V. — EXCITATION ET DKCHAKGE NERVEUSES
32. — Tout agent capable d'altérer l'état moléculaire d'un nerf, qu'il soit mécanique, chimique, thermique ou électrique, fait que le nerf produit le changement particulier qui lui est habituel. Le fait s'accorde avec L'hypothèse d'un changement par onde isomère.
33. — Le nerf n'esl pas capable d'excitation ni de décharge continues. Une action persistante, d'une espèce quelconque, au bout d'un nerf ou de son extrémité coupée, ne produit pas un effet persistant sur 1<- centre nervem ou sur l'organe périphérique «mi relation avec lui.
34. — La transmission de L'excitation à travers un nerf occupe une durée appréciable qui varie, suivant La constitution : elle parcourl de -2f> ;i 30 mètres par seconde.
33. — <>n peut ajouter à ce fait cri autre quel'enel produit an
H. Coli.i.ns. i;{
centre, ou à la périphérie, dure aussi un temps appréciable. Ceci est prouvé par la contraction musculaire, qui est continue, quoique l'excitation soit intermittente.
36. — Toute excitation d'un centre nerveux, toutes choses restant égales d'ailleurs, réduit pour un temps son impressionnabilité et son énergie. Quand l'action est modérée, cet affaiblissement temporaire est peu sensible. Mais si l'excitation et la décharge qui en résulte sont violentes, ou répétées très rapidement, alors la réparation est tellement en retard sur l'usure qu'une incapacité partielle ou même entière du centre nerveux en est le résultat. Les irrégularités de la manifestation de cette vérité sont dues à l'enchevêtrement des conditions.
37. — Si la vie avait un cours uniforme, la réparation et l'usure de tous les organes, y compris les organes nerveux, s'accompliraient selon une marche à peu près pareille pour tous. Mais l'alternance du jour et de la nuit entraîne une alternance de facilité plus ou moins grande pour les actions, et il en est résulté dans les organismes une alternance adaptée aux taux relatifs de l'usure et de la réparation. L'adaptation est évidemment due à la survivance du plus apte. Un animal constitué de telle façon que l'usure et la réparation se trouvent balancées à chaque moment des vingt-quatre heures devait, toutes choses égales d'ailleurs, être vaincu par un ennemi ou un concurrent qui pouvait émettre une plus grande énergie pendant les heures où le jour facilitait l'action, à condition d'être moins énergique durant les heures de la nuit et de la retraite. Par suite, s'est établie nécessairement cette variation rythmique dans l'action nerveuse qne nous appelons sommeil et veille.
38. — Ainsi que l'implique ce qui précède, l'excitation et la décharge nerveuses ont toujours des effets à la fois spéciaux et généraux. Outre l'effet primaire et défini qu'opère une impression spéciale sur une partie spéciale, il y a, dans chaque cas, des effets secondaires et indéfinis, répandus dans tout le système nerveux, et par lui dans tout le corps.
39. — Puisque ces excitations non -réfléchies et réfléchies agissent partout comme stimulants, on peut considérer le système nerveux tout entier comme en état continuel de décharge. Pour bien concevoir l'action nerveuse, nous devons considérer les
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émissions sensibles de force comme naissant d'un fond vague d'émissions insensibles de tonl le système nerveux quand il est Légèrement excité.
10. — On voit que ces ondes de mouvement moléculaire sont analogues aux ondes sanguines, par le fait qu'elles sont perpétuellement produites e1 répandues dans tout le corps, — les ondes centripètes sont relativement faibles, tandis que les centrifuges sont relativement fortes; — et enfin par le fait que l'accomplissement de la fonction de chaque partie du corps dépend autant de L'afflux local d'énergie nerveuse que de l'afflux local du sang.
VI. .ESTflO-PHYSIOLOGlK, OU LE LIEN QUI RÉUNIT LA SCIENCE PHYSIQUE