‹ Résumé de l'histoire littéraire du PortgualChapitre 18 sur 61 · CHAPITRE Vlï · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlï

Encouragemens donnés aux études. — Bucbanan, Gouvea appelés à l'Université. — Sa e Miranda. — Antonio Ferreira.

Il y avait eu, comme on le voit, des poètes assez distingues en Portugal; cependant , depuis don Pèdre et Alphonse V, la littérature n'avait jamais reçu d'encouragemens puissans. Sous le règne qui prépara celui de Jean III elle commença à recevoir une impulsion qui ne s'arrêta plus jusqu'aux malheurs de la monarchie ; et , comme on le verra, les infortunes deCamoens tinrent bien moins à l'esprit de son siècle qu'à un concours déplorable de circonstances.

Sous Emmanuel, l'infante dona Maria déployait le plus grand zèle pour la prospérité des lettres; elle écrivait elle-même correctement en latin, et elle donna bientôt ses goûts littéraires aux dames qui l'environnaient. Bientôt aussi quelques-unes d'entre elles se distinguèrent. Dona Sygea écrivit

en latin un poème intitulé Cintra, qui jouit alors d'une grande réputation i.

Jean III fit beaucoup pour les lettres, car il prit la résolution d'établir la littérature sur les bases d'une instruction solide. Il agissait pour la poésie comme il agissait pour les conquêtes : sa sagesse voulait mettre à profit un esprit ardent, mais déréglé.

Par ses soins , des savans nationaux et étrangers vinrent se fixer à Coimbre , et donner une nouvelle impulsion aux études, qui furent réformées. Parmi eux on remarqua Diogo de Teive, les frères Gouvea, et l'illustre Buchanau, qui devint probablement le professeur des Sa e Miranda , des Ferreira et des Camoens,et dont l'inquisition, dans son stupide acharnement, récompensa le zèle par une longue persécution i.

1 Voy. la Notice sur la littérature portugaise qui précède les odes de Francisco Manoel do INlascimenlo.

* Buchanan était rami des frères Gouvea, de Diogo de Teive, et d'autres Portugais, fixés en qualités de boursiers au collège de Sainte-Barbe de Paris; il fut appelé avec eux à Coimbre, et il y professa les humanités et la philosophie. Voy. les excellentes notes du poème de THyssope, p. i^S. On peut voir dans les œuvres complètes de Vabbé de

Sous les hommes habiles que j'ai nommés, les études subirent une réforme à peu près coQiplète, et le grand siècle fut ainsi préparé. Mais ce puissant auxiliaire n'aurait point suffi, il y en avait un peut-* être plus puissant encore dans cet amour de ia gloire qui s'était emparé de tous les esprits, et qui se fondait déjà sur d'illustres souvenirs.

Une nature plus belle que dans le reste de l'Europe, des traditions nobles et imposantes, voilà donc ce qui devait d'abord exercer une grande influence sur les écrivains, leur donner le goût de la contemplation qui convient aux poètes , et celte ardente énergie qui entraîne vers la poésie la plus élevée.

Les Portug.iis du seizième siècle interrogeaient-i's l'avenir, tout semblait promettre à leur natioii une gloire durable : leur langue était répandue dans toutes les parties du monde ; on célébrait partout leurs conquêtes et leurs découvertes : rien ne devait donc arrêter l'essor de leur imagination.

Trois hommes paraissent au commencement de cette période, et ils préparent la

Radonvillers les services que de Teive rendit à la France sous le rapport de Féducalion publique.

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voie aux poètes originaux qui continuèrent à l'illustrer. Ferreira, Sa de Miranda, Gil Vicente, s'exercèrent dans des genres diÔë— rens , mais ils marchèrent souvent vers le même but. Il faudrait peut-être commencer par faire connaître Gil Vicente, comme le plus ancien : cependant je remets à une autre occasion d'en parler, le considérant comme le père de la poésie dramatique en Portugal , et l'on pourrait même dire en Europe, si l'on en excepte l'Italie.

Sa de Miranda et Ferreira sont en quelque sorte les législateurs du Parnasse portugais; ils joignirent l'exemple au précepte, et leur poésie est remarquable par son charme ainsi que par sa correction. Ils fixèrent promptement la langue sur des bases solides; ils donnèrent de nouveaux mètres à la poésie : quoique Camoens fut leur contemporain, sans eux , il n'eut peut-être pas été tout ce qu'il est devenu.

En les lisant on est surpris de l'étude qu'ils firent 'des anciens^ ce fut ainsi qu'ils parvinrent à épurer le langage, et qu'ils surent lui donner un degré d'harmonie dont jusqu'alors on ne l'aurait point cru susceptible. C'est probablement à ces qualités que

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Ton doit attribuer l'espèce de culte que les littérateurs portugais ont voué à Sa e Miranda ainsi qu'à Ferreira, qui ne brillent peut-être pas autant par de grandes conceptions que leurs successeurs, mais dont les poésies sont restées comme de vrais modèles.

