‹ Résumé de l'histoire du MexiqueChapitre 5 sur 26 · IJ · texte numérisé non relu

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sm l'histoire du mexiquk. t65 d*eaii à la haateor de dhr mètres , les pins gros vaisseaux de guerre poniraient traTcrser la thauÈC de montagnes qni enyironnent le plateén de la capitale.

Qnoiqae, dans ses expéditions de Californie, Femand Cortez eut dépensé deux cent mille ducats de son patrimoine, et que Sébastien YiscainOy le premier naTigateur de son siècle, eût pris possession de cette péninsule , ce ne, fut ^ "^^ qu'en i64a que les Jésuites obtinrent dV former des établissemens permanens. Jaloux de leur pouvoir, ils luttèrent avec bonheur contre les efforts des Franciscains , qui , de temps en temps , essayaient de pénétrer dans ce pays.

Mais les pins dangereux ennemis qu'ils eurent à combattre, furent les soldats des postes ▼<»siis; car, sur ces confins de la crvilisatimi européenne , la puissance législative et executive était distribuée d'une manière assez étrange , et le pauvre Indien ne connaissait d'autre maître qn*nn caporal ou un missicmnaire. La victoire des Jésuites fut complète. Une oédule royale mit sons les ordres du père président des missions, tous les militaires» y compris le capitaine du détachement de Lorette.

Moini on oooiiait ««.payai» plus il est éloîg^

t(^6 resumb

des colonies mieux peuplées, et plu» facilement • la. renommée exalte les trésors qu*il possède. L'esprit humain se plaît dans ces contes mer* vcilleux , que les premiers voyageurs savent répandre avec audace. Snr les côtes de Caracas y. on parle des richesses des pays situés entre rOrénoque et le Rio-Negjo; à Santa-Fé,des missions des Andaquies ; à Quito , des provinces de Macas et de May n as. La Californie st lon^ temps été le Dorado de la Nouvelle-Espagne. Un moine, le frère Marc de Nizza , enflamma les têtes mexicaines par ses récits fabuleux des contrées situées au nord du golfe de Californie » de la magnifique ville de Cibola, de sa popula* tion , de son gouvernement , du degré de civilisation de ses peuples. Cortez et Mendoza s'en iG83. disputèrent la conquête; mais en i683 , vinrent les Jésuites , et tous ces beaux rêves s'évanouirent. Le peu de succès des travaux métallurgiques entrepris à Sainte-Anne , diminua l'enthousiasme des mineurs. Cependant , quelques babitans de Mexico n'abandonnèrent pas leurs idées ; ils soupçonnèrent les Jésuites de cacher à dessein les ricliCsses qu'ils avaient trouvées, et de chercher à donner le change sur le pays qui les produisait. Ces considérations

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déterminèrent le visiteur GalTes , que son estait chevaleresque aTait jeté dans une expéditiom contre les Indiens de la Sonora , à porter set pas en Califoraie. Il ne rencontra que des montagnes nues, sans terre , sans eau , sans la moindre trace de végétation. Cette péninsule , qui , sur une étendue égale à celle de TAnglegleterre, ne renferme pas la population des petites villes de Ipswick ou de Deptibit , «st située sous le même parallèle que le Bengale et les Canaries. Le ciel y est constamment serein , d^m bien d*azur et sans nuage; et s'il s'en montre seulement an coucher du soleil , ib resplendissent des plus belles teintes de violet , de pourpre et de vert. Ce séjour serait délicieux pour un astronome , si la terre y était aussi belle que le soleil , et s'il ne rencontrait pas sons ses pieds un sol aride, desséché et couvert de poussière, comme sur le littoral de la Provence. Une cordillière, qui cenpe la péninsule dans sa longueur , est peuplée d'une espèce id*animal qui , par sa structure et par ses habitudes, ressemble au mouflon de la Cerdagne.

l^es Espagnols le nomment mouton sauvage ; il saute en baissant la tête, comme le cabri des Alpes ; et ses cornes sont recow-bées intérieure-

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ment en spirale.' Il diffère essentiellement de là chèvre sauvage de la Nouyelle-Californie» qui a le poil blanc cendré , et les cornes touriiéet en arrière comme le chamois.

Malgré l'aridité presque générale de la Vieîlle- Califomie, il est des parties de cette contrée , oà croissent le maïs et un excellent vin qui ressemble à celui des Canaries ; mais elles sont en fort petit nombre. Ce qui a engagé particulièrement les voyageurs à parcourir les côtes de ce désert , c'est la pèche des perles, qui abondent surtout dans la partie méridionale.

