CONSTITUTION MOSAÏQUE
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La vie de Moïse, dépouillée des presuges divins qui l'entourent, serait encore plus qu'humaine. Cette grande pensée de la délivrance d'Israël réalisée; d’ari-
des solitudes devenues l’asile et la patrie d’une nation fugitive; un monument éternel de législation élevé au milieu du désert; voila quels titres Moïse aurait encore à la reconnaissance des Hébreux et à l'admiration des hommes ! On peut supprimer de ce tableau la grande image de Dieu, sans en faire disparaître la composition merveilleuse et le coloris éclatant. Que Jehovah, dans un nuage, ne descende pas sur le mont Sinai; qu’il u’y fasse pas entendre sa voix au
milieu des éclairs et des foudres; que son doigt ne trace pas sur la pierre le colle da Hébreux, Moïse reste; le mont Sinaï reste encore; il n ‘appartient qu'à un génie immense d’avoir préparé lés moyens d’établissemeut et d’organisation avant la conquête; d’avoir constituéen peuple une multituded’hommes qui fuyaient; de les avoir arrêtés dans le désert, pour leur apprendre cominent ils devaient jouir des biens qui leur étaient destinés; de leur avoir donné des lois, d’avoir gravé ces lois dans leur cœur lorsqu'ils manquaient de pain. C’est une grande idée que d’avoir proclamé la loi d'Israël du haut de ce mont Sinaï ,- dont la cime, mariée à celle du mont Horeb, va se cacher dans les nues , dont les entrailles recèlent des tonnerres et vomissent la fumée et la flamme. Là, les échos de la foudre, le fracas de la nature, servent d’organe au législateur ; ils semblent bénir et consacrer par leurs voix tumultueuses les règles immuables de la justice et de la vertu. Quand Dieu n’eût pasété là, cette scene aurait encore assez de majesté, ou
46 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE plutôt, à défaut de Jehovah, Moïse eût été le Dieu du mont Sinaï. #
Nous jetterons un coup-d’œil rapide sur cette constitution à-la-fois religieuse, morale, politique, civile, pénale, administrative , rurale , hygiénique.
La sage prévoyance de Moïse a tout embrassé ; le génie d’un seul homme a suffi à cet ensemble, à cette universalité qui, chez tous les autres peuples, a exigé le concours d’une foule de législateurs et la succession de plusieurs siecles. Moïse seul a pu dire: « Vous n ajouterez rien à ce que je vous prescris, vousn’enretrancherezrien. » (Deutéron.