‹ Résumé de l'histoire littéraire du PortgualChapitre 41 sur 61 · II. M · texte numérisé non relu

II. M

icroîtra sur le parvis de tes églises , le jour de Noël viendra sans que personne se souvienne du jour de ta naissance- le carême, la seraaiuesainte viendront sans que les mystères de ta passion soient célébrés. I^s pierres de nos rues gémiront comme elles gémirent dans les rues solitaires de Jérusalem. Plus de prêtres, plus de sacrifices, plus de sacremens. L'hérésie s'emparera de la chaire de vérité. La fausse doctrine infectera les enfans des Portugais. Un jour on demandera aux enfans de ceux qui m'entourent : Jeunes garçons, de quelle religion êtes-vous? et ils répondront: Nous sommes calvinistes. Et vous, jeunes filles? et elles répondront : Nous sommes luthériennes. Alors tu t'attendriras, tu te repentiras. Mais, puisque le regret t'attend, que ne le préviens-tu. »

Vieira, après avoir supplié Dieu de pardonner aux Portugais, termine par une invocation à la Vierge i.

Dans cette énergique allocution on reconnaît bien, à ce qu'il me semble, cet liomme ardent auquel l'Europe ne suffisait point pour répandre son zèle, et qui alla s'enfoncer dans les solitudes du Nouveau- Monde pour trouver des obstacles sans

* Hist. philos, des Deux-Indes, 4*^ V^^^- > ^^"^^^ 2> p. 386.

cesse renaissans à vaincre, pour triompher même de la nature.

C'est cette exaltation dont il donna tant de preuve qui lui a fait tracer d'une manière si poétique j et en si peu de mots, l'origine du^nonde.

« Sur ce théâtre, dii-il en parlant de la terre, qui venait d'être créé, la première scène fut représentée dans le Paradis terrestre , où les créatures parurent revêtues d'iramorlalité. »

Dans un autre sermon sa pense'e s'agrandit encore, lorsqu'il nous peint la dernière catastrophe.

n Les flammes brûleront tout et formeront un océan de cendres qui engloutira encore ce que l'oubli de ce L|rand jour aura laissé édifier ^. w

Je terminerai en disant que dans ses écrits on retrouve toujours son caractère : c'est bien l'homme qui dans les cités dédaignait l'or des rois, dans le désert affrontait la misère et la faim.

» Ici ma traduction ne peut rendre que d'une manière bien faible la noblesse de Toriginal.

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