Elles ont une eau fort belle, et sont grandes, quoique la forme de la plupart soit irrégUf Uère. La coquille qui les produit, se renccmtre principalement dans la baie de Cerralbo , aux environs des îles de Santa-Cruz et de Saint- Joseph. Cette pèche est aujourd'hui abandonnée.

Depuis la pacification générale du Mexique par le vice roi comte de Monterey , la tranquillité de ce pays n'avait été qup légèrement 1692. troublée par les Indiens , lorsqu'en 169a, manquant de maïs, ils se portèrent en foule au palais du vice-roi don Gaspar de Sandoval, et l'incendièrent, ainsi que Tliôtel de ville et

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les prisons. Ce magistrat , poursuivi par les mutins , ne put échapper à leur fureur qu^en se réfugiant dans la cellule du gardien de saint François. Malgré cet événement, la cour ne crut pas devoir augmenter les forces militaires de la Nouvelle-Espagne. Dans ces temps où la plus intime union régnait entre les Mexicains et les Européens, la métropole ne se méfiait que des Indiens et des Métis. Le nombre des Créoles blancs était si faible , qu*ils penchaient généralement à faire cause commune avec les Européens. A cette réunion de circonstances doit être attribuée la tranquillité qui régna dans les colonies espagnoles , lorsqu'à la mort de Charles ii , deux princes étrangers se^dispnlèrent la possession de l'Espagne. Les Mexicains restèrent paisibles spectateurs de la grande lutte des maisons de France et d'Autriche. Les colonies suivirent sans opposition le sort de la métropole; et les successeurs de Philippe V ne commencèrent à redouter l'esprit d'indépendance qu'à l'époque de la grande fédération des états libres de l'Amérique septentrionale.

Autant le sol de la vieille Californie est aride et pierreux, autant celui de la nouvelle est

t-^O RESUME

fertile et productif. Le climat y est plus doux qu'à la même latitude sur les côtes orientales du nouveau continent. Le ciel est ordinaire* ment couvert; mais de douces pluies entre-»

tiennent la végétation. Dans lesdix-huit missions de la nouvelle Californie , on cultive en abondance toute sorte de céréales , sous la direction de trente-six Franciscains, nés en Europe.

^7"9» Les premiers colons , qui y arrivèrent en 1769 f trouvèrent dans l'intérieur du pays des ceps de -vigne sauvages, qui produisaient des raisins assez gros , mais fort aigres. Les missionnaires les ont remplacés par la vigne européenne, qui , sur toute la côte , au nord et au sud de Moiiterey, produit d'excelleiis vins. L'olivier de France réussit prés du canal de Sainte- Barbe. La partie septentrionale de la nouvelle Californie est babit(>e par les deux nations Bumseu et Escelen. A la baie de Saint-Francisco, sont les tribus distinctes des Matalnns« des Salsen et des Quirotes. Dejuiis San-Diego jusqu'à San-Fraucisco , sur une étendue xle cent quatre-vingts lieues . on parle dix-neuf langues» qui ne peuvent être rei^ard/^es comme des dialectes d'un petit non^bre de langues mèzes. Les Lidiens des missions s'occupent,

DK l'iIISTOIRK DIT MEXIQUE. ly^

^puis quelques années , à faire de grossier»

manteanx de laine , ni^peMés /resadas; mais letir principal ^travail est la prépara' ion des cuira* de cerf.

Dans la cordillière qui longe la côte , et dans les prés voisins , on ne rencontre pas de buffles. Mais les plus hautes montagnes, qui se couvrent de neige en noverabi'e , nourrissent ces chèvres sauvages au poil blanc cendré , aux cornes recourbées en arrière , dont nous avons déjà en occasion de parler. Sur les coteaux , et dans les plaines où le gazon croît en.

abondance , ou voit de grands troupeaux de cerfs d*une taille très-élevée , ayant des cornes arrondies et longues; ils vont par bandes de quarante à cinquante, et sont de couleur grise sans taches : leur bois a ordinairement quatre pieds et demi. Enfin , si Ton en croit les voyageurs, ce cerf est un des plus beaux quadrupèdes de l'Amérique espagnole. Il court avec une rapidité extraordinaire , penchant la tête en arrière et appuyant son bois sur son dos. Les chevaux de la nouvelle Biscaye , qni ont la réputation d'être d'excellens coureurs , ne peuvent les atteindre. Ds arrivent seulement au moment où il s*arréte pour étancbcr s;^

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soif; et alors , le cavalier qui le poursuit , lui jette un nœud coulant semblable à ceux dont on se sert , dans les colonies espagnoles , pour prendre les chevaux et les bœufs sauvages. Les Indiens emploient un autre stratagème fort ingénieux, pour surprendre et tuer ces animaux. Ils coupent la tête d'un cerf, dont la bois est long , la vident, en ne conservant que le poil et la peau , et la mettent sur leur propre tète. Ainsi déguisés , portant avec eux un arc et des flèches , ils se cachent sur les monts , ou dans les prés où l'herbe et haute ; et imitant les mouvemens de l'animal qui broute , ils l'attirent par cette ruse , et le prennent.

