ISRAÉLITES DES PAYS-BAS
De tous les ^tats européens, il n'en est pas où les Juifs aient trouve plus de protection qu'en Hollande. Là comme partout en Europe ils sont divisëls en Juifs originaires d'Allemagne et en Juifs espagnols ou portugais, dont les ancêtres vinrent dans cette contrée chercher un refuge contre les cruautés de rinquisition. Us habitèrent assez longtemps la Hollande avant d'y exercer publiquement leur culte. C'est pendant la guerre des Pays-Bas contre Philippe n qu'ils élevèrent leur première synagogue à Amsterdam ; et ils n'épargnèrent pas les prières pour l'heureuse issue de cette lutte, qui devait consacrer la liberté religieuse. Dans les premières années du dix-septième siècle, ils comptaient déjà trois synagogues dans la capitale des Provinces-Unies.
]£n 1675 ils élevèrent un grand et superbe édifice destiné à l'exercice de leur culte, et qui fut inauguré avec beaucoup de solennité et de pompe. On a fait le recueil dos sermons qui furent pronon-
ces à cette occasion. L'un des prédicateurs prit pour texte ces paroles du Deutéronome : Kous éies attachés à voire Dieu ', et tâcha de prouver que le terops des miracles n'était point passé,queDieu avait seulement changé la manière de les opérer, et qu'au lieu d'èlTe comme autrefois visibles et éclatans, ils se faisaient d'une manière secrète el c^ch^e.
Belle et grande pensée, à la fois philosophique et religieuse; beau texte de sermon pour un ministre de cette nation, dont la perpétuité au milieu de tant de malheurs et de désastres est un miracle tout aussi prodigieux que ceux de i'JÉcriture et de l'Évangile !
La synagogue d'Amsterdam produisit des docteurs célèbres. £lle eut aussi plusieurs poètes, la plupart d*origine espagnole, et dont l'histoire a été écrite par l'un d'eux, Daniel Lévi de Barrios ^. A la tête des docteurs il faut pla* cer Manassé, mort à Amsterdam en
* Deut., ch. IV, y. 4-
» Retacion de los Poêlas y Escritores espannoies de la ^acion judayca jimstcloduniu, por Daniel Lcvi de Buriius.
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ai 2 EESuiié DE l'histoi&e i652f l'un des plus savans théologiens juifs qui aie^t existé. Il était Espagnol d'origine^ de la famille des Àbarbanels, et il s'y allia en prenant une fille de cette maison. Quelques théologiens chrétiens s'alarmèrent tellement de la célébrité de Manassé, qui s'étendait bien au-delà du cercle de ses coreligionnaireS) qu'ils accusèrent publiquement d'irréligion un poète de leur croyance, Barlœus, qui avait célébré en beaux vers, et, ce qui vaut mieux, en vers philosophiques, les lumières de l'écrivain juif. Outre les nombreux écrits purement théologiques que publia Manassé, il fit un traité de la Résurrection qui ne parut qu'après sa mort, et dans lequel il prouve l'immortalité de Tâme, démontre ses opérations pendant et après la vie, et défend le système de la transmigration des âmes. 11 avait entrepris d'écrire l'histoire de sa nation depuis Josèphe jusqu'au temps où il vivait, mais la mort ne lui permit pas de mettre ce projet à exécution, et il ne put que publier le plan de cet ouvrage, auquel l'esprit méthodique de Manassé
DES JUIFS MODE&irES. 21 3
et sa vaste érudition auraient donné le plus grand prix.
Manassé, qui était imprimeur en même temps qu'écrivain, laissa un fils qui hérita de son imprimerie, et qui s'en servit pour publier quelques ouvra^^es de son père.
Cet homme justement illustre eut pour panégyriste et pour ami un célèbre médecin ]uif| Abraham Zacuth, né à Lisbonne en iSjS, qui, après avoir dissimulé pendant trente ans sa religion en Portugal, se réfugia à Amsterdam, où il se fit circoncire, et mourut Tan 1643, travaillant à plusieurs ouvrages qu'il ne put achever. On a d'Abraham Zacutli une Histoire des principaux mé* decins >•
On connaît la réputation de la Bible d'Athias. Ce Juif, Espagnol de naissance, enseigna d'abord à Hambourg, et de là vin t à Amsterdam, oii il imprima (en 1661) son édition de la Bible, devenue célèbre, et que depuis perfectionna Vandcrhoogt.
