LA CONQUÊTE
SeuLr débris, avec Caleb, des générae.
tions condamnées à mourir dans le désert, héritier des grands desseins de
oise, Josué est proclamé chef d'Israël.
Levez-vous , lui dit le Seigneur, et passez le Jourdain avec mon peuple, pour entrer dans la terre que je lui ai promise : vos limites seront, le désert au midi, le Liban au nord, l’Euphrate à lorient, et le pays des Gétéens au couchant. Nul ne pourra vous résisler, à vous et à mon peuple, tant que vous vivrez. Méditez jour et nuit le livre de la loi, et observez tout ce qui y est écrit. Punissez de mort celui qui vous contredira ou vous désobéra. »
Des émissuires , Chargts par Josué d'explorer le pays ennemi, s’introduisent dans Jéricho. Leur présence éveille les soupçons : une femme, nommée Raab, les cache dans son hôtellerie, et parvient à les soustraire au danger qui les menace. De retour dans le camp, les émissaires font sanctionner par Josué la promesse d’épargner Raab, sa famille, et tout ce qui lui appartient.
Le dixième jour du mois de-Nisan, les trompettes d’argent retentissent; les Israélites, précédés par l'arche d'alliance, se mettent en marche. La Mer-Rouge avait eu un gué pour le peuple de Dieu; le Jourdain débordé lui ouvre un passage au milieu de ses flots : les eaux s’écoulent d’un côté, et de l’autre s'élèvent en montagnes. L’arche s'arrête au milieu du fleuve pour tenir en respect cette digue liquide ; à peine a-t-elle quitté le lit du Jourdain , que le Jourdain reprend son cours impétueux. Pour perpétuer ce souvenir, les tribus, avec douze pierres ramassées dans le lit d du fleuve, élèvent un monument sur le rivage.
Enfin le peuple d'Israël à pris posses-
sion de cette Terre-Promise, patrie de souvenir et d'espérance. Il va camper à Galgala : tous les mâles sont circoncis avec des couteaux de pierre. Le quaiorzième jour du même mois , on célébre la Pâque : il y avait quarante ans que cette solennité avait consacré la sortie d'Égypte. Dès-lors le ciel cessa d’être fertile , la manne ne tomba plus:
les Israélites savouraient enfin les fruits de cette Terre-Promise, qui, pour perdre sa fécondité, devait être, pendant plusieurs siècles, foulée aux pieds par des Turcs.
Les guerriers des tribus de Gad, de Ruben, et de la demi-tribu de Manassé,
Den l'avant-garde d'Israël; ils ont laissé, au-delà du Jourdain, leurs Fe leurs enfans et leurs vieux pères dans la contrée qui d'avance leur a été assignée en partage à cause de leurs nombreux troupeaux; ils possèdent déjà leur part de la Terre-Promise ; mais leur mission n’est pas remplie; ils doivent à leurs frères le tribut de leur courage, et ils ne repasseront le Jourdain qu’ spi ès la couquête de Chanaan.
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Cependant les remparts de Jéricho apparaissent dans le lointain : un ange armé d’une épée flamboyante, se présente à Josué, et, au nom du Seigneur, lui prescrit ce qu’il doit faire pour s’emparer de la viile.
Septfois , pendant sept jours, le peuple d'Israël se promène en pompe autour de Jéricho ; enfin les remparts s’écroulent au son des trompettes et au bruit des cantiques d'Israël. Tous les habitans sont exterminés par le fer , le feu consume toutes les maisons, la famille seule de Raab est épargnée , l'hôtellerie seule reste debout ; on égorge les bestiaux ; Voret F argent sont consacrés au Sel gneur. éfense à toute main profane d’en rien distraire ; malédiction sur qui tentera de rebâth Jéricho!
Encouragé par ce succès miraculeux, Josué fait marcher trois mille hommes contre la ville de Haï; mais ils sont repoussés , et cet échec{jette la consternation dans le camp. Dieu apprend à Josué qu'on à bravé sa défense, qu'une main sacrilége a touchéau bat, Le coupable est désigné par la voie du sort, Achan,
de la tribu de Juda, confesse son crime; le peuple en le lapidant, lui , sa femme et ses enfans , rentre en grâce auprès du Seigneur. La prise de Haï devient le prix de ce sacrifice expiatoire.
Excités par Jabin, roi d’Azor, les rois de Chavaan se liguérent contre les Israélites; mais leurs armées furent taillées en pièces. La prise d’Azor et la mort de son roi lerminèrent cette expédition.
Déjà le nom d'Israël faisait trembler toûtes les nations de Chanaan; elles savaient que toute alliance avec elles était | interdite au peuple de Dieu. Les Gabaonites, pour se soustraire à l'alternative de vaincre ou de mourir, eurent recours à la ruse, Des députés se rendirent enleur nomau camp des Hébreux ; ils se disaient envoyés par un peuple lointain pour solliciter la bienveillance et l'amitié d’'Israël. Leurs vêtemens et leurs chaussures usées appuyaient ce mensonge et contribuèrent à tromper les Israélites qui consentirent à un traité. Bientôt apres l’artifice fut découvert ; mais le peuple d'Israël s'était engagé par la foi des sermens; il ne se vengea des Gabaoniteg
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frrités de la défe che 7 ailes Adonisédech, roi de Jérusalem, et quatre autres rois, marchent contre eux pour les punir. Israël avait juré de les secourir s'ils étaient attaqués. Josué voie à leur défense; le dieu des combats est avec lui, l’ennemi vaincu fuit en désordre; une grêle de pierres tombe du ciel et accable tous ceux qui échappent au glaive du vainqueur. C’était trop peu d’ün jour de carnage : Josué ordonne au soleil de s'arrêter, et le soleil s'arrête ; Dieu obéit à la voix d’un homme. Les cinq rois fugitifs s'étaient cachés dans une caverne; ils sont mis à mort et exposés sur la croix. |
Cette g guerre sang glante continà pondant plus de six années. Enfin, après avoir triomphé de toutes les résistances, Josué songea à accomplir les commandemens de Moïse. Afin de! procéder au partage des terres, il choisit dans le sein des différentes tribus, plusieurs commissaires qu'il chargea de lever le plan du pays. L'année suivante ; au retour des