Ces deux auteurs ont été également poètes dramatiques ; nous les considérerons comme tels en parlant du théâtre portugais, et des progrès qu'il fit faire aux nations voisines. Francisco de Sa e Miranda naquit à Coimbre dans les dernières années du quinzième siècle [1495]. Quoique son goût remportât vers la culture de la poésie, il obéit d'abord aux ordres paternels, et s'occupa de l'étude du droit. Bientôt il professa cette science à l'université célèbre où il avait été élevé. Son père mourut, et le goût de la poésie triompha chez le jeune Miranda des sacrifices qu'il avait faits à l'obéissance.

En devenant poète il devint voyageur; il alla puiser des inspirations dans la belle Italie, dans la brillante Espagne. De retour à Lisbonne, l'accueil que lui fit Jean HT l'engagea à demeurer à sa cour. Il y jouit quelque temps de la faveur du monarque; mais l'orgueil et l'envie le firent retourner

aux lieux qui convenaient à son esprit mélancolique et rêveur.

En quittant la cour d'un roi puissant, il en emporta une leçon qu'il nous a transmise, et qui peint du moins la conduite qu'il sut y tenir.

« Un homme invariable dans son opinion, n'ayant qu'un seul visage, qu'une seule foi, rompant plutôt que de plier, peut être tout, mais n'est pas homme de cour'. »

Ce poète, que la nature avait doué d'une imiagination si tendre et si rêveuse, n'était donc point resté long-temps dans cette cour trompeuse et brillantej mais le malheur l'atteignit au fond de sa retraite^ il perdit un fils qu'il chérissait , et mourut, à ce qu'il paraît, dans la même année 2.

Rien ne peint mieux, à ce qu'il me semble, la touchante impression qu'il avait laissée

» Homem de Hwn s6 parecer, etc.

2 L'auteur de la "Vie qui précède ses œuvres dit qu'il mourut de chagrin d'avoir perdu sa femme. Après ce cruel événement, il ne voulut plus voir qui que ce lut, et il descendit dans la tombe rongé par une sombre mélancolie.

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dans le cœur de ses amis que ces vers d'un contemporain, Diogo Bernardes :

« Il a vécu toutes ses années, parce qu'il ne craignait ni n'espérait rien. Aimable habitant de nos retraites, qui peut avoir suivi tes traces dans ces montagnes et dans ces bois ? tu charmais par la douceur de tes chants tout ce qui s'offrait sous les pas. Revenu des terres étrangères, tes vertus ont excité l'envie et causé l'admiration : maintenant un long sommed te ferme les yeux, il ouvre les miens aux larmes, et tout pleure ici avec moi'.

Le tombeau qu'on lui éleva attesta aussi les regrets de la nation reconnaissante.

Sa e Miranda avait été l'élève d'habiles professeurs; son instruction était vraiment remarquable, et il possédait à un haut degré les auteurs de l'antiquité. Familier avec le grec et le latin , il modifia ses idées en méditant la littérature italienne. Il écrivit long-temps en espagnol, mais il sentit ce que pouvait devenir le portugais 2^ et il se consacra dès lors au perfectionnement

» Fragment traduit dans le journal étranger de juin 1757.

2 V^oj. M. Das Neves Perreira, Memorias de litteratura portugueza^ ensaio sobre a philologia, etc.

de sa laDgue. Domptant la rudesse de îa phrase, dit un critique portugais , et l'adaptant à une infinité de combinaisons, il établit de nouvelles lois pour la césure métrique, et il détermina l'harmonie que devait avoir désormais la poésie portugaise. Se débarrassant de l'usage commun qui prescrivait strictement l'emploi des vers de huit syllabes , il fixa le mouvement de l'endécasyllabe , presque entièrement inconnu, et prouva qu'il devait être désormais le plus puissant auxiliaire de l'harmonie poétique chez les Portugais.

Sa e Miranda a donné des sonnets, des épîtres, des hymnes à la Vierge, des cfl/icaoes. Il déplora par une touchante élégie la mort de son fils.

Dans ces différens genres de poésie, on reconnaît sans cesse l'homme qui a médité sur les anciens. Mais, comme l'a fort bien dit un critique judicieux, Miranda, qui écrivait d'après son cœur, était original, et jamais imitateur. Je donnerai la traduction d'un de ses sonnets, où l'on retrouve quelque chose de cette mélancolie qui se confie à la nature ^ et qui emprunte d'elle ses images.

« O chos€3 vaines! choses changeantes! quel est le cœur qui peut se fier ù vous? Un jour passe, un autre jour passe : ils sont plus incertains que le vent enflant les voiles d'un navire.

