LIVRE IV
Persécutions éprouvées par Cortez, — Il se lance dans la carrière des découvertes. Son peu de succès. Son retour en Espagne. Sa mort,
— Imm Casas élèife la poix en faveur des Indiens opprimés, — Tropaux des mittiotUtaùvi,
— Foins efforu de ChaHes»Qtdnt paar orné" iiorer le sort da Mcjtiquf. — Triste situation de cette colonie. — Les ntice-^ois. Leur despotisme» — Découvertes. — Mexico inondé peit' dont dnq ans^^^Les Vierges de la Guadeioupe et de loê Remediof. — Les Jésuites dan/ la vieiile Californie. — Révolte des InSens.
' — Les FIranrisemns dans la nouvelle Calijomie.
— Expulsion des Jésuites. Ils sont remplacés par les Dominieuins. — Charles III améliore le sort des Indiens et relève le commerce du Mexique. — Nouvelles découvertes. — Présages de la révolution qui doit changer la Jaee du Mexique,
Tandis que l'infatigable Cortez soumettait A la couronne d'Espagne y non seulement Fanla
l34 RÉSUMÉ *
tîien empire du Mexique , mais plusieurs autres états qui n'en faisaient point partie , d'obscui-s intrigans le peignaient à son prince comme un ambitieux prêt à secouer le joug de la métropole. Chrisloval de Tapia fut en conséquence envoyé pour le destituer , s'emparer de sa personne , et rendre compte au conseil des Indes du plus ou moins de fondement des accusations dont il était Tobjet. U débarqua à la Vera-Cruz , quelques semaines après la red* ditioa de Tenochtitlan. C'était un hpmme faible^ craintif, sans la moindre énergie , sans la moindre connaissance administrative. Cortez le reçut avec beaucoup d'égards ; mais il entama avec lui une négociation si compliquée; il multiplia tellement les allées et les venues » les pourparlers et les conférences; il employa avec tant d'adresse les prières et les reproches , les promesses et les menaces , que le pauvre diploms^ quitta , sans avoir rien conclu , un pn3rs qu'il n'ét^t pas digne de gouverner. Ctf^oy âge fit faire néanmoins de sérieuses réflexions au conquérant. En vain l'éclat de ses bauts faits relevait ce qu'il y avait d'illégal dans sa conduite; sa position ne pouvait of^-ir aucune stabilité, tant qu'elle ne serait pas affermie par
DE L'uinmmM, dv mixiqui. i3S îa MDCtkHi de rsHtorité soureraÎBe. Sc num la necoHté de FolKcnir , il se déUmniie à cn-^ Tojcr dt DOBYcaa «m. K^wgnr des députés tS3 9. rendre oompCe de ses décoorertes , mettre aox pîcds dn nMmarqw les trésors des pei^les conquis , et soUkit^ en sa fiiTeor le gourer- Dûment des dooMÛnes qo^ a «jptés à son i-ojanme. La csreoastmee était fiivorable. Le peuple » instmit des d^msrrhri dn eonseQ de rastifle , avait pris hantemoit la défense dn capitaine dimt il adaiirait les exploits. L'orgueil national se réroltait à fidée de punir on homme qni arait si lûen mérité de la pairie.
Charles-Qunty qai ¥cnait pend r e posKsâon dn trônede Castifle , adopta cette opinion arec tonte Tardenr de sos âge. Cortex fat nonnné c a p i tainfrféBi ial et gouvcmenr de la Noorcfle- Eipagae. Il entreprit de riderer TcnoclitiâaA de SCS mines » ponr en £ûre sa capitale. Les mes d^rancicnne Tille farent dël>iayces , les temples conTcrtis en églises ; les qoarticrs de Tcopan, Ataacnako, Mojotla et Haqcecbinhcany seçnrcnt les noa» de St-Paol , St-Sé- Insden , St-Jem et Stc^arie , qnlh conser- -rent encore. ATant de prendre cette résolntioa, îl fatl0ng4cmps k décider s'fl nVtaMirait |-a.«^
l36 RÉSUMÉ
la nouyelle Mexico dans toute autre position sur le bord du lac. De fréquentes inondations ont prouvé qu'il aurait mieux fait de la placer à Test de Tezcuco ou sur les hauteurs entre Tacuba et Tacubaya. An reste , il est à remarquer que la plupart des grandes Tilles des colo* nies espagnoles sont mal situées. Les premiers oonquérans , nourris dans Toisiveté des camps f se dérobaient , autant que possible, au travail assidu de l'architecture ; ils construisaient peu de yilles,, et se contentaient ordinairement de réparer celle* qui avaient été fondées par les indigènes.
