CHAPITRE XI. 2CI
par M. Reynold sur plusieurs malades atteints d'ulcères. Les acides et les alcalis mis à nu par le courant doivent réagir sur les plaies, et produire des effets pathologiques.
Ces résultats engagèrent M. Orioli à proposer de changer la nature de la sécrétion d'une plaie, dans l'espoir d'arriver à une guérison plus prompte, de même que l'on rend un métal oxydable électronégatif pour l'empêcher d'être oxydé dans le milieu où il se trouve.
M. Mansford a fait usage de ce mode d'expérimentation en se servant d'un seul couple composé de deux disques, l'un de zinc, l'autre de cuivre, qui étaient maintenus avec des bandages convenables et humides : cette méthode présente des inconvénients graves, attendu que les sels métalliques formés peuvent produire des effets l'àc'ieux sur les plaies. Il faut agir avec deux lames de platine en relation avec un appareil voltaïque, et les nettoyer fréquemment, afin d'enlever les corps déposés, lesquels tendent à produire un courant en sens inverse. C'est aiiisi que l'un de nous a agi, conjointement avec M. Breschet, à l'Hôtel-Dieu de Paris, sur mi malade qui avait à la jambe un ulcère rebelle; on est parvenu ainsi, en dénaturant la nature de la sécrétion, à obtenir uneguérison complète. 11 serait à désirer que de nouvelles expériences fussent laites dans cette direction.
$ V. Emploi de l'électricité dans la thérapeutique. Cautérisation galvanique.
Avant la découverte de la pile, on administrait l'électricité aux
malades avec les machines, soit en tirant les étincelles de diverses parties du corps, comme Jalabert (28 1 , Bertholnn (29 ; soit sous l'orme de bains, comme Mauduyt (30) , en plaçant le patient sur un tabouret isolant et le mettant en communication d\ec une machine électrique; soit en employant la bouteille de Leyde: tous les auteurs de Traités de physique du siècle dernier préconisèrent l'emploi médical de l'électricité dans une foule de maladies, surtout dans les cas de paralysie (31).
La découverte de la pile a fourni un autre mode beaucoup plus énergique d'appliquer l'électricité à l'art de guérir. Les expériences intéressantes de M. de Humboldt, sur l'irritation galvanique des muscles et des neit's (page 29); celles d'Aldini [32), en 1800, sur l'emploi du galvanisme dans un grand nombre de maladies ; l'introduction d'aiguilles d'acier ou de platine dans les muscles
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pour l'aire pénétrer plus avant les courants dans l'organisme, comme l'ont fait Sarlandière et Petrequin par le procédé de l'acupuncture,, laissèrent entrevoir la possibilité d'utiliser l'électricité sous forme de courant dans différents cas morbides.
Mais si l'électricité, quelle que soit son origine, n'a pas répondu toujours jusqu'ici à l'espérance des premiers expérimentateurs, on ne saurait nier que dans certaines circonstances il n'y ait eu des résultats avantageux, surtout lorsqu'il s'agit de stimuler un organe qui ne fonctionne pas normalement. L'électricité agit comme force physique ou comme force chimique : dans le premier cas, elle produit des contractions ou un dérangement momentané dans l'équilibre des molécules organiques. Si l'on se reporte aux effets produits dans les alternatives voltaïques (page 238), on conçoit que le passage continu du courant dans les nerfs peut être employé utilement dans certaines maladies nerveuses résultant d'un état de surexcitation , attendu que les nerfs qui ont été' parcourus par un courant pendant un certain temps perdent momentanément la faculté de faire contracter les muscles correspondants sous l'influence d'un courant de même intensité ou de moindre intensité que le premier. Pour appliquer les courants continus on fait usage d'épongés imbibées d'eau salée, de lames de platine ou d'aiguilles de même métal, dont il a été fait mention plus haut. Avec les aiguilles, il se forme autour des pointes des dépôts et des substances acides ou alcalines qui peuvent déterminer par leur réaction une inflammation dans les parties contigués.
Jusqu'ici ce mode a été peu employé ; on s'en tient aux courants interrompus, dont l'effet est de surexciter les nerfs et par suite les muscles, et qui ne sauraient convenir dans le cas où le système nerveux est dans un état permanent ou passager de surexcitation ; dans ce cas, il faut opérer comme on vient de le dire. Les courants interrompus s'administrent avec des machines électriques ordinaires, avec la pile ou avec des appareils d'induction. Aujourd'hui on fait usage presque exclusivement de ces derniers, dont on avarié la forme. La différence des effets observés sous le rapport des contractions plus ou moins fortes qu'on éprouve et des douleurs plus ou moins vives que l'on ressent tient non pas tant à l'intensité du courant mis en jeu qu'à l'instantanéité de son action et à la succession plus ou moins rapide des intermittences que l'on produit.
Parmi les maladies auxquelles on a appliqué et on applique encore le traitement électrique, il faut mettre en première ligne h