‹ Résumé de l'histoire de l'étate et comté souverain de ProvenceChapitre 11 sur 20 · GG?5S · texte numérisé non relu

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toc RÉSCMÉ DJ^ L'H1ST0IR£

4^ Ça^lellane, et qui, par d'aussi généreux services, a- ?ait acquis à sa maison la souveraineté d'un petit dis^ trict, sauf les droits du royaume et de Tempire. Le vieux Raimond-Bérenger partit ensuite pour la Catalogne* où rappelaient ses affaires.

Cependant les empereurs-rois des Allemands et de Provence songeaient à faire valoir sur le royaume une suzeraineté presque oubliée depuis Tbommage de Bertrand envers le siège apostolique C'était Conrad IH de la maison de Souabe » neveu par les femmes de Henri» dit le Jeune, dernier empereur de la maison de Franconie , qui portait la couronne impériale. Ecarté d'a- Bord du trône, où l'appelait la volonté dernière de son oncle maternel, l'empereur Henri-le-Jeune, par l'élection du duc Lotbaire de Saxe-Supplenbourg , chef du parti papal en Germanie , à la mort de Lotbaire il fut proclamé empereur, et commença la dynastie impériale de Souabe. On ne parlait plus alors de la confirmation imposée pour la papauté. L'empire et le sacerdoce avaient également terminé une autre querelle qui tenait à la première, connue sous le nom d'affaire des investitures» où il s'agissait de savoir si l'empereur élirait lui-même les évéques et les abbés, et les investirait ensuite par la remise de la crosse et de l'anneau. L'empereur put donc s'appliquer aux affaires du royaume uni, et la Provence orieu^le fixa son attention. 11 comprit ce qu'il y avait à faire pour renforcer l'aulorilé royàh et impériale aux dépens de la souveraineté des marquis provençaux de

sa

l'est. Déjà, depuis deux ans, la conquête de la juridiction d*Arles, foite par Tarchevéque contre Bertrand, avait reçu sa sanction. Il voulut aussi opposer à la maison régnante la plus puissante famille du marquisat, et aux héritiers de Douce de Provence les héritiers d'Etiennette. Les seigneurs des Baux furent ioTestis du mar<iuisat mg. oriental; mais les armes du vieux Raimond Bérenger l'emportèrent sur le diplôme de Tempereur. Les Baux forent contraints de faire le voyage de Barcelone pouf prêter leur serment de fidélité , et deux ans après , au uso: retour du comte de Barcelone en Provence, ils renouve* lèrent, par un pacte solennel de famille, leur hommage et Tabandon de leurs droits. La même année , le comtë de Barcelone fit acte de sa juridiction sur ces seigneurs dans deux plaids solennels , tenus Tun à Tarasoon et Tautre à Aix, où il jugea, avec Tassistance de plusieurs seigneurs, des procès qui intéressaient cette maison.

Les seigneurs des Baux, qui depuis la dernière guerre avaient joint à leurs soixante-douze châteaux la moitié de la ville épiscopale d*Orange et de ses dépendances, par le mariage de Bertrand des Baux avec Tiburge d'Orange, reprirent lesr armes. Frédéric I*, n^eu et successeur de Conrad III, n'oublia point la politique accoutumée des empereurs , et renouvela en faveur des Baux l'ancienne inféodation. Mais la seconde guerre baussenque fiit istale à la maison des Baux plus que 1» première ; ils eurent trente châteaux rasés , entre les- 44eu quels il faut remarquer ceux des Baux et de Trinqué-

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taille, tous deux d'une assiette très-forle pour la d(^fense et d'un voisinage commode pour donner la main à Tar* chevéque et à la commune d'Arles ; et la paix qu'ils obtinrent du comte fut remplie de conditions onéreuses.

Le ^ieux Raimond Bérenger, sentant la ne^cessilé de se rapprocher de l'empereur , lui demanda la main de sa nièce Richilde pour le jeune comte Raimond Bérenger , qui était en âge d'être marié. Quand l'empereur eut donné son consentement. Tonde et le neveu s'acheminèrent vers Turin, oii il tenait sa cour. Le comte de 446t. Barcelone mourut en route, et le comte de Provence continua seul le voyage. L'empereur l'accueillit avec empressement, révoqua Tinféodation faite à la maison des Baux , et l'investit non-seulement du marquisat de la Provence orientale, de la mer à la Durance et des Alpes au Rhône, mais encore du comté de Forcalquier, qu'il déclara fief de Provence, et de la ville d'Arles, sauf cependant les droits de l'archevêque et de l'Eglise. Le comte se reconnut vassal de Tempire , et promit entre autres choses un cens annuel de quinze marcs d*or au poids de Cologne. Il termina en même temps son mariage avec la nièce de Temperetir.

Une union admirable régnait dans la maison des Bérengers entre les branches de Catalogne et de Provence; ils considéraient les deux principautés moins comme des domaines de diverses branches que comme un patrimoine inséparable , garant d'une gloire commune et d'une commune puissance. Raimond Bérenger II alla

DE PaOVELNCE.

rendre au jeune prince d*Aragon , son cousin , et i sa

lanle Pélroniile, les mêmes services qu*il avait reçus de son pncle. Le comte éianl revenu en Protenoe , songea à réduire la ville de Niœ, qui jusque-là, à Texemple de la ville de Gènes , s*élait maintenue en commune libre sous la présidence de son évêque; il voulut aussi faire valoir le diplôme de Frédéric l** contre le comte de Forcalquier. L'occupation de Nice lui assurait la possession de litut le territoire du Rhôoe au Var , la commune d'Arles, le vicomlé de Marseille exceptés ; lui ouvrait les portes de Tltelie , et lui permelteit » en remontent les deux rives du Var , de forcer à l'hommage les deux branches de Tancienne maison comtele de Glandevez» qui dominaient , l'une sous ce même nom , dans une portion de la ville épiscopale de Glandevez » et Tautre» sous le nom de Puget, dans le bourg du Puget-le-Théniers. La conquête de ForcalquiereQaçait l'antique limite de la Diirance; Le moment était favorable : les Baux paraissaient tranquilles , parce qu'ils étaient épuisés. L'empereur avait de nouveaux embarras avec le pontife suprême. Il n'y avait à craindre que le comte de Toulouse, prolecteur naturel des ennemis du comte de Provence. Les deux seigneurs s'entendirent. Le comte de Toulouse promit des secours h Ralmond Bërenger II, et il fut convenu qu'après la guerre celui ci donnerait au fils du Toulousain sa fille Douce en mariage , et que le territoire de Forcalquier serait partagé entre les deux maisons. Le comte de Provence, avant d'ouvrir la cam-

m RÉSUMÉ DE LUISTOIRE

pagne, envoya une solennelle ambassade k la ville de

Nice pour réclamer sa soumission ; mais les députés, selon les ehroniquest trouvèrent l'enseigne de la liberlé plantée au milieu de la ^ille, et les citoyens disant qu'ils étaient depuis des siècles indépendans des chets provençaux, et qu*au prix du sang versé dans les discordes civiles ils avaient fondé Tétat consulaire. Raimond fiérenger II élanl allé en personne faire le siège de celte place, périt sous ses remparts. Il ne laissa d'autre enfant que sa fille Douce.*

