MOYEN EMPIRE
sur les monuments^ comme ceux de Baôn, Staau et Apophis. Us régnèrent 284 ans.
La xvi* DYNASTIE Comprend 32 autres rois Pasteurs qui régnèrent 518 ans, selon Manéthon. Les monuments n'ont conservé qu'un seul nom de cette dynastie : c'est celui d' Apophis. C'est probablement sous Tune de ces deux dynasties que les Hébreux vinrent s'établir en Egypte. Les Pasteurs, peu initiés d'abord aux mœurs civilisées de l'Egypte, se firent bientôt les disciples de leurs sujets : ils protégèrent les arts, comme le montre les sphinx que Mariette découvrit dans les fouilles de Tanis et qui sont aujourd'hui au musée de Gizeh. Ils se firent aussi à la religion égyptienne, tout en n'abandonnant pas leur dieu national Soutekh, le Set égyptien, qui a donné naissance au Satan des doctrines juives et chrétiennes. Mais, après avoir fait tous leurs efforts pour se naturaliser en quelque sorte égyptiens, ils ne purent faire oublier leur origine étrangère pas plus que leur type ne s'était confondu avec le type égyptien : les princes du Haut-Pays qui avaient su garder leurs fiefs sous la vassalité dès rois Pasteurs reprirent peu à peu l'offensive et finirent par chasser les étrangers, dont quelques individus restèrent sur les rives du lac Menzalçh et s'y sont propagés
MOYEH EMPIRE 131
jusqu'à no9 jours, vivants lémoins d'uae race snr laquelle les savants n'ont pu réussir à asseoir déRnitivement leur jugement.
Houvel Empire Thtibaia
Le nouvel Empire Thébaia va de la xviii* h la xxxi° dynastie exclusivement et comprend des époques bien diverses : il dura depuis le xvui' siècle environ avant J.-C. jusqu'à l'an 340.
Les premiers Pharaons de la xvii° dynastie sont peu connus : ils s'usèrent dans les guerres incessantes que nécessita l'indépendance égyptienne ; cependant le nom de la reine Aah-hôtep a échappé àl'oubli.grâce aux bijoux merveilleux que Mariette trouva dans son tombeau, àDrah-Âbou'l-Neggab. Elle était la femme de Kaimès, quatrième Pharaon deladynastie et mère d'AhmèsI" quiehassadéfioitivemeotleschefs Pasteurs de l'Egypte'. Lalutte
1. Ce serait se faire une fausse idée de l'hialoire que de penser que loua les HîqKOs furent chassés avec leurs chefs : lei cbefa furent bien obligea de s'enfuir devant la veoRennce dex Egyptiens ; mais les petits demeurèrent.
entre les Egyptiens et leurs ennemis dura environ ISO ans ; elle fut fertile en péripéties émouvantes, et Fun des Pharaons qui ont été trouvés dans la cachette de Deir-el-bahary fut sans doute tué dans Tune des batailles de cette guerre de l'indépendance ; il se nommait Rasqenen. Les Egyptiens reconnaissants du service inappréciable que leur avait rendu le roi Ahmès I" en firent le fondateur d'une dynastie nouvelle, marquant ainsi par une ère bien déterminée le temps où ils étaient redevenus indépendants.
La xvHi® dynastie s'ouvre donc par le règne d'Ahmès I" dans sa seconde période. Ahmès remploya à des expéditions heureuses dans la Nubie, où les princes tributaires de l'Egypte s'étaient révoltés et dans la Palestine où va commencer la longue suite de guerres dans lesquelles l'Egypte finit par établir momentanément sa domination sur ce pays. Délivrée de ses ennemis, l'Egypte sembla revivre : on restaura les édifices sacrés et les bijoux de la reine Aah-hôtep montrent bien que l'art y fut cultivé avec un grand succès. Aménophis P% ou Amenhôtep selon les Egyptiens, succéda à son père et continua la politique inaugurée par le fondateur de la dynastie. Il fit quelques incursions dans la Syrie du Nord, conquit
NOUVEL EMPIBE THÈBAIN i33
définitivement TEthiopie^ et restaura les édifices sacrés en ruines.
