‹ Résumé de l'histoire de l'Égypte depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, précedé d'une étude sur les mœurs, les idées, les sciences, les arts et l'admisistration dans l'ancienne ÉgypteChapitre 15 sur 17 · EXPÉDITION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

EXPÉDITION FRANÇAISE

lorsque trois jours plus tard on arriva au Nil, près de Ramanîeh, il était temps, car l'armée n'était pas encore aguerrie ni faite au climat. Une première escarmouche eut lieu àSchebreys contre les mamlouks qui furent vaincus, et le 21 juillet la bataille des Pyramides vint apprendre aux mamlouks ce qu'étaient leurs adversaires. La victoire laissait Le Caire h Bonaparte, et il y était entré le 25 juillet, pendant que Mourâd-bey et Ibrahîmbey s'enfuyaient l'un vers la Haute-Egypte, l'autre vers la Syrie.

Bonaparte se hâta d'organiser la conquête que lui avait livrée une seule bataille ; il adressa une proclamation au peuple égyptien,, lui disant qu'il venait en ami de la Porte pour le soustraire au joug des mamlouks, en quoi il se trompait, s'il croyait ainsi se bien faire venir des Egyptiens ; il fit mieux en ordonnant de respecter les coutumes, la religion du pays ; il établit quelques manufactures, régla la perception des impôts, s'appuya sur la population copte, et quelques jours après son entrée au Caire, la vie publique, un moment suspendue par cette soudaine révolution, reprit comme si rien ne s'était passé. C'est alors qu'il fonda l'Institut égyptien qui devait faire pour le bien de l'Egypte autrement de besogne que les armes et les victoires.

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Bonaparte se lança ensuite à la poursuite d'Ibrahîm-bey. Ce fut pendant cette expédition qu'il apprit le désastre tombé sur la flotte française, détruite dans la rade d'Aboukir par les Anglais sous le commandement de Nelson (l*** août). Il avait aussi réglé la poursuite de Mourâd-bey dans la Haute-Egypte, et le général Desaix, aidé des généraux Belliard, Priant et Davoust, avec 4.000 hommes accomplit cette admirable campagne dans laquelle il lui fallut^ en moins d*un an, conquérir 250 lieues de terrain où il était à chaque instant attaqué par un ennemi insaisissable. Après les batailles de Sedment, de Samnout, de Louqsor et de Benout, Mourâd-bey fut rejeté dans la Nubie et le pays fut soumis jusqu'à Philée où la colonne de Belliard grava Tinscription connue (3 mars), pendant que Desaix (29 mai 4799) occupait Qoseir sur la mer Rouge.

Pendant ce temps, les partisans des beys et des mamlouks avaient organisé une vaste insurrection au Caire, et le commandant de la place, le général Dupuy y trouva la mort, ainsi que 300 français qui furent lâchement assassinés. Il fallut bombarder la ville, notamment les mosquées d'El- Azhar et du sultan Hassan où les insurgés s'étaient réfugiés (21 au 23 octobre 1798). Bonaparte apprit alors que deux armées turques se rassemblaient à

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Rhodes et à Damas pour envahir l'Egypte et chasser les Français ; il se décida à prévenir la première.

Le 10 février 1799, il partit pour la Syrie avec 13.000 hommes; il prend le fort d*El-'Arisch, traverse le désert et fait son entrée dans Gaza. Le 7 mars, il prend Jaffa et fait massacrer les prisonniers qu'il ne pouvait nourrir ; le 29, il met le siège devant Gaza, défendue par le célèbre et cruel pacha Djezzar et par l'anglais Sidney Smith qui commandait la croisière ; il quitte momentanément le siège pour aller porter secours à Kléber qui était environné par l'armée turque et la taille en pièces au montThabor(16 avril). De retour devant Saint-Jean-d'Acre, repoussé dans tous ses eflforts, il se décide à lever le siège, après li assauts, et retourne en Egypte. La peste se déclare en son armée à Jaffa; il n'arrête point sa marche, revoit l'Egypte, et, le 23 juillet, il rejette à la mer une armée turque débarquée dans la rade d'Aboukir et dans laquelle se trouvait Mohammed 'Aly que la destinée devait appeler à jouer le premier rôle sur la terre des Pharaons.

Cette bataille assura la possession de l'Egypte à Tarmée française. Mais, comme de mauvaises nouvelles étaient venues de France, Bonaparte se décida d'abandonner secrètement l'Egypte, emme-

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nant avec lui Lannes, Berthier, Marmont, Dùroc, Murât, Andréossy, Bessières, Monge et Berthollet, et laissant le commandement à Kléber. A cette nouvelle, l'indignation fut grande et le découragement s'infiltra dans le corps expéditionnaire ; mais les événements qui suivirent ne laissèrent pas à Tarmée française le temps de se décourager. A la fin de Tannée 4799, Tarmée d'Egypte était réduite à 15.000 combattants valides, elle était privée de renforts, sans communications avec la mèrepatrie, sans défense du côté de la Syrie et menacée par les Anglais et les Turcs. Dans ces circonstances, le général crut bon de traiter de Tévacuation, comme ses instructions Ty autorisaient, il signa la convention d'El-'Arisch avec la Porte et Sidney Smith : d'après cette convention, Tarmée française évacuait TEgypte avee tous les honneurs de la guerre, rendait toutes le» places-fortes et était conduite en France sur des vaisseaux anglais. Le cabinet de Londres voulut exiger que l'armée française se rendit à discrétion, et le 20 mars Kléber indigné rompit pour sa part la convention. Une armée turque, sous la conduite du grand-vizir, était alors campée près d'Héliopolis, forte de 80.000 hommes: Kléber avec 10.000 Français la vainquit (24 mars) et la poursuivit jus^ qu'à Salehîeh. Mais lorsqu'il fut revenu au Caire,

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