‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 109 sur 409 · XIII. — POPULATION HUMAINE DANS L 'AVENIR · texte numérisé non relu

XIII. — POPULATION HUMAINE DANS L 'AVENIR

371. — Toute évolution nouvelle chez l'être parvenu au degré le plus élevé d'évolution, chez l'Homme, doit être de même nature que l'évolution en général. Ce doit être un progrès vers l'adaptation continue des relations internes aux relations externes qui constitue la Vie, ainsi que nous l'avons montré au chapitre ni.

372. — Si nous regardons vers l'avenir, et que nous nous demandions dans quelle direction s'opérera cette évolution nouvelle, comment s'établiront cet équilibre mobile plus complet, cette adaptation meilleure des relations internes aux relations externes, cette plus grande coordination d'actions, nous sommes amenés à conclure que la direction doit être celle d'un développement supérieur de l'intelligence et des sentiments. Il y a un vaste champ à parcourir, pour le progrès, dans la connaissance des conditions d'existence auxquelles nous devons nous conformer, et pour acquérir un plus grand empire sur nous-mêmes.

373. — Quels sont ces changements du milieu auxquels, par une équilibration directe ou indirecte, l'organisme humain s'est adapté, s'adapte maintenant, et continuera à s'adapter? Et comment nécessitent-ils une évolution supérieure de l'organisme? Dans tous les cas, l'abondance de la population est la cause première. Sans la compétition qu'elle établit, on ne dépenserait pas quotidiennement autant de pensée et de force dans les affaires de la vie, et le développement, de la puissance mentale n'aurait pas lieu. La difficulté de gagner de quoi vivre est à la fois le stimulant qui fait donner aux enfants une éducation supérieure, et détermine une application plus intense et plus longue chez les adultes. La nécessité seule peut forcer l'homme à se soumettre à cette discipline, et cette discipline seule peut conduire au progrès continu.

374. — L'excès de fécondité est donc la cause de l'évolution ultérieure de l'Homme. Le corollaire évident de cette proposition est que l'évolution ultérieure de l'Homme, elle-même, nécessite le déclin de sa fécondité. Le progrès futur de la civilisation sera

accompagné d'augmentation des frais do l'Individuation ; soit qu'il y ait accroissement des organes qui servent à la conservation de L'individu et complexité pins grande de leur structure, soit qu'il y ait activité supérieure, la soustraction des matériaux nécessités par ces changements implique une diminution de la réserve des matériaux affectés au maintien de la race. Ce développement plus grand de l'intelligence et des sentiments ne signifie pas une vie mentale plus laborieuse, car, à mesure qu'elle deviendra organique, cette activité deviendra spontanée et agréable.

:j"o. — L'antagonisme nécessaire entre l'Individuation et la Genèse non seulement accomplit la loi, a priori, de la conservation de l'espèce, depuis la Monade jusqu'à l'Homme, mais elle assure la réalisation finale de la plus haute forme de cette conservation, forme dans laquelle la quantité de vie sera la plus grande possible, et les naissances et les morts les moins nombreuses possible. Dès le début, l'abondance de la population a été la cause prochaine du progrès. Après avoir peuplé le globe, cultivé a un haut degré ses parties habitables , élevé à la perfection les procédés pour la satisfaction des besoins de l'homme, développé l'intelligence pour la rendre capable de faire son œuvre, et les sentiments pour les adapter à la vie sociale, l'abondance de la population, ayant achevé sa tâche, doit graduellement cesser elle-même.

376. — Des changements numériques, sociaux, organiques, doivent, parleur influence mutuelle, travailler constamment dans le sens d'un état d'harmonie, état où chacun des facteurs e^l exactement au niveau de sa tache. Et ce résultat, le plus élevé qu'on puisse concevoir, doit être accompli par ce même processus universel qui se révèle dans la plus simple action inorganique.

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