Cortez envoya y dans les provinces, des personnes instruites , ponr rechercher les mines ; et il en ouvrit quelques-unes , des plus riches que les Européen? eussent jusqu'alors décou-^ vertes dans le Nouveau-Monde. U détacha ses principaux officiers dans les contrées les plus fertiles, et les encouragea à s'y établir, apn seu* lement en leur faisant de grandes concessions de terre , mais encore eo leur accordant siu* les Indiens le^ mêmes droits que les Espagnols s'ét^ t aient attribués dans les iles. Ces guerriers, gor<« gÔ8 de rapine , fondèrent leur pouvoir sur des ruines cimentées de sang. A la conquête suc-
DK I.*HI8TOIR8 DV MSXIQUE. l^J
céda lu tyraonie, sons toutes ses horribles format. N*a jant, ni assez d'industrie ponr former m' plan de cnhure réglée y ni assez de patience pooT' en- attendre les produits éloignés mais eertainsy il» abandonnèrent les plaines fécondes pom:' les régions kaotes €t incultes. Le troupeau des yaincoi fat chassé.devant eux» et contraint de-préter fces bns A^tta^traîTail dont il ne recueillait pas les firnits. ÇJejpasaag» rapide du climat dMÛid .des rTalléei. ou froid s»tif ' des montagnes de la sAne toitîda, les' fatigues d'un labeur excessif, une nourriture peu abondante et mal saine , les rayages de la petite yérole si dangeteoie dans oea climats, !• désespoir, et par-dessus tout la verge de fer des oppresseurs , réduisirent tellement cette malheureuse popalatian * qae » peu d'ttmées après la conquête , ce que Ton disait de son ancien état paraissait incroyable. Beaucoup - d'écriyaintefrappés de cet événement , l'ont regardé comme la suite d'un plan réflédii. CSet ayis a été partagé- par Montesquieu lui-même (i).
Nous ne le croyonspas fondé ; mais qu'importe ? Que les pertes éprouTées par les infortunés
(i) Esprit des lois , Iît, TIII.
Il*
t3S RKSUMS
Mexicains aieot été le résultat d'une menire froidement oombiBée , on la conséquence des snbitsaecès d'aune oonftaate barbarie, il n*en est pai mojn» vnâ Apiiellta sonitiDContesrabliea^' et qu'elles vouent dèa^lont k J'exéckâtionr de» siècles lus hommes dsitt dlca souft-^anées. •
En nommant Gorte» jfon^emeut do Mexif que» Chàrles-Qnint» cDanaî l*adxninistratîon.de» rerenns de la oqlQSiie.'4<une foule de com^ missaires, qui ne lui éftaîiint point sobordaBnéiBr et qui y.prîa .daBÎ leaL«mplôis sûbaheracs à Ma* drid 9 appfQrtèfMrvd W9 Umn nouf«Uea fonc* tioDSi les tomei: étroite» et minotieusesdelabnreancratie. Le brave général se vit bientôt entouré d'espions, qui, ne eoropenant pas ses vastes projets, ne virent en lui qu'un ambitieux et un conspirateur. Leurs plaintes firent impresôoa sur les ministre! espagnols , qui , oul^liant- et ses anciens services et une expédition yiéoente qu'il venait de oonduire lui-mé|^ du lae'db Mexico & l'extrémité du pays d'nondui5a5. ''^y iôent passer leurs: soupçons dans l'esprit du monarque, et le déterminèrent à envoyer au Mexique , le. licencié Paul de- Léon , avec d'amples pouvoirs , et l'ordre d'arrêter Cortez, s'il était coupable. La mort de cet envoyé suivit
DS I^'hISTOIEE Dtr MBXIQUE. iS^
de près son acrlyée an Mexique. Une commission, rerétue d'une autorité pins étendue , fut formée à. sa place. En^ yain les vieux cempagnons du conqaérant le pressèrent de rompre avec nne ingrate patrie, et de saisir d'une main hardie le pouvoir fu'on Taceusait de convoiter: sa fidélité ne se démentit pas un iniftant. Maiq ne voulant pas être mis en jugement duM «n pays qu'il avait parcouru en triompliateaBr , H mit à la voile pour TËêpagne , avec ses trésorsy qiielqnes Mexicains des * premières fiimilles^- et se» principaux offîcitrs. Le roi lé reçut àV6e bienveillance, lui donna le titre de mar^iui*dèl valle de OisuieB* iMbisflBlertBvojwit'dtn» • la Nouvelle-Ëspa^nef il ne^ confia qu'miemh^ torité lÙQB restreinte. H ctatleeonmiandeiéwnC des troupes et- la dirBetionâesdécoDverte».
L'admimstratkm âviW. appartint fout entière ^ un conseil ou audience mprétn^. Plus tard,. l'accroisMmentdrla eolonie exigeant la concen- Iration dea poufvoirs, Antoine de Mendoza j «• fut envoyé en qualité de vice-roi.
Cortisz donna naissancr à nne foided'cntrepr»' aes qui toutes portent l'empreinte de son génie. L'une d'elles, commandée par Grijalva, décou- x534. yrit «n x534 les cdtes de ]hCaSÊfém^ Mém«
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DE L*HI8TOIRE DU MEXIQUE. l4l
le petit évéché de Chiapa, pour se trouver au inilien de oe peuple infortuné, lui offrait tous les sonlagemens que l'humanité et la religion pouvaient lui suggérer. Il citait ses compatriotes au tribunal de l'univers, et leur reprochait la mort de quinze millions d'hommes. La cour de Madrid, réveillée par ses cris et par l'indignatioalnniverselle, rompit les fers des Indiens: mais elU^, ne leur rencfit pins les teires dont elle les avait dépouillés;' et elle ne leur permit pas la sortie de la colonie, de peor qu'ils n'allassent chercher des vengeurs chez les peuplades errantes qui l'environnaîent. Le fknieux tribunal des Indes fat institué; on nomma des magistrats spécialement chargés de réprimer les excès des conquérans; mais ces protecteurs conspirèrent bientôt avec les despotes. La plainte n'arriva plus à l'oreille du monarque ; et l'avarice des juges s'unit à celle des colons pour opprimer les Mex^ins (i). On eréa des oommmnderies.