Il eut pour successeur Thoutmès P' qui suivit son exemple, opéra des conquêtes dans la Syrie du Nord jusque sur les bords de TEuphrate, à Karkemisch, et dans le pays de Kousch, nom du Soudan actuel, où il éleva des stèles commémoratives de sou passage et de ses victoires. Il régna 21 ans et fit construire la salle des piliers psiriaques dans le massif de Karnak, à Thèbes.
Thoutmès II qui lui succéda assura définitivement la conquête de l'Ethiopie des anciens, c'est-à-dire du Soudan ou pays de Kousch : fils royal de Kousch devint dès lors le titre du prince héritier présomptihde la couronne égyptienne, comme chez nous le titre de dauphin. T houtmès II mourut d'assez bonne heure, ne laissant point d'enfants de sa royale épouse, Hâtschopset, sa sœur ; il avait cependant eu d'une autre femme de rang inférieur, nommée Isis, un fils qui était encore enfant. Hâtschopset Tadopta et exerça le pouvoir pendant la minorité de celui qui devait être Thoutmès III, en qualité de régente. Elle prit goût au pouvoir, et son règne fut Tun des plus glorieux de Tempire égyptien. Elle fit des expéditions en des pays jusqu'alors inconnus des Egyptiens, comme la côte des Somalis, et en
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rapporta des arbres d'essence étrangère qu'elle tenta d'acclimater en Egypte. Puis pour perpétuer le souvenir de ces expéditions, elle bâtit le célèbre temple de Deir-el-bahary, fouillé et publié par Mariette. C'est elle aussi qui fit en sept mois extraire des carrières d'Asouan, graver, transporter et dresser le grand obélisque qui décore toujours le massif de Karnak. Après 20 ans de pourvoir, la mort l'obligea de laisser la place à Thoutmès III, son beau-fils, e • ' ' \ < ' ^-
Thoutmès III est le plus grand des Pharaons égyptiens, sans en excepter Ramsès II, le Sésoslris des auteurs grecs. Après la mort de la régente, il fit marteler les cartouches de la reine Ilâtschopset et montra ainsi^u'il avait supporté impatiemment le joug de sa belle - mère.
Sous son règne, la puissance égyptienne atteignit son apogée et les 34 ans pendant lesquels il exerça le pouvoir furent employés à des guerres continuelles depuis le Soudan jusqu'à la Mésopotamie et les pays environnants. Ce fut aussi le premier en date des grands Pharaons constructeurs. Parmi les monuments qu'il fit élever, il faut citer les temples de Soleb et d'Amada dans la Haute Nubie, le pylône de Karnak découvert par Mariette oii ce Pharaon avait fait dresser trois listes de peuplades vaincues, comprenant près de
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400 noms : c'étaient là les résultats de ses premières campagnes dans l'Asie et l'Afrique. Il fit aussi construire un petit temple à Medinet-
Habou et d'autres monuments en briques crues à TAssassif, près de Thèbes, rive gauche. L'obélisque qui décore aujourd'hui la place de S'-Jean de Latran à Rome et V aiguille de Cléopâtre à Alexandrie portent aussi sa dédicace. Ses statues sont célèbres : entre autres le buste colossal qui se trouve au musée de Gizeh. C'est aussi lui qui fit faire ce qu'on appelle la chambre des ancêtres à Karnak, donnée à la Bibliothèque nationale par Prisse d'Avennes : le pharaon s'y représente rendant le culte funèbre à ceux qu'il admettait comme ses prédécesseurs sur le trône.
Amenhôlep II lui succéda et continua sa politique. Il eut à réprimer une grosse révolte dans la partie asiatique de son empire : il réussit à en sortir victorieux ; ayant pris sept chefs de la région pendant son expédition, il en offrit six en sacrifice à son père Amon et le septième fut expédié à Napata, où sa mort servit de leçon aux petits chefs Nubiens qui auraient été tentés de se révolter. La stèle d'Amada raconte ce sacrifice tout au long.