* De 3fedicorum principutu historia, iihri X. Amstel., i6'i9« iii-8*.
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2 lu RESUMlé DE l'hISTOIRE
quarante-quatre ans. CTest à tort aussi qu'on lui met à la bouche ces paroles lorsqu'il sentit sa fin prochaine : Dieu, ayez pitié de nud, misérable pécheur!
Il ne connut pas mieux la Divinité à l'heure de sa mort, dit Basnage i, qu'il ne l'avait connue durant sa vie.
Spinosa ne reconnaissant qu'une substance unique, confondait la matière avec Dieu. Quoi qu'en aient dit quelques Spinosistcs (car notre philosophe eut SQS sectaires), la conséquence inéidtable de son grand principe qu'iV n^y a qu'une substance unique, était que Dieu et la nature sont une seule et même cJu)se, que l'univers est Dieu, et que Dieu est l'univers. Spinosa ne mettait aucune difTérencè entre le corps et l'esprit; l'âme et le corps étaient pour lui une même substance qui avait deux différentes modifications, l'âme celle de penser, et le corps celle d'être étendue. 11 plaçait l'homme dans trois états didérens, l'un naturel, dans lequel il fait tout ce qu'il lui plaît; l'autre de liberté, dans lequel
* 7/tstoirc âcs Juiji^ liv. vn , cli. 3^.
il suit les mouvemens de sa raison ; le iToisihiae d'esciaçage, dans lequel il n'écoute que ses passions. C'était un singulier athéisme que celui de cet homme bizarre et ingénieux, qui, à l'aide de son grand principe qu'il n'y a qu'une substance unique^ et par conséquent /702/1/ de ditfimté créatrice, prouvait Punité de Dieu, car, di-* sait-il, il y aurait plusieurs dieux, s'il y avait dans le monde plusieurs substanccf.
Spinosa, qui avait quitté le judaïsme sans embrasser pour cela la religion chrétienne, et qui n'appartenait à aucune croyance, attaquait à la fois les miracles de l'ancien Testament et ceux du nouveau. Mais il faut le dire â sa louange, c'est le seul chef de secte qui n'ait point considéré ses dogmes comme des vérité importantes et essentielles au salut des hommes. On cite de lui ces paroles adressées Ik une femme chrétienne:
Votre religion est bonne; vous n'en deœz pas chercher d'autre, ni douter que vous n'y fassiez votre saluty pourvu qu'en vous attachant à la piété, vous meniez en même temps une vie honnête et paisible >. Selon
* Colerus, A7« de Spinosa, pag. 73.
ai8 aisuMi DE l'bistoiac toutes les apparences, Spinosa croyait toutes les religions indifTérentes et ^lement mauvaises. ,
Il parut après sa mort un volume XCEuçrts posthumes (Spinosae Opéra posthuma), dans lequel on trouve des lettres, un abrégé de grammaire hébraïque, un traité de politique, et une Aforale géométriquement démontrée. On lui a (aussement attribué un ouvrage pseudonyme publié en i665 contre \es Droits ecdésiastiquts > , et dans lequel on soutient cette thèse : que le clergé dépendant absolument du magistrat des lieux où il réside, ne doit point enseigner ce çu^il croit, mais ce que le souoerain lui ordonne.
L'auteur de ce livre ne fut pas Spinosa, mab le médecin qui lui donna ^s soins pendant sa dernière maladie, Louis Meyer, auteur d'un autre ouvrage :
UEcriture sainte expliquée par la philo^ sophit.
C'est parmi ses anciens coreligionnaires que Spinosa trouva son plus vigoureux et son plus ardent antagoniste.
* Lucii Autittii Conttantis de jure ecclesiaê' ticorum. Amstel., iii-8*.
DBS JUIFS MODERNES. aig
Oom Balta2ar Orobîo, célèbre médecin espagnol, l'un de ces Jui& secrets si nombreux alors en Espagne, et qui avait expié par trois ans de tortures dans les cachots de l'inquisition son judaïsme prÀumé, était venu reposer à Amsterdam, dans un pays de liberté, un corps tout stigmatisé des fureurs sacerdotales, et une âme fatiguée de tant desecousseset d'une si longue contrainte.