)> J'ai vu ici des ombrages, des fleurs; j'ai vu des fontaines, des eaux , de la verdure; j'ai vu des oiseaux ne chanter que l'amour. Tout est muet, tout est desséché; et moi-même, sujet à ce changement, j'ai varié. Tout se renouvelle : à cela il n'y a point de remède. »

Quoique le génie de Sa e Miranda s'éîève jusqu'aux plus hautes inspirations , il semble appelé surtout à célébrer les charmes de la vie pastorale ; il les fait sentir avec une admirable naïveté, et je suis persuadé, avec un critique de sa nation, que s'il se fut livré à l'apologue, on l'eût considéré comme le La Fdntainedes Portugais i.

Je donnerai un court exemple de cette simplicité; je la trouve dans l'endroit où il compare l'existence de l'homme à celle des animaux que nous soumettons à un joug cruel.

» Das Neves Perreira, Mevi. de litt. port. Les Portugais, dont la lilléralure est si riche dans tous les i^enres, manquent de fabulistes , et c'était à Sa e Miranda qu'il appartenait de combler cette lacune.

56 EESUMÉ DE l'histoire LITTERAIRE

« Le jeune veau bien nourri, plein de lait, court et saute parmi les prés ■ ensuite il travaille avec paresse, il tire lentement le char; avec les jours et avec le travail, il oublie ses anciens jeux. Il n'est plus ce qu'il était', même sous le joug; le bœuf vieillit, on le livre au couteau, et il meurt. »

Je ferai observer ici que tous les objets de la vie pastorale sont ennoblis aux yeux des Portugais^ que, dans leurs églogues, ils introduisent tous les genres d'animaux ; qu'une ridicule délicatesse ne leur fait point chercher de prétentieuses dénominations', pour désigner ceux qui n'ont rien de noble. Ils agrandissent ainsi le domaine de la poésie bucolique ; et qui cependant a plus de vraie délicatesse dans le langage? A une époque où tous nos ouvrages étaient remplis d'expressions que leur indécence a fait supprimer, ils évitaient déjà les mots trop libres, et un style chaste était leur apanage, alors même qu'ils peignaient le délire de l'amour le plus exalté.

J'ai dit que Sa de Mirauda savait s'éîever

J'ai fréquemment admiré chez lui de trés-heureuses imitations des fables anciennes. P^oy. entre autres, le Rat de ville et le Rat des champs, 3^ épit. ; le Cerf et le Cheval qui demande un maître, 1. 1, p. 198.

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jusqu'à la plus haute poésie ; on verra comhien alors ses expressions deviennent nobles et énergiques. J'offrirai d'abord la traduc tion d'un sonnet où il engage le roi à protéger les lettres,.

« I Accorder ses faveurs au génie et aux beauxarts, voilà ce qui peut rendre les rois immortels sur la terre : grâces à la renommée, la poésie va plus loin, elle en fait des dieux ou des héros. Le grand Scipion conduisait au milieu des batailles les muses amantes de la paix, car il savait que sans armes elles sont encore d'un puissant secours. Ce sont elles qui nous transmettent les faits du temps passé. Les statues de bronze sont tombées : que pouvait-on attendre de cet airain muet ? »

Cependant la muse de Miranda ne fut jamais vendue au pouvoir, et nous avons fait voir avec quelle dignité il sut conserver sa droiture, quand ce pouvoir voulut le soumettre à ses caprices. Du fond de sa retraite, il adressait les vers les plus énergiques à ses compatriotes , que l'ardeur des conquêtes emportait, et que le goût du luxe commençait à corrompre.

» Darfauor a engenhose a toda a arte , etc.

« Esclaves , plus qu'esclaves, s'écrie-t-il, que la raisou et que la jmtice vous éloignent de tant de pièges : la cupidité vous a vendus à la mer irritée ] et aux vents en fureur, m

Dans la deuxième ëpîlre il s'adresse encore aux Portugais j il parle du luxe qui régnait dès lors à Lisbonne.

« Vois-tu, Yiriatus, le changement qui s'est fait dans les coutumes de ta patrie ? les lits, les tables, les flambeaux, tout exhale une douce odeur. Où j'offre un simple présent , d'autres arrivent, ils apportent des parfums.

M Est-ce là le costume de berger avec lequel tu allais aux combats , quand tu savais vaincre de tels vainqueurs ? Il est changé, et personne ne porte plus envie aux louanges que tu méritas.

» La pauvreté, dans le commencement , nous vit vaincre et la mer et les vents ; elle nous fît presque vaincre la nature , et j'ai peur maintenant que la richesse ne nous soumette à l'esclavage ». »

Je terminerai ces cilations,que je regrette de ne pouvoir rendre plus nombreuses, par quelques mots qui font comprendre le caractère du poète.

