‹ Résumé de l'histoire littéraire du PortgualChapitre 32 sur 61 · CHAPITRE XVÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVÏ

Moralistes. — Heilor Pinto, Amador Arraiz.

Vers le temps où florissaieiit tant de genres divers de littérature, un homme de talent se fraya une route à part ^ et devint, en quelque sorte, le moraliste du siècle. Freylieitor Pinto écrivit des dialogues^ célèbres encore par le charme du style, et par les principes enjoués d'une morale pure. La religion le guida toujours, mais il débarrassa ses principes philosophiques des formes pédantesques qui semblaient lui avoir été assignées. Son ouvrage est intitulé: Usage de la vie chrétienne présentée par dialogues renfermant les principes qui doivent la diriger. Le premier traite de la vraie philosophie , le deuxième de la religion, le troisième de la justice , le quatrième delà tribulation , le cinquième de la vie solitaire, le sixième des souvenirs de la mort, lleilor Pinto publia une deuxième partie comprenant le même genre de divisions. Ferreira de Sera affirme qu'ils ont été traduits en italien , en espagnol et en français^ mais je ne connais aucune de ces versions. Heitor Pinlo

RÉS. DE L*ai5T. I.ITT. DE PORTUGAL. '2^'i

passe pour classique, et lait aiitorilé parmi les meilleurs auteurs portugais.

Un autre moraliste a brillé chez cette nation. C'est Amador Arraiz, éveque de Portalègre. Comme l'auteurdont je viens déparier il se distingua par un style fort remarquable. Il donna des Dialogues remplis des meilleures idées, et gracieux, surtout aux yeux des littérateurs, par le choix élégant des expressions. On distingue celui qui roule sur la gloire et sur les triomphes des Lusitaniens. Ses œuvres ont été imprimées à Lisbonne. Plusieurs autres écrivains s'exercèrent à la même époque dans le même genre; Tespace m'empêche de rappeler ici leurs travaux, et une vaine nomenclature de noms et de titres deviendrait inutile. Quelques orateurs ecclésiastiques illustrèrent aussi le seizième siècle. Mais on est forcé d'avouer ici qu'une érudition scolastique s'était emparée de la chaire en Portugal comme dans le reste de l'Europe, et que les citations 4es écrivains profanes se mêlaient, de la manière la plus bizarre, au texte des auteurs sacrés. Ce déiaut, du reste, se retrouve chez le plus grand orateur des Portugais, le père Vieira, que plus lard nous aurons occasion d'examiner.

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