée à l’infamie de la prostitution publique. Deux autres de scs .

disciples, André Lampugnani et Charles* \isconli, qui portaient aussi le poids de • leurs injures privées en même temps que celui de la grande injure de leur patrie, entrèrent dans le même serinent de ven-.

geance. Ils jurèrent de donner la mort au tyran, et Olgiati prit à témoin de cet engagement terrible saint Arabtoise, dans la basilique duquel le complot avait été formé. La fortune en favorisa l’exécution 5 tous trois frappèrent -de leur poignard Galéaz se rendant à la messe, et il l’étendirent mort à leurs pieds.

Mais ce qui suivit prouva bien que , si le patriotisme vivait encore dans quelques âmes, la multitude avilie n’était plus faite que pour l’esclavage. Lampugnani et Visconti, arrêtés dans leur fuite, furent dé- ' chirés’par les mains de la populace, et traînés dans les rues au milieu d’horribles clameurs. Olgiati les entendit dahs l’asile

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