Raimond Bérenger II étant mort , le comte de Toulouse crut avoir trouvé l'occasion de réunir la Provence à ses Etats. Une acquisition semblable de la part du Toulousain, d'un effet immense pour le midi de la Gaule, eût prévenu la ruine des mœurs , de la langue et de la lilléralure méridionales , en consliluanl un Etat que les rois de France n'auraient pas aisément détruit ; mais ç*aurait toujours été un malheur d'arrêter la marche de la maison capétienne et du peuple français vers la Méditerranée et les Alpes. Le comle de Toulouse décida Richilde, veuve du comte de Provence, à Tépouser» ré-^ pandit ses troupes dans les posses^ons provençales du Gévaudan et du Rouergue , et s'occupa de renouer le projet de mariage de son fils avec rhërilière de Provence. La puissance des comtes de Barcelone allait recevoir un grand échec. Alfonse , fils de Bércnger-Ie- Vieux» roi d'Aragon et comte de Barcelone, vint en Provence 9 et y fut reconnu administrateur sous le (iiie de

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DE PROVENCE. m

Biarquis» comme autrefois son père. Le roi d'Aragon et

le comle de Toulouse se firent pendant dix ans une guerre obstinée. £nfia les deux princes signèrent la paix 4476. dans une conférence lenue aux environs de Tarascon. Le comte de Toulouse se départit de s^ prétentions moyennant la cession de la vicomlé de Gévaudan et le paiement d'une valeur de trois mille cent marcs d'argent. Je ne sais si le roi d*Aragon voulut usurper les Etals de Douce , ou seulement les administrer pendant la minorité de Théritière. La connaissance de Tàge où celle-ci mourut pourrait faire décider la question. Toujours est-il que Douce ne laissa point d'enfans , et que la Provence orientale passa de la branche provençale des fiérengers dans la branche aragonaise.

Celle guerre étant terminée, le roi-comte reprit le dessein de son prédécesseur sur la ville de Nice et sur le comlé de Forcalquier. La ville, pressée par ses armes, consentit un traité par lequel, en conservant ses conseils publics, ses tribunaux de justice souveraine et son droit de Caire la guerre , elle assura , outre vingt mille sols melgoriens une fois comptés , un cens annuel de déux mille sols melgoriens pour indemnité du droit d'albergue ou de gite , et promit 'une chevauchée ou service mililaire à cheval de cent hommes , du. Var jusqu'à la Ciagne , et de cinquante de la Ciagne jusqu'au hbône. Les consuls-députés reçurent sur la joue le baiser du roi-comte, pour eux, pour leurs coliques et pour leurs citoyens. Cest ainsi que la commune de Nice, jusc^ue la

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. fief du royaume et de l'empire, commença à relever des marquis dé la Provence orientale. Après cet arrangement, le roi d'Aragon poussa vivement la guerre contre le comte de Forcalquier» Guillaume III (d'Urgel)» iils et héritier de Bertrand (d'Urgelj. Ce seigneur se trouvait alors rétabli, depuis 4 173, dans toute son indépendance, en vertu d'une bulle de Frédéric 1^» sauf la haute juridiction royale et impériale; car Talliance domestique du même Frédéric I"* avec Raimond-Bérenger II avait suspendu et non changé la politique de la cour de Germanie, et dès que son souvenir parut éloigné, on était rclourné aux anciennes maximes. La résistance du comté de Forealquier eu était d'autant mieux fondée ; mais ses Etals ayant été envahis , et la ville capitale de Forcal- <H6. quier étant en péril, il se reconnut feudataire du comté de Provence. Vers le même temps , le roi-comte et la maison des Baux convinrent, par un traité fait de puissance à puissance, qu'aucune des parties ne ferait aucune entreprise, ni ne mettrait aucune taxe sur les vassaux de Taulre sans son consentement , et ils nommèrent des arbitres pour les différends à venir.

La présence d'Alfonse I*^ étant devenue nécessaire dans le royaume d'Aragon , il inféoda à son frère Raimond- Bérenger la Provence et les possessions de Rouergue, en se réservant toutefois la suzeraineté du pays et le domaine de la ville capitale de Tarascon. Celle inféodation fut accordée seulement jusqu'à nouvel ordre si Raimond- Bérenger n'était pas contraint de faire hommage à lem-

pereur-roi , et pour toute la vie du feudataire sll lui

arrivait par nécessité de faire cel hommage. C'était toujours une adminisiralion instituée selon les idées du temps. Lecomle-administraleurne prêta point cet hommage à Tempereur ; . car Frédéric étant venu f Arles se faire couronner roi des mains de Tarchevéque Raimond de fiollène , ne vit point Raimond*fiérenger , et même il renouvela sonalh'ance avec la maison des Baux, à laquelle il assura la prérogative de marcher enseignes déployées depuis lea Alpes jusqu^au Rhône, et depuis l*Isère jusqu'à la mer. L'empereur voulait , en constituant sous une forme simulée, dans un seul grand fief, l'ancien gouvernement d'Arles et l'ancien marquisat des Alpes- Maritimes , opposer tout è la fois la maison des Baux et aux marquis de l'est, et aux comtes de Forçaiquier, et è la maison de Toulouse. Raimond Bérenger, frère d'Alfonse I", périt dans une nouvelle guerre contre Raimond V, comte de Toulouse.

Le roi Alfonse inféoda la Provence orientale à son 1154, firère Sance» de la même manière qu'il l'avait inféodée à son frère Raimond-Bérenger. La maison de Toulouse se trouvait alors pressée entre les armes du roi d'Aragon» comte de Provence , et celles du roi d'Angleterre , duc

. d'Aquitaine, qui se seraient volontiers accommodés l'un et Tautre de quelque portion do Languedoc. Cependant,

. après une guerre longue et générale , les princes et les peuples sentirent vivement le besoin de la paix. Un charpentier du Puy-en-Yelai , homme simple et exalté,

qui se croyait prophète, forma une associalion religieuse pour obtenir, par tous les moyens , oeUe paix si désirée. Enfin elle fut conclue , et chaque prince conserva ses limites.

Le roi Alfonse, ayant repris la Provence sur son frère Sance , à qui il donna , en échange , ia Cerdagne et le Roussillon , créa son fils Alfonse II comle de Provence, sauf ia suzeraineté. Le père et le iils marchèrent contre Boniface, seigneur de Caslellano, et son allié l'évéque de Fréjus. Le premier refusait l'hommage prêté par ses ancêtres en 1146 ; le second était entré dans celte ligue on ne sait précisément par quel motif. Les deux Âlfonses s*avanoèrent , après avoir réduit la ville de Fréjus, sur le bourg de Castellane. L'archevêque d'Ârles et révéque de Sénez eurent la gloire de terminer cette guerre, et Boniface vint dans le bourg de Grasse prêter hommage au comte.