« De l'antique cité, dit-il, je suis l'enfant, je suis ■ Ouvisy yiriatOi o estragOj épit. 2.

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l'ami, mais plus que lout le reste j'aime la ^érilé. M

Nous reviendrons encore à Sa de Miranda, en parlant de la poésie dramatique.

Après l'avoir fait connaître, nous de* vous nous occuper d'Antonio Ferreira , car ces deux poètes marchent toujours ensemble, comme législateurs du Parnasse portugais ; ils brillèrent vers la même époque, et ils acquirent à peu près le même genre de gloire, quoique leur génie fût différent i.

[i528] Ferreira naquit à Lisbonne. Comme celui dont il devait être l'émule, il étudia d'abord le droit à Coimbre, et il devint professeur à l'université de cette ville ; sa vie n'oâfre rien de très -remarquable • il mourut vers la fin du seizième siècle.

Je ne parlerai point en ce moment de Ferreira comme poète dramatique, je dois le signaler d'abord comme un des fondateurs de la littérature : il est considéré de nos jours comme éminemment classique

' Sa e Miranda a donné un assez grand nombre de poésies en espagnol.

6o RÉSUMÉ DE l'histoire LITTERAIRE

parmi les Portugais, et voici les obligations qu'ils lui eurent.

A une époque où la plupart des gens instruits préfe'raient encore exprimer leurs pensées en espagnol, ou dans la langue de Virgile, Ferreira sembla n'étudier les grands écrivains de l'antiquité que pour faire passer leurs beautés dans la langue vulgaire. C'était un poète éminemment national, et il l'était à une époque où il fut beau de le devenir. Ses efforts se trouvèrent pleinement couronnés de succèsj il donna à ses compatriotes le goût de la langue portugaise, par les beautés qu'il leur y fit découvrir. Il acquit une pureté de diction vraiment surprenante; et, selon moi, on lui a beaucoup trop reproché son manque d'entraînement poétique : il donne souvent des preuves que chez lui la correction du style s'alliait avec la grandeur des idées.

Admirateur zélé d'Horace, et peut-être trop souvent son imitateur , il rejetait ces formes orientales, qui s'étaient introduites depuis long-temps dans l'espagnol et dans le portugais. Il eut la sévère rigidité d'un législateur, et il craignit trop souvent peut-être de se livrer à son enthousiasme. Cependant il donne plus d'essor à ses idées dans la tragédie j et

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la dignité de pensée et de langage qu'il y montre se retrouve dans toutes ses poe'sies.

Ferreira , outre ses œuvres dramatiques, nous a laissé des ëpîtres, des odes, des sonnets, des élégies, où Timagination n'est point toujours la qualité la plus saillante; elles jouissent cependant, à juste raison, d'une grande estime chez un peuple que cette imagination a quelquefois égaré, et qui la voit soumise alors par un homme d'un vrai talent, qui prouva que sa sagesse n'était point de l'impuissance.

La partie la plus considérable de ses œuvres diverses se compose des épîtres; on sent en les hsant que le poète avait longtemps médité sur les hommes, et qu'il vivait au sein d'une société brillante, oii ses observations pouvaient se multiplier : il marie toujours une heureuse philosophie à l'élégance du langage. Dans ses odes on reconnaît trop les pensées d'Horace , mais on remarque sans cesse de nouvelles formes introduites dans le langage.

J'offrirai ici unmorceaudontle style est fort remarquable; c'est un des chœurs de son Inès.

« La triste pauvreté personne ne la désire. Les

richesses aveugles, que personne ne les recherche. Dans un honnête milieu se trouve la félicité de la terre.

)> Rois puissans, princes, monarques, posez vos pieds sur nous, écrasez-nous- la fortune est toujours au-dessus des souverains , et nous ne redoutons pas ses effets.

M C'est dans les édifices élevés que les vents mugissent davantage. Les arbres les plus grands sont renversés. Les voiles les plus gonflées se déchirent à la mer. Les tours les plus hautes tombent.

))Les pompes, les vents, les vains titres ne donnent ni le repos ni un plus doux sommeil; ils fatiguent plutôt, ils procurent plutôt la crainte et le danger.

w Si je pouvais former mon destin selon ma volonté, je ne souhaiterais que d'assurer ma vie par un agréable nécessaire.

» Celui qui désire, désire davantage , se trouve bien souvent triste et trompé 5 il dort rarement, craignant sans cesse le feu, les vents, l'air, l'obscurité; craignant les hommes.

M Roi puissant, pourquoi désires-tu de ne jamais avoir de royaume? Cette couronne, pourquoi l'appelles-tu pesante? c'est à cause du poids dont ton âme est chargée. »

Le morceau suivant n'est pas moins remarquable par le mouvement poétique et par le style.

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