‹ Résumé de l'histoire littéraire du PortgualChapitre 37 sur 61 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

V Ulyssea^ ou la fondatiou de Lisbonne, de Gabriel Pereira de Castro.

Je vais encore essayer de faireconnaîtieuii poème épique dont le sujet est national; je veux parler de VJjlissea^ de Pereira de Castro, que quelques écrivains placent immédiatement après l'épopée de Camoens sous le rapport du style i.

L'histoire de Pereira de Castro ne sera pas longue à retracer. Il naquit dans l'année où Camoens préparait l'impression de son poème [1571]. On sait qu'il occupa des emplois importans dans la magistraturCv Barbosa fait un long éloge de ses vertus; il le termine en disant qu'il persécuta les vices, et non les hommes. Cette phrase doit suffire, elle peint tout un caractère. Pereira de Castro mourut à soixante ans [lôSa]. La première édition de son poème ne parut

^ Entre autres Soares de Bilo tkeatrum lusil., litt., Man. de labibl. roy.

qu'après sa mort [i636]. Ce fut le sort de plusieurs épiques de ce temps, ih ne purent recueillir les fruits de la gloire littéraire qu'ils avaient cherché à acquérir.

Le sujet adopté par Pereira est la fondation de Lisbonne, qu'une tradition fabuleuse fait remonter à l'époque du siège de Troie, et qu'elle attribue à Ulysse. On ne doit point s'attendre , comme on le voit, à la peinture de ces coutumes chevaleresques qui jettent tant de variété dans les poèmes de cette littérature, et il faut nous reporter aux temps héroïques delà Grèce : cène peut être maintenant un attrait de plus.

Le début de VTJlissea a quelque chose d'imposant, quoiqu'il n'oflre rien de neuf: jes Grecs sont le jouet d'une tempête, et le poète nous représente Ulysse invoquant Jupiter au milieu de cette effroyable tourmente ; il le supplie de lui apprendre ce qui est écrit en lettres éclatantes dans les cieuXjOÙ les étoiles, caractères sacrés, peuvent révéler tant de mystères. Dès ce débuts le poète nous fait sentir qu'il possède toutes les ressources du style, et qu'il se plaît au milieu des grandeurs mythologiques. L'Olympe s'ouvre, les dieux sont ras-

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semblës, et, selon l'usage assez monotone des poèmes épiques, on s'occupe longuement du sort des tristes humains. Ces discussions des dieux inte'ressent faiblement; là cependant elles sont d'accord avec le sujet : on peut les admirer, mais on a perdu depuis bien des siècles l'habitude d'en être ému.

Malgré l'orageuse opposition de Mars, le maître des dieux triomphe, comme on doit s'y attendre, et le destin des Grecs est décidé. Ils verront encore le séjour d'une trompeuse enchanteresse; plus tard, ils sont destinés à fonder sur les côtes de la Lusitanie cette ville qui doit être la capitale d'un monde dont elle rassemblera les merveilles.

Les beaux vers de Pereîra de Castro nous ramènent donc dans l'iîe de Circé; et tel est le prestige d'un style harmonieux, qu'on se plaît encore à en admirer les brillantes peintures, quoique depuis des siècles l'imagination ait été bercée avec les mêmes images.

Jusqu'ici le sort des héros ne m'a que faiblement intéressé. On a tout dit sur les souffrances poétiques des vainqueurs de Troie, et elles sont d'un genre tellement élevé audessus des douleurs vulgaires, que l'huma-

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nité ose à peine s'en attendrir. Je l'avouerai, je profère voir l'homme luttant contre la misère, sans autre secours que la force de son courage, sans autre guide que cette muette espérance qui soumet la faiblesse humaine, mais qui lui laisse de l'incertitude jusqu'au moment où elle la fait triompher.

