X DISCOURS
cédemment sur la littérature portugaise n'aient indiqué que quatre périodes, j'en ai formé une de plus ; elle se compose des successeurs immédiats de Gamoens, et précède la décadence : il m'a semblé qu'elle était fort distincte. Je vais jeter un coup d'œil rapide sur les hommes les plus remarquables qui aient brillé aux diverses époques.
( Première période.) On verra, en parcourant cet ouvrage, combien, dans un faible espace de temps, la littérature portugaise offre de révolutions et de changemens complets dusaux circonstances poiitiques.Après avoir présenté d'informes essais , elle est encouragée, sous un roi législateur qui lui-même est poète. C'est alors qu'on voit briller ce Lobeyra , auteur d'un roman de chevalerie qui, traduit par le père du Tasse, exerce une si grande influence dans toute l'Italie I. Dès lors la littérature commence à se développer, mais elle est quelque temps sans offrir rien de remarquable, jusqu'à ce que la nature ait créé un poète. Au quin-
^ J'ignorais d'abord cette circonstance rapportée par Couchii; je ne l'ai pas indiquée dans le corps de l'ouvrage.
PllÉLl^aiWAIRE. X I
zième siècle, paraît Bernardin Ribeiro, et c'est eu s'adressant au cœur qu'il fait goûter le charme de sa poe'sie. Doué de la qualité la plus précieuse que puisse avoir un écrivain, il signale une période brillante. Sa mélancolie chevaleresque peint un siècle d'agitation: il est poète sans art , l'art naît après lui.
(.2'^ période. ) Au seizième siècle on voit paraître deux législateurs du Parnasse portugais: Sa e Miranda, Antonio Ferreira méritent ce titre. Présentant la réunion des qualités les plus heureuses et les plus brillantes, ils parlent a l'âme et à l'esprit; ils perfectionnent le langage. En méditant sur les anciens, ils introduisent de nouveaux rhythmes; ils rajeunissent d'anciennes idées. L'un, doué d'une sensibilité exquise, d'une naïveté touchante,d'une harmonie admirable, se laisse guider par les anciens, mais s'abandonne à une rêverie qui dénote l'admirateur passionné de la nature, et le sage ami des hommes, qu'il cherche à corriger. L'autre, brillant dans sa poésie, correct, élégant, joint la dignité du langage au charme de la versification; il s'occupe essentiellement des formes du style; on sent qu'il les améditées.Une