‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 119 sur 409 · III. — lil l.\TI\ Il l DES SENSATIONS · texte numérisé non relu

III. — lil l.\TI\ Il l DES SENSATIONS

77. — A\aiii examiné les sensations dans leurs rapports entre elles, comme éléments de la conscience, nous avons maintenant .i examiner la nature des rapports entre les sensations, et h--, forces existantes en dehors de L'organisme.

7s. — il est une vérité générale à présenter sons ses divers in; c'est que, bien que la sensation interne dépende

habituellement d'un agent externe, il n'y a cependant aucune ressemblance entre eux, ni en nature ni en degré.

79. — Il est presque superflu de dire que le rapport entre l'agent externe et la sensation interne qu'il produit varie suivant la structure de l'espèce. Il est évident qu'une odeur non perceptible pour l'homme peut avoir un effet très marqué sur la conscience d'un chien.

80. — Nous pouvons conclure que les effets subjectifs produits par des actions objectives données ne peuvent être absolument les mêmes, qualitativement et quantitativement, chez deux espèces quelconques, et aussi qu'ils ne peuvent être absolument les mêmes chez deux individus delà même espèce.

81. — Môme chez le même individu, la quantité, si ce n'est la qualité, de sensation excitée par un agent externe, constant en espèce et en degré, varie selon l'état constitutionnel.

82. — L'espèce et le degré de l'effet dépendent aussi de la partie de l'organisme qui s'y trouve soumise. Une bouffée d'ammoniaque, en contact avec les yeux, produit une douleur cuisante ; si elle parvient aux narines, elle y excite la conscience d'une odeur d'une force intolérable; condensée sur la langue, elle engendre un goût acre ; une solution d'ammoniaque, appliquée à une partie tendre de la peau, y provoque des picotements.

83. — L'état de la partie affectée — sa température, sa circulation, son état de fatigue ou de repos — joue un rôle pour déterminer le rapport entre l'agent externe et la sensation interne.

84. — Les mouvements relatifs du sujet et de l'objet modifient à la fois, quantitativement et qualitativement, les rapports entre les forces agissantes et les sensations provoquées. Dans un bain chaud l'eau paraît plus chaude au membre qui remue qu'à celui qui demeure immobile, et chaque baigneur sait combien l'eau courante à une température douce semble plus froide que l'eau tranquille à la même température.

#5. — Une quantité donnée de sensation produit une quantité de mouvement qui varie suivant les muscles employés, et suivant l'âge et l'état constitutionnel de l'organisme.

86. — Les sensations d'origine périphérique, qui naissent dans les organes internes, et les sensations d'origine centrale, ou émotions, ont aussi leurs diverses formes de relativité. La conscience

subjective, déterminée complètement comme elle l'est par la nature, l'état et les circonstances subjectives, n'est pas La mesure de l'existence objective. Ce dont nous avons conscience comme propriétés de la matière, ne sont que des états subjectifs produits

par des agents objectifs inconnus et inconnaissables. Toutes les sensations que produisent en nous les objets environnants ne sont que des symboles d'actions hors de nous, dont nous ne pouvons môme pas concevoir la nature.

87. — Cette conclusion est un corollaire évident des vérités physiologiques. Il n'est pas possible de concevoir une ressemblance quelconque entre l'effet subjectif et la cause objective qui l'éveillepar l'intermédiaire de changements qui ne ressemblent ni à l'un ni à l'autre.

88. — 11 ne faut pas oublier un fait des plus importants qui découle de ceci. On ne peut faire un seul pas vers le principe général que nos états de conscience sont les seules choses que nous puissions connaître sans opérer le postulat de quelque chose d'inconnu existant hors de la conscience. La seule proposition qu'il soit possible de penser est que l'antécédent actif de chaque sensation primaire existe indépendamment de la conscience.Conclusion à laquelle nous sommes par deux fois arii\ es. quand nous avons traité de la Relativité de la Connaissance et des Données delà Philosophie.

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