Là enfin il s'avoua Juif et se fit circoncire. Ilcontinua avec le même éclatqu'en Espagne l'exercice de la médecine, et lorsque parut l'ouvrage de Spinosa ( son Traité àiéologica^polUique\ cet homme qui avait tant souffert pour sa religion, et qui avait acquis le droit de combattre une doctrine qu'il regardait comme sacrilège et comme immorale, écrivit contre Spinosa et ses principes '. Oro*
' Ishac Orobio Certamen philosophicum ad- ▼ersùs J. B. priocipia (Amstel.) : Combat philotophûjfue «Pisaao Orobio contre Us principes de J, B, Orobio avait pris le uom d'Isaac en se faisant circoncire. Les initiales J. B. sont celles «le Bredenhourg , simple marcband de Rotter« dam, qui avait réfuté Spinosa, mais d^one ma-
AlO MÉSUMi DE L'HISTOIAÈ
bio ne borna point là son zèle religieux.
Il s'engagea dans une discussion savante et animi^e avec Je célèbre théologien Limborchf professeur chez les Remon^ <n(i/i5 d'Amsterdam. De l'aveu des Chré* tiens eux-mêmes, il montra dans cette conférence un talent de controverse très -remarquable, beaucoup d'esprit, de jugement, et souvent de raison. Les principaux points de la discussion portaient sur les Evangiles, dont Orobio niait l'authenticité, soupçonnant qu'ib avaient été composés par des Grecs, puisque la langue hébraïque était celle de tous les Jui&, à qui ces livres devaient s'adresser ; sur le Messie, dont il aurait été plus souvent et plus nettement ques- • tion dans les écrits de Moïse et des pro* phètes, disait Orobio, si Dieu eût voulu que le salut des hommes en dépendît; sur les apôtres, dont on alléguait à tort; selon lui, la sincérité et la bonne foi , en les représentant comme des hommes simples et presque comme des idiots,
ni^re si faible et en lui faisant tant de concessions, qu^Orobio cmt devoir combattre le philosophe en attaquant son prétendu antagoniste.
paisque saint Paul était lettré et saint Lac fnédecin, etc. Orobio mourut h Amsterdam en 1687, peu de temps après Timprcssioade sa Conférence divec Limborcb.
D'autres villes de la Hollande produisirent au dix-septième siècle des rabbins distingués. Nous citerons David Cohen de Lara, auteur d'un dictionnaire hébraïque, et d'un ouvrage intitulé la Ville de Daçid, où il prouve les rapports de l'hébreu avec le grec et plusieurs autres langues ; Juda Léon, si connu par sa Description du temple de Salomon, ouvrage qu'il composa à Middelbourg, et qu'il publia d'abord en français, à Amsterdam, avant de le faire imprimer en hébreu >. Juda Léon prépara cet ouvrage, monument d'érudition,
> Voici le premier lilre de cet ouvrage : Description du tttnple de Sahmon, par Jacob Juda Léon, habitant de Middelbourg, dans la province de Zébnde, Pan du monde 54o3 (i643).
Uue traduction latine, par Saubert, parut en i655, à Helmsudt (in-4'*). Juda Léon traduisit lui-même son ouvrage en hébreu, en y faisant do nombreuses additions.
de sagacité et de patience, qui fitJ'ad^^ miration de tous Içs savans, en construisant, sur de petites proportions, un temple de bois, à l'image de l'ancien temple, qu'il parvint ainsi à reconstituer sur les plans qu'il avait tirés des divers écrivains de sa nation. On a encore de Juda Léon plusieurs ouvrages théologiques, et plusieurs thèses qu'il soutint avec avantage contre des docteurs chrétiens.
L'esprit de tolérance qui de tout temps distingua les habitans de la Hollande, et qui depuis le glorieux soulèvement de i56o en a distingué les divers gouvernemensy fut pour les Juifs de cette contrée une cause puissante de progrès et de civilisation. Au milieu des guerres et des agitations politiques dont la Hollande a été le théâtre pendant la plus grande partie du dix-huitième siècle et le commencement du dix-neuvième, cette tolérance d'une part, et de l'autre les pcrfectionnemens, les améliorations de toute nature qui en sont l'inévitable conséquence, ne se sont pas un instant démentis.
