‹ Resume de l'histoire des JesuitesChapitre 4 sur 35 · RESUME DE I* HISTOIRE · texte numérisé non relu

RESUME DE I* HISTOIRE

Saint-Barthélemi , de ne point saigner la veine basilique. Basilique signifie royale (1) , et cela voulait dire qu'on aurait dû exterminer Henri et le prince de Condé. On lisait ensuite : Faut-il donner le nom de roi de France à un Sardanapale > à un Néron 9 a un renard de Bèarn? L'acte de Jacques Clément est héroïque. Si on peut faire la guerre au Béarnais , il le faut guerroyer v, sinon qu'on l'assassine (2).

Le Jésuite Guignard fut pendu; et, ce qui est bien étrange, Jouvency, dans son Histoire de la Société , le regarde comme un martyr, et le compare à Jésus-Christ. « Il » refusa, dit-il (3), de demander pardon » au Roi et au Sénat ; mais il leur pardonna, » à l'exemple du Sauveur des hommes. »

Un vil scélérat qui pardonne à un grand

(1) Du grec (3ct(7tXixoç, royal.

(2) Le Mercure Jésuite > t. I, pag. 52j.

(3) Jouvency, HisL Societatis Jesu, pars V? lib, XII, cap. xxvii, pag. 5a , in-fol. , 17 10.

Roi après Tavoir fait assassiner; cela n'est-il pas bien édifiant ? Au reste Jouvency, par cette hyperbole , n'a fait que suivre le texte des constitutions de sa Compagnie. Je lis dans VI mage du premier siècle de la Compagnie de Jésus que tous les Jésuites sont placés de droit au rang des saints (1), et l'auteur de ce livre singulier prétend que lorsque l'un d'entre eux a passé la barque fatale, Jésus vient au-devant de lui pour le recevoir (2).

Le parlement ne s'en tint pas à la condamnation de Guignard : par un autre arrêt du même jour ( 7 janvier i5g5 ), Jean Guéret, Jésuite9 et Pierre Chastel5 père de l'assassin, furent bannis, le premier à perpétuité , et le second pour neuf ans. Il fut en outre ordonné que la maison de Pierre Chastel serait rasée , et qu'à sa place on élèverait un

(1) Imago primi sœculi Societ. Je su , lib. Y , pag. ô^g , et 65 o , in- fol, i64<>.

(2) Ibid., pag, 648 et 649.

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monument afin de perpétuer la mémoire de cet attentat exécrable.

On construisit en effet une pyramide à quatre faces ? sur chacune desquelles fut gravée une inscription particulière; mais les Pères de la ruse étant parvenus à rentrer en France , n'eurent rien de plus pressé que de faire démolir une construction destinée à éterniser leurs crimes, et la pyramide disparut au bout de dix ans.

C'est en quel que sorte relever le monument que de retracer les inscriptions de cette pyramide ; nous allons les reproduire exactement.

La maison de Ghastel était construite entre le Palais de Justice et 1 église des Barnabites , aujourd'hui dépôt général de la comptabilité (î). Elle occupait une partie de la place demi-circulaire qui est au-devant de la

(i) M. Duiaure, Histoire de Paris, t. V, pag. i36, m«8° , i8a3.

façade de ce palais. Le monument qui fut construit sur son emplacement, et qu'on a nommé Pyramide 3 présentait un grand piédestal quadrangulaire, élevé au-dessus de trois gradins : chacune de ses faces était ornée de deux pilastres ioniques cannelés; entre ces pilastres on voyait une table de marbre chargée d'inscriptions. Ce piédestal était couronné , sur chacune de ses faces , par quatre frontaux triangulaires , par un attique décoré de guirlandes et surmonté de quatre autres frontaux cintrés et coupés pour faire place aux écussons deJFrance et de Navarre. Au-dessus de Tattique de ce piédestal et aux angles, s'élevaient quatre statues allégoriques , représentant les quatre vertus cardinales. Le tout était surmonté par un obélisque chargé de bossage, et terminé par une croix fleuronnée. Ce monument avait dans son ensemble vingt pieds d élévation.

Au-dessous de la croix, sur la face qui re-

gardait le pont au Change , on lisait ces vers : EX. S. C.

Haec domus immani, quondàm , fuit hospita monstro , Crux ubi nunc celsum tollit in astra caput :

Sanciit in miseros pœnam hanc sacer ordo pénates , Regibus ut scires sanctius esse nihiî.

C'est-à-dire :

(( Par arrêt de la Cour de Parlement.

» Sur la place où s'élève aujourd'hui cette » croix était jadis une maison habitée par )> un monstre exécrable. Le parlement a » étendu sa punition jusque sur la demeure » de ce misérable, afin*que le public sache que » rien n'est plus sacré que la personne des » rois. ))

Cette face septentrionale portait encore l'inscription suivante :

Pro salute Henrici IV, clementiss. ac fortiss. Piegis , quem nefandus parricida, perniciosiss. factionis haeresi pestiferâ imbutus ,

quae, nuper abominandis sceleribus pietatis nomen obtendens , unctos Domini vivasque majestatis ipsius imagines occidere populariter docuit, dùm confodere tentât, cœlesti numine scelestam manum inhibente , cultro in labrum suporiùs delato , et dentium occursu féliciter retusOj violare ausus est. Ordo ampliss. ut vel conatus tam nefarii pœnae terror simul et praesentissimi in opt. principem ae regnum , cujus salus in ejus sainte posita est, divini favoris apud posteros memoria exstaret, monstro illo admissis equis membratïm discerpto , et flammis ultricibus consumpto, aedes etiam undè prodierat, hic sitas 5 funditùs everti , et in earum locum salutis omnium ac gloriae signumerigidecrevit.

mi. non. jan. ann. sal. mdxgv.

C'est-à-dire :

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