‹ Résumé de l'histoire littéraire du PortgualChapitre 19 sur 61 · LE CHOEUR · texte numérisé non relu

LE CHOEUR

« Crains tes erreurs, aveugle jeunesse, fuis de

toi-même- rappelle-toi le temps qui t'abandonne en courant et en volant avec ses ailes,

M Oh! combien quelque jour tu désireras peutêtre en vain une heure , un seul moment fugitif! épargne le présent , garde-le comme un trésor jusqu'à ce qu'il soit certain.

» Tout l'or, tout l'argent, toutes les pierres précieuses, que tant d'insensés, sans craindre la mort, vont chercher à travers l'eau et les flammes' dans le sein de la terre, ne pourraient point, ne pourraient jamais acheter un seul instant de ce temps indépendant de toutes choses qui laisse derrière lui les princes, les seigneurs, comme les moindres mortels.

« Egal pour tous, il fuit également tout le monde: la force ni la beauté ne peuvent rien sur lui. Partout où il passe, il foule, il détruit tout et personne ne le retient.

J> Avec sa faux cruelle il tranche la vie des jeunes gens, il interrompt les travaux des vieillards.

« La seule bonne renommée, la seule chaste vertu peuvent davantage que lui^ oui, la vertu peut trouver son salut en elle-même ; c'est elle que l'esprit doit suivre, et qui vit toujours; en la suivant, tu triompheras du temps, tu pourras te rire de la mort. »

Peut-être que dans ses élégies , Ferreira ne laisse point assez parler son cœur, et qu'un nom illustre suffit trop souvent pour les lui inspirer. Elles n'en offrent pas moins encore une nouvelle preuve de son

talent. Ses sonnets indiquent qu'il avait lu les Italiens, et dans ses poésies bucoliques on reconnaît plutôt un tribut payé au goût de l'époque , qu'un véritable entraînement vers l'expression mélancolique du chant pastoral i. En parlant du théâtre^ nous verrons comment le talent de Ferreira s'élève jusqu'aux conceptions du génie, car il crée alors, et il mérite une nouvelle reconnaissance de la nation.

Ces fondateurs de la langue et de la littérature furent secondés par un grand nombre de poètes qui étendirent leur réputation, qui les célébrèrent en suivant leurs traces , et qui donnèrent bientôt au seizième siècle des ouvrages dont s'agrandit le domaine de la littérature. J'analyserai les œuvres d'Andrade Caminha, de Diogo Bernardes, de Rodrigues Lobo , de F. Alvares, de Oriente ; mais il est temps de parler

* On pourrait en quelque sorte appliquer à Ferreira ces paroles judicieuses d'un critique portugais: « De grands poètes se sont livrés avec succès àl'églogue, et il n'est point facile d'expliquer ce qui leur manque pour avoir la naïveté du style pastoral, mais on sent bien qu'elle leur manque. » Das Neves Pereira , Mem. de lia.

d'un homme qui s'éleva au-dessus d'eux tous, et qui ne reçut d'eux aucune louange, qui fit la gloire de son pays, et que son pays méconnut, et qui mourut enfin sans jouir de la gloire que les siècles lui réservaient i. On Ta déjà nommé; car le Camoens s'élève au milieu des autres poètes du Portugal et de l'Espagne , comme Homère domine sur les auteurs de l'antiquité.

I On pourrait ajouter: Et sans lequel il n'y aurait peut-être pas de poésie portugaise, ainsi que le dit le meilleur crilique du dix-huitième siècle, Francisco Dias Gomez.

6Q RÉSUMÉ DE l'histoire LITTERAIRE

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