Nous ne pouvons passer sous silence la cession que fit Tempereur VI , fils et successeur de Frédéric I*, du royaume des Allemands et de Provence , alors connu sous le nom de royaume de Bourgogne , de royaume d'Arles et de Vienne , à Richard, roi d'Angleterre duc d'Aquiteine , pour le dédommager de ses mauvais traitemens. Celle bulle impériale n'était point aussi insignifiante qu'elle le paraissait d'abord, puisqu'elle donnait au plus puissant seigneur de l'ancien royaume de Sud*Ouest ou d'Aquitaine , la suzeraineté du royaume de Sud- Est ou de Bourgogne , et pouvait amener, avec

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quelques circonslaaces favorables, un nouvel accroissemeni de la puissance des rois d'Angleterre dans la Gaule.

Àlfonse • qui avait déjà la suzeraineté de l'Etat de

Forcalquier , résolut d'en acquérir la propriété immé- 4iate. Le comte r^nant, Guillaume III d'Urgel, dit le Jeune, n'avait eu qu'une fille, mariée à Reinier de Sabran, seigneur du Castelar ; et de ce mariage étaient nés seulement deux fliles et un garçon. Le roi Alfonse fit jouer tant de ressorts, que le comte de Forcalquier, après avoir consulté la cour plénière des barons, déshérita la seconde fille et le garçon, révoqua une ancienne substitution faite en faveur de la maison de Toulouse, et don» na Tainée de ses petiles-filles, Garsende , à Alfonse II, fils du roi , avec l'expectative du comté de Forcalquier pour doL Alfonse 1*' mourut ensuite à Perpignan , et y 4490^ fut enseveli au monastère royal de Poblète. Son fils Pierre reçut le royaume d'Aragon et ses annexes; el son fils Alfonse, le comté de Provence. Alfonse 1" ayant abandonné le bourg de Tarascon , plaça le siège de son gouvernement à Ait, cette ancienne bourgade militaire, où Taigle romaine s'était reposée après le passage des Alpes.

J'ai cherché dans mon premier livre à donner une

idée de la civilisation que les Romains introduisirent dans la Gaule méridionale , et qui amenant , avea la chute du gouvernement Ihéocralique , une meilleure combinaison de la société d'homme k homme , et de la \

RÉSUMÉ DE LmTOiftE

société de peuple à peuple , féconda d*un seul coup le sol de la province et riiitelligence des citoyens. Les Mau* fes avaient enseveli ces bienfaits du génie latin dans les ruines des villes et des bourgs qui couvraient Tancienne Narbonnaise. Bientôt cependant l'esprit humain se réveilla des deux côtés du Rhône et des deux côtés des Pyrénées. Les essais tombèrent d*abord sur la poésie* le premier art que les peuples cultivent en quittant TEtat sauvage et en quittant l'état barbare, et tandis que chez nos voisins les Français, les Bretons, les Espagnols méridionaux et les Italiens, on savait à peine la rime et le mèlre, les Gaulois du midi se créèrent une véritable littérature. La classe des seigneurs , entre les mains de laquelle étaient la richesse et rautorilé, se prêta volontiers à ces etlorts des esprits , ne devinant point quelle en serait la suite pour leur puissance. Elle fil mieux : les plus éclairés d'entre eux , les barons , se reformèreat pour quitter Tancienne barbarie et prendre des mœurs plus douces. La fonction militaire , la grande fonctioa de ces temps, où la guerre était la fin de la société, devint une sorte de magistrature et de sacerdoce, afin que le chevalier ne tirât Tépée que justement'^ et qu'ainsi le fort cessât d'écraser le faible.

L'amélioration qui , ayant commencé hors des rangs du clergé, avait produit une littérature nationale et amené la réforme de la classe militaire , s'éleva plus haut. Les esprits sentaient deux choses qui tenaient au même principe : Ut corruption de la morale publique , et les

inconvénieas du gouvernement suprême pontiGcal. Des hommes hardis formèrent un appel solennel de la déci* sion théologique du préire au livre de la loi. Il ne s'agit pas ici de savoir si les novateurs blessèrent les croyances anciennes sur le dogme; mais seulement , s*ils voulurent obtenir une meilleure morale pratique, et rompre les lisières dans lesquelles le ponlife romain te* naît les souverainetés nationales. Ces nouvelles doctrines vinrent des vallées du Piémont, où elles étaient professées depuis Tan liOO t selon les monumens historiques , et depuis un temps plus reculé encore selon les traditions. Les chrétiens des vallées rejetaient la hiérarchie ecclésiastique , les vœux du célibat , le culte des images, Tinvocaiion des saints, la prière pour les morts, lusage de la langue latine dans le service : ils réduisaient les sacremens à deux, le baptême et la sainte scène; conservaient néanmoins Timposition des mains pour le ministère, la bénédiclion du mariage, etc. Il s'en faut de beaucoup sans doute , quil y eut une parfaite conformité entre les divers chefs de la réforme; mais tous s'accordaient dans un fonds commun de maximes , et surtout dans la haine profonde qu'ils portaient aux supériorités théocra tiques* De là, les prêtres et les moines, dépouillés de la science et de la charité évangéliques, poursuivirent par le fer et le feu ces rebelles d'un nouveau genre; et dans ces cruautés sacerdotales , approuvées par le siège de Rome, par les sièges particuliers et par les coodles , les réfamés eurent l'occasion de le-

procher à l'ancienne Eglise la plus déleslable hérésie, et ils Iruilèrent sans miséricorde les prêtres el les moines: tous inconséquens aux doctrines » les uns , pour avoir oublié la vie pacifique du maitre, el les autres, la longanimité des premiers disciples devant les oppresseurs.

Comme , dans notre Europe , le genre humain n'est point stationnaire , et ne s'arrête point dans la carrière du mal ni dans celle du bien, le principe féodal fut attaqué presque en même temps que le principe théocratique, la raison nationale cherchant , entre ces deux extrêmes , un corps d'état mieux proportionné. 11 y avait cela de remarquable en Provence, que Tempereur-roi et le comte devaient également se disputer la souveraineté du pays. L^empereiir-roi avait pour lui les anciens titres ; le comte de Provence les vieilles habitudes , rimmensité du corps de l'empire, et la distance qui séparait son ûd de la résidence impériale.

4497. Au commencement du règne d*Alfonse II» les Maures ayant fait une irruption sur nos côtes , enlevèrent les moines de Lerins et les habitans de Toulon. Bientôt, le

4102. nouveau comte eut sur les bras son propre beau-père, Guillaume-le Jeune, comte de Forcalquier, les seigneurs de la maison des Baux el le comte de Toulouse. Celte ligue, qui voukit empêcher la réunion du comté de Forcalquier au comté de Provence, ou du moins en diaiinuer Timporlance, appela à son aide ilndré de Bouj^ogne , fils et hériiier de Béatrix d'Albon , dauphine de Viennois , el lui fit épouser Béatrix de Sabcan, seconde

DE PBOVENGE. 113

pelite-fille de Guillaume-le-Jeuae, avec toutes les terres depuis le Buech* près de Sisteron, jusqu'aux confias de l'archevêché d'Embrun pour dot. C est ainsi que la souveraiueté des dauphins, fondée par la première dynastie delphinale dans le château d*Albon , du comté de Grenoble , suocessivement étendue au comté de Grenoble , au comté de Vienne (sauf la vicairerie de Tarchevéque dans sa ville) » et au firiangonnais , district du comté d'Embrun, etc., obtint l'Embrunois propre, et le Gapençois d'outre Durance (sauf les droits des évôques). Pierre, roi d'Aragon, firère d'Alfonse II, étant venu dans le languedoc, facilita un accommodement entre le beaupère et le gendre. Le comte de Forcalquier confirma généralement la donation faite en faveur de Garsende, épouse d'Alfonse II ; si ce n'est qu'il réduisit à une simple suzeraineté la souveraineté sur les terres du Gapençois et de r£mbninois , dont Béatrix resta pourvue. Ce ne fut point d'ailleurs la dernière guerre entre les comtes régnaus de Provence et de Forcalquier.

