CG
chait bien des torts, eténvoya vers lui plusieurs de ses sérvileurs avec des paroles de paix et de soumission.
Ils revinrent lui annoncer en toute hâte qu'Ésaü s’avançaitavec quatre cents hommes. Jacob eflrayé ft ses disposi-.
tions pour résister en cas d'attaque , et marcha à la rencontre de son frère, en recommandant à ses hommes de bien se garder de toute démonstration hostile, Ton tes ces précautions étaient vaines.
Ésaü, dont la conduite offre un caractère RAA AV de simplicité et de vertu, ne voulait qu'embrasser son frère. Après une entrevue affectueuse, ils se séparérent. Ésaü regagna la montagne de Séir, et Jacob marcha vers Sichem, ville de Chanaan.
Dans la nuit qui précéda l’entrevue des deux frères, Jacob, marchant seul à que: que-distance des siens, fut arrêté .
après avoir traversé le torrent de Jaboc, pri homme qui lutta contre lui jusqu'au matin. Voyant qu’il ne pouvait le surmonter, cet homme lui toucha le nerf de la cuisse, qui se dessécha aussitôt, et lui dit : « Taissez-moi aller, car déjà
DES JUIFS ANCIENS, 13 l'aurore commence à paraître. » Jacob lui demanda sa bénédiction. « Tu ne ’’appelleras plus Jacob, lui dit ce mystérieux antagoniste, mais Israël ( combattant Dieu); car tu as combattu avec des êtres divins et avec des hommes, et tu les a vaincus, »
Quand Jacob approcha de Sichem, on y célébrait une fête; la fille unique de Jacob, Dina, voulut y aller pour voir Ja parure des femmes du pays. Sichem,
fils d'Hémor, prince de cette contrée,
s’enflamme à la vue de la jeune fille, l’enlève et lui fait violence. À cette nouvelle, les frères de Dina furieux ne peuvent être apaisés par les offres d'Hémor, qui vient leur demander Dina en mariage pour son fils, ni parles prières de ce fils lui-même. Leur vengeance fut horrible. Ils objectent à l'alliance qu’on leur propose la différence de religion, et
ngagent les deux princes à se circoncire avec leur peuple. L'offre est agréée. Les Sichémites se soumettent eux-mêmes à
cette cruelle opération; mais le troi-
\ . . # sième Jour, dans la plus grande violence de la douleur, deux des enfans de J acob
Siméon et Lévi, entrent dans la ville, et tuent tous les habitans mâles avec les deux princes Hémor et Sichem, et raménent avec eux leur sœur. Les autres enfans de Jacob pénètrent à leur tour dans Sichem, pillent toute la ville, ravagent les champs d’alentour, prennent les bestiaux, et font esclaves les enfans et les femmes.
Jacob fut douloureusement affecté de la barbarie de ses fils, et il ordonna un sacrifice expiatoire. Rachel avait dérobé à Laban, son père, des idoles qu'elle et ses serviteurs continuaient d’adorer en secret. Jacob les fit jeter loin de ses tentes, et il éleva un autel au Seigneur, à Béthel, où Dieu lui apparut dans une Vision.
Il vint de là à Éphrat, où Rachel accoucha encore d’un fils et mourut dans les douleurs de l’enfantement. On nomma ce fils Benjamin. Jacob arriva enfin à Hébron, où demeurait Isaac, son père, Il le perdit bientôt. Isaac mourut à cent quatre-vingt-cinq aos. Jacob et Ésaü se partagèrent la succession. Le premier resta dans le pays de Chanaan. Ésaü re-
DES JUIFS ANCIENS. 15 tourna vers Séir, dans le pays qui avait reçu de lui le nom d'Ædom (le Roux }.
Sa postérité fut nombreuse ; elle occupa cette partie de l’Idumée qui fut nommée Amalécite, du nom d’Amalech, l'un des petits-fils d'Ésau.
La prospérité de Jacob fut interrompue par un douloureux événement. Joseph était le bien-aimé de son père. La jalousie que ses frères en ressentaient devint une haine violente après qu’il leur eut raconté deux songes qui semblaient lui promettre un brillant avenir de gloire et de puissance; ils prennent une résolution lâche et cruelle. Pour attirer Joseph dans le piége, ils s’éloignent tout-à-coup des demeures paternelles et conduisent leurs troupeaux dans les pàturages fertiles de Sichem. Jacob, inquiet de cet éloignement, envoya Joseph chercher ses frères : leur perfidie l’attendait.
Ils voulaient le tuer. Ruben, qui était l'ainé, s'y oppose, et efface ainsi l’opprobre dont il s'était couvert quelques années auparavant, en déshonorant la couche de son père. Après avoir obtenu
16 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE dé ses frères qu'ils conserveront la vie à Joseph et se contenteront de le descendre dans une citerne desséchée, il s’éloigne avec son troupeau. Le soir, àl revient pour le sauver, et ne Le trouve plus. Sur le conseil de Juda, Joseph avait été vendu par ses frères à des marchands arabes, descendans d’'Ismaël, qui se rendaient en Égypte. On sait comment ils tromperent Jacob, en lui envoyant la robe de son fils chéri, trempée dans le sang d’un chevreau:: « Je pleurerai toujours, s'écria le vieillard inconsolable, jusqu’à ce que je descende avec mon PROD au fond de la terre. »
Conduit en Égypte, Joseph fut vendu à Putiphar, général des armées de Pharaon. Les Égyptiens, qui faisaient remonter leur origine au-delà du déluge, étaient un peuple d'esclaves savans et spirituels. Ils avaient un‘roi qui les gouvernait despotiquement, et qui n'était lui-même qu'un instrument dirigé par là main touté-puissante des guerriers et des prêtres. Ces derniers surtout étatent investis de Ja plupart des terres et des hautes dignités de l’état. Joseph,
après avoir éprouvé de longs malheurs,
se fit enfin distinguer du prince par la
.capacité dont il donna des preuves. De-
venu surintendant de l'Égypte, il sut prémunir le peuple contre les années de famine auxquelles l’exposait l’irrégularité des inondations du Nil; et les mesures qu'il employa én cette occasion exercerent la plus haute influence sur la constitution politique de l'Égypte.
Il avait établi d’abord de vastes greniers d’abondance. Une disette ne tarda pas à se fairesentir; il vendit du blé Aug Écgyptiens. ne . ceux-ci vinrent à manquer d'argent, il prit en paiement une partie de leurs troupeaux, de leurs esclaves ou de leurs terres, qui, par ce moyen, rentrèrent presque loutes au domaine de la couronne. Les prêtres seuls furent exceptés de cette loi générale qu'ils avaient inspirée sans doute.
ou du moins que leur prépondérance avait dictée; car le corps des guerriers, qui, seuls avec eux, avaient le droit de posséder des terres, se trouva presqu’entièrement dépouillé de ses propriétés foncières. Son pouvoir diminua donc