‹ Résume ́de l'histoire de l'électricité et du magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 80 sur 103 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

§ II. Changements d'élasticité. Ozone.

Le passage de l'électricité, soit par décharges, soit par voie de conductibilité dans les corps, est suivi d'un grand nombre d'effets physiques remarquables, sur la plupart desquels on a déjà parlé dans les premiers chapitres, mais qui ont été le sujet d'études suivies depuis quarante ans. Si l'on fait abstraction des effets électromagnétiques qui ont été traités spécialement , les effets dont il est question sont des changements moléculaires, des phénomènes caloriliques et lumineux.

Changement d'élasticité des métaux. Lorsque l'électricité circule dans les métaux, l'arrangement moléculaire peut se trouver modifié. Sans nous arrêter au fait signalé par Peltier, et d'après lequel les fils métalliques deviennent cassants, fait qui demanderait à être vérifié , nous dirons que M. Wertheim 120) a montré que le courant électrique produit une diminution momentanée du coefficient d'élasticité dans les fils métalliques qu'il parcourt, et cela a heu par si m action propre et indépendamment de la diminution qui provient de l'élévation de température. 11 a montré aussi que la cohésion des fils est diminuée parle courant; toutefois la variabilité de cette propriété ne permet pas de distinguer si cette diminution est due à une action propre du courant, ou bien si elle est seulement une conséquence de l'élévation de température.

Ozone. On sait que la chaleur a la propriété de modifier certains corps simples, tels que le soufre, le phosphore, le carbone, et que plusieurs oxydes métalliques, sans perdre de leur poids, éprouvent sous son influence de véritables transformations isomériques. L'électricité peut-elle donner lieu à des effets analogues? Les différents résultats que présente l'oxygène soumis à l'action de décharges électriques, ou bien produit sous l'influence des courants électriques, semblent devoir être expliqués, du moins jusqu'ici, par une action analogue. Nous devons dire que c'est le seul corps qui ait présenté jusqu'à présent des résultats de ce genre.

Van Marum (21), ayant à sa disposition la grande machine électrique du musée de Teyler, reprit les expériences faites par divers physiciens, qui avaient reconnu, même avant Priestley, que les gaz éprouvaient des changements considérables par suite du passage des étincelles électriques. Il vit que dans l'oxygène une succession d'étincelles électriques développe une odeur caractéristique, et qu'une

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fois ce gaz soumis à cette électrisation préalable , il acquiert la faculté de se combiner rapidement au mercure, effet qui n'a lieu que très-lentement à la température ordinaire.

Ces résultats importants furent, en quelque sorte , oubliés pendant longtemps. Vers l'année 1 S iO , M. Scbœnbein (2-2) eut l'occasion de remarquer l'odeur qui accompagne la production du gaz oxygène lors de la décomposition de l'eau par la pile, odeur qui rappelait celle du phosphore et du soufre en combustion, et la compara à celle qui se manifeste dans les décharges électriques ou lorsque la foudre éclate. Il étudia alors avec soin les propriétés du gaz oxygène émanant du pôle positif dans un appareil à décomposer l'eau, et reconnut que ce gaz possède une faculté oxydante trèsénergique que n'a pas l'oxygène dans les conditions ordinaires. D'après ses premières recherches, M. Schœnbein ne pensa pas devoir se prononcer sur la nature du composé odorant qui se produit dans ces circonstances diverses, et savoir si c'était une combinaison ou un état particulier de l'oxygène; néanmoins il lui donnale nom d'ozone. Le même physicien a fait connaître une méthode chimique permettant d'obtenir une quantité plus considérable d'ozone que par tout autre procédé : elle consiste à faire agir de l'oxygène humide ou de l'air humide sur du phosphore à la température de 20 ou 25 degrés.

Depuis, ce sujet a été étudié attentivement par plusieurs physiciens et chimistes, parmi lesquels nous citerons MM. Williamson, Ozann, Marignae et Delarive (23); ces deux derniers savants arrivèrent à cette conclusion, que les effets de l'ozone sont dus à l'oxygène qui se trouve alors dans un état particulier d'activité chimique. M. Schcenliein continua, de son côté, à étudier de nouveau la question.

MM. Frémy et E. Becquerel (2i), en 1832, firent conjointement différentes recherches pour étudier les propriétés diverses de cette matière. Ils ont reconnu q.ue l'ozone se forme dans toutes les circonstances où l'oxygène est soumis à l'influence de l'électricité; que l'oxygène préparé par les méthodes les plus diverses acquiert toujours des propriétés oxydantes très-marquées sous l'influencede l'électricité; d'un autre côté, ils ont pu rendre un volume donné d'oxygène entièrement absorbable à froid par le mercure, l'argent ou l'iodure de potassium. D'après cela, ils ont pensé que c'était bien l'oxygène seul qui était modifié et qui donnait lieu à ces effets si remarquables. Ils ont proposé d'appeler le corps, oxygène électrisé, et ont émis l'opinion que ce corps était doué de l'activité que l'on re-

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