Tandis que la nouvelle Californie prospé^ rait sous le sage administration des FVancis* cains , les Jésuites , qui avaient vainement essayé de renouveller, dans la vieille Californie, les miracles du Paraguay , recevaient la cédnie du roi d'Espagne, qui les chassait à perpétuité de tous ses domaines. Six mois suffirent pour extirper sur tous les points ce redoutable fléau , lèpre de la civilisation chrétienne.

Les Dominicains de Mexico remplacèrent les Jésuites dans leurs missions. Moins habiles , mais plus vertueux que leurs prédécesseurs,^

D£ L*^III8TOIRE DU MEXIQUE. IjB

ils n^obtinrent pas de plus brillans saccès. Les naturels ', qui Tivent hors des établissemens, sont , de tons les sauvages connus, ceux qui se rapprochent davantage de l'état de nature. Ils passent des jours entiers étendus , la bouche posée sur le sable , savourant la dialeur que lui a communiquée la réverbération du soleil. Us repoussent tout vêtement; et un singe habil|j^ ne parait pas plus ridicule au pÀiple de nos villes, qu'un Européen aux Indiens de ces régions. La religion de Thomme sauvage est la crainte. Quand les premiers missionnaires pénétrèrent dans ce pays, trpis divinités vengeresses, Niparaya, Wactupuran et-Sumougo, fesaient trenibler les Pericuos , les Menqttis et les Vehities. Les missions de la vieille Californie ne vont plus qu'au nombre de seize , qui ne renferment ensemble que quatre à cinq raille Indiens cultivateurs. On attribue cette dépopulation aux maladies contagieuses ; ne serait il pas possible que l'administration monacale y fût> aussi pour quelque chose ?

L'expulsion des Jésuites n'est pas le seul bienfait du règne de Charles m. Ce monarque ami de son peuple débarrassa le commexpe des. colonies des entraves qui , pendant trob siè-

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174 situai

àtm, iTaîoif nrMM marebeiED rtfjfJB«nt 1 la lituation du Hsxiqoe Ion. da loa «Wae^ Ment OD trAne, et an nonc^le^imz qta'aTaBt.

celtohearaue épo^x Sérille et Cadix escf^Maat av rAmériqiM, on ne doit pa* Mre étomA 9» le f^meax r^gUmcnl ^ reiiTBwa tant d'olwlaclM ait été déngné imat le oum «U jir^ffmatiqne uuietioK Jn eomnieref, lUrv. Esk cpinmerce cdbime en polidqM , le mot litarti n'exprime qn'une idj« relative; et de Foppreaùon lont laqneUe gémitMient le* coIodb dam le temps deigalioDi,dei regi«lresetde»flMtea,â cet état de choia* qui oQirit , pmqa'en raâmetempi, quatorze port* aux prodoctiiuM de* rAmrriqiie, le passage est égal i celui du de*-poiitinele phiB arliitraire à une liberté uàC' tionnée par la loi. Il est Trai que la métropole et les colonies eussent eocore plus gagné 1 ce changenieDl, si,aiissi(ât après la publication dn décret qui rendait la liberté au comincnce , oa en eût promulgué un autre qui eut anunlé un tarif de douane diamétralement opposé aux progrrs de l'agriculture et de l'industrie des Américain»: mais il ne fallait pas espérer qne l'Espagne donnât la première l'exemple de 6e départir d'an système* colonial , qui, malgré

7)B L^HTSTOIRE DU MEXIQUE. I^S

les plus cruelles expériences contre la félicité îndiyîduelle et la tranquillité publique , a été si long -temps suivi par les nations les plat éclairées de l'Europe (i).