Alfonse II céda a l'église de Fréjus la moitié de la 4103. seigneurie de la ville , l'autre moitié lui ayant été déjà cédée par 6uillaume-le-6rand, et il retint toutefois les causes ca{âtales, sous le prétexte de l'incapacité des clercs pour ces sortes de jugemens. La conquête des justices s'opérait encore du Rhône au Yar, comme s'était opérée celle des hommages pendant le règne des Bosons , et celle des clientèles nationales au temps des Saliens.

Cependant, l'insurrection contre le gouvernement thé-

ocralique prenait alors ud plus grand caractère. Les

peuples, indignés des mœurs scandaleuses, et de la tyrannie des clercs, couraient en foule entendre les prédicaleurs de la nouvelle doctrine, et parmi les princes de la Marche d'Espagne et de la Gaule méridionale» les uns étaient convaincus, les autres soupçonnés d'hérésie. Tels étaient le comie de Toulouse , fiaimond fils , et Pierre roi d*Aragon lui-même. A l'aspect d'un si grand danger, la cour de Rome, frappée de terreur, déploya Tappareil de la double puissance. Diverses légations furent envoyées dans la Gaule. £n cette circonstance , Pierre de Castelnau, Tun des légats du pape, ayant été tué au 4208. faubourg de Irinquetaille-les-Arles, le 8 janvier 1l!08, Raimond YI, comte de Toulouse, fut accusé d*aToir dirigé le coup. Déjà frappé d'anathème par le légat , le comte le fut en<iore par le souverain pontife. L'abbé de Clieaux proclama par Tordre du pape la guerre sacrée contre le comte, et Ton vit des troupes innombrables de croies , accourues de toutes les provinces de la France, sous la direction suprême du légat et le commandement de Simon de Monfort, menacer le Languedoc. Alphonse > II , placé à la téte d'une population en général moins éclairée que les populations méridionales, sut se défendre des nouvelles idées. Il s'employa même pour détruire le château du pont de Sorgues , dioù une troupe de réformés pillaient et rançonnaient les. territoires voisins.

Dans ces entrefaites , la mort de Guillaume-le-Jeunc

vint donner ouverture aux droits de Garsende de Sabran, épouse du comte , sur la suzeraineté générale du grand fief de Forcalquier, et sur la souveraineté particulière du comté de Sisteron. En lui se termina la seconde dynastie des Forcalquiers du nom d'Urgel et du sang de Barcelone. La politique de ce seigneur semble avoir varié selon les circonstances de sa vie. D'abord, il ne songeait qu'à étendre et a fortifier sa puissance. C'est ainsi qu'en 1 177, dans un traité fait avec l'archevêque d'Embrun t qui tenait de Tempereur-roi la juridiction de sa ville archiépiscopale, le comte s'assura une portion considérable de la justice , et qu'en 1 SOS environ , il obtint rhommage delà maison principale de Simiane pour ses alleux, et le droit de gîte dans Apt, ville tout ensemble, à cette époque , ecclésiastique, seigneuriale et consulaire. Hais ensuite, lorsque la maison de Provence eut arraché à Guillaume la donation de son fief , ce prince changea de vues. Il se fit un plaisir de renouveler en faveur 4e la commune d'Avignon, sauf toutefois le droit de chevauchée ou service militaire, la confirmalion que Guillaume (d'Urgel) avait faite de son indépendance muiHcipale, soit que cette première concession eût véritablement existé , soit qu'elle fût supposée pour donner plus de force à la seconde. Le comté de Forcalquier obtint de lui un statut passé dans le conseil des clercs, des chevaliers, des bourgeois et des paysans, par lequel toute fille dotée était éloignée de l'héritage paternel; statut très-convenable à une population agricole.

Alfonse II se trouvait alors à Palerme, où il était allé

* conduire sa sœur, qui devait épouser Frédéric , roi de Sicile. Les sujets du fief de Forcalquier, jaloux de leur existence nationale; la ville de Forcalquier menacée de perdre son rang de capitale ; Âdelaîs, sœur du feu comte Guillaume-le- Jeune, femme de Giraud Amie, de la maisonde Sabran, qui avait possédé autrefois le comté d*Uzès, et était devenue l'une des plus puissantes de la Provence occidentale : mirent à profit la circonstance. Adejais entra dans la capitale, se saisit du palais comtal, et se proclama comtesse de Forcal<|uier. Sur ces entrefai- 4t09, les, Alfonse II mourut en Sicile , laissant pour héritier son fils Raimond Bérenger III, âgé de neuf ans. Pierre, roi d'Aragon, vint alors en Provence, et après s'être fait reconnaître haut administrateur du comté , et en avoir nommé son frère Sance administrateur direct, il reprit la route de T Aragon, où il mena avec lui son neveu, le jeune Raimond-Bérenger TII, qu'il plaça sous la discipline de Guillaume de JUontredon , grand-maltre des Templiers, et de Raimond de Pennafort , fameux théologien canonisé par r£glise.

Au point de puissance où était arrivée la maison de Barcelone, Pierre, roi d'Aragon et suprême administrateur du comté de Provence pour le jeune Raimond Bérenger III, aurait poursuivi le nouveau système de conquête de ses devanciers s'il n'eût été engagé dans les intérêts du comte de Toulouse. Celui-ci était toujours en guerre avec l'Eglise. Vainement avait-il fait toutes sor-

te de soumissions envers le pape , on ne s'était point

entendu. Le comte de Toulouse tenta un dernier effort, et il perdit la bataille de Muret, qui livra tout le Lan- ^s^^guedoc et le marquisat de Provence à TEglise et à Simon de Montfort. Le roi Pierre d'Aragon fut tué dans cette bataille , « au milieu des hérétiques , dit l'historien » Bouche, les armes au poing contre l'Eglise, ^ et cette mort, en ajournant davantage la reprise de la politique intérieure des comtes de Provence, laissa un libre cours à la politique contraire de l'empereur- roi, des barons et des communes.