Thoutmès IV qui régna 31 ans maintint la suprématie égyptienne dans l'Asie du Nord et
lâS NOUVEL EMPtRE THEBAlN
dans l'Afrique. Ce Pharaon, à la suite d'un rêve> fit désensabler le grand Sphinx des Pyramides qui avait déjà été réparé sous le pharaon Khoufôu à la IV® dynastie.
Amenhôtep III régna environ 37 ans : son règûe n'offre rien de particulièrement remarquable, au point de vue politique, si Ton sort des guerres fréquentes et nécessaires contre les habitants de l'Asie, ceux de la Nubie et du Soudan.
Il fut l'un des plus grands constructeurs de la xvm® dynastie. On trouve de ces monuments à Gebel-Barkal, à Soleb, à Semneh dans la Nubie. En Egypte, il y en a à Souan, à Eléphantine, à Gebel-Silsileh, à El-Kab, à Tourah dans les carrières : c'est de son règne que datent les plus anciens tombeaux des Apis qui aient été trouvés à Memphis, dans le fameux Sérapéum qui fut la première découverte archéologigue de l'illustre Mariette. A Karnak il entreprit des constructions considérables ; puis, comme cela ne lui suflSsarit pas, il fit commencer la construction du temple de Louqsor, où des tableaux retracent tout au long sa naissance mystérieuse. Il fit ensuite élever un grand temple entre Médinet-Habou et Scheikh- 'Abd-el-Gournah. Il n'en reste plus rien aujourd'hui, sauf les deux colosses qui en décoraient rentrée et qui semblent toujours garder la plaine
NOUVEL EMt>JBE ÎÛÈBAlN iâô
de Thèbes. Ces colosses ont été appelés par les voyageurs grecs ou romains : colosses de Memnon ; Tun deux était surtout célèbre parce que Ton croyait qu'aux premiers rayons du soleil levant,
^ la statue rendait un son prophétique : c'était ce qu'on appelait la statue vocale de Memnon dont le savant Letronne a complètement fait tomber la légende.
Amenhôtep IV lui succéda. La vie de ce prince tient du roman et les Egyptologues en ont fait le centre de systèmes tous plus ingénieux les uns
. que les autres, mais tous aussi faux. On a d'abord prétendu qu'il était eunuque, puis que c'était une
: femme. Cette prétendue femme avait le sexe mas-
. culin^ et cet eunuque avait été prolifique, puisqu'il .avait au moins quatre filles, sans compter les fils. Ce qu'il y a de vrai, c'est qu'offusqué de l'importance de plus en plus graade que prenait le sacerdoce Thébain d'Amon, il abandonna la ville de Thèbes, son culte et ses prêtres, pour adopter un autre culte primitif de. l'Egypte, celui d'Uéliopolis, fit marteler le nom d'Amon et transporter sa capitale dans la province actuelle de Minîeh; au lieu nommé El-Amarna. Il changea son nom d'Amenhôtep en celui de Khouenaten et appela la capitale qu'il fonda Khouitenaten, en rhonneur de son Dieu Aten, le disque solaire. Les
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monuments dont il eut le temps de doter sa nouvelle ville sont merveilleux de réalisme artistique, et il fit composer en l'honneur du Disque solaire un hymne de la plus grande poésie. Cependant sa tentative avorta, et dès qu'il fut mort la réaction leva la tête. On a dit qu'il avait été amené à son culte hérétique, car on Ta dénommé ainsi, par sa femme la reine Tii qui aurait été d'origine sémitique ; la reine Tii était au contraire d'origine purement égyptienne. Dans ces dernières années on a découvert son tombeau à El-Amarna et une foule de tablettes cunéiformes formant la correspondance officielle que lui adressaient ses tributaires et ses officiers.
Après des successeurs éphémères tels que Rasaakakhoprou, Toutônekhamen et Aï^ Horemheb monta sur le trône et mit fin aux divisions qui existaient en Egypte. Le schisme se termina par un compromis, chacun des deux partis ayant fait des concessions, et Horemheb put s'occuper de l'empire égyptien à l'étranger. Les carrières de grès à Silsileh contiennent des tableaux où sont sculptés les actes mémorables de ses campagnes. Le Musée du Louvre possède le sceau magnifiquement orné de ce prince qui construisit l'un des pylônes de Karnak. Ce fut sous son règne qu'on enterra TApis dont Mariette trouva la tombe inviolée
NOUVEL EMPIRE THÉBAIN l4t
dans le Sérapeum de Memptiis. Ce roi régna 36 ans environ. Il est le dernier de cette dynastie, la plus puissante de TEgypte, celle aussi oîi l'art atteignit une perfection dont il ne pouvait guère que déchoir et dont les monuments remplissent les musées de TEurope.
