‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 111 sur 409 · II. — LA STRUCTURE DU SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

II. — LA STRUCTURE DU SYSTÈME NERVEUX

8. — Une esquisse rapide du système nerveux, sous les différentes formes qu'il revêt dans tout le règne animal, suffit à montrer comment son évolution se conforme aux lois de l'évolution en général. Elle montre aussi que, tandis que le système nerveux rudimentaire, consistant en un petit nombre de filets et de petits centres, est très éparpillé, sa croissance en grandeur relative et en augmentation de complexité va de pair avec sa croissance en concentration, multiplicité et variétés de con-.

LES DONNÉES DE LA PSYCHOLOGIE 1x7

nexions. Tout en conservant celte conception générale, nous pouvons étudier maintenant la structure du système nerveux ; considérant, d'abord, non ses formes particulières, mais sa forme universelle.

9. — Le système nerveux est composé de deux tissus qui tous deux diffèrent considérablement de ceux qui composent le reste de l'organisme. Ils se distinguent généralement l'un de l'autre par la couleur, grise et blanche, et par leur structure intime, cellulaire et filamenteuse. Les faits, directs ou indirects, justifient la conclusion que le système nerveux est formé d'une seule espèce de matière sous différentes formes et conditions. Dans la substance grise, cette matière existe en masses contenant des corpuscules qui sont mous et renferment des granules et qui, outre qu'elles sont ainsi composées d'une façon instable, sont placées de façon à être le plus facilement possible troublées. Dans la substance blanche, cette matière est disposée en filets extrêmement minces, plus denses, déstructure uniforme, et protégés avec un luxe de précautions contre les forces perturbatrices, sauf à leurs deux extrémités. De là nous concluons que les masses dont la constitution et les conditions sont instables sont le siège de changements moléculaires destructifs, et de dégagement de mouvement ; tandis que les filets dont les conditions et la constitution sont stables sontle siègede changements moléculaires non destructifs, et probablement isomères.

10. — De quelle façon tous ces éléments du système nerveux sont-ils réunis? Supposons que toute la peau et les surfaces de réception des sens spéciaux soient toutes marquées par un réseau à mailles de grandeurs irrégulières : les inailles larges seront marquées par des lignes d'un quart de pouce de largeur, et les petites par des lignes plus étroites. Dans chacune des surfaces réceptives existe un plexus de fibres, formées de substance nerveuse essentielle, qui sont continues entré elles, mais isolées des fibres des surfaces adjacentes, la largeur des lignes représentant jusqu'où les surfaces voisines empiètent. Le cylindre, axe isolé, — le nerf allèrent, — va du plexus à une masse cellulaire de matière grise, ou ganglion nerveux, d'où ressort, pour retourner à la même partie, une iiulre libre, le nerf elferent, dont les ramifications \oni se perdre dans un muscle ou nue

glande. Tels sont les éléments d'un arc nerveux. L'unité du système nerveux est formée quand on a ajouté un nerf centripète unissant chaque arc nerveux de ce genre.

H. — Ces unités sont groupées et combinées de différentes manières. Chaque ganglion local est un centre où plusieurs nerfs afférents et efférents sont reliés par beaucoup de parties de la substance nerveuse instable, capable de produire subitement beaucoup de mouvement moléculaire. Chaque ganglion supérieur est un point où les fibres centripètes et centrifuges venant des ganglions locaux ou inférieurs sont reliées d'une façon similaire par une matière semblable. Et il en est de môme pour les ganglions de l'ordre le plus élevé, dans leurs rapports avec ceux-ci. Il résulte de ce principe de combinaison que les possibilités de relations composées différentes s'accroissent dans la mesure où la centralisation s'avance, où l'organisation est la plus haute.

12. — L'établissement de ces relations plus nombreuses, plus enchevêtrées, et plus variées entre les parties de l'organisme, n'implique pas simplement ce groupement de fibres et cet arrangement de centres, mais aussi une multiplication des corpuscules nerveux, ou portions de la substance grise, qui occupent leurs centres. Là où les rapports composés qui se forment sont entre plusieurs points, ou là où les points doivent être combinés en plusieurs ordres, ou même si l'un et l'autre sont réalisés, de grandes accumulations de substance grise deviendront nécessaires: un corollaire important sera que la quantité de cette matière capable de produire beaucoup de mouvement s'accroîtra dans la proportion où les combinaisons formées deviendront plus considérables et hétérogènes.

13. — En passant au système nerveux de l'homme, nous y trouvons divers instruments destinés à concentrer l'action des agents externes sur l'extrémité des nerfs. Tels sont le cristallin des yeux, les otolilhes des oreilles. Les expansions périphériques des nerfs consistent en protoplasme nerveux non protégé, et contenant, en outre, des dépôts de substance nerveuse particulièrement instable, prête à changer, et prête à produire du mouvement moléculaire en changeant. Là où les forces sont relativement considérables, ce dépôt manque.

1 i. — En sortant de ces organes périphériques, les nerfs afférents se dirigent vers la moelle, d'où sortent à leur tour les nerfs efférents correspondants. La moelle est une série de centres nerveux doubles, en partie indépendants, en partie dépendants, dont chacun se relie a une partie spéciale du corps. Son extrémité agrandie, la moelle allongée, reliée à tous ces cen^ très inférieurs différenciés partiellement, et recevant, comme elle le fail toujours, les nerfs des organes spéciaux des sens, est un criitre où les centres locaux intéressant presque toutes les parties du corps sont tous réunis en un système. Le cerveau et le cervelet, qui recouvrent la moelle allongée, peuvent être considérés comme des centres où ces connexions composées s'unissent pour former des connexions encore plus composées, plus variées et plus nombreuses encore.

15. — Le cerveau et la moelle, qui par leurs nerfs afférents sont mis en rapport avec les actions du monde extérieur, et qui par leurs nerfs efférents sont mis en rapport avec les parties qui réagissent sur le monde extérieur, sont aussi, par les systèmes vaso-moteur et sympathique, mis en rapport avec les organes de de la nutrition et de l'excrétion.

16. — Beaucoup de traits remarquables dans la structure du système nerveux que l'on croirait devoir être exposés ici, n'ont en réalité rien à faire avec nolresujet.il est sans doute très important pour la pathologie de savoir que les racines postérieures des nerfs spinaux sont afférentes, tandisque les racines antérieures sont efférentes; mais cela n'estd'aucune importance pour li psychologie, puisque cet arrangement aurait pu ('ire renversé sans que les principes de la structure nerveuse eussent changé le moins du monde, et c'est de ces principes seulement que la psj chologie s'occupe.

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