L'empereur Frédéric II, fils de Henri VI, ayant enfin entièrement abattu Othon, duc de Saxe , auquel un parti avait donné la couronne impériale et royale des ducs de Souabe , sur l'humble requête de l'archevêque et de la commune d'Arles, confirma à l'un sa vicairerie impériale, à l'autre son Etat consulaire. La constitution ' • municipale d'Arles était alors bien fixée depuis 1203, époque de la promulgation d'une nouvelle charte consulaire. L'archevêque gardait une certaine représentation de la royauté , et demeurait le seigneur tant des gens de labour que des gens de métier , ces derniers n'ayant pas encore obtenu l'entrée du parlement, qu'ils obtinrent plus tard. Il avait le droit d'approuver ou de rejeter les actes publics , d'interpréter la charte consulaire, de juger les querelles entre la cité, c'est-à-dire le corps de ville et les bourgs. La puissance publique était exercée par les deux ordres des nobles et des bourgeois,

qui, assemblés en parlement, résolvaient, sauf sa sanction, la paix» la guerre, les alliances. Les consuls, chefs de la commune, étaient assistés d*un conseil particulier. Dans la ville , ils rendaient la justice ; au dehors , ils commandaient les troupes, sous Tétendard de la république, que portaient tour à tour un noble^et un bourgeois.

424â. Plus libéral que ses devanciers envers le baron des Baux, Frédéric II lui accorda l'investiture du royaume , des Allemands et de Provence , autrement dit de Bourgogne, d'Arles ou de Vienne. C*est ainsi que la fiëre maison des Baux étendait Torgueil de ses prétentions : investie d*abord du marquisat de la Provence orientale, patrimoine des Bérengers , ensuite de tout le territoire entre les Alpes, la mer, le Rhône et l'Isère, dont il fallait chasser la maison de Toulouse , la maison de Forcalquier, les^omtes de Valentinois et de Diois, etc.; elle Tétait enfin de tout le royaume des Allemands et de Provence , où Ton trouvait les dauphins de Viennois, les comtes de Savoie, les comtes de Forez, les sièges souverains de Vienne, de Lyon , la puissante famille des ducs de Zeringhen, à qui les empereurs avaient inféodé l'ancien gouvernement du Jura , berceau de la royauté des ducs de Stratlingen, etc.

Tandis que l'empereur assurait l'indépendance de la ville d'Arles, et reconstituait en faveur des Baux Tancien royaume uni des Allemands et de Provence , une ville voisine , sans aucun secours étranger, par la seule ba-

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bileié et la seule puissance de ses citoyens , chassait du pouYoir sa maison seigneuriale. La souveraineté de l'évéque ayant soiyi de près dans Marseille la souveraineté des vicomtes , les deux puissances s'étaient partagé la ville , d'où étaient résultés deux fiefs et deux iiUes : la supérieure, possédée par TEglise, et Tinférieure, possédée par les vicomtes. Mais les seigneurs s'étaient continuellement affaiblis par la division du pouvoir, si bien qu'en 11 70 on voyait cinq vicomtes, Hugues Geoffroi UI, Guillaume-le-Gros, Barrai , Raimond Geoffroi et Roncelin, tous fils de Hugues Geoffroi IL £n outre, les vicomtes n'avaient point empêché les conseils de ville. Le peuple tira parti de ces drconstances , et organisa la commune en dehors du fief, sous le nom de confrérie du Saint-Esprit et l'autorité des confrères recteurs. Il régla dans son seul inlérét la paix, la guerre et les alliances , ne laissant aux yicomtes qu'une portion des droits domaniaux et de la justice. Arrivé là, il voulut aller plus loin. Ces fiers et riches marchands de la ville inférieure conçurent l'idée de se rendre libres , et de joindre la seigneurie à la commune, en traitant avec les seigneurs. Ancelme , gentilhomme marseillais , vendit quelques droits qu'il avait acquis du vicomte Roncelin (1211). Roncelin même, sans tenir compte d'une donation qu'il avait faite à Saint- Victor, céda sa part (1213). Bientôt son frère Raimond Geoffroi et sa nièce Adalasie, fenjme de Raimond des Baux, fille et hériliire de Hugues Geoffroi, suivirent son exemple. Hugues des Baux,

110 RÉscnÉÈ HE LmioiRE

mari de Barrale, fille et héritière de Barrai , à qui les citoyens avaient prêté de grandes sommes, les paya avec sa part de seigneurie (12114). Restait Habilet femine de Gérard Âdhémar , Alla de Guillaume-le-Gros. Celle-ci, d'un caractère altier , ne pouvait souffrir qu*on parlAl « de vendre un si noble héritage. Enfin , partie par supplications , partie par menaces , elle se rendit au vœu public. Dès ce moment commença , dans la ville inférieure» la seconde république de Marseille. Les dtoyens purent dire alors dans le préambule d'un acte public : « En nos oonsdls et actions procédant avee zâe , nous » avons mis notre ville en liberté ; c'est ainsi que nous 1» avons accru la richesse , l'autorité et la splendeur de » la république. » Une délibération solennelle exclut k perpétuité la race vîcomiale des emplois publics, et par trois fois les citoyens firent serment d'observer ce statut. Un podestat, pris à l'étranger, fut chaîné du haut gou* vernement, de la guerre et de la justice, en quoi il était aidé par son vicaire. Des syndics régissaient la police municipale. Quatre-vingt-trois conseillers , tirés des six quartiers , propriétaires d'immeubles pour cinquante marcs d'argent, annuellement renouvelés, formaient un conseil où entraient chaque semaine, selon de certaines règles , six chefs de métier avec voix délibérative. tes grandes affaires étaient toujours portées au parlement* Les citoyens de la ville inférieure s'efforcèrent d'étendre à la ville supérieure leur affranchissement; mais irfailut abandonner une entreprise qui aurait avancé environ d'ufi demi-siècle l'union des deux villes,

M PftOVf^iCE

i ces communes prindpaies de Niée, d'Afigoon, d'Arles et de Marseille se raltacbaieot des bourgs consulaires d'un ordre inférieur , (ds que edui de Grasse , dans le

comté d'AoUbes » où Ton avait porté un statut exprès CDotre le comte ; celui de firigoles dans le comté d'Aii, petite république féodale gouvernée par le corps des oobies ; celui de larasoon, ancien chef-lieu du comté après la perte de la ville d'Arles.

