‹ Résumé de l'histoire des Juifs anciensChapitre 6 sur 38 · LE DÉSERT · texte numérisé non relu

LE DÉSERT

Penpanr le séjour de Moïse sur le mont Sinai, plusieurs milliers d'Israélites s'étaient prosternés, comme des Égyptiens , devant un veau d’or. À la

voix de Moïse, la tribu de Lévi, restée

fidèle, extermina ses frères sacriléges.

Après avoir campé un an au pied de cette montagne, berceau de leur loi; les Israélites se remirent en marche. L’arche était avec eux, et une nuée les guidait. Chaque pas dans le désert fut marqué par des murmures et par des miracles. La fatigué et les privations faisaient oublier à ce peuple ingrat les bienfaits du ciel; pressé par la soif, il regrettait le Nil; rassasié de manne, il se ho en soupirant ce pain d Egvpte, trempé dans les sueurs et les larmes. La terre d’esclavage lui semblait préférable à ces solitudes dans lesquelles

DES JUIFS ANGIENS. 33 il promenait une liberté malheurewe.

Dieu alors entrait en courroux!; il allumait ses foudres pour anéantir un peuple indocile; mais Moïse le désarmait par ses prières, et de nouveaux miracles imposaient silence aux murmures.

La puissance de Moïse lui suscitait’des envieux dans sa propre famille. Son frère Aaron et sa sœur Marie lui repro- Chaient, à la face du peuplé, d’avoir épousé une éthiopienne. Dieu le vengea en frappant Marie de la lèpre, et en la faisant chasser du camp. Elle n’y rentra et clle ne fut guérie qu’à la prière de Moïse. an

Cependant, après avoir patcouru le désert de Pharan, les Israélites approchaient de la Terre-Promise. Douze hommes choisis dans les douze tribus furent envoyés dans le. pays de Chanaan pour le reconnaître. Les fruits qu’ils en rapportèrent, et sous lesquels pliaient leurs épaules , annonçaient un sol d’une fertilité surnaturelle. De telles prémices semblaientdevoir ranimer les espérances des Hébreux et les enffammer d’un dési.

plus violent encore d'arriver au terme

de tant de fatigues, de prendre possession de cetle patrie promise par Dieu.

Mais les récits des émissaires sur les po-

pulations belliqueuses qui couvraient la

terre de Chanaan , inspirérent le découragement et le désespoir. En vain Moïse,

en vain Josué et Caleb, qui étaient du nombre des douze envoyés, s’efforcent-

ils de relever les esprits; en vain leur rappellent-ils, leur promettent-ils la protection du Seigneur, devant laquelle il n'est FOR d dettes , la révolte succède à l’abattement; on redemande l’É-

gypte et l dde on parle tout baut de lapider Moïse et d’élire un chef qui reconduise Israël dans la maison de servitude. Le Seigneur irrité veut exterminer son peuple. Moïse obtient grâce pour

une multitude aveuglée; mais une sen-

tence irrévocable condamne à mourir dans le désert tous ceux qui, au sortir

de l'Égypte, avaient plus de vingt ans.

Josué et Caleb étaient seuls exceptés de la rigueur de cette loi, qui frappait Moïse lui-même. Consternés alors, les Jsraélites supplient Moïse de les mener au combat; mais il u’était plus temps.

“ os

Comme par une insurmontable barrière, Israël est séparé de la Terre-Promise par

des générations d'hommes qui doivent

s'étendre dans le désert, une incursion tentée sur le pays de Ghanaan, malgré la parole de Dieu, appritaux Hébreux, par une déroute sanglante, qu'il fallait errer long-temps, encore. Ils rentrèrent ‘en gémissant dans les solitudes qu'ils venaient de quitter.

Bientôt de nouvelles révoltes éclatent dans le camp. Coré, Dathan et Abiron soulévent les esprits contre Moïse et Aaron, dont ils ambitionnent le pouvoir.

Dieu déploie sa sévérité contre les rebelles; aux yeux du peuple, ils sont engloutis vivans au sein de la terre qui s’entr'ouvre sous leurs pieds. La dignité sacerdotale est confirmée à Aaron par un miracle. On dépose dans le tabernacie douze verges, sur lesquelles avaient été inscrits les noms des douze prétendans au sacerdoce : Dieu fait fleurir celle qui portait le nom d’Aaron.

