‹ Résumé de l'histoire des Juifs anciensChapitre 24 sur 38 · ROYAUME DE JUDA · texte numérisé non relu

ROYAUME DE JUDA

Aussirôr après la publication de lédit, les Juifs se rassemblent au nombre de quarante - deux wmille trois cent soixante personnes, et partent sous la conduite de Zorobabel, fils de Salathiel, et de Jésus ou Josué, fils du souveraim pontife Josedec. Ils emportent avec eux un grand nombre de vases d’or et d’argent qui avaient été enlevés de leur tema , et dont Cyrus avait ordonné la restitution. Îl ne se joignit qu'un petit nombre d'Israélites aux tribus de Benjamin et de Juda. |

Dès que les Juifs furent arrivés dans

DES. JUIES ANCIENS. 215 leur patrie, ilsise dispersérent dans les diverses villes, selon leur tribu et les familles de leurs pères; ils rebâtirent leurs maisons et cultivèrent de nouveau leurs terres, demeurées désertes et sans culture.

La fête du tabernacle de bientôt tout le peuple à Jérusalem, et provoqua les premiers efforts pour le rétablissement du culte, Chacun contribua selon ses moyens. On s’occupa d’abord de relever l’autel des holocaustes, et le sacrifice perpétuel du soir et du matin fut rétabli. On traitait en même temps avec les Syriens et les Sidoniens , pour faire amener au port de Joppé des cèdres

du. Liban, et l’année suivante on songea

sérieusement à reconstruire le Temple.

On en posa solennellement la premiere pierre, en présence de Zorobabel, chef de la nation, du grand sacrificateur Josué , et de tout le peuple d'Israël, au son des trompettes et des cantiques sa-

crés. Les Samaritains ayant appris

cette nouvelle, se rendirent à Jérusalem; et prétendirent qu'ils avaient le droit de concourir à la construction du Temple,

alléguant que depuis leur translation dub le pays d'Israël, ils avaient adoré le’ dieu des Juifs; mais ils ne disaient pas qu'ils n'avaient point renoncé pour.

cela au culte des idoles ; aussi Zorobabel et tout le peuple repoussérent-ils leurs prétentions : ce refus les irrita; ils firent tous leurs efforts pour arrêter la construction commencée, et par leurs intrigues secrètes auprés des délégués de Cyrus, ils vinrent à bout de N suspendre pendant toute la durée de son règne.

Daniel, sans doute par l’affliction qu'il

ressentit de ce retard, prit le deuil et

jeüna trois semaines de suite, la troi-

sième année du règne de Cyrus. Il mourut peu de temps après, à Suze, où il faisait sa résidence.

La septième année du rétablissement des Juifs, Cyrus mourut lui-même. Ce ne fut que sous le règne de Darius, fils d'Hystape , appelé dans l’Écriture As suérus , que les travaux du Temple, Jong-temps suspendus ou ralentis, furent enfin repris sous les auspices des prophètes Aggée et Zacharie, qui ne cessaient d'encourager le peuple à cette

DES JUIFS ANCIENS. 217 pieuse entreprise. Les Juifs avaient invoqué auprès de Darius l’édit de Cyrus.

Ce prince en confirma toutes les dispositions, et il envoya le décret à Tatenaï, gouverneur des provinces de Syrie et de Palestine , lui ordonnant de pendre quiconque serait asscz hardi pour altérer ou sy “PPOSEr. k |

Ja sixième année du règne de Darius, L temple fut achevé, et on en célébra la dédicace. Une forme de gouvernement aristocratique s'établit alors, dans lequel les grands sacrificateurs étaient investis de l'autorité souveraine.

Pendant que Jérusalem sortait de ses ruines , Babylone s’humiliait devant la

puissance des Perses dont elle avait voulu

secouer le joug. Darius la réduisit après un long siége, abattitses murailles et enleva ses cent portes. A son retour, la reine Vasthi, son épouse , ayant encouru sa disgrâce, il la répudia, et des ordres fu-

rent aussitôt donnés d’amener au roi les

plus belles filles de l'empire, pour qu’il choisit une nouvelle reine.

Il y avait alors à Suze un juif nommé Mardochée, descendant des captifs de

Babylone. Cet homme, l’un des officiers du palais, élevait près de lui sa nièce Edissa, que sa rare beauté fit choisir par Darius, au milieu de toutes les femmes .

qu'on lui présenta. Son nom fut changé en celui d’Esther , et on l’éleva à la di.

gnité de reine. Mais elle ent un ennemi dangereux dans Aman, PleMive minisire et favori du roi. Craignant leu.

voir qui s'élevait à côté du sien, et ble.

sé contre Mardochée qui refusait de s’humilier devant lui, il obtint du roi un édit qui ordonnait l’extermination de tous les juifs de l'empire. On sait comment Esther sauva son peuple, et fit subir à Aman le supplice qu'il destinaitàa Mardochée. Cet événement , qu'ont popularisé les vers harmonieux de Racine, fut célébré par une fête annuelle.