Les indigènes avaient, jusqu'alors , été esclaves des blancs, qni se les adjugeaient sans distinction. L'établissement des commanderies régularisa l'esclavage. Pour mettre fin aux querelle^
(i) John Byerley.
l4a RÉSUMÉ
des conquérans, on leur distribua ce qui restait dn peuple conquis. Les Indiens^ divisés en tribus de quelques centaines de familles, eurent désonnais des maîtres choisis en Espagne entre les soldats qui s'étaient distingués dans la conquête et les administrateurs envoyés par la cour pour servir de contrepoids au poqvoix des généraux. Ce vil partage d*Indiens les attacha à la glèbe. LjS serf pkit souvent leaUom de famille de son seigneur; et plusieurs familles indiennes portent encore aujourd'hui des noms espagno&y quoiqae leur sang ne se soit jamais Biélé & celui des Européens. Un bon nombre decescommanderies devînt la proie des ordres monastiques; et la religion, dont les saints principes doivent favoriser la liberté, se vit honteusement avilie, dès qu'on l'intéressa k l'esclavage des peuples.
Ce furent des moines qui entreprirent les premiers de convertir et d'instruire les Améiicains. Des nuées de missionnaires se précipitèrent avec ardeur dans cette nouvelle carrière ouverte à leur pieuse ambition. Les papes concédaient aux quatre ordres mendians la direction des paroisses. Affranchis de la juridiction àfis cvéques diocésains, ils remplissaient ]esfonc>
DE l' HISTOIRE DU 9CSXIQUJE. f^y
lions spirituelles et perceraient les dimei.
Chaque fois qu'on demandait de nooreanz missîcMiDaires , des hommes d*an esprit aident et inquiet , impatieiis du joo^ du dottre , ennuyés de son insipide uniformité , alignes de la répétition importune de ses paisibles deroiis, offraient avec empressement leurs serrioes, et couraient dierckcr, dans le Kotmau-Monde, la liberté et les bonnenrs. Leur poonmte a^était pas sans succès. Les distinctions eodésiasliques et les emplois admini st r a t if s defenaiedt souvent leur partage. Cest eqwndant è eux que les Américains doivent le peu de cannait»sances qn*ils possèdent ; etqodqnes-nns , quoi* que profondément imbus de 11 iup « iHK IlMi<|ni «Hait alors inséparable dt leur état, «ut publié des onmges fort estimables; mais ce dégoût dt la TÎe monastique, auquel le No«ve«HMond« doit quelques hommes éclairés. Ta pendant If «nf-tcmifs i^em^ de prêtres d*un : caractère bien diff(^^«nt. Dés hommes inoonstans, débaurliés, aTidies> pdûr qui k pauvreté et la dis» ciplinn du c U ift ^ tid u n en t însnpportAbliBSy eonsîdéraient une mistiob en Amérique conmie un mo}-ea d*cchapper à l'anslérilé et à Fesdavage du cloître. Ils y
l44 RESUME
que cure. Dt'lUrés, par leur éloignement, de rinspection des supérieurs de Tordre; exempts^ par leurs priyilègés, de la juridiction des évëques diocésains, ils se montraient non seulement dépounras de ces yertus édifiantes que réclame leur profession ^ mais sans égard pour la décence extérieure, et sans respect pour cette opinion publique, qui veut au moins que Ton sauve les apparences. Dédaignant leurs vœux, et comptant sur Timpunité, plusieurs se jetèrent dans les spéculations commerciales. D'autres , violant avec scandale cette chasteté qui devait être leur premier devoir, s'abandonnèrent publiquement & tous les excès de la débauche la plus honteuse (i).
Au milieu de ce désordre» la conversion des infidèles n'avançait pas. Les missionnaires , qui brûlaient de faire des prosélytes , sans se donner la peine de les instruire, admettaient dans l'église des sauvages dont ils ignoraient la langue , et auxquels ils ne pouvaient par conséquent expliquer les mystères de la foi. Chaque horde, intimidée par l'approche
(i) Le père d'Acosta , 11 v. IV. Benzoni , Fr«zicr , Gentil , Corèal , Robcrtson.
t)E L^UISTOIRB DU MEXIQUE. l45
Ûci Espagnols on eutraioée par l'exemple de ses chefs, adoptait sans réflexion la croyance des yainqnenrs. Durant cette foreur de coU'* yersion, on vit un seul prêtre baptiser cinq mille Indiens en un jour, et ne s'arrêter qu'épui5;é de fatigue et manquant de forces (i).
