‹ Résumé de l'histoire littéraire du PortgualChapitre 6 sur 61 · DISCOURS · texte numérisé non relu

DISCOURS

admirer je ne sais quel sentiment de courage et de vertu répandu dans ses vers ; li a du comprendre que c'était bien ce poète de Ja patrie dont on repétait les cliants en combattant pour elle ; il a compris peut-être pourquoi les Portugais n^ le nomment jamais sans une visible émotion L avouerai- je? ce sont encore moins les détails des Lusiades que j'ai voulu taire connaître que l'âme du poète. IPv a quelques défauts dans le poème, il n'y en a point dans les sentimens qui le colorent et qui s'adressent à la nation dont ils attestent l'héroïsme. Ce n'est point seulement l'harmonie touchante du style , la grandeur des images, qui ont fait survivre ^amoens au temps , c'est ce feu d'une âme noble qui pénètre les cœurs, de quelque siècle qu'ils soient.

(3*^ période.) Camoens est mort, mais il a animé son siècle : il semble qu'il ait donné quelque chose de sa reVerie chevaleresque, de son ardente sensibilité, à quelques âmes, nodriguez Lobo chante et nous émeut; il nous entraîne avec lui au sein des campagnL's ; il emprunte à la nature ses images les plus touchantes. Gomme tous ceux qui sen-

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îent davantage qu'ils ne peuvent exprimer, il a du vague dans sa poésie et trop peu de mouvement dans sa pense'e.

Corîe Real est encore le contemporain de Camoens; c'est un poète guerrier, et son cœur lui re'vèle les seules beautés qui brillent dans ses ouvrages ; car le fardeau imposé par l'antiquité est trop pesant pour lui ; tour à tour il fait sourire de dédain et il fait verser des larmes de douleur : il s«fiit de le sentir, il ne faut pas chercher à le critiquer.

^ La gloire du Portugal est tombée ; elle n'existe plus que dans le souvenir de quelquespoètes : ils parlent, ils la rappellent, on comprend sa grandeur et ses revers. Quebedo chante Alphonse l'Africain ; mais il chante aussi la bataille d'AIcacer Kebir, et l'admiration se change en un frémissement involontaire. Il faut de l'énergie, et non des larmes, pour peindre un tel malheur; Quebedo a la force de ne pas pleurer.

La nation est assei-vie, mais elle est dans le repos : Pereira de Castro nous transporte au milieu des magnificences de l'Olympe. On admire avec lui cette splendeur mythologique; onsj lasse d'admirerson bar-

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