Charles m n'avait garde d'oublier, dans la distribution de ses grices, ces Indiens dont le sort était si déplorable. Son règne vit disparaître les commanderies. U défendit ees honteujt traités, par lesquels les corrégidorS^ se constituaient arbitrairement créanciers, et par conséquent maîtres du travail des Indiens, afin de leur avancer, à des prix exorbitans, des chevaux, des mulets, et de quoi se vêtir. La nouvelle division de la colonie par intendances, due ail ministère de Galves, forma une époque mémorable pour la nation conquise : les petite» vexations, auxquelles le cultivateur était continuellement en butte de la part des magistrats subalternes , diminuèrent par la vigilance active des intendans; et les indigènes commencèrent à jouir des bienfaits que 4eur avaient accordés des lois douces et humaines en général, mais qui , durant ces siècles de despo* tisme, n'avaient pas été mises à exécution.

(i) M. de Hambolf, c. XII.

- • *773. Le ao avril* 1773, le père François G

accompagné du père Font, sortit da po Horcasitas , dans Tintendance de la SonO] après onze jours de marche, il arriva belle et vaste plaine , située à une lieue d tance de la rive méridionale du fleuve Il y trouva les ruines d'une cité, du miliei quelles s'élevait un grand édifice entou murs flanqués de tours, et les débris canal artificiel qui y conduisait les eav 1 ; fleuve. Aux environs, vivaient des Ihdiei

\ tus, habitant ,. au nombre de deux ou

'. : I mille, des bourgades qu'ils appellaient I

eut et Sutaquisan. Il vit des champs sen maïs et de coton. Les missionnaires, voula sayer de les convertir, leur roontrèrei tableau représentant un pécheur cond t aux flammes de l'enfer. Ces hommes pal

\} •* en furent efTray es. Ils les prièrent de ne p

leur faire voir, et de ne plus letnr parler surt< ^1 ce qu'ils croyaient qu'il leur arriverait api

! I mort. Le père Font leur expliqua le boi

j et la sûreté dont on jouissait dans les mi

\ I chrétiennes, où un alcade indien administ:

I , justice. « Cet ordre de choses peut vou

■ ; nécessaire, répondit le chef de la peup

DE x'hISTOIEK du MEXIQUE. I77

pour nousy jamais nous ne Tolons, raremeut nous nous disputons. Dès lors , à quoi bon un alcade ?» La civilisation qu'on renc«jntre aux environs de la côte N. O. de rAmérique, depuis le 33* jusqu'au 54*" degré de latitude, est un phénomène bien singulier, qui ne laisse pas de donner une idée de l'histoire des prenûères émigrations des peuples mexicains.

Le père Garces, se dirigeant vers le nord »

▼isita ensuite le pays des Mosquis, traversé par le fleuve de Yaquesila. Il resta tout étonné, en rencontrant une ville indienne, avec deux grandes places, des maisons à plusieurs étages, des rues alignées et parallèles. Tout,. dans ces régions, semble porterl'empreinte de l'industrie mexicaine. Les premières traditions nous apprennent que les peuples , qui plus tard ont fondé Tenochtitlan , habitèrent auparavant Ie& bords du Napajoa et du Zaguananas. Considérant la civilisation qui existe sur différens points de cette côte , on est fondé à croire que, lors de cette grande émigration des peuplades du nord , quelques tribus se séparèrent de la masse pour se fixer dans les contréesL boréales. Cependant les Indien^ - Moqui , les Xabiques qui portent la barbe longue, et les

ryS RÉSUMÉ

ha&itans dés plateaux contigiis au Bio- Colorado, parlent un idiome bien distinct du mexicain (i).

Au N.-O^de ce fleuve, et bien au-delà del» baie de San-Fraucisco et de )a nouvelle Californie , la côte, qui s'étend jusqu'aux établissemens russes f >nd.''S dans la baie du prince Guillaume, a été, depuis la fin du i6' siècle, explorée par différens navigateurs espagnols ;-

'774' tnaîs ce n'est que depuis 1774, qu'elle a été explorée par ordre des vice-rois du Mexique.

Les expéditions entreprises pour faire des découverte ont été nombreuses; et quelque tempsl'attention de toutes les puissances maritimes de l'Europe a été fixée sur la colonie que le» Espagnols ont voulu former à Noutka. Un mî* sérabic bastion, défendu par quelques pierriers, a failli exciter une guerre sanglante entre l'Espagne et l'Angleterre ; et si le tays ou prince de Noutka a conservé son indépendance, it ne le doit qu'à la destruction de l'établissement

1786. fondé dans l'i'e de Quadra. Depuis 1786 , ce» contrées ont été visitées par différentes nations européennes , attirées par le commerce d#