Ulvsse a reçu du fils de Maia un anneau .qui rompt tous les prestiges, et à la description que nous fait le poète de la beauté de Circée, on comprend qu'un semblable talisman doit être nécessaire. Mais c'est quand il raconte comment la nymphe reçoit le héros qu'elle a déjà trompé, que l'on sent combien est brillante l'imagination de Pereira de Castro. Sa poésie crée une magnificence vraiment digne des dieux, et si le goût n'admet point toutes ses images, il n'en est point une seule qui ne frappe par sa grâce ou par son éclat.

« Enfin les Grecs pénètrent dans les salles du palais, ils voient ces demeures brillantes, ornées d'or et de soie, où les Amours agitent leurs ailes voluptueuses et ne laissent jamais leurs llèclies en repos. Un feu ardent brûle dans un lieu reculé- des parfums exquis s'en exhalent , et l'un de ces petits dieux, dont c'est la douce occupation, se balance, agite ses ailes, et rend ainsi la flamme plus vive. »

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Tout ce que le seizième siècle offrait de magnificence paraît dans la dlîscription des jardins de Circé. Mais il me semble voir un parterre plante' par Le Nostre. J'aime mieux une description deTArioste, et j'admire toujours la brillante versification de Pereira de Castro.

Un long re'cit remplit le second chant; Ulysse redit la chute d'Ilion, ses voyages, ses infortunes.il parle de celte Hélène, que les Grecs ne peuvent s'empêcher d'admirer malgré les maux dont elle fut la cause. Si ces tableaux n'avaient point été répétés tant de fois, ils offriraient de l'intérêt. L'enchaînement des événemens est heureux , la description brillante; mais le poète n'a point encore touché notre cœur^ quoiqu'il ait frappé l'imagination. Comme on le sait d'ailleurs, le personnage d'Ulysse intéresse diflicilement. Tour à tour il visite Lemnos et l'île d'Eole; c'est en vain qu'il demande Ithaque, les tempêtes le poussent loin de ses rivages. Dans la description d'une tourmente, Pereira est vraiment surprenant, et à l'harmonie imitative de ses vers on croirait avoir le tableau de l'orage sous les yeux.

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Ulysse arrive à Scyros ; pour la première fois, le he'ros nous fait sentir un noble élan de sensibilité : on comprend la douleur du navigateur regardant les flots qui portent en gémissaut sur la plage ceux qui n'existent plus.

« Je gravis une montagne, s'écrie-t-il, pour contempler les vagues au loin. Toute mon âme est dans mes regards, et mes regards parcourent la mer sans que je puisse les détourner de tant de maux. »

Cependant les débris de la flotte se rassemblent : après avoir donné la sépulture aux victimes du naufrage, Ulysse s'endort dans une grotte, où Idotea, fille de Protée, lui apparaît en songe. Elle lui apprend que le lieu qu'il a choisi est l'asile de son père. Le héros veut connaître son destin, il s'empare du dieu, et l'interroge sur l'espoir qu'il doit conserver.

Durant cette scène on remarque une imitation habile de Yirgilej et malheureusement l'imitation se fait perpétuellement sentir dans ce poème ^ je pourrais souvent en donner la preuve en continuant l'analyse. Ulysse , au troisième chant , poursuit ses

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voyages; il visite le pays des Lotophages^ où un arbre funeste présente un fruit trompeur qui fait tout oublier. Déjà quelques-uns des navigateurs ont ressenti ses funestes effets, quand un vieillard arrête ceux qui vont pour les imiter; et ici Perefrade Castro place un épisode vraiment gracieux, dans le genre des pastorales, qui jouissaient alors d'une si grande vogue dans tout le midi de l'Europe. La jeune Lotis était née dans cette île; c était, selon les expressions du poète, une divinité cachée sous une forme humaine.