Durant toute la suite du règne de Darius , et sous celui de Xercès, la Judée fut heureuse et paisible. Le grandprêtre avait l’administration du culte; et les affaires civiles étaient dirigées par les chefs de la nation,soumis toutefois au satrape gouverneur des provinces situées en-decà de l'Euphrate. Artaxerce

Longue-Main qui monta ensuite sur le.

trône de Perse, ne troubla point le repos dont ses prédécesseurs avaicat laissé jouir la Judée.

Parmi les Juifs qui avaient établi leur séjour dans la Babylonie, la Médie et la Perse, un grand nombre tournaient souvent les yeux vers leur patrie. Mais ils ne pouvaient se décider à revenir dans un pays, qui, malgré son état présent de tranquillité et de paix, était loin cependant de leur offrir une garantie durable de sécurité : ils aimaient mieux vivre, chez l'étranger, sous la dépendance immédiate du prince, que dans leur patrie, sous le pouvoir d’un satrape. En outre, leur retour pouvait essuyer des obstacles. Esdras, un de leurs compagnons d’exil , parvint à-la-fois à lever toutes les difficultés du départ, et à les rassurer complètement pour l'avenir.

Esdras était un des descendans de Séraja, souverain pontife lors de la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor. C'était un homme d’une grande piété et d’une grande science. Il était fort versé dans la connaissance des sain-

tes Ecritures; aussi est-il qualifié de scribe bien exercé dans la loi de Dieu.

Il obtint du roi un décret lui donnant, avec la gouvernement de la Judée, plein pouvoir de conduire à Jérusalem tous ceux de sa nation qui voudraient le suivre, et de remettre tout-à-fait les choses sur l’ancien pied : on l’autorisait à rétablir la loi de Moïse dans toute sa force, à la faire observer dans le civil comme dans les affaires religieuses, à constituer des magistrats pour gouverner le peuple selon cette loi, et à punir tous ceux qui oseraient l’enfreindre. Il partit de Babylone avec un grand nombre d’Israélites, parmi lesquels se trouvaient beaucoup de lévites et de prêtres. Dès qu'il fut arrivé à Jérusalem, il remit aux sa.

crificateurs les présens dont le roi , les principaux de sa cour, et tous les Juifs restés en Chaldée l’avaient chargé pour le temple : ce premier soin rempli, il s’occupa avec zèle de la réforme,

Avant son arrivée, les saintes Écritures étaient en quelque sorte perdues, et le peuple dans une profonde ignorance de la lai, Il fallait donc remettre

DES JUIFS ANCIENS. 291 en honneur les livres saints, et ramener en même temps le peuple à l’observation de la loi orale fondée sur la tradition des anciens, sorte de commentaire et de Contient de la loi écrite.

Un grand nombre de Juifs avaient pris des femmes étrangères; plusieurs lévites et des prêtres mêmes étaient tombés dans cette faute sacrilége. Esdras leur fit répudier ces femmes, et rejeter même les enfans qu'ils en avaient eus, afin que la semence d'Israël ne fût Pas souillée par ce mélange illicite. Il s’appliqua ensuite à revoir les livres saints,

à en donner une édition correcte, et à

les rassembler en un corps d'ouvrage.

Il réunit tout ce qu'il put rencontrer d'exemplaires des Ecritures, et parvint, en les confrontant, à en former une édition aussi exacte que possible : il rangea les livres saints dans l’ordre qui lui parut le plus convenable, et les divisa en trois parties : 10. la loi; 20. les prophètes; 30. les agiographes, c’est-à-dire les écrits sacrés (1). Ce fut lui, selon toute appa-

-(1) Cette division générale subsiste encore. La

Qu

il y

Abu.

rence, qui divisa en cinquante-quatre sections les cinq livres de la loi. Il écrivit les livres saints en caractères chaldaïques, les seuls que le peuple sût lire, depuis la captivité; et il abandonna Mbeiou caractère hébreu, que les Samaritains conservèrent. On n’a pas encore décidé la question si ce fut lui qui mit au texte les points voyelles, ou s'ils ont été ajoutés depuis par les critiques et commentateurs juifs appelés Massorèthes.

