‹ Résume ́de l'histoire de l'électricité et du magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 6 sur 103 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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tal, aussi bien isolée que possible, avec laquelle il obtint des étincelles, non-seulement dans les temps d'orage, mais encore lorsque l'atmosphère était sans nuages. Il trouva, en outre, que l'électricité atmosphérique était soumise toutes les vingt-quatre heures à des variations régulières d'intensité. Becearia (24- 1 ) essaya de trouver les lois de ces variations, et prouva que, dans toutes les saisons, à toutes les hauteurs et par tous les vents, l'électricité d'un ciel sans nuages est positive. Son appareil ne donnait aucun signe d'électricité par de grands vents, ou lorsque le ciel était couvert de nuages séparés et noirs, qui avaient un mouvement lent, ou bien dans la plupart des temps humides, mais sans pluie actuelle; enfin il reconnut que dans les mêmes saisons, lorsque le ciel était couvert, à la même hauteur, l'électricité n'était pas constamment positive ; que, lorsque le temps était inconstant et variable, accompagné de bourrasques, de neige, de grêle, de pluie ou de brouillard, l'électricité était très-inconstante, tant pour la nature que pour l'intensité.

Théories imaginées pour expliquer les effets électriques. Gilbert pensait que l'attraction électrique était produite de la même manière que l'attraction de cohésion ; Boyle, qu'elle était due à une émanation glutineuse lancée par le corps. Otto de Guericke ayant découvert qu'un corps attiré par un autre en était repoussé aussitôt ; Gray, que la transmission de l'électricité avait lieu d'un corps à un autre; Dufay, que tous les corps étaient électriques par frottement pourvu qu'ils fussent isolés, et qu'il existait deux électricités douées de propriétés contraires, sans dire toutefois qu'elles étaient produites simultanément dans le frottement : Franklin (22) s'empara de toutes ces données, et, s'appuyant sur une idée mise en avant par Watson, avança que, selon toute apparence, l'électricité vitrée n'était que de l'électricité positive ou en plus, et l'électricité résineuse, de l'électricité négative ou en moins. A l'aide de cette théorie, dite d'un seul fluide, il chercha à expliquer tous les effets observés; Dufay partagea l'opinion de Franklin sur la cause des phénomènes électriques.

Kinnersley fit ensuite diverses expériences qui attirèrent de nouveau l'attention des physiciens sur la différence des deux électricités vitrée et résineuse découvertes par Dufay. L'abbé Nollet, ne partageant pas les idées reçues, mit en avant la théorie des affluences et des effluences, en se fondant sur ce fait que les corps non isolés, plongés dans une atmosphère électrisée, devenaient électriques eux-mêmes. Cette théorie donna lieu à de vives discussions et fut renversée.

Jusqu'à Canton on croyait que la même électricité était produite par le même corps; mais ce physicien démontra que l'espèce d'élec-

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tricité dépendait de l'état de la surface du corps frotté ou de celle des frottoirs. La question en était là lorsque Symmer, en 1759, inféra de plusieurs expériences l'existence probable de deux fluides électriques, non plus indépendants, mais toujours coexistants, et agissant d'une manière opposée l'un à l'autre, en sorte que les deux électricités étaient produites en égale proportions dans l'acte de l'électrisation. La théorie des deux fluides fut alors établie, surtout après que Cigna eut montré que deux rubans de soie, l'un blanc, l'autre noir, frottés l'un contre l'autre, s'électrisaient différemment, de manière à se neutraliser quand ils étaient en contact.

ÙKpinus, qui le premier appliqua le calcul à l'explication des effets de l'électricité et du magnétisme , publia , en 1700 , un ouvrage remarquable (31') dans lequel il rendit compte des phénomènes électriques d'après l'hypothèse de Franklin. Malgré cela, cette hypothèse n'a pas été généralement admise , et nous verrons dans un autre chapitre que l'hypothèse des deux fluides, adoptée par Coulomb, a servi de base aux recherches analytiques de Poisson.

Pouvoir conducteur. Gray, aidé de Welher, en 1728 , avait bien prouvé que tous les corps ne jouissent pas de la même faculté pour conduire l'électricité ; que les uns, comme les métaux, sont bons conducteurs, tandis que les autres, tels que le verre , la résine, etc., sont de mauvais conducteurs ; mais ni Gray ni Welher ne cherchèrent à comparer la conductibilité de ces différents corps. Priestley (25) entreprit de déterminer le pouvoir conducteur des métaux en faisant passer la même décharge à travers deux fils de métal différent, de même longueur et de même diamètre; il répéta l'expérience jusqu'à ce que l'un des deux fils fût fondu et dispersé : celui-là était le moins hon conducteur qui se fondait le plus facilement. Il classa ainsi les métaux par ordre de conductibilité or, argent, cuivre, laiton, fer. Ce procédé peu rigoureux ne lui permit d'obtenir que des résultats approximatifs.

Électromètres. Peu d'années après la découverte de la bouteille de Leyde, on sentit le besoin d'instruments propres à mesurer l'intensité de la charge. Le premier instrument de ce genre fut exécuté en 17-49 par Darcy et Leroy (23'), mais son imperfectionne permit pas qu'il fût adopté. Nollet (26) en avait proposé un autre plus sensible et plus commode, qui se composait de deux fils de lin s'écartant par l'effet de la répulsion quand ils avaient été électrisés. Cavallo (27), en 1780, perfectionna cet électromètre; il substitua aux fils de lin deux fils de métal qui portaient aux extrémités libres de petites balles de moelle de sureau. Volta se contenta de deux

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