XIX® DYNASTIE. D'originc thébaine et comprenant au moins huit Pharaons. Elle a duré environ 180 ans et a maintenu pendant .une bonne partie de sa durée l'empire égyptien avec une certaine grandeur ; mais vers la fin des signes de décadence se montrent et elle finit sans doute dans l'anarchie, comme il est dit plus loin.
Ramsès P' en fut le fondateur : il appartenait à une famille nouvelle, peut-être apparentée avec quelque famille sémitique. Après avoir rétabli la paix et l'ordre dans l'intérieur de TEgypte, il reprit les éternelles incursions des Pharaons égyptiens dans le Soudan et dans la Syrie. En Syrie, les Egyptiens avaient eu jusque là à combattre les nations qu'ils appelaient Rotennou, du Nord et du Sud ; mais sous Ramsès P' apparait pour la première fois la mention des Khétas, ou Hittites, qui avaient constitué une confédération générale des princes syriens pour résister à l'Egypte. Leur empire balança l'empire égyptien et ne. devait
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disparaître que devant la conquête assyrienne.
Séti I*% durant un règne long de plus d'un demi-siècle, fut presque continuellement occupé à guerroyer contre les Khétas, pu Hittites. Il occupa la Syrie d'une manière méthodique par des garnisons qui firent pénétrer dans ce pays les idées et les coutumes égyptiennes, comme cela s'était déjà fait à la xii® dynastie, selon le témoignage d'une stèle du Louvre. Il fut obligé de faire la paix avec le roi des Khétas. Ce roi fut un grand constructeur et Tami des arts. Ce fut sous son règne que Ton commença la grande salle hypostyle de Karnak^ Tune des merveilles de l'architecture égyptienne, et que Ton grava sur les murs extérieurs de cette salle les bas-reliefs si connus qui représentent les victoires des Pharaons sur les populations de la Syrie. Il fit aussi élever à Abydos le temple d'Osiris qui a été découvert, déblayé et publié par Mariette. A Gournah, près de Thèbes, il fit encore édifier le temple que Ton y voit toujours. Mais la merveille qui a fait connaître ce Pharaon, c'est le tombeau qui lui fut élevé dans la vallée deBibanel-Molouk et que l'italien Belzoni découvrit au commencement de ce siècle. Il est resté presque intact, autant qu'il est possible avec les nombreux voyageurs qui le visitent depuis qu'il est
découvert. Il vient d'être publié en entier par M. Lefébure. Ce fut aussi sous ce règne que fut commencé le canal qui unissait le Nil à la mer Rouge, s'il n'existait pas dès l'Ancien Empire : en tout cas, il fut restauré par Séti I", comme il devait l'être plus tard par Trajan.
Ramsès II succéda à Séti P' et eut J'un des plus longs règnes que mentionne l'histoire, puisqu'il atteignit bien près de 70 ans. C'est le Sésostris des Grecs, celui dont les conquêtes défrayaient les histoires d'Orient avant et même depuis les découvertes égyptologiques : au fond ce fut un conquérant, mais inférieur de beaucoup à Touthmès III et peut-être à Séti l^\ Son père lui avait donné un harem dès l'âge de 10 ans: aussla-t-il laissé un chiffre d'enfants fort respectable, 170, dont o9 royaux, nés de princesses ayant le titre de reines. A la mort de Séti P', il y eut un i^oulèvement général des parties de l'Asie occupées par les Egyptien s ; mais on dut bien vite perdre l'espoir trop facilement conçu que la main du nouveau maître ne saurait pas tenir les rênes de l'empire égyptien. Il montra une valeur personnelle très grande, et ce fut à qui la chanterait parmi les poètes égyptiens dont nul ne fut plus célèbre que le scribe Pentaour qui écrivit le premier poème épique connu sur les vaillances du roi Ramsès. La lutte se prolongea
pendant plus de seize ans, et ce ne fut qu'en Tan xxi qu'un traité de paix, conclu entre Ramsès II et le roi des Khétas, mit un terme aux expéditions annuelles. Parmi les noms des peuples confédérés contre TEgypte, on en trouve plusieurs que le vieil Homère comptera parmi les défenseurs de Troie. Ramsès II épousa une des filles de son adversaire, et le traité gravé sur les parois des temples est parvenu jusqu'à nous. Depuis cette époque jusqu'à la fin de son règne la paix ne fut pas troublée, et chacun des deux signataires du traité de l'an xxi tint à honneur d'en observer les clauses.