Heureusement pour le pays et pour la maison com- 4î13. taie, Raimond Bérenger III , ayant atteint sa dix-septième année » s'échappa en qudque sorte des mains de ses instituteurs, et vint se montrer à ses peuples de Provence. Soit fortune , habileté ou nécessité , il adopta la politique de sa situation , et entra dans les intérêts du pape, ce qui devait le soutenir à merveille contre Tempereur , le nouveau roi des Allemands et de Provence, le comte de Toulouse, la maison de Sabran-Forcalquier, les républiques d'Arles, de Marseille, de IN'ice et d'Avignon , ei généralement tous ses ennemis voisins et domestiques , qu'unissait ensemble le besoin d*une commune défense. Un de ses premiers actes fut un décret qui enjoignait aux hérétiques de rentrer dans Tancienne Eglise , sinon de quitter le pays sous les vingt-quatre heures. Trois ans plus tard il épousa Béalrix , fille de Thomas, comte de Savoie. Thomas était le successeur de ces anciens comtes de Maurienne, qui, par la loi de primogéniture et de mascuUuité , avaient non-seulement conservé intactes leurs premières possessions, mais en-*-

m RÉSUMÉ DE L*HlSTOia£

core y avaient ajouté le comté de Tarentaise , etc., et

qui, dans Id contrée située entre le Khône, les Alpes et les frontières de Proyence, dominaient à Test sur le re» vers occidental des Alpes, comme les dauphins de Viennois dominaient à Touest sur la rive gauche du Rhône. Le comte de Savoie offrait au comte de Provence un appui solide» ayant les mêmes intérêts que lui» en sa qua* lité de membre du royaume , contre l'empereur et le nouveau roi. Raimond Rérenger III s'occupa ensuite de terminer sa querelle avec Adelais de Forcalquier el son fils Guillaume de Sabran , par l'arbitrage de Bermond, archevêque d'Aix, d'un seigneur de la maison des Baux, d'un seigneur de la maison de Marseille et de quelques ^ autres. Les seigneurs-arbitres adjugèrent au comte les villes de Sisteron et de Forcalquier, et tout le territoire compris entre elles, et à Ckiillaume de Sabran le restant du pays de Forcalquier à la Durance. Guillaume conserva le droit de se qualifier comte de Forcalquier. Mais ce dernier comté de Forcalquier , formé d'un territoire subalterne et presque enclavé dans le fief dominant» et où les bourgs principaux étaient de l'Eglise, savoir, Manosque des chevaliers de Saint- Jean, et Pertuis de Tabbé de Montmajour, devait bientôt se perdre en un vain titre; ce qui arriva. Le comte fut moins heureux dans la guerre qu'il porta sur la frontière orientale du comté, et qui avait pour objet de rattacher au corps du pays les seigneurs et la ville de Yintimille, jusque là de la mouvance de la seigneurie de Gènes. Mais il se dédommagea

uiyui^ed by GoOgl(

D£ HIOVENCE.

de ce con(re*femps en acquérant la juridiction consu- 4^22

laire du bourg de Brignoles.

La guerre continuait toujours entre Tarmée du souverain pontife et le comte de Toulouse Raimond Vil, successeur de son père Baimond VI. Les communes de

Marseille, d'Arles et d\4yignon, que l'esprit commercial STait conduites au désir de la double liberté dfile et re* ligieuse, les seigneurs des Baux, les seigneurs de Sabraiiforcalquier, ennemis naturels de Raimond Bérenger III, soutenaient le comte de Toulouse, et riulervenlion effective de la France dans ces querelles augmentait la gravité de leurs conséquences politiques. La royauté française ayant été enfin unie au duché de France, dans la maison de Robert-le-Fort , par Ilugues-Capet son petit-fils, ces rois d'une autre dynastie s'étaient attachés à détruire le mauvais effet de Tancienne loi des partages, en faisant, du vivant même du roi titulaire , proclamer et reconnailre son successeur , et avaient 00mmencé à accomplir la mission qu'ils tenaient du génie de leur fondateur et de la nature des choses, de rétablir peu à peu les droits de la souveraineté publique sur les divers districts féodaux. Aujourd'hui les rois capétiens renouvelaient en-deçà de la Loire , autour des bûchers où périssaient les hérétiques et dans des combats sacrés livrés contre eux , l'antique alliance de la France avec le siège apostolique ; et Louis YIII menait en personne la seconde croisade proclamée par Uonorius III. Â son ajpproche , la république d'Avignon , émue dévant une 4m.

puissance si formidable , lui envoya des ambassadeurs

pour traiter; mais comme le roi de France voulait introduire un corps de troupes , les consuls lui en fermèrent les portes, ce qui le contraignit d'en commencer le siège. Le comte de Proyenoe lui porta des secours.dans Tespoir qu*il avait d'obtenir uae part de la ville ou du marquisat de Provence. Cette attente fut trompée, le légat ayant mis les garnisons au nom de l'Eglise , sans tenir même compte de la lettre par laquelle l'empereur Frédéric II demandait la réunion de la ville d'Avignon et du marquisat de Provence au fisc impérial.

Raimond Bérenger 111 venait alors de recevoir un renouvellement de l'hommage du baron de Castellane, fait à genoux et les mains jointes , pour La Roche, le château et le bourg de Castellane et les quatorze châteaux qui formaient avec Castellane la baronnie de ce nom ; pour la supériorité féodale de la baronnie sur trois châteaux, dont les seigneurs lui devaient le conseil et Taide contre tous , si ce n'est contre le comte de Provence ; pour les deux châteaux de Salerne et de Villecrose , et pour la supériorité de neuf autres châteaux. Le comte acquit ensuite le consulat du bourg de Tarascon, et Tan- • née suivante il acquit pareillement le consulat du bourg de Grasse , avec un droit d'alberge de douze deniers pour chaque feu, et une chevauchée de dix cavaliers ou de cent piétons, au choix de la ville, jusqu'au Rhône.

Mais Tattention du comte se fixait plus particulièrement sur les trois grandes c^oimuneSi de INice, de Maj-

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DE PHOVtNCE. iVô

seille et d'Arles, qu'il fallait songer à abaltre par la trahison domestique ou par la force militaire. Rainioud Béreoger lU s'efforça d*abord de séparer Arles de la ligue des communes. Le parti coralal profita habilement d'une brouillerie survenue entre la république et les ass Marseillais, pour faire conclure une alliance offensive et défensive avec le comte * sauf toujours Tiiglise et lempereor. Alors on attaqua tout à la fois les citoyens de Nice et ceux de Marseille. Les premiers ne purent pas résister, et livrèrent leurs portes. Ceux-ei au contraire refusèrent obstinément , malgré les plus vives instances 4m de leur ëvéque, l'entrée de leur ville au comia de Provence» et même ils réclamèrent le secours du comte de Toulouse. Vainement celui-ci, après avoir signé des articles qui assuraient le comté de Toulouse à Jeanne, sa fille , et à son futur gendre , le comte de Poitiers, frère du roi de France, et, faute de postérité issue d'eux , à la France, et qui livraient sans délai -le marquisat de Provence à l'Eglise « avait-il été solennellement absous des anciennes excommunications dans Téglise Notre- Dame de Paris, étant nu-pieds et en bauts-de-cbausses. Sitôt que Raimond VII trouva l'occasion de la vengeance , il rompit avec TEglise , et se hâta de porter des secours aux Marseillais. £n récompense , lorsque le siège eut été levé , il reçut du parlement la seigneurie de la ville sa vie durant. Quelques mois après , les bourgeois 4S30 de Tarascon, qui désiraient rétablir la pleine liberté consulaire, firent alliance avec lui, envers et contre tous,

RÉSUMÉ DE L iilSTOiA£

notamment contre Raimond Bérenger , sauf r£glise,

l'empereur , le roi de France et l'archevêque d'Arles. L'archevêque d'Arles s'efforça de procurer une.tréve entre les comtes de Provence et do Toulouse. Ses efforts • furent inutiles, et la guerre continua.