Dans le cours de quelques années après la ré« duction du Mexique, le baptême fût administrè à plus de quatre millions d'hommes. Ce ^èle outré n'a produit qu'un horrible mélange de christianisme et d'idolâtrie, qui s'est enraciné dans l'esprit du peuple el s'est transmis à ses descendans. Aujourd'hui même , chaque fois qu'ils peuvent se soustraire à lasurreillance des Espagnols, ils s'assemblent pom* pratiquer quelques cérémonies de l'ancien culte.
Charles-Quint persévéra dans ses efforts pour améliorer la triste situation des Indiens. Un code de lois humaines fut accordé aux colonies. Par un de ses principaux articles, il était établi qu'aucune distinction n'existerait désormais entre les conquérans , les colons et les naturek ; et que tous seraient également admissibles aux emplois civils, religieux et militaires. Les co-
(i) ToiTii)io , liv. i*'. Torqaemada, Ut. i6.
l46 BESUMÉ
lonies furent reconnues partie intégrante de la monarchie ; et Ton déclara qu'aucune loi promulguée dans la mère patrie n'aurait son effet qu'après la sanction du Conseil des Indes.
Malheureusement ce code de sagesse et de justice ne ftit pas seulement essayé. Les conquérans et leurs successeurs firent prévaloir un système colonial destiné à perpétuer Tignoraiice «t le despotisme. Tout concourut à la dégradation politique des Créoles et des Indiens. Les nations étrangères furent exclues du commerce dç la colonie. 11 fut long-temps défendu , sous despeines sévères , d'y établir des manufactures, d'y cultiver l'olivier et la vigne. Aucun étran* ger ne pouvait y entrer, sans une permission expresse du gouvernement. La mort et lia confiscation étaient infligées à tout habitant qui ne craignait pas d'enfreindre ces règlemens. Le commerce du Mexique entier se réduisait au galion d'Acapulco et à la flotte de la Vera- Cruz,aux ports privilégiés de Séville, de Cadix et de Manille. Les navires de registre, réunis en une flotte, allaient , tous les trois ou quatre ans , de Cadix à la Vera-Crux. Ils étaient ordinairement au nombre de douze à quatorze, escortés par deux vaisseaux de ligne. Pour éviter les
DE l'hISTOIRK du MEXIQUE. l4y
ouragans, ils partaient d'Espagne dans le mois de février ou de join, touchaient à Porto-Rico, etarrivaient, après soixante-dix ou quatre-vingts jours de nayigation, à la Vera-Cniz , d*où leur chargement était porté à dos de mulet k Xalapa. Il s'y tenait une foire où l'approvisionnement d*nu grand empire se traitait comme celui d'une ville bloquée,Xes achats et les ventes étaient concentrés entre huit ou dix maisons de commerce de Mexico. Après avoir pris, en échange des marchandises d'Eiucpe, les métaux et les autres produits de la Nouvelle- Espagne , la flotte partait de la Vera-Cruz,' touchait à la Havanne» pour y attendre les bâtimens qui revenaient de Honduras, de Cartha* gène et d'autres ports; et après avoir long-tems navigué par la latitude de quarante degrés , elle tirait vers le sud -est pour reconnaître le cap St.- Vincent, et aboutissait à Cadix. Le galion d'Acapulco faisait , une fois par an , le voyage de Manille.
> Le tabac, un des produits les plus nécessaires à la consommation des Mexicains, était, dans ces temps malheureux, soumis au monopole de l'Espagne. On le vendait à un prix forcé; et moins il avait de qualité, plus ce prix était éle*
j48 RisuBcé
vé. Pour assurer le débit des eaux-de-yîe de Ta péninsule, on défendait aux Créoles d*en fabriquer. D'énormes impôts ruinaient le commerce, et rendaient les denrées étrangères inaccessibles aux classes les plus aisées.
Ce que le gouvernement' redoutait surtout , était l'introduction; dans ses colonies, de la littérature et des arts de 1* Europe. Rien ne fut négligé pour étouffer les dispositions naturelles des Créoles. Dans les cc^léges, quelques mots d'un latin barbare, une philosophie pédantesque et surannée, les dogmes théologiqnes, et à peine les premières notions des mathématiques, constituaient toute l'éducation de la jeunesse. On.ne lui donnait aucune de ces connaissances utiles et fortes , qui développent l'intelligence. L'étude de l'histoire, à l'exception de celle de l'Espagne par le jésuite Mariana, était négligée ou interdite. Quelques écoles particulières , destinées à suppléer à Tinsuffisance de l'éducation publique , essayèrent vainement de se soutenir. Minées sourdement, ou renversées avec violence par une autorité despotique , elles s'écroulèrent sous les coups de barbares magistrats , qui répétaient sans cesse qua
DE L HISTOIRE DC MEXIQUE.. Iqg,
c'en était fait des colonies, si iVdacation y devenait populaire (i).