(ij M. de Humbold, VIIL

DE l'histoire du MEXIQUE. I79

peaux de loutre moriDe; mais cette concurrence leur a été aussi désavautâgeuse qu'aux natu»

rels du pays. Tandis que le prix des peaux a haussé siu* les côtes d^Ain^ique , il a baissé es Chine, l^a fréquentation des Européens a proxluit chez les sauvages une horrible corruption. Les navigateurs ont voulu tirer parti des discordes des tays, en -employant la même politique qui a teint de sang les rivages de TAfriqué. Ils y ont peu réussi ; «t beaucoup de matelots ont déserté leurs navires, pour aller s'établir avec les indigènes. Les géographes, qui se sont emjjressés de morceler le monde pour faciliter Tétude de leur science , ont distmgué sur ^ cette côte une partie anglaise, paè espagnole et neutre, et une russe; mais ces divisions ont en lieu sans qu'on ait préalablement consulté les chefs des différentes tribus qui peuplent ces pays. Si les cérémonies puériles que les Européens appellent prises de possession , si !es observations astronomiques faites sur une côtç récemment découverte, pouvaient .donner un droit de propriété , cette portion du nouveau continent serait partagée d'une étrange manJère-eiitre les Espagnols, Us Anglais, les Ru*ses, les Français et les Américains des Étati-

tSo leiESUBtÉ

Unis. Un même ilôt appartiendrait à la fois à deux ou trois nations, parce que chacune d'elles pourrait prouver qu'elle a visité un de ses caps. La vaste étendue de cette côte, entre les parallèles 55 et 60, a été découverte successivement par Gali, Bering et Tschirikow, Quadra , Cook , Lapérouse » Malaspina et Vancouver.

•Tandis que , dans le nouvel hémisphère^ les conquêtes de la civilisation devenaient chaque jour plus fréquentes , le moment arrivait où Tancîen monde, secouant ses vieilles chaînes,' demanderait aux rois la liberté et le bonheur. Les mouvemens politiques dont l'Europe avait j-3(k. été le théâtre depuis 1789, excitaient le plus vif intérêt chez un peuple qui, depuis longtemps , aspirait à jouir de diffcrens droits dont la privation était pour lui un obstacle à la pros- , périté publique et un motif de ressentiment contre la mère patrie. Le libre commerce avec les puissances neutres , que la force des circonstances avait plusieurs fois forcé la cour de Madrid d'accorder à Cuba , à Caracas , à la Vera-Cruz, à Montevideo, avait mis les colons de la Nouvelle - Espagne en relation avec les Anglo- Américains; les Français ^ les Anglais et

DU I.'hISTOI££ DU MEXIi^L'E. l8l

l«s Danois. Les plauteurs acqui-raieut des conualssances plus exactes sur Tétat de l*£spague comjKiré à celui des autres puissance- européenues ; et ia jenues^, sacrifiant une partie de ses pivjugcs nationaux , montrait une prédilection ri'ûéchie pour les natious plus éclairées que la m^^tropole. Cette disposition d'esprit porta les vice>rois et les gourenieors à prendre des mesures qui, loin de calmer Tagitation, ne servirent qu'à augmenter le mécontent f ïTient. r.sciureut voir un geime de i^vu^ution dans toutes les réunions do&t l'objet c^~<it la proj)ac:utjon des îaniiî-res. On dv. Tondi: cVinipiimer dans les popu!atio:i5 de quftraiste à <:inqiiante mille habitans. On regarda comme suspects îe>ciîu} en s qui, retirés dans leurs terres, liraient eu seciet Montesquieu. Rubeitson ou Ii:.ni>seau. La guerre avant ic^nté en 179! en- 1- ^3, tre l'Espagne et la France, on jeta. da:is ît-s prisons, de niallieiireux Fr a nrîsi rétablis depuis 20 ou 3o ans â ^lexîco. ISn d'eux, craignant dft Tuir reiioUTellei- sur sa p;:-i sonne !e b.iibare spectacle d'un autodafé, mit fiu à ses jcurs dans la prison du saint-office. Son corps fut brtilé sur la place du Quemadero. Vers la même époque, le gu;iveiii«ment cm! découviir une

l8a RÉSUMÉ

conspiration à Santa-Fé, capitale delà Nouvelle- Grenade. Il fit mettre en prison plusieurs personnes coùjpftbles d'avoir reçu des journaux français par la Yoie de Saint-Domingue, et fit subir la torture à des jeunes gens de i6 ans, pour leur arracher des secrets qu'ils ne connaissaient pas. Tant de persécutions aigrirent les esprits ; le mécontentement couvait encore , mais il ne fallait qu'une étincelle pour le faire éclater (i).

(i) M. de Homboldt , G. xiv.

DB l'hISTOIKB du KEXTQl'E. lS3

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