A LA SCIENCE PSYCHIQUE
\\ . — Nous abordons ici un côté entièrement distinct de notre sujet. Nous avons à traiter des phénomènes nerveux comme phénomènes de conscience. Les changements qui, considérés comme modes du non-moi, ont été exprimés, dans les divisions précédentes, en termes de mouvement, ont maintenant, considérés comme modes du moi, à être exprimés en termes de sensibilité. Acceptant la croyance, à la fois populaire et scientifique, que tous les êtres humains connus objectivement ont des états de conscience semblables à ceux que chacun connaît subjectivement, et la croyance — inductive — que les états de conscience accompagnent les changements nerveux, nous allons examiner sous ses principaux aspects le rapport existant entre les états de conscience et les changements nerveux.
îj. Les circonstances qui conduisent aux- uns sont identiques à celles qui conduisent aux autres. Les conditions essentielles à la production de l'action nerveuse sont essentielles a la production de l'état de conscience. La possibilité de sentir dépend de la continuité de la fibre nerveuse entre la périphérie el le centre; du maintien de la pression et de la température dans de certaines limites, h de la quantité el île la qualité de l'afflux sanguin.
13. — Certains changements nerveux qui ont des côtés subjectifs dans la première périod ! de la vie ne les oui plus dans la suite ; il \ a drs degrés entre les actions pleinemenl conscientes et celles qui son! entièrement inconscientes : et, dans la vie de
liKi PRINCIPES DE PSYCHOLOGIE
l'adulte, une action nerveuse peut avoir ou n'avoir pas d'aspect subjectif reconnaissante, selon qu'elle est forte ou faible ; tous ces faits sont des corollaires de l'induction que les états de conscience sont les aspects subjectifs des changements nerveux seuls qui arrivent au centre général des rapports nerveux. Le flux d'action moléculaire dégagé d'un ganglion imparfaitement organisé au début de la vie, ne trouvant pas de canaux suffisants pour s'échapper, passera en partie dans un centre supérieur et y éveillera un état de conscience. Mais, dès que la connexion locale des fibres et des cellules devient complète, le flux de mouvement moléculaire sera en état de s'échapper le long des canaux sans passer par le centre supérieur, et ainsi se produira l'action automatique, sans état de conscience.
44. — Un état subjectif ne devient reconnaissable comme tel que lorsqu'il a une durée appréciable : il faut qu'il occupe quelque espace dans la série des états ; autrement il n'est pas connu comme présent.
45. — Le fait que tout état de conscience dure un temps appréciable nous conduit au fait de môme nature que chaque état de conscience produit une incapacité plus ou moins grande pour un état de conscience semblable, qui dure aussi un temps appréciable. C'est ici aussi le côté subjectif d'un phénomène précédemment noté sous son état objectif. {Psychologie, 36.) Car, comme la durée d'un état de conscience répond à la durée d'Une désintégration moléculaire dans un centre nerveux troublé, de môme l'intervalle subséquent de diminution d'aptitude à sentir répond à l'intervalle pendant lequel le centre nerveux désintégré se réintègre. Les sensations de diverses sortes se conforment à cette loi. Quand on prend à la main un corps léger, après en avoir tenu un très lourd, il semble que l'on n'ait aucun poids à la main, ce qui montre que le centre nerveux siège de la sensation est devenu obtus pour le moment. De môme, après avoir mangé du miel, on ne trouve aucune douceur à des mets sucrés plus légèrement. Toutes choses étant égales d'ailleurs , cette diminution dans 'la sensibilité à une sensation d'une espèce quelconque est petite ou grande, selon que la vigueur constitutionnelle est petite ou grande.