EXPÉDITION FRANÇAISE 2Ô
OÙ Ibrahîm-bey s'était introduit pendant son absence, il trouva la ville révolutionnée de nouveau ; il livra un combat de dix jours pour la reprend.re et fut obligé de la faire bombarder. Enfin Mourâdbey fit sa soumission et l'Egypte fut reconquise ; mais le 44 juin suivant, comme Kléber se promenait dans un jardin^ un syrien fanatique l'assassina et Menou lui succéda par droit d'ancienneté. Les jours de l'expédition étaient désormais comptés.
Cependant l'expédition jouit encore de six mois de paix relative : les difficultés ne commencèrent guère qu'aux premiers Jours de l'année 1801. D'abord le général anglais Abercrombie débarque à Aboukir et, le 21 mars, défait Menou sur le terrain même où Bonaparte avait jeté les Turcs à la mer. Les digues ayant été coupées par les Anglais, les eaux de la mer inondèrent le pays environnant^ entrèrent dans le lac de Mariout qui était desséché et forcèrent Menou à concentrer son armée dans la ville d'Alexandrie. Pendant ce temps le général Belliard qui était resté au Caire fut investi par les forces autrement considérables de l'armée anglaise et turque ; il fut obligé de capituler, mais il sortit du Caire avec fous les honneurs de la guerre e fut rapatrié, avec sa petite armée, par des vaisseaux anglais (25 juin). Le 2 septembre suivant, Menou, après un siège de plus de cinq mois, man-
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quant de vivres, se rend aux conditions stipulées dans la convention d'El 'Arisch, et à la fin du même mois il ne restait plus un soldat français en Egypte. C'est ainsi que finit l'expédition d'abord si brillante, si funeste à la fin, des Français en Egypte : elle ne laissa guère après elle que le souvenir lumineux des victoires remportées et aussi le sentiment qui commença de naître que l'Egypte pouvait être traitée autrement qu'elle l'avait été par les mamlouks et surtout par les Turcs.
Mais, si la conquête militaire avait passé comme un météore brillant qui s'évanouit bientôt, la conquête scientifique allait commencer. La Commission d'Egypte, dans le court laps de temps dont elle avait pu jouir, avait ramassé des matériaux inappréciables. L'Egypte avait été explorée sous toutes les faces par des hommes animés d'un ardent désir de connaître et de faire connaître les particularités qui se rapportaient à l'histoire d'un pays qui avait joué un rôle étonnant dans l'histoire du monde et qui avait initié notre Europe à la civilisation brillante qu'il avait inaugurée. Non seulement les monuments de l'Egypte ancienne avaient été aussi bien explorés qu'ils pouvaient l'être, mais encore l'Egypte moderne avait été étudiée à fond, le commerce et l'industrie avaient