Les Tice-rois , oivoyés par FEspagne poor représenter le monarque et pour protéger le»
intérêts des citoyens, se firent remarquer les premiers par la ^dotation des lois. L'état leur accordait 60,000 piastres , plus de 3oo,ooo (r. Cette somme leur paraissant insuffisante pour figurer avec honneur, au milieu de certains colons dont le revenu actuel était trois ou quatre fois plus considérable , ils adressèrent à la métropole de fréquentes réclamations qui ne furent- pas souvent écoutées^ On ne cite que le chevalier de Croix , don Antonio Bucareli , et le marquis de Brancifoite, dont le traitement ait été porté à 80,000 piastres , - plus de 400,000 francs. Cette faveur de la cour ne s*étant pas étendue à leurs successeurs, on les vit se précipiter sur la Nouvelle- Espagne comme sur une proie certaine, et renonçant à tout scrupule d'honneur, ne s'oecuper, dès leur arrivée , que de leur propre fortime. Le vaste intervalle qui les séparait de la patrie, leur paraissait une sauve-garde assurée. Les moyoïs
(1) John Byerley.
l5o RÉSUBlé
d'amasser des trésors ne leur manquaient pas. Ils fayorîsaient les plus riches habitans de la colonie dans la distribution des emplois , dans le partage du vif-argent pour le service des mines, dans la facilité de commercer en temps de guerre avec les colonies des puissances neutres. Un vice-roi n*avait pas, à la vérité, le pouvoir de promulguer des ordonnances de commerce; mais il interprétait à son gré les ordres de la cour, ouvrait un port aux puissances neutres, ' alléguant , en faveur de cette mesure , des cir» constances urgentes^ protestait contre un décret royal, lors même que la signification lui en était réitérée , accumulait mémoires sur mémoires ; et soutenu, en Amérique par un assesseur d'esprit , à Madrid par des amis puissans, il gouvernait arbitrairement le Mexique Stins craindre la résidence, nom par lequel on désignait le compte qu'était obligé de rendre de son administration tout Espagnol qui avait occupé un emploi supérieur dans les colonies. Par ces honteux moyens il accumulait, en peu d'années, plus d'un million et demi de piastres (i). Environné d'mie pompe presqu'égale à celle du mo-
(i) M. de Humbolt,L. XIV.
DB l'hISTOTHB du MEXIQUE. l5l
narqne, ayant des coureurs pour lui faire ouyrir on passage à travers la multitude, et des pages pour le servir, il ne s'occupait qu'à promptement amasser des richesses, afin de revenir étaler dans la péninsule un luxe ac* qmr au prix du sang des Indiens. Bientôt la corruption de la vieille Espagne gagna le Nouveau-Monde. Une barrière s'éleva entre les colonies et la métropole. Retranchés derrière cet impénétr'^ble rempart, les vice-rois abreuvèrent les naturels et les Créoles de mépris et de cruautés; Tohéissance passive s'établit avec toutes ses conséquences ; et le peuple fut courbé sous une tyrannie effroyable. Le caprice tint lieu de lois; l'intérêt et l'ambition remplacèrent la justice; les citoyens furent dépouillés de leurs droits ; une autorité sans bornes devint le pai^ tage d'hommes sans éducation, sans talent, sanscaractère; et bientôt les fonctions publiques, rendues vénales, ne furent plus accordées qu'à de misérables bouffons de cour (a).
L'impartialité exige, toutefois, que nous avouions que tel n'a pas été le caractère et la conduite de tous les vice-rois. On en a vu qui^
(a) John Byerley, hist.
« loÎD -de dierdier à s^oirichîr par de. hopte c at
moyens, ont contfmment fiiit preuve du pfa»
noble et da plot giénénenx déantéreiteBicnt.
Ptfmi oes dmicny les MgjM<»in » ^'^ rtrimi nÎBHm ne perdront pas la m^nu i ir e da cdiutie-de Ht^ ▼illagigedo tt dn dteraliar de Àaamtm^ deox hommes d^état également recommandahfet par leurs yertn^pdbliqaes et prîréesy et dont la sfltge administratioD* aurait prodnt encora de plus grands biens, n Ibnr positibn lenr avait permis de suirre librement la canière qu'ils s'étaient proposée.
Noas ne mettrons pas sous les yenx de nos lecteurs , la Ufite des yice - rois qui gouTernèrent le Mexique depuis la conquête. Cette froide nomenclature n'am*alt pour eax rien d'intéressant. Une remarque dignç d'être laite, c'est qu'entre ceux qui ont régi la colonie de i535 à 180S., il n'y en a en qu'un seul né en Amérique , le Péruvien don Juan de Acuna , marquis de Casa Fùerte ( i-yaa — 1734. ) f homme désintéressé et bon administrateur. On ne sera pas , non plus , fâché de savoir qu'un descendant de Cristophe Colomb et un descendant de Montézuma ont été yicerois de la Nouvelle-Espagne. Don Pedro Naoo
DE l^^HISTOIRE DU MEXIQUE. l53
Colomb y duc de Yeragaas , fit son entrée dans Mexico en 1678 , et moarat six jonrs après.
Don Joseph Sarmiento VaUadarès , comte de Montéznma , gouverna le Mexique de 1697 * 1701 (i).