Trente-neuf ans s'étaient écoulés depuis la sortie d'Égypte : peu à peu de nouvelles générations succédèreut à

EL 56 | RÉSUME DE» L' HISTOIRE celles à qui la Terre-Promise était interdite. Marie, sœur de Moïse , mourut à l’âge de cent vingt-neuf ans, dans le désert de Raphidim. La station d'Israël, dans ce lieu, fut consacrée par un miracle. La soif presseit les Hébreux, et ils exprimaient leurssouffrances par des plaintes. Moïse frappa de sa verge un rocher aride, et il en fit sortir une eau limpide qui fut appelée eau de contra- diction.

Le roi de l’Idumée refusa d’accorder passage sur ses terres au peuple de Dieu.

Il rassembla une armée pour le combattre; mais Moïse se retira, afin de ne pas die le glaive contre une nation qui descendait d'Ésau. Ce fut au pied de la montagne de Hor , qu'Aaron termina ses jours. Il n’était point innocent devant Dieu : effrayé par les menaces des fsraélites, il avait prêté son ministère à la fonte et à l’adoration du Veau d’or.

Depuis long-temps Nadab et Abin, les aînés deses quatre fils, avaient expié leur sacrilége. Eléazar, le troisième, hérita du LA DE suprême.

Cependant les Israélitss marchaient

DES JUIFS ANCIENS. ST vers la Terre-Promise. Les détours que Jeur faisait faire Moïse, pour éviter la guerre avec les Iduméens, excilaient leurs murmures. Dieu les châtia : des

-serpens ailés vinrent fondre au milieu

du camp, et y portèrent l’effroi et la mort. Enfin le Seigneur s’apaisa et dit à Moïse d'élever, en guise d’étendard,

un serpent d'airain, dont la vue guéris- -

sait ceux qui le contemplaient.

Les Ksraélites préludaient, sur les confins du désert, aux guerres d’extermination qui devaient ensanglanter leur conquête. Les peupladesauxquelles ils demandaient passage, le leur refusaient, et il fallait combattre. Sehon, roi des Amorrhéens, et Og, roi de Basan, expitrent leurs refus inhospitaliers par des défaites, par le ravage de leur territoire, lepillage de leurs villes et le massacre de leurs sujets dont ils partagèrent le sort. Le lit de fer d'Og, dont la longueur démesurée attestait la taille gigantesque de ce prince, servit de trophée aux Israélites,

Effrayé des désastres de ses voisins, Balac, roi des Moabites, chercha à conjurer l'orage prêt à fondre sur lui:

38 RESUMÉ DE L'HISTOIRE Croyant que des ennemis anathématisés seraient des ennemis vaincus, il envoya : préalablement chercher à Phatura le prophète Balaam, pour lui faire pro- ‘ noucer une malédiction solennelle contre les Hébreux. Balaam est aussi célèbre que son ânesse, L'ange du Seigneur leur apparut à l’un et à l’autre : Balaam, maîtrisé par l'esprit de Dieu, bénit les Israélites au lieu de les maudire, et cela dans le camp même de Balac. Trois fois le prophete proclama la gloire et la prospérité future du peuple de Dieu.

Désespérant de vaincre des ennemis que Balaam n'avait pu maudire, le roi des Moabites employa contre eux des armes plus puissantes que le glaive. Balaam , qui le servait mieux par ses conseils que par ses prophéties, l’engagea à n’opposer aux Hébreux que les filles Madianites.

La vertu d'Israël échoua contre cet écueil. Le culte de Bulphégor entra dans le camp de Moïse avec les filles de Madian. Le seigneur irrité fit un appel à l’indignation de ses fidèles serviteurs. Le sang de plusieurs milliers d’Esraélites expia de si honteuses profanatious.

Phinez , saintement homicide, parut à Dieu Hine de succéder à son père Éléazar dans la dignité de grand-prêtre.

Moïse fit alors le dénombrement du peuple.Ïlse trouva dans le camp d'Israël six cent un mille sept cent trentemâles, sans compter vingt-trois mille lévites; Josué et Caleb restaient seuls des géncrations déstinées aux tombeaux des déserts. Moïse touchait au terme de sa mission. Déja Dieu lui avait désigné Josué pour son successeur. Moïse sut rendre utiles et glorieux les derniers pas de sa longue carriére, en complétant, par des lois nouvelles, la législation qu'il avait donnée aux Hébreux. Il lava dans le sang des Madianites là honte d'Israël. Les cinq rois de Madian, et le prophète Balaam, furent exterminés avec tous les habitans. Le fer des vainqueurs n’épargna que les vierges.

H faudrait trop de piété pour applaudir à de telles horreurs.

Israël campait alors près du Jourdain.

Le dernier moment de Moïse était venu.