L'activité de Ramsès II trouva des aliments par ailleurs : c'est le plus grand constructeur qu'ait connu l'Egypte et peut-être le monde entier.
Depuis Beyrouth jusqu'à Ibsamboul en Nubie, il sema ses constructions comme à plaisir. Voici ses monuments les plus célèbres : le temple souterrain d'Ibsamboul avec ses colosses taillés dans le rocher ; l'achèvement de la salle hypostyle à Karnak ; les petits obélisques et le temple de la déesse Sekhet, aussi à Karnak ; les pylônes et les deux obélisques de Louqsor, dont l'un, transporté à Paris par l'ingénieur Lébas, décore aujourd'hui la place de la Concorde ; le Ramesséum, près de Scheikh- 'Abd-el Gournah sur les murs duquel il fit graver les tableaux représentant ses victoires et dont les
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Grecs ont fait le tombeau d'Osymandias; le colosse qui était naguère à Mit-Ralïineh, renversé dans
, un fossé; quelques-uns des souterrains du Sérapéum. Il acheva le temple d'Abydos, Il fonda aussi les villes de Ramsès etdePithom auxquelles sont dits avoir travaillé les Hébreux. La première de ces deux villes fut appelée Herôôpolis, aujourd'hui Tell-el-Maskhoutah : elle était située au commencement de la mer Rouge; la seconde bâtie non loin de Bubaste, à Tentrée du désert, est maintenant déserte. Il se fit aussi creuser deux tombeaux. Chez lui, faire dresser des stèles partout où il passait et s^approprier les monuments de ses prédécesseurs en y faisant graver ses cartouches, semble avoir été une véritable manie. Le long
' règne de Ramsès II fut cause que le Pharaon vit mourir avant lui un grand nombre de ses enfants; son successeur, Ménépetah P', n'était que le trekième de ses fils et avait près de 60 ans lors de son accession au trône.
Ménépetah eut un règne assez agité. La mort de son père rompit la paix ; il eut à soumettre les. révoltés de l'Asie, quoique dans un moment de famine, il eût fourni les approvisionnements nécessaires au roi des Khétaset maintenu le traité de Tan XXI. Il dut repousser la première invasion des nations du Nord et réprimer les tribus de prison-
niers qui étaient employés aux travaux publics. C'est peut-être sous son règre que les Babyloniens révoltés furent châtiés et fondèrent la citadelle connue sous le nom de Babylone d'Egypte, près de laquelle fut fondée ensuite la ville de la tente ou Postât, et ensuite le Caire. Son règne offrirait sans doute une occasion favorable pour VExode du peuple hébreu, mais rien n'est moins certain. Le tombeau de ce Pharaon dans la vallée des rois àThèbes est célèbre, et il fit aussi achever dans la ville de San le temple du Dieu Soutekh auquel on avait déjà travaillé sous les deuxrègnesprécédents. Après sa mort, la discorde se mit en Egypte : Amenmeses, Seti II, Ménépetah II et Set-Nakhet se succédèrent sur le trône sans parvenir à ressaisir complètement l'autorité sur l'empire égyptien tout entier : s'il faut en croire le grand papyrus Harris, un Syrien se serait même emparé du trône d'Egypte. Il fallut un changement de dynastie pour ramener l'ordre.
La XX" dynastie thébaine compta douze rois qui régnèrent environ 180 ans : malgré un règne brillant, c'est d'elle que part la décadence égyptienne.