On ne doit pas confondre la dénomination d'Anahuac , avec ceUe de Nouvelle-Espagne, Avant la conquête , le {uremiep de ees noms désignait , comme nous l'avons dit , tous les pays compris entre les 14* et 21* degrés de latitude. Outre l'empire de Montéznma , les petites républiques de Tlascala et de Cholula , les royaumes de Tezcnco et de Mecboacan appartenaient à Fancien Anabnac, qui comprenait par conséquent les intendances de Mérida , de Oaxaca , de la Vera-Cruz , de la Puebla , de Mexico , de Yalladolid , de Guanaxuato , et la partie méridionale de celle de Guadalaxara. Cortez découvrit la Californie. Quelques mineurs s'établirent dans l'intendance de Zacatecas. Enfin celles de San-Luis , de Potosi , de la Sonora , de la vieille Californie, de lanouvelle Biscaye et du nouveau Mexique, furent » à différentes époques, et seulement dans queU
(i) M. de Hnmboldt Uv. YIIK ,
qnflt parties y i^atèt Tisitées que somnices pat def minrart , des «iTttu « des naTÎgatenn »
dci «Tentiirierfl et det mlMionnairei. Non»
ne cîteroiM pas itt, malgré l'importance ^^b ont eue trop long • t^nps , les ▼ojages ap9€riplics de FerMr llaldonaldy Juan de Fnca et Barthélémy Fonte. Plusîeors officiers de h marine espagnole» parleurs recherches lafto»
rieuses et leur saTante critiqney ont détrw^ complètement tontes les impostures répandnet ioua le nom de ces trois navigateurs. Le aam de Gabcfllb n'est pas aussi célèhrei A la Téritéy la rdatioii d'un voyageur modeste ne peut ofifrir le charme qui s'attache à rillufion.
Cahrillo parcourut les côtes de la nouvelle 1543. Californie, jusqu'au 37* 10*. Le 3 janvier i543p il mourut dans Tile de St-Bemard , près do canal de Ste-Barbe ; mais Ferrelo , son pilote» continua ses découvertes vers le nord jusqu'au 43* degré, où il vit les c6tes du cap Blanc » appelle par Vancouver le cap Horforde.
Pour s'attirer les grâces de la cour, les con« quérans, les missionnaires et les premiers colons donnaient ordinairement de grands noms à de petites choses. Ils avaient fait , par exemple, un royaume de X^n , d'une contrée dont la poput
DE l'hISTOIKE du aiEXIQUK. i55
lation entière nVgalait pai le nombre des Franciscains en Espagne. Quelques cabanes réu« uies prennent souvent le nom pompeux de -ville. Une croix , plantée dans les bois de la Oayane , figure , dans les cartes qu'on a envoyées à Madrid et à Rome, une bourgade habitée par les Indiens. Il faut avoir vécu long* temps dans TAmérique espagnole, et avoir vu de près ces simulacres de royaumes, de villes et de bourgs, pour se former une éiïhelle de proportion, qui réduise les objets à leur just« valeur.
Peu de temps après la destruction de Tempire mexicain , les conquérans espagnols fondèrent des colonies permanentes, au nord du pays d*Anahuac. La ville de Durango fut bâtie, en iSSg, sous le gouvernement du second viceroi de la Nouve'le-Espague, Vélasco I*'. Ce ^SSy. n'était alors qu'un poste militaire, destiné à réprimer les incursions des Li -iens-Chichimecas. Plus tard,levice-roi, comte de Mopterey, envoya auNuuveau-Mexique le vaillant Jean d'Onâte;et ce général , après avoir expulsé les tribus d'indigènes errans, ))eupla les bords du Rio grande du nord. De Chihuahua, on peut aller en voiture à Santa-Fé duNouyeau-Mexique.Oxise sert
t56 RisUMlB
ordinairement de calèches que les Catalan!
appellent vohmus. Le diemin est beau , égal»
bien tracé; il anit la rive tyrientaledoifiB» gnutém, ILa.tanpagBeert^pîttorefqQe9 oniée de beans penpUan et d'^vtrei aibres de la zAtHb tem^ péh^ CSe pays, i|iiiM^ne lutoé sons la même Im- ' titpdeye la Sjrie et la Perse centrale; é p rô Q Te on firoid presque continuel. Un pen an nord de âanta-Fé, on passe le fleuve sur la glace. Les eoloiis de cette proTtnce, connus pour la grande énergie dç leur caractère « nrent dans un état de guerre continuel arec les Indiens qui les enrâoiment; et comme on est peu en sûreté en lase campagne y les yilles sont plus peuplées qu'elles devraient Tétre dans un pays si déaert.' Ces Indiens ne sont pas cependant tous également barbares. Ceux de l'est font quelque trafic avec les blancs , mais sans les voir, et d'apièt certaines bases dont on remarque les traces chcs les nations africaines. Les sauvages* dane leurs excursions, plantent de petites croix le long de la route de Chihuahua à Santa - Fé, et y suspendent une bourse de cuir avec un peu de viande de cerf: au pied de la croix, se trouve un cuir de buffle. L'Indien indique ainsi qu'il veut éjtabiir un commerce d'échange avec les adora*
toE l'hISTOIBK du MEXIQUE. i57
leurs de la crolx^ et offre au Toyageur chrétien nu cuir coutre des vivres , dont il ne &xe pas la quantité. Les soldats des garnisons voisines, qui entendent ce langage symbolique, prennent le cuir et laissent à la place de la viande salée. Voilà un système de commerce qui démontre un mélange extraordinaire de bonne foi et de méfiauce (a).
