CAPTIVITÉ DE BABYLONE
L'ursrois juive n’est plus maintenant que sur les bords de l’'Euphrate. Déjà, depuis de longues années, une grande partie des enfans de Moïse avaient été arrachés au sol natal, et conduits dans les champs de la Chaldée. La Palestine entière devait devenir veuve de ses habitans; la population de Juda devait aller rejoindre sous un ciel étranger les tribus çcaptives d'Israël.
Revenons un instant sur nos pas, jetons un regard en arrière sur les exilés de Samarie, et reprenons l’histoire de la captivité depuis la destruction de ce royaume. . | |
Les dix tribus que Salmanazar et Esarrhaddon transportèrent dans les villes de la Médie, : y établirent leur domicile, qu'elles ont conservé perdant:un grand
106 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE nombre de siècles. Elles se répandirent chez les Parthes, dans la Mésopotamie, dans la Cappadoce, dans le Pont, dans l’Asie-Mineure; leur postérité y subsiste encore ; elles ne revinrent jamais dans la Judée ; quelques familles seulement y étaient restées, et quelques autres trouvérent un motif et une occasion de retour dans les grandes révolutions qui agitèrent la Grèce et l'empire des Perses. La secte connue sous le nom de Samaritains, qui subsiste de nos jours, etquihabite encore Samarie (aujourd’hui Sebaste ), Sichem (aujourd’hui Nabolos) etles villes voisines, ne descend point des Israélites , mais des peuplades qu’'Esarrhaddon fit venir pour cultiver le pays. Les Juifs ont pour les individus de cette secte une grande aversion, et les regardent comme des hérétiques abominables. | ne Les premières années de la captivité furent pénibles. Le prophète Nahum consola par ses chants patriotiques laffliction de ses frères. Un des exilés, Tobie, de la tribu de Nephtali, se distingua par des actes de courage, de ver-
DES JUIFS ANCIENS. 197 tu et de dévouement , pendant la perséeution terrible que Sennachérib, successeur de Salmanazar, fit peser sur les Israélites.
Nous avons vu précédemment que
Nabuchodonosor, lorsqu'il s'empara de Jérusalem sous Joachin, fit transporter à Babylone Daniel, Ananias, Azarias et Misaël, tous quatre du sang royal de Juda. On les éleva dans le palais du prince ; ils refusèrent de manger des viandes défendues par Moïse, ne se nourrirent que de légumes, et n’en effacèrent pas moins par leur embonpoint les autres jeunes gens nourris à la table du roi. Du reste Nabuchodonosor traitait les Juifs avec humanité; il leur laissait la liberté de conscience, le pouvoir de choisir leurs magistrats pour juger leurs causes , la permission d'acquérir des fonds, de les cultiver et de se livrer au commerce.
C'était en vertu de cette législation particulière, laissée au peuple juif, que Suzanne, jeune femme d’une grande beauté, avait été condamnée à mort comme coupable d’adulière. Le Renpie
nu
Go
199 RÉSUMÉ DÉ L'HISTOIRE l’entraïnait au lieu du supplicé pour la lapider, lorsque le jeune Daniel, rempli soudain de lesprit de Dieu, s’écria d’une voix forte : « Je suis innocent du sang de cette femme.» On sait comment il la sauva en démasquant les deux vicillards qui se vengeaient de ses dédains en la calo mniant. ,
Daniel donna bientôt une preuve plus éclatante d’une intelligence divine. Nabuchodonosor fit un rêve effrayant qui s’effaça desa mémoire, età son réveil ilne lui resta qu’un vifsentiment de crainte. Il convoque aussitôt les plus häbiles de ses mages , et leur ordonné dé lui rappeler sonrève et deluien donner l'explication.
Le talent des astrologues ne pouvait aller jusque-là, ils setaisent. Le roi furieux les condamne à mort. Daniel, qui se trouvait compris dans la sentence , obtient pour tous un sursis. Daniel et sés trois compagnons se mettent en prière; au bout de trois jours , à l’expiration du délai, Daniel se présente devant le roi, et lui parle ainsi : «Prince, voici ce‘qué vous » avez vu. C'était une statue d’uué hau- » teur énorme ét d’ün regard effrayant,
Sa: tête était d’or, sa poitrine et ses bras d'argent, son ventre et ses cuisses d’airain, ses jambes de fer, ses pieds en partie de fer et en partie d'argile.