L'empereur Frédéric II, étant rentré après une première eicommunication dans les bonnes grâces du souverain-pontife , s'occupait alors de détruire la liberté consulaire des communes lombardes. Soit pour faire acte de sa juridiction sur le pays, soit pour céder à quelque demande du pape , il rendit un décret qui privait de leurs fiefe les vassaux de Provence insurgés contre le comte, et il envoya un nonce chargé de rétabUr la paix entre le comte et la république d'Arles d'une part , le comle de Toulouse, Guillaume de Sabran, comte de For-

calquier, la maison des Baux, la ville inférieure de Marseille, le bourg consulaire de Tarascon d'autre part. Les seigneuirs des Baux, le comte de ForcaIquier,»le comte de Toulouse acceptèrent la médiation impériale. Marseille fut mise au ban de l'empire pour n'avoir pas obéi. £lle obéit enfin, et l'on signa une trêve qui donna quelque repos. En même temps l'empereur convoqua les vassaux du royaume de Bourgogne , pour aller faire le service auprès de sa personne.

Pendant cette guerre , qui dura trois ans environ, ayant commencé au siège de Marseille et fini à la mé'diation impériale, le temps ne fut pas entièrement perdu pour l'agrandissement et l'amélioration du domaine

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comtal. Ainsi, dans ia vue d'a£Eaiblir Téglise de Vence, la sixième église épiscopale de la cdte de Provence en parlant du Rhône » le comte donna la baronnie de la ville à Romée de Villeneuve , son ministre, négociateur habile et comptable vertueux (1^30). Il fonda le bourg dit de Barœlonette, du nom de sa race, marché industriel et chef-lieu de juridiction, indispensable aux villages de la vallée provençale , où coule TUbaye (1234). Sur Taulre extrémité du comté , le château de Sairit- Géniez se convertit eh un bourg considérable (les Marligues), qui fut appelé, iionobslant la différence de position géographique , à remplacer Tancienne Uaritima, dans le territoire silué entre la mer, la Crau et les montagnes (4232) . Eniin le comte passa avec Téglise d'Ântibes, la cinquième ^lise épiscopale de la côte, toujours en partant du Rhône, un traité qui lui assurait la chevauchée et le haut domaine de la ville (4232). Au milieu de ces actes principaux le comte ne négligea point cette féodalité du dernier rang, oppressive pour le peuple , mais peu dangereuse pour le prince. 11 régla avec elle les droits de gite , de service et de justice. Il donna aussi à quelques bourgs de son domaine une sorte de coflstitution municipale , abaissant les uns et élevant les autres, pour mettre une juste proportion de liberté et de puissance entre les divers membres de l'Etat.

Tandis que Raimond Bérenger III resserrait son alliance avec la France, en faisant épouser sa fille ainée Marguerite à Saint-Louis, fils et successeur de Louis VIII,

la guerre recommençait. Le comte de Toulouse, malgré son zèle pour la destruction des hérétiques , et les efforts de saint Louis en sa faveur, n'avait pu obtenir du siège apostolique sa restitution contre Tartide du traité qui adjugeait le marquisat de Provence k l'église romaine, et sur le •refus du roi de France, jusque-là gardien de ce territoire, d'en continuer la garde , un légat papal y avait été envoyé. Baimond VII alla se jeter aux pieds de l'empereur, qui lui confirma sa dignité de marquis de Provence, et lui donna l'investiture des fiefs de la maison de Toulouse , placés dans le royaume d'Arles et de Vienne. La bulle impériale ne fut pas mise à exécution cotle année; mais Tannée suivante , l'empereur ^ayant renouvelé son investiture, envoya un commissaire pour remettre le comte de Toulouse en possession. Le commissaire impérial et Barrai des Baux, sénécbal du marquisat de Provence, joignirent leurs troupes, et, nonobstant de nouvelles sentences d'excommunication et d'interdit, la domination papale fut renversée.

La ville d'Arles venait alors d'abandonner le comte de Provence. Le parti populaire où se trouvaient les partisans de la réforme religieuse et de Tindépendance municipale, jusque-là écrasé par le parti archiépiscopal, releva la tête , et résolut de détruire l'influence de l'Eglise , du roi de France et du comte de Provence. Les moyens ordinaires ne pouvant suffire , on forma une confrérie. Les confréries étaient le mode d'insurrection et de confédération de ces temps. Tantôt elles dépossé-

DE PROVENCE, j

daieat lentemeot le pouvoir, comme il était arrivé dans la Tioomté de Marseille ; tantôt brusquement et avec yiolence, comme en celte rencontre. Les confrères artésiens élurent des baillis pour le gouTememenI et pour la justice, tinrent les parlemens , passèrent , révoquèrent et modifièrent les lois, et refondirent l'ancienne république dans un £tat nouveau, hors duquel ils placèrent leurs ennemis. L*arehevéque, le podestat, les chanoines furent chassés, leurs partisans désarmés, leurs denrées el leurs meubles séquestrés; et , ce qui établit fort bien le caractère religieux de la révolution « il fut défendu , sous peine de cent sous d'amende , de porter aux clercs les rétributions accoutumées. Une sentence d'excommunication et dinterdit que l'archevêque fulmina de son teau de Salon , et que les prêtres paroissiaux eurent le courage de publier, accrut le courroux populaire. Quelques confrères, réduisant le mariage au simple contrat, prirent leurs femmes des mains des laïques. Un confrère cassa son bâton sur la tète d'un homme , qui, dans la cérémonie d*un baptême , avait déclaré à l'honneur de Dieu , el en dépit du diable, vouloir faire Toffrande ; et quand le pouvoir des consuls de Tannée précédente fut expiré, on élut les consuls de la nouvelle année.

Dans cette guerre, le comte de Provence fit une nou-' velle tentative sur la ville vicomlale de Marseille. Il demanda à la république, outre le droit ancien de la chevauchée, Iq monnaieet un cens annuel, les républicains se souvinrent du sort de la commune de r^ice, qui après

avoir accordé la chevauchée et le cens aunuel» n'en avait P0S moins subi le joug. Ils refusèrent toute concession, et appelèrent de nouveau dans leurs murs leur seigneur viager le comte de Toulouse. Saint Louis intervint oom-

4136. médiateur. Il est à remarquer que sou envoyé, en donnant les lettres de citation devant le roi , prit à Tégard du comte de Provence le ton d'un erfvoyé du suzerain. Le comte de Toulouse» le comte de Provence, les Marseillais signèrent une trêve. Les chefs de la confrérie d'Arles abjurèrent 1 insurrection et répudièrent le consulat aux pieds de l'archevêque. Cependant les mêmes consuls furent réélus par le peuple et confirmés par le prélat. Arles d'ailleurs ne jouit pas longtemps du bienfait de la pacification générale. Les défiances conti-

4237 nuèrent. Le parti populaire prit la précaution de donner douze adjoints aux consuls, qui devaient prêter, outre le serment ordinaire , celui d'employer toutes leurs forces pour conserver les prérogatives de l'archevêque et des deux ordres souverains. Et comme les antiennes formes livraient la liberté publique à l'archevêque

4138. et aux partisans du CQmIe , il y eut une nouvelle confrérie.