El rassembla le peuple, remit aux prétres le livre de la loi écrit de sa main,

he.

40 RESUME DE L'HISTOIRE et, pour la dernière fois , il fit entendre sa voix aux [sraélites. Jamais elle n’avait été si éloquente. Qui ne connaît, qui n'aadmiré cessublimes paroles ? « Cieux, » écoutez-moi, je vais parler : Terre, » prête l'oreille aux accens qui vont » sortir de ma bouche. »

Toute l’histoire d'Israël est dans Je discours prophétique de Moïse.

« Je sais, dit-il, qu'après ma mort

vous vous écarterez de la route que je

vous ai tracée; mais voici les choses » qui arriveront et serviront à jamais » de témoignage pour vous et votre pos-

térité. Si vous êtes fidèles au serment » que vous avez prêté de n’obéir qu’à » la loi, vous aurez du succès dans

toutes vos entreprises, vous obtien- » drez une nombreuse population et » d’abondantes récoltes ; la paix régnera » dans voire pays, et vous dormirez » sans craindre personne. Lorsque des » ennemis s’élèveront contre vous, ils » seront battus ; ils avanceront par un » chemin, ils fuiront par sept. En tout » lieu on reconnattra que vous êtes une » nation forte.

» Mais si vous ne respectez pas l’alliance jurée, la malédiction du ciel pésera sur vous : vous ne réussirez en rien. Vos ennemis vous mettront en déroute; c’est vous qui fuirez devant eux par sept chemins. La guerre, la discorde, l’aveuglement d’esprit, hâteront votre perte. Toutes sortes de maux vous atteindront. Les cieux qui souriaient à vos travaux, deviendront d’airain, et le sol de fer. Du bout de la terre, une nation dont vous n’entendrez pas la langue, fondra sur vous avec la rapidité de l’aigle; nation fiere et insolente qui ne respectera pas vos vieillards, et n'aura nulle pitié de vos enfans. Elle dévastera vos cam-

» pagnes: elle vous assiégera dans toutes .P ;

vos villes, jusqu'a ce que les remparts dans lesquels vous aviez mis votre con-:

fiance, soient tombés. Vos cités deviendront des déserts; la terre, si fertile entre vos mains, se plaira dans son repos sous la puissance de l'ennemi;

» vousserez emmenés captifs et dis- » persés parmi les nations, d’une extré-

mité du monde jusqu'a l’autre. Là, on us

vous forcera de vous prosterner devant

des dieux qui vous seront inconnus , comme ils l’étaient à vos pères, des

dieux de bois et de pierre. Là, vous

ne trouverez aucun Tepos; On Vous

dépouillera de vos biens, on vous enlèvera vos enfans. Vous souffrirez chaque jour des injustices nouvelles ,

sans qu’il se lève personne pour vous

défendre. Les peuples vous regarderont avec étonnement, débiteront sur

vous mille fables, et vous accableront

d’invectives. Le matin, vous direz :

Verrai-je le soir ? et le soir : Rever-

rai-je l'aurore? Enfin, écrasés par le:

joug de fer qui pèsera sur votre cou ;,

le cœur défaillant, les yeux desséchés,, la main sans force , vous resterez in-

terdits pendant des siècles.

» Mais lorsque ces maux vous auront

frappés, il arrivera, dans des temps.

reculés , que vous reconnaïîtrez les

fautes de vos pères, que vous revien-

» drez à l'amour de la loi. Alors vous.

» serez réunis de nouveau; 95 mem-

bres dispersés, fussent-ils au bout des cicux, se rassembheront; vous possé-

derez la Terre-Promise ; les nations se réjouiront avec vous de la chute de » ceux qui s’en étaient emparés, et vous

vivrez heureux sur cette terre d’a- bondance , de justice et de paix. »

La plus grande partie de ces prédictions à déjà eu son accomplissement : ‘1 ensera probablement ainsi de la dernière, quisemble annoncer le triomphedéfinitif de la morale mosaïque , et l'alliance des peuples pour le Bonheur général de l'espèce humaine.

Moïse, après avoir béni Israël et prononcé la parole d'adieu , congédia les tribus ; puis il monta seul sur là monta-

La LA

gne de Nébo, qui s'élève vis-à-vis de

Jéricho, au bord du Jourdain. C’est là que Dieu l’attendait pour lui montrer la terre promise à Abraham, à Isaag et à Jacob. La montagne de Nébo fut pour Moïse le chemin de cieux. C'est là qu’il s’endormit au sein de la divinité; ses yeux, en se fermant, entrevirent la patie, et il mourut consolé,.

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