Elle se livrait avec ardeur à l'exercice de la chasse. 'On la voyait sans cesse sur la montagne ou au sein des forets; mais, dans quelque lieu qu'elle se trouvât, soit que l'aurore fît briller les perles de la rosée, soit que le soleil lançât ses feux brûlans et qu'elle cherchât le repos, Lampsasseno était sur ses pas, et l'infortuné ne pouvait se faire aimer. Un jour le berger lui avoue qu'il a rencontré une jeune habitante de ces montagnes qui l'a charmé; mais il ne veut pas due son nom, il promet à Lotis de la conduire où elle a choisi sa demeure. Lampsasseno entraîne la nymphe au sommet d'une montagne, et il lui fait voir sa char-

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mante image dans le cristal d\inc fontaine^ mais Lotis prend la fuite; en comprenant l<î mal qu'elle a cause', elle voudrait se fuir elle-même. Son amant la retrouve, et sa légèreté ne pourra bientôt plus la sauver d'une ardente poursuite, quand le ciel prend pitié de ses maux; il la change en une plante dont les fiuits ont la vertu de tout faire oublier.

Cependant ceux des Grecs qui ont mangé du fruit merveilleux retrouvent la mémoire dans les eaux d'une fontaine, et le poète termine par une question philosophique qu'on sera long-temps sans doute à résoudre. L'oa se demande si les souvenirs que présente la mémoire sont préférables à l'oubli des biens et des maux.

Ulysse poursuit son voyage; il entre dans le port de Lilybée; là, il rencontre Polyphème, et la peinture dugéant est vraiment homérique ; mais dans le reste de la description on sent encore l'imitation de Virgile. Bientôt le terrible hôte donne une funeste preuve de sa force; il saisit deux Grecs, et il les lance sur un feu qui dévore leurs membres palpilans.

Ulysse échappe au danger qui le menace

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en privant le monstre de la vue; il est déjà parvenu à ses navires , quand Polypliènie implore le courroux de Neptune; le dieu excite cette tempête à laquelle échappent les Grecs en trouvant un asile chez Tenchanteresse qui les a accueillis.

Ulysse jouit dans cette île de plaisirs sans cesse renaissans- mais Junon lui apparaît, et l'engage à fuir l'indolence; elle lui révèle la nouvelle destinée qui va le rendre fondateur d'une ville puissante. Avant que le destin les sépare, Circé le conduit aux enfers, pour lui faire connaître l'avenir réservé par les dieux au pays dont il d-eviendra bientôt le maître. Pereira décrit alors l'enfer, et souvent il le décrit en homme qui avait lu les Italiens; on y remarque même le beau vers du Dante :

Lasciate ogni speranza voi , che'ntrate.

Mais le poète portugais, dans cette occasion, est bien loin de son modèle; en v(iulant devenir neuf, son goût habituel l'abandonne, quelquefois il se pervertit eijtièrement. C'est ainsi que dans la soixante-onzième strophe, Ulysse voit des hommes qui méconnais-

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saient la dignité de leur âme, et auxquels cette âme n'a servi que comme peut servir Je sel, qui empêche les corps de se corrompre. Parvenu dans l'Élysee, Circé fait voir au héros l'image des rois qui doivent gouverner le Portugal. Pereira arrive k don bebasucn- il nous attendrit un moment sur le jeune monarque e^ sur la nation : mais il poursuit, et le courtisan se montre, il loue des rois espagnols : là, Camoens eût gémi ou il se fût arrêté. '

Après être revenu sur la terre, Ulysse quitte l'île de Circe. Sa navigation est décrite d'une manière noble et harmonieuse. 11 arrive aux Colonnes d'Hercule, et là on voit en beaux vers une imitation de Camoens. Hercule, comme le Génie des tempêtes, veut arrêter la flotte- en se rappelant les destinées d'Ulysse, qui lui ont ete racontées par Prêtée, il dit toutes les terreurs d'Atlas, qui craint les victoires des Portugais en Afrique : ces victoires sont prédites; enfin la Hotte arrive devant la contrée baignée par le Tage , et le poète nous trace un tableau charmant, dont sans doute il avait été témoin.

