‹ Résumé de l'histoire des Juifs anciensChapitre 12 sur 38 · D ESS · texte numérisé non relu

D ESS

1orsqu’ il rentrerait dans ses foyers. Ce fut sur sa propre fille qu'il dut accomplir ce vœu funeste, Après lui avoir accordé un délai de deux mois pour pleurer sa virginité et ses compagnes, il l’immola. Terrible aux siens, il déploya une rigueur non moins cruelle contre la tribu d'Éphraïm, qui, jalouse de la gloire de Jephté, avait insulté aux compagnons de ses travaux militaires, et s'était liyrée à de condamnables excès.

Abésaü, Achialon et Abdon, qui successivement le remplacèrent comme juges d'Israël, ne sont guère connus que par leur nombreuse postérité. Ge fut, à ce qu'il paraît, du temps d'Abdon, qu'Elimelech, chassé de Bethléem par la famine, alla se réfugier dans le pays de.

Moab avec Noémi sa femme et ses deux fils qu'épousèrent deux Moabites, Orpha et Ruth. Elimelech et ses deux fils moururent sur ‘a terre étrangère; dès-lors

. cette terre fut déserte pour Noémi qui

aspifait aux consolations de la patrie; elle voulut partir seule; mais Ruth, malgré ses instances, persista à la suivre.

« Votre peuple, lui dit-elle, sera mon

DES JUIFS ANCIENS. 89 peuple; votre Dieu sera mon Diex. » Sa piété filiale fut récompensée. Rutii était riche de vertus; Booz, parent de sa belle-mère, l'épousa. Le récit de la Bible est un modele de simhlicité gracieuse.

De cette union naquit Obed , qui eut pour fils Esai ou Jessé, père de David.

Les Philistins triomphent; ils font gémir Israël sous un joug de fer; Israël sera quarante ans esclave. Son libérateur était alors au berceau. Fruit d’une union long-temps stérile, et fécondée en:

fin grâce à une piété fervente, cet enfant sauvera ses frères. Qui ne connait l’histoire miraculeuse de Samson? qui ne sait la vertu de sa chevelure vierge? les Hons étouflés par ses mains jeunes encore? les Philistins qu’il immole avec une arme grossière ? la trahison de Dalila ?

ce dernier essti dune force renaissante ? ces voûtes qu'ébranlent les mains de l'Hércule juif, et qui l’écrasent avee des milliers d’ennemis ?

Héli, descendant d’Ithamar, joignit à sa dignité de grand-prêtre celle de juge d'Israël. Alors naquit Samuel, fils d'Elcana, lévite de la tribu d’ Éphutit, etd'An-

9o RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE

ne sa femme, qui long-tempsavaitenvié la fécondité de Phennénia, autre épouse d'Elcana. Touché de ses prières et de ses larmes, Dieu la rendit mère. Samuel lui fut consacré. V êtu d’une robe delin, il fut élevé à Silo auprès du tabernacle, en la présence du Seigneur et sous les yeux du grand-prèêtre. Sa mère lui faisait tous les ans une petite robe, qu'elle lui apportait lorsqu'elle venait à Silo avec son mari. L'enfant croissait, et il était aimé de Dieu et des hommes.

Malheureux d’être père, Héli se consolait en regardant Samuel. Ses deux fils, Ophni et Phinées, étaient des hommes avares et sans conscience, qui ne connaissaient point Dieu ni le devoir des prêtres envers le peuple. La faiblesse paternelle d'Héli, non moins que les désordres et l’impiété de ses enfans, irrita le Scigneur. Les malheurs qui devaient frapper Héli et sa coupable postérité, lui furent annoncés par un prophèle et par le jeune Samuel à qui Dieu avait apparu pendant la nuit.

Dans la quarantième année de la judicature d'Héli, les Philistins, chargés d’ac-

: DES JUIFS ANCIENS. 91 complir la vengeance divine, font une irruption sur les terres d'Israël. Vaincus près d'Eben- Ezer, les Israélites font venir de Silo l’Arche d'alliance, qu’ils regardaient comme un gage de victoire ; mais leur armée estentièrement défaite; les deux fils d'Héli restent morts sur le champ de bataille, et l'Arche sainte tombe au pouvoir des Philistins. En apprenant la prise de l'Arche , comme frappé d’un coup de foudre, Héli tombe du haut de son siége et meurt. Il était âgé de quatre-vingt-dix-huit ans ; sa belle-fille expire en se délivrant du fruit qu'elle portait dans son sein.

Ea conquête del’Arche devint ue aux Philistins. Pendant la nuit leurs idoles tombaient à terre et semblaient prosternées devant l’Arche; en vain les relevait-on , elles retombaient toujours.

Des plaies mortelles frappèrent les différentes villes où l’Arche fut successivement déposée. Les Philistins effrayés renoncèrent au bout de sept mois à ce irophée fatal. L’Arche fut placée sur un chariot auquel étaient attelées des vaches mourricières, dont les Philistins gardé-

rent les petits. Le char prend la route de Bethsames , ville de Juda. À ce spectacle les Israélites poussent des cris de joie; sans employer le ministère des prêtres, ils immolent les vaches et les offrent en sacrifice au Seigneur. Cette profanation déplaît à Dieu qui frappe de mort un grand nombre de Bethsamites.

L’Arche est déposée à Cariatarim dans la maison du lévite Aminabad, où elle demeura pendant vingt ans, gardée par son fils Eléazar, qui avait été consacré pour cette fonction.

Après vingt ans d’interrègne et d’asservissement , Samuéël est proclamé juge d'Israël. I rassemble lestribus à Maspha ; à cette nouvelle, les Philistins accourent avec une armée nombreuse. Samuél offrit une holocauste qui plut au Seigneur; aussitôt les tonnerres du ciel tombent avec fracassur les Philistins. Leur armée est détruite; Israël délivré reprend à l'ennemi toutes ses conquêtes; Samuel rend des actions de grâces aù Seigneur , les Israélites en rendent à Samuel, Affaibli par l’âge, il établit ses deux fiis juges du peuple; mais Joël et Abia ne

DES JUIFS ANCIENS. 111488 Fimitérént pas; ils se laissèrent corrompre par l’avarice; ils reçurent des présens et rendirent des jugemens iniques.

Fatigués d’un gouvernement Oppressif, les anciens des tribus demandèrent à Samuel un roi. Samuél proteste, au nom de Dieu, contre cette usurpation des droits divins. Il s’écrie d’une voix prophétique :.« Vous voulez un roi; » mais sachez comment il vous traitera.

» Il prendra vos fils, les mettra sur ses » chariots, et les emploiera à tous ses » ouvrages, Vos filles deviendront ses servantes. Il usurpera vos champs, vos vignes , les terres qui portent vos olives. Il dimera ce que vous aurez recueilli pour le donner à ses serviteurs. Vous serez esclaves alors, et vous crierez à cause du roi que vous vous serez donné; mais en ce jour Dieu ne vous écoutera point. »

Le peuple fut sourd à ces sages repré- .

sentations ; il voulut un roi , et Samuel

obtempéra enfin à ce désir aveugle d’innovation.

v LE Y LA y # L 2

La royauté maissante présente chez les Hébreux un caractère particulier,

Au lieu d'émaner de la grâce divine, elle est de création populaire, et réprouvée par Dieu.

À l’époque où Israël répudiait la loi de Jéhovah pour se soumettre au régime de la royauté, qui trop souvent dégénère en tyrannie, plus sages que le peuple juif, ou du moins éclairés par une funeste expérience, les- Athéniens secouaient le joug des Héraclides, et placaient leur liberté sous la protection de Jupiter.

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