‹ Résumé de l'histoire littéraire du PortgualChapitre 47 sur 61 · ETUDES DES LANGUES ORIENTALES CHEZ LES PORTT^GAIS · texte numérisé non relu

ETUDES DES LANGUES ORIENTALES CHEZ LES PORTT^GAIS

Les conquêtes des Portugais dans les Indes et dans l'Afrique développèrent rapidement le goût des langues orientales chez la nation. Bientôt les nombreux missionnaires qui succédèrent aux guerriers donnèrent les moyens de se livrer à ce genre d'e'tudes. On vit les grammaires et les dictionnaires se multiplier; mais, comme les divers travaux littéraires de cette nation intéressante , ils restèrent inconnus aux autres peuples de l'Europe. Je regrette vivement ici de me voir contraint à ne faire qu'indiquer une mine encore bien riche à exploiter, et je ne crains point de dire que les Portugais ont fait peut-être autant que les Anglais eux-mêmes pour l'étude des langues orientales. Ils ont acquis surtout une

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grande supériorité dans la connaissance du chinois et du japonais. Malheureusement la ])kipart des travaux de leurs infatigables voyageurs sont restés inédits. On les trouverait disséminés dans les bibliothèques des couvens, et même dans celle de la ïorre do Tombo, qui renferme les manuscrits les plus précieux.

Dans l'intérêi de la science , je donnerai ici les faibles indications qui nous ont été transmises par Earbosa. En recourant à cet immense ouvrage, les orientalistes trouveront des documens moins incertains que ceux dont je suis encore obligé d'abréger la stérile nomenclature.

On doit à Aivaro de Semedo un dictionnaire chinois; Antonio de Gouvea traduisit le catéchisme dans cette langue; lienrique Henriquez a donné une grammaire et un vocabulaire de la langue malabare ; Gaspar Villeia a écrit des controverses contre toutes les sectes du Japon, dans lesquelles on pourrait trouver des indications précieuses pour étudier la langue. Les divers idiome^ de l'Afrique ont beaucoup occupé les missionnaire^ de cette nalio:j. Barbosa parle de la traduction d'un nouveau testament eu éthiopien par

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Liiiz Cadcira. Mallieus Cardoso a composé une doctrine clirelienneen langue du Congo, et Ton doit enlinà Malheus de Jésus un Art /l'apprendre la langue des iLs Canaries. Il ne fut point du reste le seul qui se livra à ce genre de travail : les indications de Barbosa sont assez nombreuses.

Les personnes qui s'occupent de% langues américaines trouveront en portugais plusieurs ouvrages d'un haut intérêt sur cette matière. Les dominateurs du Brésil se sont principalement occupés de ces fameux Tupinambas, qui avaient asservi la plus grande partie des côtes, et dont les Européens finirent par adopter le langage au dix-septième siècle dans la capitainerie du Maranham.

Puisque j'ai commencé à parler de quelques ouvrages assez anciens relatifs à la littérature orientale , j'en indiquerai quelques autres plus modernes qui offrent un assez grand intérêt. Les hébraïsans trouveront des détails fort curieux sur les Juifs qui se sout illustrés en Portugal dans l'ouvrage intitule Memorias de lilteratura, publié par l'Académie des sciences ; la même société a fuit imprimer un volume très-cuiieux,

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connu sous le tilre de Documens arabes relatifs à l'histoire de Portugal, copiés sur les originaux qui se trouvent à la Torre do Tomboî. Ce sont des lettres adressées à Emmanuel et à Jean III par divers prin^ ces de l'Orient. Elles ont été traduites par M. Joao de Souza; le texte est en regard.

Rien lie donne peut-être une idée plus exacte de la puissance à laquelle était parvenue la nation portugaise, que ces lettres, où plusieurs despotes de l'Orient s'humilient devant ses rois.

Le même orienlaliste, mort depuis peu d'années, s'est fait connaîre par divers travaux importans, et, entre autres, par un lexicon étymologique des mots portugais qui ont une origine arabe, et par une grammaire de cette langue, que l'on considère comme étant fort remarquable.

On a vu dans ces derniers temps combien le Portugal pouvait contribuer à nos progrès dans l'étude des langues orientales, et la grammaire japonaise traduite avec talent par M. Landrès, prouve qu'il y aurait des choses

' Documentos arahicos da Historia Portugueza, copiados dos originaes da Torre do Tombo , por Joaô de Souza.

curieuses en ce genre à nous transmettre. Il y a heureusement encore une personne instruite qui s'occupe, en ce moment, de ces sortes de matières, et dont les travaux rendront probablement un vrai service à la science.

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