‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 117 sur 409 · I. — LA SUBSTANCE DE L'ESPRIT · texte numérisé non relu

I. — LA SUBSTANCE DE L'ESPRIT

58. — La « substance de l'Esprit » peut signifier l'Esprit différencié qualitativement en chacune de ses portions qui est séparable par l'introspection, mais qui semble homogène et indécomposable, ou ce quelque chose qui sert de substratum à ces portions qu'on peut distinguer, ou dont elles sont des modifications.

59. — Accep'ons cette dernière proposition ; nous voyons •' que rien n'est, ni ne peut être connu de la substance de l'Esprit.

Car le moindre degré de connaissance que l'onpuisse concevoir implique au moins deux choses entre lesquelles quelque communauté est reconnue. Ainsi, connaître la substance de l'Esprit, c'est avoir conscience de quelque communauté entre elle et quelque autre substance. Ce qui est impossible. Si, avec l'Idéaliste, nous disons qu'il n'existe pas d'autre substance, elle doit demeurer inconnue. Si nous disons avec le Réaliste que l'Etre est essentiellement divisible en ce qui nous est présent comme Esprit et ce qui, étant hors de nous, n'est pas Esprit, la substance de l'Esprit demeure toujours inconnaissable.

60. — Passons maintenant à cette connaissance partielle de ces états particuliers de l'Esprit, caractérisés qualitativement, qui sont à notre portée. Quoique les sensations et émotions individuelles, réelles ou idéales, dont la conscience est composée, paraissent respectivement simples, homogènes, inanalysables ou insondables, elles ne sont pourtant pas telles. 11 y a, au moins, une sorte de sensation, le son musical, qui est clairement réso-

lubie en étals plus simples. Lorsqu'on frappe successivement des coups égaux, de façon à ne pas dépasser seize coups par Seconde, Oïl a L'état de conscience appelé sou ; mais si la rapidité de vibration diminue, chaque coup est perçu a titre de bruit séparé. Les différentes sensations connues comme sons se trouvent composées d'une unité commune — un choc nerveux — (pion peut supposer avoir une intensité très modérée. Ll est probable que toutes Les dissemblances entre nos sensations sont le résultai de modes différents d'intégration de cette unité dernière. On a montré (Psychologie, 33) que le soi-disant courant nerveux est intermittent, se compose d'ondes qui se succèdent du point où se produit l'excitation à celui où se fait sentir son effet. Il Stiit de là qu'en concluant que l'effet subjectif ou sensation est composé d'une répétition rapide de chocs mentaux, nous concluons simplement qu'il correspond à la cause objective — les chocs rapidement répétés de changement moléculaire.

61. — Etant donné que toutes les formes de la matière, si diverses d'apparence dans la nature, peuvent être produites par des arrangements différents d'unités pareilles, nous comprendrons mieux qu'il soit possible que les formes multiples de l'Esprit connues comme des états de conscience différents puissent être composées de plus simples unités d'étals de conscience, et même d'unités fondamentalement de même espèce.

Cri. — Le raisonnement qui précède, cependant, ne nous rapproche aucunementde La solution de la question finale, l^uisque, quand même on prouverait que L'Esprit se compose d'unités homogènes d'états de conscience — ou si même nous pouvions décomposer la matière en ses dernières unités — les unités dernières demeureraient, dans tous les cas, absolument inconnues. Cuir il ne nous reste que eette forme la plus simple de toutes comme terme avec Lequel construire La pensée; el un seul terme ne peui suffire a ceci.

(13. — Voici, en effet, la Limite qu'il est nécessaire de toujours indiquer. L'expression « substance de L'Esprit », si nous L'employons autrementque connue ./; de noire équation, nous entraînera inévitablement dans des erreurs; car nous ne pouvons penser une substance autrement qu'en termes qui impliquent des propriétés matérielles. La marche à suivre doit consister àrecon-

naître constamment nos symboles comme n'étant que des symboles , et à nous en tenir à leur dualité, que notre constitution nécessite. La forme conditionnée sous laquelle l'Être est présenté dans le sujet ne peut pas, plus que la forme conditionnée où l'Être est présenté dans l'objet, être l'Être inconditionné commun aux deux.

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