Frédéric II s'occupait toujours de remettre sur pied

Tautorilé impériale dans les cuuimuiies lombardes. Le comte de Provence» l'archevêque d'Arles, l'évéque d'Avignon , allèrent lui rendre hommage en Lombardie. L'empereur qui déjà, en 4226, avait cassé les commu* nés de Projrencei par une bulle restée sans cGEbt» étaidit

DE mOVENeE. 431

alors à ces mêmes communes te système adopté pour les républiques itaiieno^s. Il nomma lui-même le podestat d'Arles, que jusque-là le peuple avait eboisi, et fit d'un chef populaire un délégué impérial. Ensuite il envoya dans cette ville un vicaire général de l'empire pour le royaume d'Arles et de Vienne. Cet essai de la puissance impériale menaçait trop fortement le souverain pontife. Une seconde bulle d'excommunication , lancée le jeudi absolu de l'an 4239, vint arrêter l'entreprise de Frédéric. Le comte étant entré dans la ville comme ami de ^ l'empereur , fit agir le parti arcbiépiscopal. Le vicaire, chassé d'Arles, alla se réfugier à Avignon, qui était rentré dans son indépendance et dans ses anciennes liaisons avec le comte de Toulouse, et par deux actes successifs des SIS juillet et 1 9 août 4 239, le parlement transféra au comte , sa vie durant , le gouvernement ou la présidence de la ville ; ce &it un premier pas fait pour le renversement de la république.

Jamais les deux grands intérêtsqui divisaient le Saint- Empire et la France, les Etats de la maison de Toulouse et la Provence, n^avaient eu un caractère aussi prononcé : d'un côté , l'empereur , le comte de Toulouse , les républiques d'Avignon et de Marseille : de l'autre , le souverain pontife , le roi de France , le comte de Provence , Tarchevéque d'Arles , l'évêque de Marseille. Le comte de Provence promit au pape , qui avait l'empereur sur ses bras en Italie, un secours de quarante cavaliers et de dix arbalétriers. L'empereur mit Raimond

43t RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE

Bérenger III au ban de Tempire» et investit le comte de

Toulouse du comté de Forcalquier. Raimond VII ayant passé de nouveau le Rhône , commença le si^e d'Arles que le roi de France fît lever.

Cependant le comte de Provence ne se dissimulait point les vues de la France sur le comté. Tout Ten avertissait , et le traité de Paris , intervenu entre le roi de France et le comte de Toulouse, et le mariage du premier avec Marguerite , sa fille aînée , et le ton qu'avait pris le roi de France en le citant devant lui au sujet de la trêve , et la puissance de la France, sur laquelle on pouvait évaluer son ambition. L'intérêt méridional,senti à la manière de ces temps, conseillait un rapprochement entre Raimond YII et le comte, pour arrêter le débordement des mœurs et des lois de la Gaule du nord dans 4244. la Gaule du midi. On négocia le mariage du comte de Toulouse avec Sancie , troisième fille de Raimond Bérenger (Ëléonore, la seconde, ayant épousé le roi d'Angleterre] . k la vérité , Raimond VH était déjà marié : mais si l'Eglise latine ne permettait le divorce en aucun cas, elle autorisait les cassations de mariage sur le plus léger motif. Plein de ces projets, Raimond Bérenger ne tint aucun compte d*une nouvelle sentence pontificale lancée contre le seigneur de Toulouse. Mais quelques

4242. débats, où la France eut la plus grande part, amenèrent la rupture des conférences et la reprise des hostilités.

4243. Ce fut alors que la ville inférieure de Marseille fut obligée de reconnalllè au comte, outre le droit ancien delà

chevauchée , celui de la monnaie. Il y eut ensuite une nouyelle trêve; et Sâneie ayant été promise au frère du, roi d* Angleterre , hichard, duc de Cornouailie , qui fut roi des Romains , Raimoad Bérenger , toujours alarmé de rinfluence française , traita du mariage de sa qua- ^244. trième fille Béatrix» déclarée depuis quelque temps héritière du comté^ avec le même comte de Toulouse, sauf encore à faire casser le second mariage que oeKii-d avait contracté depuis la dissolution du premier. Le comte de Provence mourut au milieu de ses projets le i9 août 1245, et fut enseveli dans l'i^glise de Saint-Jean d'Aix, où Tavait été son père, Alphonse IL

Une année ne se passa point, depuis la mort du comte , sans que le sort de la Provence et de Béatrix fussent fixés. C'était là une sorte de procès entre le Saint- Empire et la France, entre le nord et le midi de la Gaule, entre les maisons de Germanie et de France , de Toulouse et de Barcelone. L'empereur Frédéric II, intéressé au maintien de sa suzeraineté sur le pays , avait demandé la main de l'héritière pour son neveu. Le comte de Toulouse , qui sentait toute l'importance d% l'union du Languedoc et de la Provence , allait l'obtenir lorsque Baimond III mourut. La France, après avoir marie le comte de Poitiers, frère du roi, avec Théritière de Toulouse , voulait marier le comte d'Anjou , autre frère du roi , avec Phérilière de Provence , faisant pour le compte des branches de sa maison royale ce qu'elle ne pouvait pas de sitôt &ire pour son propre compte. Le

434 RÉSUMÉ b£ L'HISTOIRE

roi Jacques d* Aragon, fils de Pierre, plein de douleur à la vue de cet ancien et important domaine qui allait sortir de sa race , proposait aussi son iils. Le comte de Toulouse, et surtout le prince héréditaire d'Aragon, avalent de nombreux partisans dans les ordres de l'Etat ; car la France avait beaucoup d*ennemis. « Les Pro- » vençaux , s'écriait un poète national en voyant s'a- » vancer celte révolution mémorable, au lieu d'un brave » seigneur, vont ayoir un sire. On ne leur bâtira plus » ni villes, ni forteresses. Subjugués par les Français, » ils ne porteront plus la lance ni l'épée. Plutôt la mort » que cet affront I )> Ce fut cependant la France qui l'emporta , parce qu'elle s'appuyait sur le pape et les évéques , qu'elle maniait ses affaires avec une grande habileté , et répandait l'argent à pleines mains. Le seigneur Romée de Villeneuve , baron de Vence , eut la principale part dans cette affaire ; et s'il fut coupable peut-être de méconnaître la volonté souveraine des seigneurs et des communes de Provence, l'avenir a suffisamment absous ce grand homme. On joua d'abord le comte de Toulouse , en faisant retarder par le pape la confirmation de la sentence qui cassait son dernier mariage, puis en l'attirant à Aix sans troupe, comme si la chose n'attendait que sa présence pour être conclue. Cependant Charles , comte d'Anjou , s'approchait avec les bannières de France; et , ayant éconduit le prince d'Aragon et le comte de Toulouse, il épousa Béatrix avant la fin de l'année 4245. Cette alliance relàch^ d'autant

DEPROVENCX. 135

plus les liens qui unissaient la Provence au corps germanique, et ouvrit de nouveau à la France celte route oubliée de l'Italie et de l*Empire , que ne connaissaient pas les monarques capétiens.

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