Celui qui succéda à Esdras dans le gouvernement de la Judée et de Jérusalem, fut Néhémie. Ilarriva en Palestine, la vingtième année du règne d’Artaxerce,

loi contient 1°. la Genèse; 2°, l’Exode ; 30. le

Lévitique; 4°. les Nombres; 50. le Deutéronome.

Les prophètes se subdivisent en premiers et se- Ses prophètes. Les premiers sout, 1°. Josué;

. les Juges ; 30. Samuel; 40. les Rois. Les sesi sont 10, Isaïe ; 20. Jéré émie ; 30. Ézéchiel ; 4°. les douze petits Prophiies ps agiogr Ru comprennent 10. les Psaumes ; 20, les Proverbes ; 30, Job; 4°.le Cantique des cantiqnes ; 50. Ruth; 60. les ARR EURE ; 72. l'Ecclésiasie ; 80. Esther; 9°. Daniel ; 100. Esdras; 119. Néhémie ; 120. les Chroniques ou Paralipomènes.

DES JUIFS ANCIENS. 233 revêtu d’une mission qui mettait fin à celle d’'Esdras.‘Elle lautorisait à rebâtir les murailles de Jérusalem, à la fortifier, et À la remettre dans l’état de défense où elle se trouvait lorsqu'elle fut détruite par l’armée babylonienne.

Néhémie, juif d’origine , était un des échansons du roi de Perse : cette fonction était fort considérée, parce qu’elle permettait souvent d'approcher de la personne du prince, et de lui parler dans les momens les plus favorables, c’est-àdire, au milieu du vin et de la bonne chère. Néhémie n’usa de son crédit que pour le bien deses freres et de son pays.

Mais il trouva des obstacles dans l’exécution du décret royal. Les Ammonites, les Moabites, les Samaritains et quelques autres nations voisines firent tous leurs efforts pour s'opposer à ce qu’on fortifiàt Jérusalem. Néhémie fut obligé de faire tenir sous les armes une partie du peuple, pendant qne l’autre était occupée au travail. Les travailleurs euxmêmes tenaient l'épée d’une main et travaillaient de l’autre: Ne pouvant réus- ‘sir par la force, les ennemis des Jui

224 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE ont recours à la fraude. Ils tâchent d’effrayer le peuple et Néhémie par de faux avis, des calomnies et des prédictions sinistres. Ils séduisent même quelques Juifs, et les attirent dans leurs rangs.

Malgré tous ces obstacles, l'ouvrage s’avance rapidement, et il estachevé en cinquante-deux jours. La dédicace des murs fut célébrée avec une grande solennité par les prêtres et les lévites, en présence de tout le peuple.

Cette grande mesure accomplie, Néhémie s’occupa de plusieurs améliora-

tions importantes : le peuple gémissait

sous l’oppression d’avides usuriérs; profitant des besoins urgens des pauvres, les riches leur avaient prêté de l'argent à un intérêt énorme. Néhémie leur représenta si bien la grandeur de cette faute, expressément défendue par la loi de Dieu, qu'ils consentirent à rendre tout ce qu'ils avaient reçu pour usure, et même les terres , les vignes , les plants d’oliviers qui se trouvaient engagés entre leurs mains.

Néhémie pourvut à la sûreté de la ville qu'il venait de fortifier; il régla

l'heure d’en ouvrir et d’en fermer les portes; il établit sur les tours et sur les Rec des postes d’ hommes armés.

Jérusalem ne lui paraissant pas peuplée en raison de son étendue, il obligea les plus distingués d’entre les Juifs, ainsi que la sixième partie du peuple à y séjourner.

Comme la captivité avait jeté de la confusion dans les familles, il fit soigueusement rechercher les généalogies des prêtres et des lévites, afin que personne ne füt admis à officier dans le temple en

qualité de lévite, qui ne fût réellement’

de la tribu de Lévi, ou en qualité de prêtre, qui ne fût de la maison d’Aaron.

Ce fut à cette époque qu’Esdras, ayant achevé sa révision de la loi, la lut en public à la fête des Trompettes, qu’on célébrait le premier jour du mois de Tisri, qui était le septième mois de l’année religieuse, et le premier de l’année civile, On avait dressé une tribune dans une des plus grandes places de la ville.

Esdras y monta accompagné de treize des anciens du peuple, dont six se mirent à sa droite et sept à sa gauche. À mesure qu'il lisait la loi, treize lévites

296 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE la traduisaient , verset par verset, en Jangue chaldéenne , qui était devenue l’idiôme vulgaire. Quand ils arrivèrent au vingt-troisième chapitre du Lévitique, où Dieu ordonne la fête des fabernacles, qui devait commencer le 15 du mois où l’on venait d'entrer, le peuple témoigna avec passion le désir d'observer dignement cette fête. On la fit proclamer dans toute la Judée, et tous les Juifsreçurent l'ordre de se rendre à Jérusaiem pour la célébrer. On yaccourut de toutes parts; on dressa partout des tentes de verdure, et la fête fut observée pendant sept.

jours, avec plus de solennité qu'elle ne l'avait été depuis Josué.