Pendant que vous étiez attentif à cette vision, une pierre s’est détachée d’ellemême d’une montagne sans là main et sans le secours d'aucun homme, et frappant la statue par les pieds, elle l’a brisée , réduite en poudre, et la pierre est devenue une grande monc tagne' qui remplit toute la. terre.
Voilà votre songe , à roi l‘eten voici
‘l'explication : : ue êtes le roi des
rois. Le Dieu du ciel vous a donné la force, l'empire et la gloire. C’est done vous qui êtes la tête d’or. Après vous, il s’élevera un autre royaume, moindre que le vôtre, qui: sera d’argent; et ensuile un troisième qui sera d’airain, et auquel toute la terre sera soumise: Le quatrième sera de fer, et il réduira tout en poudres Mais comme les pieds dela; statue étaient en partie de fer et en-partie d'argile, ce derhier royaume sera en partie |
ferme. ét en partie fragile; et comme |
» vous avez vu que le fer était mêlé » avec la terre et l'argile, ils se mêle- » ront aussi par des alliances humaines.
» Ils ne demeureront pas néanmoins » unis, demême quelefer ne peut se hier » ni s'unir avec l'argile. Dans le temps » de ces royaumes, le Dieu du ciel » suscitera un royaume qui subsistera » très long-temps , un royaume qui ne » passera point à un autre peuple, qui » renversera et détruira tous ces royau- » mes, et dont la durée sera de plusieurs » siècles. »
Nos lecteurs trouveront peut-être que cetteexplicationde Daniel n’a guère plus de clarté que le songe lui-même. Les commentateurs ont expliqué à leur tour l'explication ; nous ne les suivrons pas sur ce terrain.
Quoi qu’ilensoit, Nabuchodonosor fut ravi d’admiration : il nomma Daniel le premier de ses mages, lui donna le gouvernement de la province de Babylone, et fit participer ses trois compagnons à son élévation.
La quatrième année du règne de Sé- 594. décias, Baruch , le disciple de Jérémie,
DES JUIFS ANCIENS. 201 vint à Babylone. En présence des anciens d'Israël et du malheureux roi Joachin, il fit lecture des prédictions de son maïtre, annonçant J’asservissément de la Chaldée par les Mèdes et les Perses, et la ruine de Babylone. Ce fait prouve beaucoup en faveur de la tolérance du prince babylonien.
Un an après, le prophète Ezéchiel commença à prophétiser au milieu des captifs. Dans une de ses visions, Dieu Jui ordonne de tracer sur une brique le plan du siége de Jérusalem, comme sil assiégeait lui-même cette ville, de mettre une plaque de fer entre lui et ce plan, de regarder Jérusalem d’un regard fixe et sévère, puis de se faire lier avec des chaînes et de rester couché trois cent quatre-vingt-dix jours sur le côté gauche, et quarante jours sur le côté droit. Durant tout cet espace de temps, le prophète ne vécut que de pain cuit sur de la fiente de bœuf. |
Quelque temps après, Ézéchiel donna à ses compagnons de captivité un spectacle non moins étonnant. On le vit en plein jour, après avoir mangé et bu à la
2062 RÉSUME DE L'RISTOIRE
hâte, transporter ses meubles hors de sa maison, comme un homme qui déloge, et vers le soir, porté sur les épaules de quelques hommes, le visage couvert d’un voile, passer à travers une muraille qu'il avait percée. C’ctait figurer l’issue que devait avoir le siége de Jérusalem et la fuite du roi de Juda. Le bruit de ces prophéties en action parvint jusqu'aux Juifs de la Palestine; mais ils les virent en pitié, et jugérent que.le prophète était fou.
