CHAPITRE XIII
Bandarra ^ poète populaire.
Il y eut encore dans le seizième siècle une de ces singularités littéraires qu'on voit éclore chez tous les peuples, qui s'adressent d'abord à la portion la moins instruite de la nation , et qui finissent quelquefois, en frappant les imaginations , par trouver des enthousiastes jusque dans les classes élevées. Je dois consacrer ici quelques mois aux rimes de Gonçale de Bandarra.
Ce poète de la nature est considéré comme le Nostradamus et le maître Adam du Portugal. C'était un pauvre savetier du bourg de "yrancezo, dans la province de Beira. En se livrant à son feu poétique, il se mêla de faire le prophète, et il attira sur lui i'attenlion du saint-of(ice,qui ne le fit cependant point brûler. S'il fut persécuté durant su vie, on lui éleva un petit monument après sa mort. Une inscription rappela qu'il avait prédit le rétablissement de la monarchie K » Barbosa , Jjibl. lusit.
DE PORTUGAL. 2l^
Ses œuvres furent même réimprime'es en France [i644]- Le pauvre savetier de Trancoso ne s'était probablement jamais attendu à tant d'honneur dans le temps où il gagnait péniblement sa vie.
Brito,dans son Théâtre des auteurs portugais qui se sont illustrés, est étonné de cette vogue singulière j il ne trouve rien de prophétique dans Bandarra, et croit qu'il ne s'abandonnait à sa ververustique et joyeuseque pour charmerses travaux. Onjui prétapeutêtre une intention qu'il n'avait jamais eue.
Des gens instruits m'ont dit qu'à diverses reprises les poésies de Bandarra avaient exer- -cé une grande influence sur l'esprit du peuple,c'est ce qui m'a engagea les indiquer ici.
IlS RÉSUME DE i/hVST01RE LITTERAIRE
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