DES JUIFS JIOOEENES. 223
Cependant quelle que fût l'humanité du gouvernement hollandais à l'égard des Juifs, ils n'avaient obtenu que peu de garanties légales, et trop souvent les intentions bienveillantes et éclairées des autorités se trouvaient entravées par les préjugés des pamassims ou syndics des communautés juives qui se trouvaient placés comme intermédiaires entre le pouvoir et leurs commettans, et qui ressemblaient assez à ce que sofkt aujourd'hui les consistoires en France. Ces pamassims exerçaient sur leurs coreligionnaires un pouvoir despotique. Ils avaient le droit Sexcommuniery et prononçaient une amende de looo florins contre, celui qui osait se plaindre d'eux.
Cet état de choses barbare ne céda qu'avec peine aux efforts du temps et de la raison.
C'est à la révolution française et par suite à celle qui transforma pour un temps la Hollande en république batave, que les Juifs des Pays-Bas ont dû leurs droits civiques. £n 1796 la Convention nationale batave décréta pour les Israélites le droit de cité. Ce n'est
aa4 ' BisuMi DK l'kistqibk
cependant qae depuis la convocation du «anbédrin de Paris, en 1806, qae data la chute du pouvoir des pànuissims. Ces syndics, contre le vœu de leurs >commettans, avaient refuse de s'unir au sanhédrin de Paris; mab une communauté nouvelle s'était formée sous le nom de Synagogue sdsstonnaire, presque entièrement composée de Juifs allemands instruits et éclairés, et qui avaient pour but de renverser le despotisme absurde des syndics. Ces scissionnaires, qui jusque là avaient trouvé peu de faveur auprès de l'autorité, circonvenue sans cesse par les intrigues despamassims, durent, au refus de ceuxci de se rendre au sanhédrin, I4 première protection du gouvernement, qui autorisa le départ pour Paris de trois députés de la communauté nouvelle. Ce furent MM. Asser fils, avocat dbtingué, Litwack, mathématicien, et Lemon, médecin, qui avait été membre de la législature batave. Ces députés adhérèrent au nom de leurs commettans à toutes les décisions sanhédrinales >•
» Bf. Grégoire, Histoire lUs sectes religieux
DES JUIFS MODEENSS. 2l5
Dès cette époque, la communauté nouvelle fut recomiue et lutta victorieusement contre l'influence despamassims.
£ile organisa son consistoire sur des bases que le gouvernement adopta.
Elle vit plusieurs de ses membres honorés par des distinctions publiques.
M. Cappadoce, médecin, fut nommé chevalier de l'ordre de l'Union; M. Asser père, l'un des jurisconsultes les plus distingués de la Hollande, fut mis au nombre des rédacteurs du Code de commerce; M. Meyer, avocat et savant lé~ giste, fut nommé membre de l'Institut i .
ses. — Voyez plus loin , dans ce Résumé, pour ce qui concerne le sanhédrin, V Histoire des Israélites de France, depuis la rét^lulion jus' çu'd nos jours,
■ Il serait trop long de citer tous les Israélites de la Hollande qui ont honoré leur religion et leur pairie , à la fin du diz-huitiéme siècle et au commencement de celui-ci. Nous nommerons MM. Heiman et Polak, médecins à I^ Haye; Siein, professeur de botanique j le docteur Dayid| qui donna un rare exemple de désintéressement et de pliilantliropie en faisant à ses frais le voyage de Paris pour obtenir des rcnscignemenssur la vaccine, dont il inuroduisit
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226 &^uxÉ DE l'histoike; . Si les Belges ne sont plus Français par la démarcation da territoirei ils le ^ sont toujours par les opinions, la philosophie et les lumières. Si la Hollande n'est plus république batavei elle jouit d'une constitution qui consacre toutes les libertés civiles et religieuses, et qui permet à tous les Israélites d'aspirer aux distinctions, aux faveurs, aux emplob honorables dont quelques-uns d'entre eux sont revêtus. L'article i34 de la nouvelle constitution du royaume des Pays-Bas porte : a 11 est accordé protection indistinctement à tous les cultes existans; leurs sectateurs jouissent des mêmes prérogatives civiles, et ont droit d'aspirer également aux dignités et emplois publics. »
La sollicitude d'un gouvernement éclairé ne s'est pas bornée à consacrer parmi les citoyens l'égalité des droits.
Convaiucu que les lois les plus sages ne
Tusage en Hollande ; Hetibron, médecin d^Ainsterdam , coaronné six foia par Facadémie des sciences de Rotterdam. Dans la carrière des armes, beaucoup de militaires et de marins se «ont distingués par leur courage.