Après un prince dont on ne connaît guère que le nom et qui fut le fondateur de cette dynastie, Ramsès III, le dernier des grands Pharaons^ inau-
gure son règne. Les nations des îles du Nord ayant voulu envahir TEgypte, Ramsès III leur infligea une sanglante défaite et les rejeta dans la mer, entre Raphia el Péluse. Il fit d'autres campagnes heureuses contre les Syriens et les Libyens, et finit par reconstituer à peu près l'empire Egyptien. Pour conserver le souvenir de ses victoires, il fit construire le«aagnifique temple de Medinet- Habou, où les scènes guerrières se mêlent avec les scènes de la vie privée du Pharaon et de ses femmes. Ce fut aussi lui qui fit construire à Karnak le temple d'Osiris. Son tombeau à Biban-el- Molouk est très célèbre, surtout à cause de la présence des scènes de la vie réelle et principalement à cause des deux Harpistes longtemps désignés sous le nom de Harpistes de Bruce, qui se trouvent dans l'une des huit chambres creusées dans le corridor d'entrée.
A partir de ce règne, la décadence commence.
Les successeurs de Ramsès III portent tous le nom de Ramsès et ne se différencient que par leur surnom jusqu'à Ramsès XII le dernier de la lignée. Princes sans grand caractère, iis virent se tarîr les sources des revenus de l'Egypte, les années de malheur succéder aux années d'abondance ; les révoltes se suivirent les unes les autres, les grèves industrielles, les pillages sacrilèges se
multiplièrent. L'esprit militaire commence à se perdre peu à peu, parce que la guerre ne rapporte plus rien, et quand Ramsès XII disparaît, les grands prêtres d'Amon peuvent prendre le pouvoir en mains. Cependant on construit encore le temple de Khons h Karnak et des tombeaux dans la vallée des rois.
La XXI® DYNASTIE, sclou Mauéthou, fut d'origine Tanite et régna dans le Delta ; c'est là une simple opinion de Thistorien égyptien, car il y eutàThèbes une autre dynastie qui régna concurremment : celle des grands prêtres d'Amon qui régnèrent sans gloire, mais qui exercèrent cependant Tautorité dans la Haute-Egypte. Ce furent eux qui firent construire la fameuse cachette de Deir elbahary pour y soustraire au pillage les momies les plus célèbres et les plus riches des trois dynasties précédentes qu'on ne se faisait plus scrupule de voler ; cette cachette a été découverte en 1882, ainsi qu'une autre renfermant les cercueils des prêtres d'Amon en 1891. Ce fut sous ces princes qu'une partie de Tarmée égyptienne se retira en Ethiopie et fonda le royaume de Napata.
A Tanis, Manéthon indique sept rois dont quatre seulement se sont trouvés sur les monuments ; pendant ce temps leurs compétiteurs possédaient
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pendant six générations le pouvoir à Thèbes : Herhor, Piankhi, Pinodjèm I, Pinodjèm II, Ramenkheper et Pinodjèm III. Cette compétition finit à l'avantage des rois Tanites, qui furent euxmêmes renversés par une nouvelle dynastie, originaire de Bubaste, après un règne de 190 ans environ.
La xxn® dynastie, d'origine libyenne, comprend 9 rois qui régnèrent environ 170 ans. Les noms fortement sémitisés de quelques uns de ces rois montrent que TEgypte perdait de jour en jour son influence politique sur le monde.
Scheschonq P% le Sésak de la Bible était d'origine Syrienne. Il vivait en même temps que le roi juit Salomon, c'est-à-dire vers Tan 1000 avant notre ère. Il sut se servir des divisions intestines des états voisins, et ouvrit notamment l'accès de TEgypte aux mécontents du royaume de Salomon. Lorsque le schisme des dix tribus vint à éclater, ii se dit que Toccasion était propice, envahit la Judée, s'empara de Jérusalem et enleva les trésors amassés par Salomon, notamment les .boucliers dorés déposés dans le temple de Jérusalem. De retour en Egypte, il fit graver sur les murs de Karnak le nom du roi de Juda, que ChampoUion y a lu depuis. Mais cette expédition heureuse
n'eut pas de résultats durables et ne suffit pas pour enrayer la décadence irrémédiable. Il mou^ rut bientôt après et, parmi ses successeurs, nul ne renouvela ses entreprises lointaines.