Cependant la catastrophe qui devait détruire Jérusalem approchait : le deruier siége de cette ville par Nabuchodonosor, fut révélé à Kzéchiel le jour même qu’il commença, et l’affreuse désolation qui allait affliger cette ville, lui fut montrée sous l’emblêéme d’une chaudière bouillante. La même nuit, la femme de ce prophète, qui était Le desir de ses yeux, lui fut enlevée par une mort subite, sans que Dieu lui permit d'en ressentir ni d’en M à la moindre douleur. | P
GR DANSE UIONNE eut heureu-
DES JUITS ANCIENS. 30%
retour à Babylone, il fit faire, des dépouilles qu'il avait remportées , une statue d’or en l'honneur de Bel, le dieu des Babyloniens ; cette bles d’une grandeur colossale , fut placée dans la plaine de Dura; et le roi commanda à tous ses sujets de l’adorer. Ananias , Azarias et Misaëel refusent d’obéir; on les jette dans une fournaise ardente ; mais les flammes qui devaient les dévo-
ï z ° » A À rer, les respectent. Le roi, frappé d’é-
tonnement, les fait retirer de la fournaise, et ordionne que le Dieu des Hébreux soit vénéré dans tout son émpire.
Trois ans après la destruction de Jérusalemetdu Temple, Nabuchodonosor alla mettre le siége devant Tyr, ville forte, puissante, renommée pour son commerce. Pendant qu’il était occupé de ce siége, il détachaNébuzaradan, capitaine de ses gardes, avec une partie de son armée, pour aller venger le meurtre de Godalias. Nébuzaradan ravagea le pays d'Israël; il enleva et fit partir pour Babyione tout ce qu’il restait d’'Israélites dans ce malheureux pays. Il marcha ensuite contre les Ammonites, détruisit
: Rabba, résidence royale, désola toute la contrée, et emmena en captivité le roi et les principaux de la nation ; c'est ainsi qu'il les punit de la part qu'ils avaient prise au meurtre de Godalias.
572. Enfin , au bout de treize années de siége, Nabuchodonosor s’empara de Tyr; après cette victoire, qui fut aussi stérile que pénible, il marcha sur E-
« gypte livrée alors à des divisions intesünes, subjugua ce pays, et massacra une grande partie dés habitans. Puis il confirma dans la possession du royaume, à titre de vice-roi, Amasis, quiavaitusurpé la couronne sur Phar on ASP La plupart des Juifs qui s'étaient retirés en Egypte, après l’assassinat de Godalias, périrent victimes de la cruauté des vainqueurs. De retour à Babylone, Nabuchodonosor s’occupa d’embellir cette ‘ville : ses jardins suspendus, ses canaux, ses temples, la mirent au rang des meveilles du monde.
Cependant les Juifs regrettaient la patrie absente; ils se rassemblaient souventsur les rives de l’Enphraie, «etpleu- |
DES JUIFS ANCIENS. 205 raient ensemble en se rappelant Sion.
Ils avaient suspendu leurs cithares aux saules qui bordaient le fleuve, et si parfois l’Assyrien leur ddtandaft de lui faire entendre leurs chantssacrés : « Pou- » vons-nous chanter les louanges du Seï- » gneur, S'écriaient-ils, captifs sur une » terre étrangère? »
Nabuchodonosor vint à mourir : huit ans avant sa mort, ce prince avait été atteint de folie; il vécut pendant sept années dans la campagne , broutant l'herbe comme les bœufs, couchant sur la terre comme les animaux ; son poil
avait crû comme le plumage a un vautour, et ses ongles étaient devenus des griffes. Ce ne fut qu'un an avant de mourir, qu'il sortit de cet horrible état, et que la raison lui fut rendue.
Son fils Évilmérodac lui succéda. Le nouveau prince s’empressa d'accorder la liberté au roi Joachin, captif depuis trente-sept ans. Il lui donna un rang élevé dans son palais, le traita avec la plus grande considération, et lui assigna un riche revenu. Cette conduite généreuse à lieu d’étonner dans un prince
5Gr.
206 . RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE que ses débauches et sa vie déréglée précipitèrent du trône au bout de deux ans de règne. Nériglissar, son beau-frère, trama contre lui une conspiration, le fit assassiner et régna à sa place. Joachin ne lui survecut pas. |
Sous le règne d'Évilmérodac, Daniel s'était signalé de nouveau par son courage et sa confiance dans la protection divine. Bel, l’idole des Chaldéens, était une divinité fort dispendieuse ; on lui offrait, chaque jour, à Babylone, douze mesures de la plus pure farine de froment, quarante ‘moutons et six cents grands vases pleins de vin : toutes ces provisions disparaissaient chaque nuit, et le peuple attribuait cette ruineuse consommation à l'appétit de Vidole.