:sont que des théories illusoires lorsqu'elles sont d'une pratique difficile, il s'est occupé des moyens d'en rendre l'application facile aux Israélites peu favorisés de la fortune.
Le principal obstacle à leur civilisation était l'habitude qu'ils avaient conservée (et que malheureusement beaucoup de Jui& de France et de Paris ont encore) de parler un allemand bâtard , mêlé de locutions hébraïques. Ce langage inintelligible dans les relations sociales leur faisait négliger la langue nationale et apportait de grands obstacles à leur instruction. Pour remédier à ce grave inconvénient, un décret du xo mai 1817 a prescrit une nouvelle organisation des écoles religieuses à l'usage des Israélites indigens. Cette ordonnance, motivée sur la nécessité d'allier l'enseignement de la religion avec la connaissance des devoirs généraux que prescrivent la morale et le perfectionnement de la société, mérite d'être citée pour modèle h tous les gouverneroens éclairés et animés de l'amour du bien.
£n voici les dispositions principales :
228 AlésUMé DE I.*HISTOI&ll
« Toutes les anciennes écoles religieuses israélites seront abolies aussitôt qu'elles pourront être remplacées par les nouvelles.
» L'instruction aura pour base les langues hébraïque ou hollandaise, à l'exclusion absolue de rallemand bâtard.
» Des commissions de surveillance pour ces écoles sont créées sous l'inspection d'un commissaire général avec lequel seul elles correspondront, sans dépendre des pamassims ou syndics des diverses communautés.
»Des inspecteurs pris parmi les rabbins les plus instruits seront nommés pour diriger l'enseignement religieux. Ils seront entretenus aux frais de l'état, et leurs honoraires augmenteront en proportion de leur zèle à enseigner la langue hollandaise et à civiliser la jeunesse.
» Les commissions exercent leur surveillance sur toutes les écoles religieuses de leur arrondissement. Elles feront fermer celles qui se trouveraient en contravention aux lois, et sont chargées d'examiner les précepteurs sur les di-
DES JUIFS MODKRNES. ^2^
verses branches de connaissances relatives à leurs fonctions.
?» Les enfans pauvres fréquenteront avec assiduité non-seulement les écoles religieuses, mais encore les écoles publiques communales, à moins qu'il ne soit créé pour eux une classe d'instruction supplémentaire.
» On assurera l'entretien des écoles religieuses par une repartition faite dans l'arrondissement, indépendamment des souscriptions et dons volontaires, ou par le trésor public si les communes miontrent assez de zèle pour mériter cette faveur.
» Il ne sera accordé aucun secours aux familles indigentes qui négligeraient, après en avoir été prévenues, d'envoyer leurs enfans, tant aux écoles religieuses qu'aux classes communales.
« Le commissaire général présentera ultérieurement un rapport au roi sur les talens des rabbins actuellement en exercice, et sur les moyens qu'il conviendra d'adopter pour leur former des successeurs. »
Une ordonnance, rendue quelques
s3o AlbUM^ DE X.'hISTOI&B
mois après celle dont nous venons de citer les principaux articles, a crëé pour l'administration du culte Israélite une commission aulique, dont les opérations, toujours dirigées par un esprit de philanthropie et de tolérance, ne cessent de mériter la reconnaissance des Israélites et des hommes éclairés de tous les cultes.
Ce n'est pas au seul continent que se borne pour les Israélites des Pays-Bas l'exercice des droits de citoyen. Dans les colonies hollandaises, telles que Su-^ rinam, Ber^ce, Démérary, etc. , ils trou-* vent la même protection, les mêmes avantages. Tout-à-fait assimilés aux colons, ils en partagent h la fois les charges et les droits, paient les mêmes impôts, et votent, comme les chrâiens^ pour l'élection des magistrats. Ils exercent des professions utiles, sont propriétaires , se livrent aux travaux de l'agriculture, aux grandes spéculations industrielles, au commerce maritime. En un mot ils jouissent des mêmes préroga* tivcs, et ne font pas moins d'honneur à leur croyance que les Israélites de la
DES JUIFS MOOERVES. sSf
mère patrie» Ainsi partout, sous tous les climats, la tolérance et la liberté, le fanatisme et l'esclavage, produisent les mêmes fruits : d'une part, la prospérité et les lumières; de l'autre, la misère et l'abrutissement.
33a BÉStflli DB L*HISTOlkE -