En i583, François Gali, dans un voyage de ^^?^> Macao à Acapulco découvrit la côte N.-O. de de TAmérique, sous le 67* degré 3<Tmînutes; et, comme tous ceux qui ont visité postérieurement la Nouvelle-Cornouaille, il admira Teispect de ces montagnes colossales dont la cime est couverte de neiges étemelles, tandis quetla base présente la plus belle végétation. Les succès continuels de l'Espagne excitaient la jalousie des autres peuples. Le Mexique s'en ressentit; et, tan« dis que des navigateurs castillans se couvraient de gloire dans de lointaines plages, les côtes furent souvent en proie aux corsaires, aux pirates et aux escadres des autres nations. L'intérieur de l'empire n'était pas plus tranquille. Les Chichimecas, trop fiers pour plier sous le joug,
(1) M. de Humbold. Tamaron.
t58 &ésuM£
s'étaient réfugiés dans les cavernes des monta* gnes , où leur férocité naturelle s'était accrue. La nouvelle révolution qui bouleversa Tétat de leur patrie, ne les disposa pas à des mœurs plus douces. Irrités de changer toujours de maîtres, ils portèrent le fer et le feu dans les établissemens qu'on formait dans leur voisinage ; ils égorgèrent les ouvriers qui entreprenaient de fouiller leurs mines. Vainement construisit* on des forts pour les contenir. Il fallut de tSgô*. grands travaux pour les soumettre. Ce ne fut qu'en iSg6, sous le vice-roi comte de Mon« terey, que le pouvoir des Espagnols fut établi depuis la péninsule de Yucatan et le golfe de T'^huantepec, jusqu'à la source du fleuve du Nord et les côtes de la nouvelle Californie.
Les anciens habitans de Mexico avaient tou* jours été exposés à des inondations , qui leur faisaient payer clier l'avantage de leur position. Lorsque la ville eut été rebâtie par les Euro-> péens, les bâtimens, trop pesans pour les pilotià qui les supportaient , s'enfoncèrent en peu de temps de quatre à six pieds. Pour prévenir de plus grands malheurs, on dépensa des sommes considérables à construire des digues qui ne furent d'aucun secours. Enfin , un ingénieiu*)
DE L*HISTOIRB DU MEXIQUE. iS^
appelle Martinez , eut l'idée de creuser un canal souterrain , qn*on jugea préférable à tous les plans de ses prédécesseurs. On mit sur le champ la main à Toenyi^e. Les habitans de Mexico se Tirent taxés au centième de leurs maisons, de leurs terres, de leurs marchandises, impôt jusqu'alors inconnu dans le Nouveau-Monde.
Après avoir imposé le [ieuple et condamné quatre cents soixante - onze mille cent dnquante-quatre Indiens k six mois de travaux les plus fattgans , la cour de Madrid renonça à l'entreprise qui fut jugée impraticable, et ordonna que la capitale serait transportée ailleurs ce qui ne l'était guère moins. On ne lève pa» une Tille comme un camp. De très-humbles remontrances furent adressées à la cour, qui consentit à ne pas déranger les Mexicains ; mais elle envoya à la Nouvelle -R^pagne mi ingénieur hollandais , qui fut d'avis de consH'uire autour de la capitale de grandes chaussées de terre revêtues de maçonnerie. Sur ces entrefaites, arrive un nouveau vice-roi, le marquis de Guelves, qui, sans connaître l'état du pavft» ordonne à l'ingénieur de faire déboucher de nouveau dans le lac les ruisseaux qu'il en a détommés, afin de voir si réeUement le péril est
l6o RESUME
tel,qu*on le lui représente. La crue du lac fut si considérable que le TÎce^roi révoqua ses ordres. Martinez recommença ses travaux hydrauliques. Mais tout à eoup ils furent inter-
1629. rompus, le 30 juin 16^9, par un événement dont les véritables causes sont restées cachées. Les pluies avaient été fort abondantes : Tingénienr boucha son passage souterrain ; et la cité de Mexico fut inondée à un mètre de hauteur; la grande place et le quartier de saint Jacques restèrent Mvàa à sec ; on navigua dans les autres rues. Martinez fut mis en prison pour avoir, djisait le peuple, fermé la galerie, afin de donner aux incrédules une preuve évi* dente de Futilité de son entreprise. Il déclara au contraire que, voyant une- masse d'eau infiniment supérieure h celle que comportait la galerie , il avait préféré exposer la capitale au risque passager d'un débordement, que de voir détruire en un jour l'ouvrage de tant d'années. Mais la ville resta inondée cinq ans; depuis
x634* 1629 jusqu'en i634, le trajet dans ses rues se fesait en canots, comme avant la conquête ; et l'on dut construire, devant les maisons , des ponts de bois pour les gens à pied. Dans cet intervalle , les faiseurs de projets ne (jtisconti-i^
DE L*HI8TOI&E DU MEXIQUE. t(}9
Boaieiir pas- lenrs recherches. Quatre nouveaax plans furent présentés au TÎce-roi marquis de Cerralvo, et longuement agités. L'un, proposait de diriger les eaux du lac vers tro^^ cavernes de pierre-ponce qui se trouvent aux enarirons de Mexico. Un autre , le jésuite François Calderon, prétendait q|ie« dans U partie la- phis profonde de cette petite mer, se trouTait un égout qui, agrandi, absorberait toutes les eaux. U appuyait son- assertion du témoignage de plusieurs indigènes. Le vice-roi chargea de Texamen de ce projet les chefs des communautés religieuses. Les moines et le jésuite employèrent trois mois k sonder le lac , et ne découvrirent cien. Mais les Indiens persistèrent dans leur dire ; et il n'est pas rare d'en rencontrer aujourd'hui qui croient au merveilleux égoût , avec autant d'obstination que lé père Calderon lui-même.