« Un héron du Tage ^'dlevait au sein de, airs:

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dans sa vitesse il devançait le vent, et comme il voulait se plaindre au ciel, il risquait ses plumes légères au feu du firmament. Un aigle le suivait • par ses élans il se pressait de l'atteindre; sa vue ft;rme et prompte se fixait sur Toiscau qui était déjà dans les nues. Mais, après avoir coupé par de longs touriioiemens l'immensité de Pair, le héron descend, comme uu rayon de la foudre de Jupiter, en étalant ses ailes d'une blancheur éclatante. L'aigle, fendant l'espace, l'entoure de son vol : tout-à-coup il le saisit, l'enserre avec fureur, et la fin de la guerre est la fin de sa vie. »

Les Grecs débarquent dans la contre'e fertile arrosée par le Tage; une partie du pays est dominée par un roi nommé Gorgoris, qui accueille les navigateurs, et les engage à goûter quelque repos au sem de ses états. La fille du monarque, Calypso^ne peut voir Ulysse sans l'aimer. Après un festin splendide , on demande au héros le récit des évéuemens qui l'ont conduit sur une terre étrangère.

Dans le sixième chant, Ulysse raconte à Gorgoris et à ceux qui l'entourent l'éternelle histoire d'Hélène et le siège de Troie. On remarque encore de fréquentes imitations d'Pïomère et de Virgile, et si le style présente des beautés du premier ordre, Tin-

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\evèl est singulièrement refroidi; il se rauiine lin peu dans le ciiant suivant. Gorgoris fait préparer une chasse brillante, et pendant qu'on poursuit les animaux des forets, Ulysse s'égare avec Calypso, comme Ene'e et Didonj une grotte les reçoit. Il y a dans cette portion du poème des descriptions vraiment admirables.

Enfin Ulysse veut fonder la ville qui doit porter son nom, et il va trouver le Tage, dont les augures lui sont promis. Parvenu dans le brillant palais où repose le fleuve il entend de nouvelles prédictions : la conquête de l'Inde lui est révélée : le demi-dieu passe en revue tous les Portugais qui s'y sont distingués. Cependant la ville naissante élève ses murailles ; mais Circée, irritée de l'amour d'Ulysse, descend aux enfers, et une Furie va exciter le courroux de Gorgoris contre les Grecs. Il marche vers la nouvelle cité, et l'on voit commencer de lon^s combats, où Homère sert toujours de guide au poète portugais. Enfin, dans le neuvième chant seulement , Ulysse et Gorgoris en viennent aux mains ; le roi des Lusitaniens succomberait, si Mars ne l'enlevait dans un

3l8 RÉSUME DE l'histoire LITTERAIRE

nuage.. Cependant ses troupes triomphent un moiuent des Grecs.

Au dernier chant, l'inte'rét, qui jusqu'alors a e'té assez fréquemment interrompu , se ranime : le grand éve'nement va se décider ; on va voir si Lisbonne pourra célébrer la gloire de son fondateur. Mais dans ce moment décisif les dieux interviennent encore. Junon s'intéresse aux Grecs, et vient implorer pour euxl'assistance du maître de l'Olympe. Pour ranimer cette fiction mythologique , employée si souvent par les grands maîtres, le poète s'est servi des couleurs les plus brillantes et les plus nobles ; il y a un charme^ une harmonie dans ses expressions qui le rendent égal aux auteurs de l'antiquité, et l'on n'est point surpris que Lope de Véga récitât quelques-uns de ses vers avec enthousiasme 1. Enfin le grand jour arrive où le chef des Lusitaniens va combattre un des vainqueurs de Troie; mais les Dieux favorisent ce rival redoutable 5 il a reçu de Pallas un bouclier qui doit le rendre invincible. Les armées sont en présence^ le com-

I Voyez Discurso poetico, de Manuel de Galhesos.