Cependant rien ne vient prouver la décadence rapide de TEgypte sous les règnes d'Osorkon P', . de Takeloth I", d'Osorkon II et de Scheschonq II qui n'ont guère laissé d'histoire ; mais sous le règne de 'ï'akelôth II et sous celui de ces succès-, seurs Scheschonq III, Pimi et Scheschonq IV, les divisions intestines de TEgypte montrèrent à qui avait des yeux combien ce pays avait perdu de sa^ force. Cependant cette dynastie a laissé quelques , monuments :d'abord à Karnak, comme il a été dit , plus haut, au Sérapéum que Mariette devait découvrir et dont il devait donner au musée du . Louvre les mombreuses stèles, et enfin les stèles de Silsilis où les rois de cette dynastie trouvèrent . une carrière pour leurs constructions.
La xxni® dynastie, d'origine Tanite, ne comprend que quatre rois, dont deux seulement ont été retrouvés sur les monuments, et dura environ 90 ans. Il y eut sans doute d'autres rois ; mais ils nous sont inconnus.
Manéthon nomme les quatre rois qu'il cite Petoubastis, Osorkon III, Psammous et Zît: les.
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deux premiers seuls se sont retrouvés. C'est sous cette dynastie que la ville de Thèbes, délaissée déjà depuis longtemps, fut dépeuplée et se cantonna en divers petits villages placés près des temples, comme Louqsor, Karnak, Médinet-Habou, Gournah, etc.
La XXIV® DYNASTIE, d'origiue Saïte, ne comprend que deux Pharaons, Tafnakhet et Bokenranef (Bocchoris) sous lequel Manéthon mentionne qu'un agneau parla. Tafnakhet avait réussi à souniettre presque toute TEgypte ; mais quelquesuns des petits princes ses concurrents appelèrent les Ethiopiens, c'est-à-dire les Egyptiens qui étaient allés former un empire dans le Soudan et la Haute-Nubie ; ceux-ci accoururent avec empressement et le roi Piankhî, dont on a retrouvé la stèle sur laquelle il avait raconté cette expédition (cette stèle existe au musée de Gizeh et a été expliquée par E. de Rougé) conquit rapidement toute TEgypte ; mais la mort vint bientôt mettre un terme à ses succès. Son successeur Kaschto fut obligé de retourner en Ethiopie, laissant le champ libre à Tafnakhet qui reprit ainsi sa puissance première et la conserva jusqu'à sa mort.
Après lui, Bokenranef, son fils, eut le pouvoir pendant 7 ans dans la Basse-Egypte; mais ses
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projets ambitieux, en suscitant la jalousie des autres princes, attira une seconde invasion des rois éthiopiens : Bokenranef fut pris et brûlé vif par Schabaka, qui fit la conquête de tout le Delta.
La XXV® DYNASTIE fut éthiopienne, comprit trois rois et dura un demi-siècle, de 715 à 656 environ.
Schabaka, le Sabacon des Grecs et le Sébé de la Bible, mit tous ses soins à réorganiser TEgypte, à lui donner la prospérité des anciennes dynasties ; il entreprit la restauration des monuments, des villes, des canaux et de leurs digues, qui servaient et servent encore de grandes routes en Egypte. Il fut aidé dans son œuvre par le concours de la reine Ameniritis, qu'il mit à la tête de Thèbes et dont la statue en bel albâtre oriental décore le musée de Gizeh. Il porta ensuite ses visées politiques à l'extérieur de l'Egypte, fit alliance avec Ozias et Ezechias rois de Juda, et avec le Philistin Hounou ;il entreprit de s'opposer à la conquête de la Syrie par le roi Assyrien Sargon, mais il fut vaincu à Ropeh, près de Gaza. Sa défaite fut le signal du soulèvement de toute la Basse-Egypte contre les Ethiopiens qui furent refoulés vers la Haute-Nubie .