ADMINISTRATION
blique et surtout aux reconstructions somptueuses des temples. Tant que la conquête fournit à l'Egypte la richesse et que les années abondantes succédaient aux années abondantes, tout y alla fort bien : mais la conquête finit par avoir un terme, des années de moins grandes récoltes arrivèrent, les greniers du Pharaon se vidèrent et les esclaves, les simples artisans qui vivaient aux frais du roi, se trouvèrent réduits à la plus grande détresse. Ils refusèrent de travailler pour ceux qui ne les nourrissaient pas, c'est-à-dire firent grève ; la grève, qui n'est pas nouvelle, suivit le chemin qu'elle suit de nos jours : on parlementa, on fit des concessions de part et d'autre, les concessions eurent un terme, la grève se ralluma. On passa aux moyens violents, on tenta de prendre d'assaut les magasins du roi et on recula devant les gendarmes. Les papyrus nous ont conservé les récits de ces grèves et l'on ne peut voir sans pitié l'état malheureux auquel étaient réduits les ouvriers de cette lointaine époque.
Je pourrais ajouter bien d'autres détails à cet aperçu : mais le lecteur ne me suivrait peut-être que de fort loin, s'il me suivait même. Le voyageur qui entreprend la visite de l'Egypte veut être instruit, mais non pas débordé. Je crois que les [pages qui précèdent lui donneront une idée
suffisante de la civilisation égyptienne dans son ensemble, pendant que les pages qui vont suivre lui rappelleront les faits mémorables qui se sont produits en Egypte depuis les temps les plus reculés auxquels Thistoire puisse remonter jusqu'à nos jours.
Taureau Mnévis