ul
74 RESUME DE L'HISTOIRE commissaires , et d’après leur travail , la T'erre-Promise fut divisée et subdivisée.
Des considérations particulières “ét locales avaient d'avance déterminé la part de plusieurs tribus. Ges dispositions furent maintenues, et l’on tira au sort les lots des neuf tribus et demie auxquelles n'avait été CADRE aucune portion du territoire. La même opération eut lieu dans chaquetribu, entre les diverses familles dont elle était formée, et dans chaque f famille entre les divers thétibres qui la composaiént® En compensant l’étendue plus où moins grande du territoire, par sa plus ou moins grande fertilité, en déterminant les lots d’après la population plus ou moins nombreuse des tribus, d’après la plus ou moins grande fécondité des familles, on parvint à la plus stricte égalité possible : cette égalité était le but du législateur ; ‘elle entrait commecondition | Mdispensable dans l’économie de sa politique.
La Haute-Judée échut à la tribu de Juda. Elle s'étend en longueur jusqu’à Jérusalem, et en largeur jusqu’au lac de Sodome.
Ia tribu de Siméon eut cette partie de lIdumée qui touche à l Égypte et à l'Arabie.
. À la tribu de Benjamin fut dévolt le pays qui s'étend en longueur depuis le Jourdain jusqu’à la mer et en largeur depuis Jérusalem jusqu’à Béthel.
La tribu d'Éphraim eut le pays qui s'étend depuis le Jourdain jusqu'à Gadara, et depuis Béthel jusqu'au Long- Champ.
La moitié de la tribu de Manassé entra en possession du territoire qui s'étend dépuis le Jourdain jusqu'à Dora, d’un côté, et jusqu’à Bethsan de l’autre.
La tribu d’Issachar eut ce qui est compris depuis le Jourdain pi Le au mont Carmel.
La tribu de Zabulon eut le pays qui touche au mont Carmel.et à la mer, et s'étend jusqu’au lac de Génésareth.
Les plaines cachées derrière le mont Carmel, à l’opposite de Sidon , échurent à la tribu d’Azer.
La tribu de Néphtali eut la Haute- Galilée et le pays qui s'étend jusqu’au Liban.
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La tribu de Dan eut les vallées qui üirent vers lOccidentet ont Pr limites Azor et Doris.
Selon le règlement de Moïse, quarante-huit villes, prises dans les différentes tribus , furent réservées aux Lévites. On détermina également six villes de refuge tant en-decà qu'au - delà du Jourdain. Le tabernacle fut dressé à Silo, dans le territoire de Sicheni.
L'œuvre de conquête était accomplie.
Josué remercie, au nom d'Israël, les guerriers des tribus de Gœd, de Ruben et de la demitribu de Manassé. Ils avaient bien mérité de la patrie. Ilsembrassent leurs compagnons d'armes, et les quittent pour aller jouir aussi du fruit de leurs travaux. À peine arrivés sur l’autre rive du Jourdain , ils élèvent un autel de pierre pour témoigner au Seigneur leur reconnaissance. Les [sraélites du Chanaan prennent cet acte de piété pour une marque d’apostasie. Indignés, ils saisissent leurs armes et veulent aller venger la gloire du Seigneur.
Une guerre civile se serait allumée si Phinées, le fils du grand-prêtre Eléa-
| DES JUIFS ANCIENS. 71 zar , n'eût traversé le J ourdain pour aller interroger, au nom d'Israël, des enfans qu’on croyait réfractaires et parricides. {1 repassa le fleuve, et vint rendre la joie à toutes les autres tribus. D'une rive à l’autre on renouvela l’adieu fraterrier À L à
Josué était alors âgé de cent dix ans.
Il avait pendant vingt-cinq ans gouverné Israël, Sentant sa fin approcher, il rassembla le peuple à Silo, lui rappela les bienfaits miraculeux du Seigneur, et l’exhorta à observer fidèlement la loi, en le menaçant de tous les maux qu’entraine une rébellion sacrilége.
Peu de temps apres il mourut et fut enterré à Thammath-Saré, tandis qu’on déposait à Sichem les restes de Joseph, qui, après avoir pendant trois siècles dormi paisiblement sur le sol d'Egypte, avaient parcouru quarante ans le désert, et venaient enfin se reposer près d'Abraham et de Jacob.
Israël perdit en même temps Elé:zar , son grand-prêtre. Privé de ces déux appuis, de deux hommes en qui Moïse et Aaron semblaient revivre, et dont
re 4°!
78 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE l'exemple et l'autorité faisaient respecter le nom du Seigneur, le peuple oublia bientôt sa sainte destination, et se dévoua, pour ainsi dire, à tous les malheurs qui devaient expier ses crimes.
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