Esdras, en prêtre zélé, profita de la pieuse ardeur qu'il venait d'allumer parmi le peuple : il tâcha, de concert avec Néhémie, d’en tirer le plus grand avantage este pour les intérêts de la religion, et il fit solennellement promettre aux Juifs : 10. de ne plus s’allier avec les gentils, soit en leur donnant leurs filles en mariage, soit en prenant les leurs ; 20. d'observer le sabbat et les années sabbatiques; 30. de payer tous les

DES JUIFS ANGIENS, 227 ans l'impôt pour les besoins du temple ; 4°. de payer les dîmes et les prémices aux prêtres et aux lévites. Comme les transgressions de la loi provenaient de ce qu’elle n’était pas assez connue du peuple, on arrêta qu’on la ferait lire dans toutes les villes par les lévites ou par des scribes instruits : ce fut là l’origine des synagogues. se

Après avoir gouverné douze ans la Jédée, Néhémie retourna à la cour de Perse, . C'est vers ce temps qu’on doit placer les prédictions de Malachie que l’on re-

2 “de comme le dernier des prophètes.

Néhe. . . nt .

te revint en Judée au bout de cinq

ans. Pena * + son absence, le grand-pré-

tre Éliasib éta si * ort, et son fils Joaïda ou Johanan lui avau. RE succédé. De nou-

veaux abus sollicitaient 1, nonvelles réformes. Quoique la loi lu expresse contre les mariages avec les étrangers non convertis, elle avait été contintellement violée. Un des fils même de Joaïda le grand-prêtre, nommé Manassé, avait épousé la fille de Sanballat d'Horonaïm, gouverneur des Samaritains. Néhémie se vit conlrant d’en venir àjune mesure

298 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE décisive. Il ordonna à tous ceux qui avaient pris des femmes étrangères de les répudier sans délai, ou de quitter à

! Vinstant le pays. Manassé aima mieux

prendre ce dernier parti : : il se retira à Samarie, où il fut suivi par un assez grand nombre de Juifs, qui vinrent se DIE avec lui sous la PRIE de son beau-père. $ Sauballat, qui nourrissait contre la Judée une haïne violente, obtint de Darius-Nothus, roi de Perse, la permission...

de bâtir sur le mont Garizim un temp ZE

semblable à celui de Jérusalem, 8 son

donna la souveraine Actpe re t l'asile et gendre. Samarie devint a ; écontens de la

le réfuge de tous J Judéo. (ae ue one Sant avaient

bien adoré ue di des Juifs, mais en mélant ?<e € culte celui des idoles assy- Fig Mais dès qu’ils eurent un temple où le service se faisait comme à Jérusalem, ils abandonnèrent Yidolâtrie, et, selon l’aveu de quelques écrivains juifs, furent plus exacts que le: Juifs mêmes dans la pratique du culte. L’antipathie qui avait jé in existé entre

les deux peuples ne fit qu'augmenter au licu de s'éteindre.

On ne sait point combien de temps Néhémie peut avoir vécu depuis son dernier acte de réforme; il conserva probablement jusqu'à sa mort le gouvernement de Jérusalem. Josèphe nous apprend qu'il mourut dans un âge très avancé. Il n’y eut pas après lui de gouverneur particulier de la Judée. Cette province fut ajoutée sans doute au gouvernement de la Sÿrie, et administrée par les souverains sacrificateurs.

CAAANAAMAIAAAMANAARA AAA AAA AAA ANARANRAR AAA AAANARAA

GOUVERNEMENT SRI IQUE

Je AUX MACHABÉES.

ji

Depuis Néhémie jusqu'aux Machabées, l’histoire juive ne se retrouve plus qu'éparse dans les monumens de l’histoire contemporaine. Pendant cette période de trois siècles environ, la Judée fut assez tranquille; cependant tous les peuples de la terre s’agitaient: Rome s’agrandissait par la conquête; la Grèce s’illustrait à-la-fois par ses guerriers, ses philosophes et ses artistes; une faible province, la Macédoine, sortait tout-à-

coup de l'obscurité où elle était restée

jusqu'alors, et devait frapper de mort ce vaste empire des Perses, affaibli où trop de victoires.

La sixième année du règne d’Artaxer-

ELU LE Moose

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