DE PORTUGAL. SlQ

batcoQimeiice , Gorgoris est vaincu, et la ville nouvellement fondée retentit des chants de victoire. Cependant UIvsse va suivre sa désiinée; il a triomphe, mais il doit partir : c'est en vain que Caiypso se présente à lui avec ses enfans, il va l'abandonner pour toujours, et il ne donne d'autre excuse que la volonté des dieux. La malheureuse fille de Gorgoris sent que ses prières sont vaines, elle ne fait point entendre d'inutiles imprécations contre celui qu'elle ne peut retenir ; son désespoir est muet, elle sent qu'elle doit mourir, et ses fils, qui n'ont vu le jour qu'un moment, mourront avec elle. On la voit errer sur le riv^age, elle se p!aint à l'océan^, aux cieux.

<f Débarrassée de ses faibles liens, s'écrie-t-elle , mon âme troublera de ses gémissemens la mer, l'air pur. O ingrat! ajouta-t-ellej et Técho répéta: Ingrat! ingrat!

M Une montagne inhabitée s'élevait dans les airs 5 sa masse immense seaiblait soutenir la voûte du <:ie], sur son flanc recourbé; des arbres aux épines aiguës la couronnaient, des roches , dont ils rendaient l'aspect plus affreux, étaient suspendues au sommet :

* Aqid do debillaço desatado , etc. Caut. x.

on eût tlit qu'elles allaient tomber dans la mer.

w A la base on voit bouillonner la mer, ou entend des cris, des gcmissemens confus, et Fonde, frappant la roche élevée, ronge les pierres qui se recourbent j elle ouvre des grottes obscures, où le jour se change en nuit; c'est là que sont cachés mille monstres marins, et ces oiseaux nocturnes qui planent dans l'air .avec leurs ailes pesantes,

î) Pour se livrer à son funeste dessein, Cal^^pso a gravi Tendroit où la montagne plus libre s'étend dans les airs; timide encore, mais courageuse, mais emportée, elle se parle à elle-même: Que puis-je craindre? dit-elle; pour les malheureux la vie est uu châtiment; et déjà elle est dans les airs avec ses fils. Le Tage vient les recevoir en ouvrant ses bras limpides. »

Le poète continue; il nous montre les deux fils de Calypso changes en rochers; leurnière les entoure. «Ils élèvent aux portes du Taj^e leur tête altière, et, faisant blanchir la mer d'ëcume, ils menacent sans cesse les navires qui cherchent le port et son entre'e side'sire'e. Là on entend les sons rauques de la mer qui gémit et qui se brise sur ces rochers toujours prêts pour la ruine des navires; ils ont gardé le nom des abîmes qu'ils ouvrent. ))

UlJlysseaj comme je l'ai dit, jouit d'une

grande réputation en Portugal , et quelques auteurs lui accordent le premier rang après Camoens; mais c'est surtout relativement au style qu'iUest digne d'éloges. Ce mérite est perdu pour les étrangers, et il n'y a rien d'as'sez original dans la conceplion pour qu'il excite l'enthousiasme au dix-neuvième siècle. Chez Pereira de Castro, l'imitation des anciens se montre sans cesse; il emprunte hardiment à tous les grands poètes; mais s'il le fait avec un bonheur surprenant, c'est, je le répèle, mi mérite qui ne peut être senti que par les Portugais. On ne peut lui refuser toutefois d'avoir su tracer d'une main hardie les scènes mythologiques les plus brillantes, et de s'être rapproché dans ce genre de ses modèles. Après la lecture de quelques descriptions (\e l'Ulyssea , on répéterait volontiers avec un critique eslinié : « Il règne dans ce poème un accent antique qui rappellesouven t la poésie grecque,et l'on croit lire des fragmens de l'Odyssée qu'on aurait récemment découverts. » C'est un grand m élite, sans doute, que d'avoir su conserver cette teinte locale; il est fâcheux que le poème n'offre point un gem'e d'intérêt plus en harmonie avec nos idées.

Il existe un autre poème intituié Ulyssea^ par Joaô-Gomes do Pego, et plus tard, comme je le fera voir, Souza de Macedo a traité le même sujet i. .. ^

» Barbosa , Bibl. lusit.

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