Soixante-dix prêtres desservaient cette divinité gloutonne. Daniel, que le roi sollicitait de rendre hommage à l'idole, déclina la demande en $’engageant à démasquer la fourberie sacerdotale. Hl :
fait sceller secrètement de l'anneau du roi la porte du temple, et répandre de la cendre sur le pavé. I entre le lendemain dans le sanctuaire avec le roi, et
DES JUIFS ANCIENS. : 207 lui montre les pas des prêtres imprimés sur la cendre. Il savait que ces honnêtes desservans venaient chaque nuit par des souterrains , enlever dans le temple les offrandes qu’on y déposait. Le monarque désabusé condamne à mort les prêtres, abandonne l’idole à Daniel, et fait raser le temple, l’un des plus beau monumens de Babylone.
Daniel ne fut pas toujours aussi heureux; il tua par le poison un énorme dragon auquel les Babyloniens rendaient également des honneurs divins; le peuple furieux exigea qu'il fût jeté ds une fosse où l’on nourrissait sept lions. Il y resta sept jours sans être touché par ces animaux. Pendant ce temps, le prophète Habacuc, transporté de Judée à Babylone par un angé, nourrit Daniel du dîner qu'il avait préparé pour ses moissonneurs. Au bout des sept jours , le roi se rend à la fossé pour y pleur er son ancien favori : il le trouve sain et sauf au milieu des lions; il le délivre aussitôt, et fait jeter dans la fosse les ennemis du prophète, qui sont à l’instant dévorés,
Le À
Après la mort de Joachin, Salathiel son, fils devint prince des Juifs ; c'était moins une fonction qu'un simple titre :
pendant un espace de plusieurs siècles après le rétablissement de Juda, ily eut toujours dans les contrées Babylonniennes, quelque descendant de la maison de David qui, sous le nom de chef de la captivité, était respecté comme prince par les Juifs, et exerçait sur eux une sorte de juridiction, limitée par les lois du gouvernement auquel ils étaient soumis. Quelquefois même le prince de la captivité était confirmé dans cette dignité par les souverains du pays.
… Le trône sur lequel Nériglissar venait de s'asseoir commençait à chanceler :
les Méèdes, unis aux Perses, menaçaient la Chaldée d’une ruine prochaine. Une révolte du roi d'Arménie, vassal de Cyaxare, roi des Mèdes, hâta le terme ‘de la crise. Cyrus, le neveu de Cyaxare, était accouru de la Perse à la tête d’une grande armée; il entra en Arménie avec l'élite de sa cavalerie, surprit le
prince rebelle, le fit prisonnier avec
toute sa famille, s’empara des monta-
gnes limitrophes de la Chaldée, y construisit des forts et y plaça des garnisons.
Les deux partis, après avoir employé quelque temps à se faire des alliés et des ressources, entrérent en campagne, et en vinrent à une sanglante bataille , dans laquelle Nériglissar fut tué, et Les Assyriens complètement défaits.
Laborosoarchod, fils de Nériglissar , lui succéda; et au bout de neuf mois d’un règne signalé par de grands revers et la tyrannie la plus odieuse, il fut mis à mort par.ses sujets mêmes.
Un prince, dont le nom et la nais- . sance sont un objet de doute et de contestation, mais que l'Écriture appelle Balthasar , monta sur le trône de la Chaldée, La première année du règne de ce prince, Daniel, qui était alors à Suze au palais du roi, qu'il servait en qualité de ministre, eut une vision qui lui annonçait la destruction de l'empire des Perses par Alexandre-le-Grand, et les persécutions qu'Antiochus Epiphanes, roi de Syrie, devait susciter aux Juifs. ; |
Cependant la guerre continuait: avec
Er VS
ex
un désavantage croissant pour les Babyloniens. Crésus, roi de Lydie, allié de Balthasar, avait essayé de faire une diversion utile à ce prince, en attaquant
- la Médie. Mais Cyrus le suivit de près ,
lui livra bataille, et, après l'avoir défait, le poursuivit jusqu’en Lydie, et vint mettre de siége devant Sardes, sa capitale, dontil sempara. Cyrus resta quelque temps dans l’Asie-Mineure, dont il fit la conquête entière; il passa de là en Syrie et en Arabie, où il ne fut pas moins heureux; et après avoir également soumis la Haute-Asie, il retourna en Chaldée , battit Balthasär et l’enferma dans sa capitale dont il fit le siégé.