Dans les cinq années que dura l'inondation, la misère du peuple s'accrut horriblement, le commerce fut suspendu , plusieurs maisons s'écroulèrent, d'autres devinrent inhabitables. On vit, au milieu de ce désastre, le vénérable archevêque don François Manso y Zuniga sortir tous les jours en canot pour aller distri*^
•J-* 1 1^35. buer du paîn awx pauvres. En i635 , la cour
Madrid ordonna, pour la seconde fois, que la <
serait transférée entre Tacuba et Tacubaya. i
ordre n*eut pas de suite: Mais le vice-roi fit
nir à Mexico Timage de Notre-Dame de G
deloupe , et la garda long-temps dans la ▼
inondée. Après de terribles et fréqucns tre
blemeus de terre, la vallée s'ouvrit sur plusie
points ; et ce phénomène , disent les incrédul
aida beaucoup an miracle de la sainte image
Cette vierge D*est pas la seule à laquelle
|.- 1 Mexicains aient recours dans les calamités ]
" ' bliqnes. Celle de los Remedios a , suivant
Européens, plus de mérite encore. La premî* est indigène, ayant apparu environnée de flei dans le mouchoir d'un Indien; la secoùde venue d'Espagne avec les conquérans. I Créoles et les Indiens voient avec peine qi dans les grandes sécheresses , l'archevêque fa arriver de préférence l'image de la vierge los Remedios. De là le proverbe : «Tout, jusqi l'eau , doit nous venir d'Europe. » Si , mal^ son intervention , la sécheresse continue , 1' chevéque permet aux Indiens d'aller ch< cher Notre-Dame de Guadeloupe. Cette p< mission remplit de joie le peuple mexicain, si
tout lorsque, chose assez naturelle, à une longue sécheresse succèdent des pluies abpndantès. Des ouvrages de trigonométrie imprimés dans la Nouvelle-Espagne sont dédiés à cette puissante protectrice. Sur la cime- de la montagne de Tepeyacac, au pied de laquelle se trouve' son riche sanctuaire , s*élevait autrefois le temple de la Ccrès mexicaine, appellée Tonantzin (notremère),Centeolt (déesse du maïs), ,ou Tzinteolt (déesse génératrice) (i).
Enfin, le vice-roi, marquis de Cerralvo, mit en liberté Martinez , et fit construire la chaussée de Saint-Christophe, telle , à peu dé chose près , qu*elle existe aujourd'hui. Les travaux de dessèchement se poursuivirent avec peu d*ardenr de i634 à t63y, époque où le vice-roi marquis de Villena les confia an père ^^^7' Louis Flores, commissaire général de Tordre de saint François. On cite avec éloge Tactivité de ce religieux, sons la direction duquel on résolutdéfinitivement d'élever la voûte delà galerie «t de creuser un canal ouvert, dont l'ancien passage souterrain ne serait qu'un embranchement.
Les Franciscains eurent le secret de conser- Ter cette entreprise hydraulique sous les vice-
(i) M. de Humbolt , cbap. 8.
Ll.;il
164 SESOMB
rois suirvans , Tévéque de Puebla , Yéyéi Yucatan , le comte de Banos qui finit faire carme décliaussé, et Tarchevéc; Mexico, Henri de Ribera , moine de sai gustin. Fatigué de l'ignorance et de la ] monacale, le fiscal Martin de Solis obtii cour les travaux de dessèchement , et ne pas mieux. Enfin, sous le gouvernement d roi marquis de Croix , le commerce de I se chargea d'achever l'entreprise, moyen:
concession de l'impôt sur les denrées et pour se rembourser de ses avances. L'oi avait été estimé, par les ingénieurs, un i deux cent mille piastres. Le commerce Vi avec huit cent mille ; mais au lieu de l Il : en 5 ans, et de donner au canal 8 mètres de
y\ y employa 22 ans, et conserva la gale Martinez. Depuis lors, on n'a pas cessé c fectionner ce travail , en élargissant le fc la coupure, et en adoucissant les pentes, faut cependant de beaucoup que le can; encore en tel état qu'on n'en craigne f rupture. On ne peut cependant nier que 1' en son état actuel, soit une des œuvres hi ligues les plus gigantesques qu'ait exéc g('nie des hommes. Si le canal se remj