‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 112 sur 409 · III. — LES FONCTIONS DU SYSTÈME NERVE · texte numérisé non relu

III. — LES FONCTIONS DU SYSTÈME NERVE

17. — Ici la première question est de savoir comment le système nerveux est à La fois L'agenl qui met en Liberté les mouvements, et l'agent par Lequel les mouvements sont coordonnés. .Nous avons a expliquer sa fonction passive comme récepteur d'excitations qui le mettent en mouvement; sa fonc

tion active en tant qu'il met du mouvement en liberté, et sa fonction active en tant qu'il est distributeur et répartiteur de ce mouvement mis en liberté.

18. — Parlant des actions nerveuses au point de vue physiologique et les formulant en termes de mouvement, ce nous sera une grande. simplification d'appeler les nerfs afférents rèceptomoteurs, et les nerfs efférents directo-moteurs; nous considérerons les centres nerveux comme composés d'éléments libéromoteurs, en même temps que d'éléments accomplissant les deux autres fonctions.

19. — Dans son état primordial non différencié, la matière nerveuse réunit deux propriétés : celle de dégager le mouvement moléculaire et celle de le transmettre ; mais, avec le progrès de l'évolution, elle se spécialise en deux sortes, dont l'une, réunie en masses, a surtout pour fonction de dégager le mouvement, tout en le transmettant encore, en quelque mesure, tandis que l'autre, réunie en cordons, a surtout pour fonction de conduire le mouvement, bien qu'elle puisse, en une certaine mesure, le dégager.

20. — On voit sous sa forme la plus simple la coopération de ces deux substances dans l'unité de composition du système nerveux. Un nerf afférent, ébranlé à son extrémité périphérique, transmet une vague de transformation isomère à la masse cellulaire de son extrémité interne. Cette excitation moléculaire, immensément accrue par la décomposition produite dans celte matière instable, prend la forme d'une onde isomère relativement forte le long du nerf efférent, laquelle, étant distribuée dans les fibres d'un muscle, produit chez ces fibres une transformation isomère d'une autre espèce qui aboutit a une contraction. {Biologie, 303.)

21. — Si nous nous rappelons les complexités répétées de connexions des nerfs et des ganglions, nous comprendrons que la moindre impression sur un nerf récepto-moteur puisse évoquer une quantité de force des centres libêro-moteurs, qui, déchargée le long des nerfs directo-moteurs, peut produire de violentes contractions musculaires. Par exemple, un son léger peut causer un tressaillement involontaire de tout le corps.

22. — Nous pouvons aborder maintenant les fonctions nerveuses de l'homme. Laissant de côté les fibres qui traversent

LES DONNÉES DE LA PSYCHOLOGIE i!M

la moelle pour aller à l'encéphale ou en venir, ainsi que celles qui unissent ses diverses parties à l'encéphale, nous pouvons considérer les centres partiellement dépendants et partiellement indépendants qui composent la moelle comme des coordonnateurs des actions de la peau et des muscles du tronc et des membres. La moelle peut être regardée comme le centre de coordinations relativement simples. Les coordinations de la moelle allongée sont composées, si on les compare à celles de la moelle épinière : composées, parce que les impulsions que les nerfs afférents et centripètes y apportent sont non seulement plus nombreuses, mais aussi plus hétérogènes; composées, parce que les impulsions qu'elle envoie sont aussi plus nombreuses et plus hétérogènes ; et composées, parce qu'elle établit une correspondance entre des actes plus compliqués et des stimulus plus compliqués. On peut considérer le cerveau et le cervelet comme des organes de coordination doublement composés. Ces organes ont pour fonction commune de recombiner en groupes plus grands et en ordres différents sans nombre les impulsions déjà complexes reçues par la moelle allongée , et d'arranger les impulsions motrices déjà complexes qui viennent de la moelle allongée, de manière à former ces agrégats d'actions beaucoup plus compliqués, à la fois simultanés et successifs, qui atteignent des lins éloignées. Quels sont les rôles que jouent, respectivement, ces deux grands organes dans cette coordination doublement composée ? Il semble probable que le cervelet est un organe de double coordination dans ['espace, tandis que le cerveau est un organe de coordination doublement composée dans le temps. Lecervelel extraordi nai rement développé des oiseaux de proie, et, d'autre part, le cerveau extraordinairement développé chez l'homme, impliquent évidemmenl celte conclusion.

■i:\. — Quand ou voit la manière dont les nerfs vaso-moleurs règlenl les vaisseaux sanguins, on conçoit aisément que, par d'autres systèmes «le nerfs, d'autres organes qui absorbent, sécrètent, excrètent, etc., etc., sonl gouvernés similairement, el on comprend, suffisamment pour les besoins de noire cause, commenl s'établit l'harmonie entre la demande et l'obtention des matériaux.

24. — On ne peut donner une définition adéquate des fonctions nerveuses entièrement développées que dans ces termes de mouvement. Si nous admettions un élément subjectif quelconque, notre définition ne serait plus applicable à toutes ces actions nerveuses qui n'ont pas de concomitant subjectif, qui se produisent sans état de conscience. La définition des fonctions nerveuses, comme consistant dans la transmission et la multiplication des mouvements moléculaires, est applicable à tous les cas. La subdivision en fonctions récepto-motrices, libéronïottices et directo-motrices a aussi l'avantage d'être très compréhensive. Ce progrès des coordinations petites et simples aux coordinations plus grandes, composées, et doublement composées, est un des meilleurs exemples de cette intégration progressive de mouvement, devenant simultanément à la fois plus hétérogène et plus définie, qui caractérise l'évolution sous toutes ses formes. {Premiers Principes, 142.)

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