Les habitans de cette ville immense , tranquilles à l’abri de leurs tours et de leurs murs, regardajent l’entreprise des assiégeans !commé le comble de la témérité ét de la folie. Le roi Balthasar continuait de se livrer aux plaisirs et à la. débauche, comme au miliew d’une profonde paix. Une nuit, pendant. qu'il
s’'abandonnait avec tous lé grands dé sa cour aux folles ; joies d’un Li Jicencieux, et qu'il buvait en l'honneur de
DES JUIFS ANCIENS. 911 ses idoles dans les vases sacrés , dépouilles du temple de Jérusalem, il voit tout-à-coup uné main tracer sur la mu-
“raille dés caracteres inconnus. Effrayé , il appelle tous ses devins, mais leur science se trouve en défaut; sur le conseïl dé sa mère Nitocris, il mande enfin
Daniel, qui lui annonce hardiment que
la fin de ses jours est prochaine, et que son royaume sera donné aux Perses et aux Mèdes : tel est, dit-il, le sens de cètte inscription mystérieuse. En ce moment même Cyrus parvenait à détourner le cours de l'Euphrate dans le nouveau lit qu’il s’occupait depuis longtemps à lui creuser; et ses soldats, entrant à pied sec dans l’ancien lit du fleuve, savançaient, à la faveur des ténébres, jusqu’au centre de la ville. Ils arrivent ainsi au palais, surprennent le rôi au miliéu de son orgie, lui laissent à peine le temps de mettre l'épée à la main, êt le tuent avec ses principaux officiers. Ce fut ainsi que Cyrus s'empara de Babylone : avec la prise de cette | ville, finit l’empire babylonien. Cyrus , de concert avec Cyaxare, dont il venait
ora RÉSUMÉ DE L'HISTOTRE d’épouser la fille, s’occupa d'organiser cet empire sur un nouveau plan. Il le divisa en cent vingt provinces, leur donna à chacune un gouverneur particulier, et nomma trois gouverneurs suprémes, auxquels il confia l’administration générale des affaires publiques.
Daniel fit partie, comme chef, de ce conseil supérieur. Cette place éminente lui attira de puissans ennemis : il succomba sous le poids d’une accusation injuste. Livré aux lions une seconde fois, une seconde fois il est sauvé de leur fureur par la protection divine ; et Cyaxare, que l'écriture appelle Dariusle-Mède, fait subir à ses accusateurs la peine sévère du talion.
Daniel continua de jouir auprès de Cyaxare de la plus haute confiance, et prépara l’affranchissement des J uifs, qui devait s’opérer sous Cyrus. ILsavait que les soixante-dix années de Ja captivité, annoncées par Jérémie, tendaient à leur fin. Cyaxare ne resta que deux ans sur le trône de sa nouvelle conquête.
Sa mort mit Cyrus en possession de Babylone et de tout l'empire d'Orient.
DES JUIFS ANCIENS. 213 Daniel, qui n'avait déchu sous ce nouveau prince ni en faveur, ni en autorité, le pressa vivement de rendre/la Hiberté aux Juifs, et, pour le déterminer, Jui montra les prophéties d'Isaie, qui l'avait désigné par son propre nom cent cinquante ans avant $a naissance , comme un prince que Dieu destinait à être à-la-fois un grand conquérant et le réparateur de la nation juive.
La première année de son règne, Cyrus publia l’édit célèbre qui permit aux Juifs de retourner à Jérusalem, et d'y reconstruire le: Temple. La vitasté de la nation juive ne s’est-point démentie.
Ce peuple, qui avait surgi du milieu de l'esclavage d'Égypte, survécut à la conquête et à une seconde captivité, comme il Survivra plus tard.à,sa dispersion.
PAAAAAAA NARNIA AAA AAA AA ANA AAA RAA AN AAA AANRAAAAA ANA